Diana Taurasi - la plus grande compétitrice de l’histoire du basket-ball
1982 à Aujourd'hui - Ecrit par Simon Ménard
Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement le niveau d’une joueuse. Mais avec Diana Taurasi, il est impossible de ne pas l’évoquer. Meilleure marqueuse de l’histoire de la WNBA, qu’elle a remporté trois fois pour un titre de meilleure joueuse de la Ligue 2009 et deux trophées de MVP des finales. 6 fois titrées en Euroligue. 6 médailles d’or olympique, symboles d’une longévité hors norme et d’une vie dédiée à son sport, à une époque où le basket féminin n’avait pas encore gagné l’attention médiatique qui lui est due. Par son caractère et sa capacité à sublimer un effectif, celle qui est restée loyale toute sa carrière à sa franchise de Phoenix Mercury s’est imposée comme, si ce n’est la meilleure joueuse de tous les temps, du moins la plus grande compétitrice de l’histoire du basket.
Sa découverte du basket-ball
La rencontre entre Diana Taurasi et le basket s’est faite sur la côte Ouest. Ses parents, immigrés ne parlant pas un mot d’anglais, ne se sentaient pas forcément à leur place au départ. Si bien que la famille Taurasi est repartie en Argentine quelque temps, avant que l’insécurité ne les pousse à repartir aux États-Unis. Une aubaine pour une jeune Diana éprise du ballon orange. Meilleure joueuse de sa région dans toutes les catégories d’âge, c’est à l’université qu’elle rencontre pour la première fois l’adversité. Plus particulièrement à UConn, déjà double champion universitaire. Diana Taurasi était la cible de toutes les bourses universitaires du pays, mais c’est la personnalité de l’entraîneur de UConn, Genno Auriemma, qui l’a décidé à rejoindre la côte Est américaine.
Son cursus universitaire
Loin de sa famille pour la première fois de sa vie, elle prend ses marques petit à petit. À la faveur des blessures successives des deux meneuses titulaires de son équipe, elle entre pleinement dans le grand bain universitaire. La première saison lui sert d’acclimatation, atteignant les demi-finales, mais étant éliminée par Notre-Dame après un match catastrophique sur le plan personnel. Un échec qui la motive plus que jamais. Adroite à trois points, elle est surtout capable de faire les bons choix pour son équipe : si une partenaire est mieux placée qu’elle lors d’un moment chaud, elle privilégiera la passe, sans oublier de prendre le match en main lorsque le scénario l’exige. Adorée par son coach et ses coéquipières, Diana Taurasi mène UConn vers trois titres universitaires consécutifs, entre 2002 et 2004. Véritable star parmi les étudiantes, la salle est comble à chacun de ses matchs. Les gens se déplacent par milliers pour la voir jouer. Il est donc tant pour elle de rejoindre l’élite du basket féminin américain : la WNBA.
Naviguer entre la WNBA et l’Euroligue
Si aujourd’hui la ligue féminine a grandement gagné en popularité, tout était à faire lorsque les Phoenix Mercury la sélectionne avec le premier choix de la Draft 2004. Les deux premières saisons lui servent d’apprentissage. Elle comprend surtout que, pour l’intensité et l’adversité que l’on retrouve sur la plus haute marche du basket américain, elle n’est pas assez payée. Et elle n’a pas peur de le faire savoir. Pour véritablement gagner sa vie, elle fait le choix d’accompagner sa coéquipière Sue Bird en Russie, pour y jouer l’Euroligue. La saison européenne se joue pendant la pause de la WNBA, ce qui permet aux joueuses de pouvoir jouer les deux compétitions, s’offrant des saisons particulièrement longues et intenses. Les meilleures joueuses américaines comme européennes optent en masse pour la Russie, réputée pour être la ligue la plus rémunératrice chez les basketteuses. D’abord peu heureuse au Dynamo Moscou, c’est au Spartak que Diana Taurasi va véritablement s’épanouir. Le sponsor du club, Shabtai Kalmanovich, décide de la prendre sous son aile. Vrai fan de basket, il est au petit soin de ses joueuses, n’hésitant pas à leur donner de nombreux bonus, en plus de leur salaire culminant proximité du million. Personne ne parle de la provenance de sa fortune, Diana ne se pose même pas la question. L’américaine profite, remportant l’Euroligue chaque année entre 2007 et 2010. Mais cette dernière saison, Shabtai est assassiné à bord de son véhicule, en route vers le Kremlin. Choquées, les joueuses décident de continuer à tout donner sur le terrain, et remportent leur dernier titre en hommage à leur ancien président. Diana décide qu’il est alors temps pour elle de quitter la Russie.
Ses premiers titres WNBA
Mais revenons sur les parquets de WNBA. Diana Taurasi et son équipe crée la surprise en 2007, en remportant le titre alors même que rien n’aurait permis de prédire cet exploit. Taurasi est MVP des Finales. C’est véritablement en 2009 que la Californienne va livrer sa meilleure saison, étant désignée MVP de la Ligue, et remportant le titre suprême, de même que la récompense de meilleure joueuse des finales. Elle célèbre cette victoire avec sa coéquipière et compagne, l’Australienne Penny Taylor, à qui elle rend souvent visite dans l’année lorsqu’elle joue en Turquie. Malgré toutes ces victoires, Diana Taurasi se démarque par son caractère. Elle n’hésite pas à user du trashtalk, crie sur les arbitres, et se confronte à la moindre de ses adversaires. Une tendance à énerver son monde qui s’intensifie au fur et à mesure des saisons, symbole de sa compétitivité hors norme.
Une athlète parfaite ?
Mais son parcours est loin d’être linéaire, et, elle le dit elle-même, l’Américaine n’est pas parfaite. Qui le serait ? Diana Taurasi aime par-dessus tout fêter ses victoires avec ses coéquipières. Ayant bu, mais n’habitant qu’à quelques kilomètres du bar, elle décide de prendre quand même la voiture. À un tournant, elle est arrêtée par la police, et passe la nuit en prison pour conduite en état d’ivresse. Pas d’accident majeur, mais une affaire qui continue de ternir sa réputation. Puis en décembre 2010, Diana Taurasi est contrôlée positive au modafinil, un produit dopant. Elle nie les accusations de triche en bloc, mais risque tout de même quatre ans d’interdiction de compétition. Le public turque, où elle effectue sa saison européenne, la siffle. Finalement, le cabinet qui l’avait contrôlé positive retire sa plainte et ses résultats, et ferme ses portes. Elle n’est plus inquiétée, mais là encore, Taurasi perd en popularité.
Un palmarès impressionnant
Malgré tout, Diana Taurasi reste une valeure sûre de WNBA et de l’Euroligue, enchaînant les points et les matchs références. Le Phoenix remporte sa troisième bague WNBA en 2014. De 2004 à 2018, elle figure 10 fois dans la sélection du 5 majeur de l’année. Elle gagne encore deux titres en Euroligue, en 2013 et 2016, avec Iekaterinbourg. Cette carrière au plus haut niveau s’étire jusqu’en 2024, cumulant 10.646 points en WNBA, soit de très loin le plus haut total de l’histoire de la Ligue. Si elle a pu perdre un peu de popularité auprès du public, et notamment des nouveaux suiveurs arrivés sur le tard, ramenés par la nouvelle médiatisation de la ligue, ce n’est pas le cas chez elle. À Phoenix, lors de son dernier match, les supporters hurlent à tue tête “une année de plus ! une année de plus !”. Cette franchise des Phoenix Mercury, elle l’a bâtie panier après panier, durant vingt saisons. Les célébrations pour la plus grande joueuse de leur histoire sont grandioses, et atteignent leur apothéose lorsque le terrain des Mercury “Diana Taurasi Court”, en hommage à tout ce que la meneuse a accompli pour la franchise.
Ses exploits en sélection
N’oubliant tout de même pas un des aspects les plus importants de sa carrière : sa dévotion envers l’équipe nationale. Sélectionnée pour ses premiers Jeux en 2004, elle participe, et remporte, chaque édition olympique jusqu’à la fin de sa carrière. Si elle n’apparaît sur le terrain en finale à Paris, ce qui ne manque pas de la frustrer, elle n’en reste pas moins le cadre le plus important. Avec six titres olympiques, elle est, homme et femme confondus, la basketteuse la plus récompensée de l’histoire des Jeux Olympiques.
Est-ce la GOAT ?
Si aujourd’hui, peut des jeunes fans de WNBA ne la place en tête de leur classement de la GOAT, c’est parce qu’elle a subi la médiatisation trop tardive de la Ligue. Une WNBA qu’elle a grandement contribué à construire, par ses combats pour le salaire et ses victoires. Aucunes joueuses de l’histoire ne voulaient autant gagner qu’elle. L’amour qu’elle avait pour le jeu était palpable, et l’a fait tenir vingt ans au plus haut niveau, sans compter ce qu’elle accomplissait déjà à l’échelon universitaire. Si les Caitlin Clark et autre Paige Bueckers peuvent se contenter de jouer en WNBA sans avoir besoin de rejoindre l’Europe, si elles bénéficient de toute l’attention médiatique, c’est parce que Diana Taurasi en a posé toutes les fondations. À ce titre, le nom de Diana Taurasi peut légitimement être associé au titre officieux, mais néanmoins lourd de sens, de meilleure joueuses de l’histoire du basketball féminin.
[Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à regarder la série Amazon Prime “Taurasi” qui revient sur sa carrière. Vous pourrez alors prendre conscience de sa légende]
Record de points
Elle est la première basketteuse à inscrire plus de 10.000 points en carrière en WNBA, détenant ainsi le record de la ligue avec 10.646 points.
Seule au monde
Diana Taurasi est la seule basketteuse, homme compris, à avoir remporter six titres olympiques.
En sélection
- 6x Championne Olympique
- 3x Championne du Monde
- 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
- 1x Championne des Amériques
- 1x Médaille de bronze au championnat du monde junior
En club
- 3x Championne WNBA
- 6x Championne de l’Euroligue
- 7x Championne de Russie
- 1x Championne de Turquie
- 3x Championne NCAA
- 3x Coupe de Russie
- 1x Coupe de Turquie
Sportives
- 2x MVP des Finales WNBA
- 2x MVP du Final Four de la NCAA
- 3x MVP du Final Four de l’Euroligue
- 1x Elue dans le meilleur cinq des mondiaux
- 1x Rookie de l’année en WNBA
- 2x Big East Player of the Year
- 11x All-Star WNBA
- 10x All-WNBA First Team
- 4x All-WNBA Second Team
- 3x First-team All-Big East
- 1x Big East All-Freshman Team
- 5x Meilleure scoreuse de WNBA
- 1x Meilleure passeuse de WNBA
- 6x Meilleure rebondeuse, scoreuse et passeuse sur une même saison
- TOP 15, 20 et 25 des meilleures joueuses de l’histoire de la WNBA
- 1x Wade Trophy
- 3x Kodak All-American
Médiatiques
- 4x USA Basketball Female Athlete of the Year
- 2x Naismith College Player of the Year
- 1x USBWA Women’s National Player of the Year
- 1x AP College Player of the Year
- 2x Nancy Lieberman Award
- 2x First-team All-American
- 1x Second-team All-American – AP
- 2x All-American –USBWA
- 1x Naismith Prep Player of the Year
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