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Marguerite Broquedis – La Déesse avant la Divine

Marguerite Broquedis – La Déesse avant la Divine

Marguerite Broquedis

Marguerite Broquedis - La Déesse avant La Divine

1893 à 1983 - écrit par Marie fournier

Avant Suzanne Lenglen, il y eut Marguerite Broquedis. Première femme française sacrée championne olympique en 1912, surnommée la « Déesse » par la presse. Cette pionnière du tennis a révolutionné son sport avant de choisir l’anonymat. Retour sur son histoire.

Née en 1893 à Pau, Marguerite Broquedis grandit dans une famille bourgeoise où le sport de raquette est une religion. Son père, Émile, est fabricant de raquettes et maître paumier, autrement dit un entraîneur spécialiste du jeu de paume. En 1904, toute sa famille déménage à Paris dans le 16e arrondissement. Là-bas, son père venait 

d’acquérir une salle de jeu de paume et de tennis. Naturellement avec ses deux frères, Marguerite se met à pratiquer le jeu de paume avant de se tourner avec le lawn-tennis, l’ancêtre de la raquette et de sa balle jaune. Cette rivalité fraternelle forge son jeu : souplesse, vigueur et vision tactique deviennent ses armes. En 1910, la joueuse âgée de 17 ans, prend part à ses premiers tournois qui se déroulent alors dans les beaux quartiers des grandes villes et les lieux prisés de la haute société.

Un style de jeu jamais vu

Très vite, Marguerite se distingue par son style bien particulier. Les spectateurs de l’époque se souviennent de ses matchs au Racing et à l’île de Puteaux, même si elle n’y décroche aucun titre. En 1911, la Française participe au tournoi de Neuilly, où s’affronte les meilleures joueuses du pays. Marguerite arrive en finale face à Mademoiselle Régnier. Elle y remporte le premier set aisément avant de deux perdre les deux suivants. Cette même année, elle se distingue au championnat de France, devenue Rolland Garros, où elle montre tout son talent. En effet, sur cette compétition, la joueuse gagne le titre en double mixte avec André Gobert puis décroche l’argent en simple (s’inclinant 6-2 / 7-5 face à Jeanne Matthey).

Direction les Jeux Olympiques

Son talent n’échappe pas à Pierre de Coubertin lui-même qui, malgré son sexisme notoire, la pousse à participer aux Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm. Pour s’y rendre, la jeune joueuse doit payer son trajet en train, son logement ainsi que sa nourriture une fois arrivée à destination. Elle parvient à réunir les fonds nécessaires. Ainsi entre le 28 juin et le 5 juillet, la Française prend part aux deux tournois à l’extérieur. Marguerite arrive à Stockholm auréolée du titre de championne du monde en simple, remporté quelques jours avant les Jeux. La presse de l’époque salue sa victoire :

« Dans la finale dames, l’amour-propre national a eu quelque baume. Mademoiselle Broquedis a été pour la circonstance la douce infirmière de sa cuisante blessure. Avec une souplesse et une adresse qui emballèrent l’assistance, elle a triomphé de sa rivale, Mademoiselle Rieck. »

Sur le simple, Marguerite prouve qu’elle mérite amplement ce titre puisqu’elle élimine une à une ses adversaires, remontant même un retard en finale face à l’Allemande Dorothea Köring. Sur le double mixte, elle s’associe avec Henry Albert Canet. Le duo perd en demi-finale face à la paire allemande, composée de Köring qui prend alors sa revanche. En petite-finale, les Français·ses rebondissent et battent Magdalene Rieck et Oscar Kreuzer.

Une domination

Revenue au pays, Marguerite Broquedis enchaîne les grands résultats sans difficultés. Elle remporte notamment deux Roland Garros de suite en simple. D’ailleurs en 1914, la joueuse signe une victoire historique en finale face à la future star du tennis, Suzanne Lenglen (il s’agit de sa seule défaite sur ce tournoi). Ajouter à ses victoires, une magnifique deuxième place en double mixte à Wimbledon.

La première guerre mondiale

La Première Guerre mondiale interrompt brutalement les compétitions. Cette période va être extrêmement compliquée pour Marguerite Broquedis. Les combats emportent son frère Louis et ses cousins germains. Son deuxième frère, Eugène, est grièvement blessé et restera paralysé du bras droit à vie.

Retour sur les cours

Ces épreuves, la Française arrive à les surmonter. Elle reprend la compétition en 1920. Après plusieurs années d’absence, Marguerite Broquedis montre qu’elle est toujours au niveau des meilleure. Entre 1920 et 1924, elle prouve qu’elle reste au niveau des meilleures en atteignant six finales de Roland-Garros, dont trois face à Suzanne Lenglen. Si elle s’incline systématiquement face à la « Divine », elle remporte néanmoins le double dame avec Yvonne Bourgeois et le double mixte avec Jean Borotra en 1924. Sur cette période, elle fait une deuxième apparition aux Jeux Olympiques. Celle-ci est moins glorieuse que la première. Elle termine quatrième du double dame avec Yvonne Bourgeois et perd dès son entrée en lice en double mixte face à une paire états-unienne.

Après une dernière victoire en finale du double mixte à Roland-Garros en 1927, elle quitte définitivement les courts en 1930, laissant derrière elle les traces d’une pionnière.

Changer les codes

Au-delà de ses performances sportives, Marguerite Broquedis révolutionne son sport. Elle est l’une des premières à jouer avec une jupe raccourcie, les cheveux courts et sans corset. Lors de sa victoire olympique de 1912, elle ose se présenter sur le podium devant le roi de Suède en jupe-culotte plutôt qu’en robe traditionnelle, un geste choque pour l’époque.

L’après carrière

Une fois sa carrière terminée, la Française s’éloigne du sport et de la sphère médiatique afin de pouvoir s’occuper de sa famille en toute quiétude. En 1976, Valéry Giscard d’Estaing l’invite en tant qu’ancienne médaillé e olympique au palais de l’Elysée. Ce jour-là, le Président de la République la décore de la Légion d’Honneur. Elle décède en 1983 dans un grand anonymat qu’elle avait toujours souhaité comme le précise Le Monde :

« Marguerite Broquedis n’aimait pas les honneurs et se fichait qu’on l’oublie. Le tennis, elle en avait tourné la page. »

Aujourd’hui, grâce notamment à une bande dessinée consacrée à sa vie, le nom de Marguerite Broquedis refait surface et rappelle le poids de cette femme dans l’histoire du tennis français.

Première championne olympique

En 1912, Marguerite Broquedis devient la première Française championne olympique.

La seule à avoir battu La Divine

En 1914, elle est la seule à avoir réussi à battre Suzanne Lenglen à Roland Garros en simple.

En simple

  • 1x Championne olympique
  • 1x Championne du Monde
  • 2x Roland Garros
  • 2x Deuxième de Roland Garros

En double

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 4x Roland Garros
  • 3x Deuxième Roland Garros
  • 1x Deuxième de Wimbledon

Médiatique

  • Légion d’Honneur

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    Billie jean king – A la recherche de l’égalité

    Billie jean king – A la recherche de l’égalité

    Cette sportive, vous la connaissez tous. Figure iconique du tennis et de la lutte en faveur de l’égalité hommes-femmes, laissez moi vous raconter l’histoire de Billie Jean King. Née en 1943, Billie grandit dans une famille protestante conservatrice en Californie. Elle...


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    Marguerite Broquedis – La Déesse avant la Divine

    Billie jean king – A la recherche de l’égalité

    Billie Jean King avec sa raquette et assise sur une chaise

    Billie Jean King - A la recherche de l'égalité

    1943 à aujourd'hui - écrit par Sarah Chesneau

    Cette sportive, vous la connaissez tous. Figure iconique du tennis et de la lutte en faveur de l’égalité hommes-femmes, laissez moi vous raconter l’histoire de Billie Jean King.

    Née en 1943, Billie grandit dans une famille protestante conservatrice en Californie. Elle commence le tennis à l’âge de onze ans en suivant des cours gratuits aux courts publiques de sa ville, Long Beach. Très tôt, elle sait ce qu’elle veut faire de sa vie. A seulement treize ans, elle affirme à Bob Richard, un athlète devenu ministre des sports :

    « Révérend, je vais être la meilleure joueuse de tennis au monde ».

    L’injustice

    Elle continue sa formation et se rend rapidement compte des injustices qui vont la hanter le reste de sa carrière. Quelle fut sa stupéfaction lorsqu’on lui interdit de poser sur une photo lors d’un tournoi parce qu’elle ne portait pas une robe de tennis mais un short. A partir de ce moment là, Billie Jean King sait qu’en tant que femme elle va devoir se battre deux fois plus que n’importe quel homme pour obtenir ce qu’elle veut. Elle le dit elle-même dans une interview pour le journal Marie-Claire :

    « Pour faire la différence, je devais être la première. En tant que fille, je savais déjà que j’étais une citoyenne de seconde zone . »

    Ces débuts sur le circuit

    Billie Jean King poursuit ses entraînements et commence à concourir à l’international en 1959, soit à l’âge de 15 ans. Elle joue son premier Grand Chelem à l’US Open et se fait éliminée au premier tour. Qu’a cela ne tienne, elle persévère et deux ans plus tard elle devient la plus jeune joueuse à remporter un titre en double à Wimbledon. C’est donc avec Karen Hantze Susman qu’elle partage sa première victoire internationale à l’âge de 17 ans. La même année, elle obtient son diplôme de l’école polytechnique de Long Beach et poursuit ses études jusqu’en 1964 à l’université de Los Angeles. Elle finit par abandonner ses études pour se concentrer entièrement sur le tennis. En 1966, elle décroche sa première victoire en Grands Chelem à Wimbledon. Elle remporte ce tournoi les deux années suivantes et en 1968 elle gagne l’Open d’Australie. A l’âge de vingt-neuf ans, Billie Jean King possède au moins un titre dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem. Au cours de sa carrière, elle en remporte pas moins de trente-neuf, dont douze en simple.

    Son grand combat

    Billie est également connue pour ses combats et ils sont nombreux. Mais celui qui a pris le plus de place dans sa vie est celui de l’égalité, notamment salariale, entre les tennismen et les tenniswomen. Même si elle y était déjà sensible étant petite, sa lutte commence réellement lorsqu’elle apprend en 1968, sa première année en tant que joueuse professionnelle, que Rod Laver, un tennisman australien, avait reçu 2000 livres après sa victoire à Wimbledon alors qu’elle n’en avait gagné que 750. Billie sait alors quel va être son nouvel objectif et va tout mettre en œuvre pour l’atteindre. 

    La création de son circuit

    Billie Jean King est donc au cœur de nombreuses avancées dès 1971. Ainsi, elle devient la première athlète féminine, tous sports confondus, à gagner plus de 100 000 dollars en une seule saison . Trois ans plus tard, elle devient la première femme à entraîner une équipe sportive. Il ne faut pas non plus oublier qu’elle est l’une des fondatrices des « Original 9 », un groupe de neuf championnes de tennis qui se sont alliées pour créer le premier tournoi exclusivement féminin en 1971. De cela découle, deux ans plus tard, la création de la Women’s Tennis Associaton (WTA), qui regroupait à l’époque une soixantaine de joueuses. Enfin, elle parvient à mettre en place l’égalité des prix à l’US Open, lutte qu’elle a remporté en 1973 après avoir fait pression sur le tournoi, notamment en déclarant en 1972 qu’elle ne jouerait pas l’année suivante si l’argent des prix n’était pas égal.

    La bataille des sexes

    En 1973, sa carrière prend un tournant décisif puisqu’elle y joue « The battle of sex », un match contre Bobby Riggs, un tennisman de 55 ans qui pensait que la place des femmes était « au lit et aux fourneaux, dans cet ordre ». Il avait déjà défié Margaret Court, une championne australienne, plus tôt dans l’année et avait remporté le match. Cette victoire avait renforcé ses convictions sexistes et ses moqueries sur le tennis féminin s’étaient intensifiées. En confiance, il provoque Billie Jean King pour qu’elle accepte un match. L’Etats-Unienne s’entraîne beaucoup pour ce match et adopte un style de jeu agressif, comme elle en a l’habitude. Et devinez quoi, elle le bat à plate couture en trois sets gagnants ! Ce match reste l’un des plus célèbres de l’histoire du tennis, qu’il a indubitablement changé. Billie a en effet remarqué une différence après le match : 

    « Le lendemain par exemple, il était impossible de faire un pas sur les courts de tennis américains tant ils étaient bondés. Les femmes ont également gagné beaucoup de confiance. »

    Sa retraite sportives

    Cette légende du tennis prend sa retraite sportive en 1990 à cause d’opérations répétées au genoux mais elle n’arrête pas pour autant sa carrière d’activiste. Elle est nommée capitaine de l’équipe olympique de tennis en 1996 et en 2000. En 2014 elle fonde la Fondation Billie Jean King, une organisation dont le but est de financer l’accès au sport et à l’éducation pour les femmes. Billie a également reçu de nombreuses distinctions, comme la médaille présidentielle de la liberté, plus haute distinction aux États-Unis, en 2009. Elle a même reçu la légion d’honneur française en 2022 !

    Vous l’aurez compris, Billie Jean King restera à jamais connue pour avoir été la tenniswoman qui a révolutionner le tennis et elle continuera d’inspirer les jeunes générations durant de nombreuses années.

    Le match le plus regardé

    Lors de son match historique contre Bobby Riggs plus de 90 millions de téléspectateurs l’ont regardé en direct à la télévision.

    Plus vieille joueuse à gagner un tournoi WTA

    En 1983, Billie Jean King remporte son dernier titre WTA à Birmingham, faisant d’elle, à 39 ans et 7 mois, la plus vieille tenniswoman titrée.

    Record de Wimbledon

    Au cours de sa carrière la joueuse à remporter 20 fois Wimbledon dont 14 en double.

    En simple

    • 1x Open d’Australie
    • 1x Roland-Garros
    • 6x Wimbledon
    • 4x US Open
    • 7x Coupe Billie Jean King (ancienne Fed Cup)
    • 117x Tournoi WTA

    En double

    • 1x Open d’Australie
    • 3x Roland-Garros
    • 14x Wimbledon
    • 9x US Open
    • 4x Tour Finals
    • 121x Tournoi WTA

    Sportives

    • Hall of Fame du tennis mondial
    • Hall of Fame du tennis de la Californie du Sud
    • Hall of Fame national des sportifs homosexuels et sportives lesbiennes
    • 1x Philippe Chartrier Award

    Médiatiques

    • Permis les 100 femmes les plus importantes du XXe siècle selon le magazine Life
    • Permis les 8 sportives qui ont marqué l’histoire du sport selon le magazine Marie-Claire
    • Chicago Gay and Lesbian Hall of Fame
    • Hall of Fame de la Californie
    • Hollywood Walk of Fame
    • Presidential Medal of Freedom
    • Médaille d’Or du Congrès Américain
    • Légion d’Honneur
    • 1x Sportif(ve) de l’année par Sports Illustrated
    • 1x Athlète féminine de l’année
    • 1x Arthur Ashe Courage Award
    • 1x Prix GLAAD
    • 1x BBC Sports Personality of the Year Lifetime Achievement Award
    • 1x American Academy of Achievement

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