Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Ecrit par Simon Ménard

Le 31 août 2024, à l’occasion des épreuves de para-natation des Jeux paralympiques de Paris 2024, une Espagnole de 48 ans est sur le point de marquer l’histoire. En remportant la 28e médaille de sa carrière, Teresa Perales devient l’athlète espagnole la plus médaillée de l’histoire des Jeux. Revenons sur la carrière d’une femme engagée aussi bien pour le handisport qu’en politique.

La natation, jamais !

La jeune Maria Teresa Perales Fernandez, née à Saragosse, n’est pas vraiment passionnée par la natation. Ses parents ont essayé de l’y inscrire, mais ni elle, ni ses professeurs, n’étaient particulièrement emballés. C’est plutôt le karaté, à la suite d’un visionnage de la saga cinématographique Karaté Kid, qui la fait vibrer, l’amenant jusqu’à l’obtention de la ceinture marron-noire.

Le tournant

Mais le destin lui joue un tour en 1994 : à 19 ans, Teresa Perales apprend qu’elle est victime d’une neuropathie. La maladie lui fait perdre la mobilité de ses jambes. La période qui s’en suit est très compliquée pour la jeune femme, qui a du mal à supporter le regard des autres marqué par la pitié. Elle apprend au journal Marca qu’elle n’était sortie qu’à une occasion, la finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe jouée et remportée par l’équipe de football de sa ville, le Real Saragosse. Mais Teresa refuse de se laisser dicter sa vie par la maladie, et cherche un moyen de reprendre possession de ses moyens, de remettre la main sur le contrôle de son destin. En vacances avec sa famille, elle décide de les accompagner à la piscine, habillée d’un gilet de sauvetage. Le déclic est retentissant. La natation, sport pour lequel elle ne semblait jusqu’alors pas ressentir d’attirance particulière, peut être ce vecteur de liberté qu’elle recherche. À peine de retour à Saragosse, Teresa Perales s’inscrit dans un club local, le CAI Deporte Adaptado, où son potentiel saute rapidement aux yeux de ses entraîneurs. Elle se rend petit à petit compte qu’elle progresse, notamment en voyant que le chronomètre qui servait à calculer sa vitesse dans le bassin s’arrêtait de plus en plus tôt au fur et à mesure des entraînements sur les mêmes distances.

Multi-casquette

En parallèle d’une carrière de sportive naissante, Perales poursuit ses études de médecine dans l’objectif de devenir physiothérapeute. Diplômée en 1999, elle donne des cours en tant que professeure à l’Université de Saragosse pendant deux ans. Son énergie et surtout sa détermination hors norme lui permettent de ne se refuser aucune expérience de carrière en tant que sportive, physiothérapeute, et plus tard femme politique. Ses ambitions sont toujours grandes, et témoignent d’un caractère qui la pousse toujours à aller plus loin et à réaliser ce qui paraîtrait impossible au premier abord. En témoignent les mois d’entraînement qu’elle s’est infligée afin d’être capable, le jour de son mariage, de marcher au bras de son frère pour rejoindre son mari à l’église, alors qu’elle n’était pas sensée pouvoir remarcher un jour.

Une immense carrière

En ce qui concerne la sportive, Teresa Perales n’aurait jamais pu imaginer au moment de son diagnostic, à 19 ans, qu’elle serait capable de marquer l’histoire des Jeux, la plus prestigieuse des compétitions internationales. Entre Sydney 2000 et Paris 2024, Teresa Perales remporte 28 médailles paralympiques. Dès 2012, elle devient l’athlète paralympique espagnole la plus médaillée de l’histoire, sous les yeux de son fils Mariano, né deux ans et demi auparavant. Elle termine ces jeux avec l’or sur le 100m nage libre, sa 22e médaille, et sa sixième opportunité de chanter l’hymne espagnol devant le monde entier. Elle montera à nouveau sur la plus haute marche du podium à l’occasion du 50m nage libre à Rio, avant de remporter l’argent sur le 50m dos à Tokyo, et finalement le bronze sur le 100m dos à Paris en 2024. Sa 28e médaille paralympique, cerise sur le gâteau d’une merveilleuse histoire d’amour avec les Jeux.

Son parcours ne passe pas inaperçu, notamment chez elle en Espagne où elle participe à mettre sur le devant de la scène le sport paralympique. Teresa Perales reçoit notamment le prestigieux Prix Princesse des Asturies, équivalent ibérique du titre de Chevalier des Arts et des Lettres, et les éloges du roi d’Espagne Felipe VI qui salue son courage et sa persévérance.

Une athlète engagée

Comme si le sport et son métier ne remplissaient pas déjà assez ses journées, Teresa Perales s’est lancée en politique en 2003 au sein du Parti aragonais, siégeant jusqu’en 2006 au parlement de la région d’Aragon. Candidate et tête de liste aux élections générales espagnoles de 2008, elle n’obtient pas de sièges, mais ne s’arrête pas pour autant. Elle devient notamment conseillère au développement et au sport pour Saragosse, sa ville.
L’histoire de Teresa Perales, c’est celle d’une femme qui n’a jamais voulu renoncer face à l’adversité. Elle explique son rapport au sport :

“Pour moi, le sport est un incomparable vecteur de valeurs. Dès mon plus jeune âge, j’ai pratiqué le karaté, l’équitation… un peu de tout, sans jamais faire de compétition. Cela m’a endurci et m’a permis de comprendre la différence fondamentale entre perdre et cesser de gagner. Perdre, c’est abandonner ou ne pas oser essayer, tandis que cesser de gagner, c’est simplement ne pas obtenir (momentanément) ce que l’on désire. Mais le sport m’a aussi appris à oser gagner et à me battre chaque jour pour m’améliorer. Ne jamais me contenter de peu et toujours viser l’excellence dans tout ce que j’entreprends. D’une certaine manière, le sport m’a appris à vivre pleinement ma vie.”

Et ce n’est pas son palmarès paralympique, si ses nombreuses carrières menées en parallèle de la natation, qui viendront la contredire.


Palmarès

28x médaillées olympiques (7 or, 10 argent, 11 bronze)
20x médaillée mondiale (3 or, 10 argent, 7 bronze)
37x médaillée européenne (10 or, 19 argent, 8 bronze)

Claire Supiot – L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

Claire Supiot – L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

Claire Supiot

Claire Supiot - L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

1968 à aujourd'hui - Écrit par Mariana

Première athlète de l’histoire du sport français à avoir participé aux Jeux Olympiques puis aux Jeux Paralympiques, Claire Supiot est une force de la nature. Atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, cette nageuse hors norme devenue coureuse sur terre a fait de sa vie un défi permanent, prouvant que tout est possible lorsque l’on décide de bousculer son destin.

Une vie jetée à l’eau par destin

Rien ne prédestinait Claire Supiot à une carrière de sirène, si ce n’est un événement 

tragique survenu dans sa commune d’Écuillé-sur-Loir en 1967, où toute une colonie de vacances s’est noyée. Face à ce drame, ses parents la poussent à apprendre à nager. Très vite, Claire se révèle être dans son élément et intègre le sport-études de Dinard à seulement 13 ans et demi.

Sous la houlette de son entraîneur Jacques Mélier, elle compense son manque de prédispositions naturelles par un mental d’acier. Elle s’impose rapidement chez les valides en décrochant neuf titres de championne de France et se qualifie pour les Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Après cette première vie sportive, elle s’arrête pendant près de 30 ans pour élever seule ses trois enfants.

Le « colocataire » et le retour historique

En 2015, à plus de 50 ans, Claire décide de replonger. Entre-temps, sa maladie génétique, la maladie de Charcot-Marie-Tooth (forme spinale), s’est déclarée. Loin de s’apitoyer, elle qualifie son handicap de « colocataire », une manière de rappeler que la maladie ne définit pas la personne.

Pour performer à nouveau, elle s’entoure d’une équipe de passionnés (préparateurs physique et mental, kinés, nutritionniste, et sa fille en community manager). Sa routine est digne des plus grands : réveil à 5h20, deux entraînements par jour, et des kilomètres avalés dans le bassin entre ses heures de travail. Son acharnement paye : elle se qualifie pour les Jeux Paralympiques de Tokyo.

Le saviez-vous ? À trois mois des Jeux de Tokyo, Claire a subi un changement de classification injuste la forçant à se requalifier en urgence. Elle l’a fait avec brio, devenant la seule athlète à se qualifier deux fois la même année pour la même olympiade, avant d’atteindre la finale paralympique du 100m papillon.

Tokyo : La consécration de l’émotion

De sa riche carrière, Claire garde des souvenirs impérissables, comme la Marseillaise de son titre de championne d’Europe. Mais son entrée dans le bassin de Tokyo, en pleine période de Covid, reste gravée à jamais.

« Peu importe ce qui va se passer dans le bassin, tu es la première athlète française à avoir fait les JO et les JP », s’est-elle répété en foulant le plot de départ. Un accomplissement qui fait écho à son passage sous le grand tunnel du stade de Séoul, 30 ans plus tôt, où elle avait enfin compris pourquoi elle s’était tant entraînée.

Nouveau défi sur la terre ferme : le Frame Running

Après avoir commenté les Jeux de Paris 2024 au micro de RMC, Claire ressent le besoin de tourner la page de la natation. Mais l’inactivité n’est pas faite pour elle. En août 2024, elle découvre le frame running, une discipline d’athlétisme pratiquée sur une grande draisienne à trois roues.

Désormais licenciée au SCO d’Angers, Claire s’entraîne d’arrache-pied sur la piste avec des chaussures à pointes, heureuse de pouvoir enfin courir debout et au grand air. Tout en menant de front son travail de référente handicap pour le département du Maine-et-Loire, elle garde les yeux grands ouverts sur son prochain rêve : se qualifier pour les Jeux de Los Angeles en 2028.

La philosophie du sport : Solidarité et inspiration au féminin

Pour Claire Supiot, la valeur du sport ne se mesure pas au nombre de médailles sur la boîte. Lorsqu’on lui demande quelle sportive l’inspire, elle refuse de citer un grand nom de championne. Pour elle, les véritables modèles sont toutes les femmes qui sortent de leur zone de confort : qu’il s’agisse d’une coureuse anonyme croisée en campagne ou de sa voisine de 60 ans qui s’astreint à l’aquagym et qui a relancé sa propre routine.

Elle défend un sport inclusif où valides et handis se côtoient, trouvant la beauté du geste dans la solidarité de l’effort collectif. C’est ce message universel qu’elle souhaite transmettre à la jeunesse : « Tout est possible à n’importe quel âge dès lors qu’on s’en donne les moyens et qu’on est bien accompagné ».

Le chiffre : 30
C’est le nombre d’années d’écart qui séparent les deux carrières sportives internationales de Claire Supiot (Séoul 1988 et Tokyo 2020).

Pour aller plus loin : En 2024, Claire a publié son autobiographie intitulée Sirène olympique (illustrée par son cousin Olivier Supiot) et a fait l’objet d’un documentaire sur France Télévisions, L’eau, la terre, Claire.

Interview de Claire Supiot

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Alana Moldonado

Alana Moldonado - Une pionnière du judo brésilien

1985 à aujourd'hui - Ecrit par Mariana

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d’argent à Rio 2016, la Brésilienne a gravé son nom au panthéon du judo handisport mondial. Symbole d’une longévité exceptionnelle dans la catégorie des moins de 70 kg, elle a dédié sa vie à son art, surmontant les épreuves physiques et un diagnostic médical difficile pour s’imposer comme l’une des plus grandes compétitrices de l’histoire de son sport. Par sa technique redoutable et sa force de caractère, elle est devenue bien plus qu’une championne : une véritable légende.

Ses débuts au Judo

Alana Maldonado grandit à Tupã, dans l’État de São Paulo. Là-bas, elle découvre le judo à l’âge de seulement 4 ans. Au fil des saisons, la jeune Brésilienne aiguise son sens du combat, sa précision et sa puissance en s’entraînant d’abord dans des compétitions conventionnelles aux côtés d’athlètes valides.

À 14 ans, son destin bascule lorsqu’on lui diagnostique la maladie de Stargardt, une affection génétique qui entraîne une perte progressive de la vue. Loin de renoncer à ses ambitions, Alana Maldonado fait un choix crucial en 2014 lorsqu’elle commence ses études universitaires en Éducation Physique à Marília. C’est là-bas qu’elle s’oriente officiellement vers le judo handisport, rejoignant l’équipe de (Associação Mariliense de Esportes Inclusivos). Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des meilleures spécialistes du pays.

Son début à l’international

Dès son entrée sur le circuit en 2015, elle est sélectionnée avec l’équipe nationale et obtient la médaille d’argent aux Jeux parapanaméricains de Toronto. Un an plus tard, en 2016, Alana participe à ses premiers Jeux paralympiques à Rio de Janeiro. Devant son public, elle réalise un parcours sans faute jusqu’en finale, où elle se retrouve opposée à la redoutable Mexicaine Lenia Ruvalcaba. Dans une chaude ambiance, Alana Moldonado s’incline par ippon et s’empare d’une magnifique médaille d’argent. Cette défaite à domicile devient sa plus grande source de motivation.

Son titre paralympique

Son ascension fulgurante se voit récompensée de la plus belle des manières en 2018 lors des Championnats du monde à Odivelas, dans la région de Lisbonne. En battant l’Ouzbèke Vasila Aliboeva en finale, Alana Maldonado s’offre la médaille d’or et entre dans l’histoire en devenant la toute première athlète brésilienne sacrée championne du monde de judo handisport. Elle déclare avec émotion :

« C’est un sentiment unique. J’ai travaillé très dur pour cela après Rio 2016. Ce titre n’est pas seulement le mien, il appartient à toute une équipe ».

Sa montée en puissance

Après cette victoire historique, Alana Maldonado ne cesse de rajouter des médailles internationales à son palmarès. À peine de retour pour les Jeux de Tokyo 2020 (disputés en 2021), elle s’avance sur le tatami du mythique Nippon Budokan avec une obsession : l’or. En finale, elle maîtrise parfaitement la Géorgienne Ina Kaldani pour s’adjuger son premier titre paralympique.

« Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. Depuis Rio, ce titre était mon objectif quotidien. Cette médaille d’or représente cinq années de sacrifices » confie-t-elle à sa sortie du tatami.

En 2022, elle confirme sa suprématie mondiale lors des Championnats du monde au Kazakhstan en s’imposant en finale face à l’athlète locale Ayala Mareke.

Son parcours vers les Jeux suivants est pourtant freiné par de graves blessures aux genoux et des épisodes de dépression. Déterminée à revenir vite, elle travaille sans relâche avec un objectif en tête : les Jeux de Paris 2024. À l’Aréna Champ-de-Mars, Alana signe un retour magistral en terrassant la Chinoise Wang Yue en finale de la catégorie J2 -70kg, s’adjugeant une nouvelle médaille d’or.

Fière de son parcours sur et en dehors des tatamis, elle partage sa vie et ses combats aux côtés de sa fiancée (rencontrée elle aussi grâce au judo), trouvant dans son équilibre personnel la force nécessaire pour se maintenir au sommet mondial.

« Le tatami m’a tout donné : mes plus grands titres et la femme qui m’accompagne dans ma vie » aime-t-elle rappelé.

Pionnière historique
Elle est la toute première judokate brésilienne de l’histoire à être sacrée championne du monde de judo handisport (Lisbonne, 2018).

La reine de Tokyo
En battant Ina Kaldani au Budokan, elle a offert au Brésil sa toute première médaille d’or féminine de l’histoire dans cette discipline aux Jeux.

Tricampeonato historique
Alana Maldonado est devenue la première athlète brésilienne à s’offrir trois titres mondiaux distincts en para-judo après son triomphe au Kazakhstan.

En judo

  • 2x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 3x Championne du monde
  • 2x Coupe du Monde
  • 1x Deuxième de la Coupe du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Mondiaux
  • 2x Vice-championne des Jeux Parapanaméricains
  • 4x Championne du Brésil

Sportives

  • 2x Prix de la meilleure athlète féminine de l’année par le CIO
  • 4x Prix de la meilleure judokate de l’année par le CIO

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Marla Runyan

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"1969

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme.

Son enfance

Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville de Santa Maria en Californie. Rapidement, l’enfante qui aimait jouer, courir et s’amuser vu sa vision changer. Pour elle, il était un impossible de voir les formes en centre. Marla le décrit ainsi :

« C’est comme si j’avais un trou noir au milieu de l’œil ».

Avant l’arrivée de cette handicap visuel, l’Etats-unienne avait déjà plongé un pas dans le monde du sport. D’abord par le football puis en gymnastique artistiques, influencée par l’exploit de Nadia Comaneci lors des Jeux Olympiques de Montréal (1976). À la suite de ce diagnostic, Marla Runyan ne plus pratiquer la gym sans risque de blessures répétitives. Pourtant, elle n’abandonne pas le sport. L’enfant se teste à l’athlétisme. Courir, sauter et lancer, Marla adore. Pour elle impossible de se cantonner à une discipline : Heptathlon, 100m haies, lancer du javelot, saut en longueur, 800m… elle véritable touche à tout.

Ses premiers paralympiques

Passée par l’Université d’Etats de San Diego, Marla Runyan a pu profiter des structures, des équipes d’encadrement et des compétitions pour progresser en athlétisme et se lance en parallèle en cyclisme. Ses performances sont telles que l’Etats-Unienne se qualifie pour les Jeux Paralympiques de 1992 pour cinq épreuves à 23 ans.

A Barcelone, Marla Runyan ne vient pas en figurante ! Sur les quatre épreuves d’athlétisme, elle remporte tout simple quatre paralympiques : 100m, 200m, 400m et le saut en longueur. Ajouter à cette prouesse, une cinquième place sur l’épreuve du tandem en cyclisme sur route.

En route pour les Jeux Olympiques

Consciente de son talent, l’athlète se fixe un objectif bien précis : participer aux Jeux Olympiques à domicile. Pour y arriver, elle décide de se concentrer sur une discipline où elle à toutes ses chances sur l’heptathlon. Ces entraînements acharnés s’avèrent payant. En 1995, Marla établit plusieurs records du monde (saut en longueur et saut en hauteur) et nationaux (200m) dans sa catégorie T13.

En 1996 montre les prémices d’une sportive qui va marquer l’histoire. Cette année-là, elle arrive bien préparer, tellement bien qu’elle participe aux sélections olympiques américaines, une des compétitions les plus durs aux mondes en athlétisme au vu de la densité d’athlète exceptionnel. Sur l’heptathlon, malgré un record national du 800m (dans cette discipline), Marla échoue à la dixième place. Sans se décourager, elle se reconcentre directement pour les Paralympiques. Une nouvelle fois, l’Etats-Unienne repart médaillée et titrée. Sur cette saison exceptionnelle, Marla rajoute de nouveaux records du monde et nationaux dans sa catégorie.

N’ayant pas réussi à se qualifier sur l’heptathlon, l’athlète de 27 ans prend la décision de se concentrer sur sa plus grande force : les courses de demi-fond. En 1999, les Etats-Unis décident de la sélection pour les Jeux Panaméricains. Pour sa première grande compétition chez valide, Marla Runyan prouve tout son talent en décrochant le titre sur le 1500m, établissant un nouveau record du monde en T13. Cette médaille d’or lui ouvre les portes des Mondiaux. Sur cette même épreuve, elle termine à une incroyable dixième place en finale.

2000 est l’année où Marla marque l’histoire de son sport. Pour débuter cette saison, l’athlète remporte le titre national sur le 3000m en salle. De retour aux qualifications olympiques, elle a qu’une idée en tête obtenir une des trois premières places sur le 1500m. Cette fois-ci, elle y arrive ! Avec ce ticket, l’Etats-Unienne compte bien montrer qu’elle n’est pas là pour faire figuration. A Sydney, la multiple championne paralympiques se qualifie au temps en finale du 1500m. Sur cette ultime course, Marla Runyan réalise une excellente performance en terminant huitième. Elle venait de tout simplement de faire le meilleur classement de l’histoire pour une Etats-Unienne à cette époque.

Ses dernières années sportives

A partir de 2001, l’athlète décide d’augmenter la distance. Elle passe du 1500m au 5000m. Cette transition se déroule à merveille. Marla Runyan remporte trois années de suite le titre de championne des Etats-Unis et se qualifie même pour les mondiaux. Alors en 2004, elle est vu comme la favorite aux American Trials. Une fois encore, elle obtient son ticket olympique. A Athènes tout se passe différemment qu’à Sydney. En effet, Marla échoue dès les séries sur le 5000m. Après cette course, elle arrête sa carrière en stade pour se concentrer uniquement sur sa carrière sur route.

En dehors des pistes, l’athlète avait déjà montré qu’elle était exceptionnelle :

  • Record des Etats-Unis sur le 20km
  • Trois titres nationaux de suite sur le 10km
  • Deuxième meilleure performance de tous les temps sur le marathon pour une première participation (à New York, en 2002)
  • Meilleure classement pour une Américaine sur le marathon de Boston en 2003 et de Chicago en 2004

En 2006, Marla Runyan signe sa derrière véritable année en compétition, où elle remporte son dernier titre national. Les deux saisons suivantes sont compliquées pour l’athlète, enchaînant de nombreux pépins physiques qui l’empêchent de se participer aux Jeux Olympiques de 2008. Elle décide alors de mettre un terme à sa carrière sportive.

Son engagement

Après avoir quitté les pistes, Marla Runyan a pu se concentrer davantage sur ses différents engagements. En 2013, grâce à son diplôme dans l’enseignement, elle devient enseignante (et ambassadrice) de l’école Perkins School qui offre des cours aux personnes aveugles et malvoyantes. En plus des dispensées des cours, l’Etats-Unienne participe à des initiatives pour une plus grande inclusion : développement de technologies d’assistance et création de programmes éducatifs.

L’histoire de Marla Runyan a inspiré de nombreuses athlètes dans le monde entier par son talent, sa longévité et sa détermination. Comme elle aime le dire :

« Ne prêtez pas attention aux influences négatives. Croyez-en vous-même et montrez aux autres ce que vous êtes capable de faire. Seul « vous » pouvez découvrir votre potentiel. »

Une championne paralympique aux Jeux Olympiques

Marla Runyan est la première championne paralympique et malvoyante à participer à une épreuve olympique.

Un record chez les valides

En 1996, elle bat le record national du 800m de l’heptathlon. Ajouter à cette performance, de nombreux record du monde en T13.

En athlètisme

  • 5x Championne Paralympique

  • 1x Vice championne paralympique

  • 1x Championne panaméricaine

  • 7x Championne des Etats-Unis

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Nantenin Keïta

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"1984

Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement engagée. Découvrez son histoire.

Née en 1984 au Mali, les médecins détectent à sa naissance son albinisme, une maladie héréditaire qui touche aussi son père Seifa, un célèbre musicien malien. Son albinisme ne se résume pas une peau et des yeux plus claire. Comme beaucoup personne atteinte de cette maladie, Nantenin Keïta est également malvoyant. Pour elle, il est impossible de lire à un panneau de rue même en étant en-dessous de celui-ci.

Un fort caractère

En 1987, sa famille s’installe à Montreuil pour le boulot de son père. A la maison, tout se passe à merveille, mais à l’école tout est différent. A la maternelle, Nantenin raconte qu’elle subit des moqueries et qu’aucun de ses camarades ne veut jouer avec elle. Ne comprenant pas cette situation, l’enfant en parle à son père. Celui-ci lui donne un précieux conseil, explique sa différence. Le lendemain, elle les suit et ses camarades sont intrigués :

« J’éveille la curiosité de mes camarades qui me posent des questions sur le sujet. Cela a démystifié cet aspect-là de moi. »

La découverte du sport

Le sport, Nantenin Keïta le découvre à l’école. Elle pratique d’abord le handball, où son entraîneuse la fait jouer gardienne. Evidemment, elle n’apprécie pas l’expérience. Loin de se laisser à abattre, la Franco-Malienne s’essaye au basket-ball, mais avec son handicap, la pratique est bien trop compliquée pour elle.

Puis arrivée le collège spécialisé. Là-bas, Nantenin fait la rencontre d’un professeur de sport unique en son genre. En effet, dès la sixième, il n’hésite pas une seconde à inscrite toute sa classe à une compétition d’athlétisme handisport. Cette expérience la convint de pratiquer ce sport. Au début, elle ne le prend pas réellement au sérieux. Elle est certes appliquée à l’entraînement hebdomadaire, mais ne pousse pas plus loin.

Repérée par la fédération

A 15 ans, Nantenin Keïta participe à une compétition comme à son habitude. Mais cette fois-ci, un membre de la fédération handisport. Ce dernier lui propose alors de l’accompagner avec une équipe spécialisée et l’adolescente accepte la proposition.

Toujours aussi sérieuse, elle voit cette époque le sport comme un échappatoire du quotidien. Elle ne fixe aucun objectif à part prendre du plaisir. Pourtant sa progression l’amène au plus haut niveau national. A 18 ans, elle se qualifie pour les Mondiaux, une compétition qui allait la transformer.

Lors de championnat du monde, la sélection l’aligne sur le 100m, le 200m et le 400m, les disciplines où elle peut véritablement performer. La jeune athlète le prouve tout de suite. Elle se qualifie trois fois en finale et remporte surtout l’argent sur le 400m ! Ses résultats sont un véritable déclic. Elle le confie à Oyaba 360 :

« Malgré une médaille d’argent sur le 400 mètres, je veux briller sur la discipline reine et je comprends rapidement pourquoi je dois m’entraîner. »

A la quête du titre paralympique

Après cette compétition, Nantenin Keïta change de club pour passer d’un à trois entraînements par semaine en plus de sa séance d’UNSS le mercredi. Ce changement va la faire progresser très rapidement. En 2006, pour ses deuxièmes Mondiaux, elle repart avec trois médailles dont deux titres (sur le 200m et le 400m).

Qualifiée aux Jeux Paralympiques, la Française n’a qu’un objectif, l’or ! A deux reprises, l’athlète la frôle. D’abord, elle termine troisième du 400m puis deuxième sur le 200m. Lors de ses Jeux, Nantenin remarque que les athlètes sont de mieux en mieux entraînées et pour certaines sont soutenus par des sponsors :

« Lors des Jeux de Pékin, je trouve que la compétition n’est plus la même que lors des championnats du monde deux ans plus tôt. Il y a de plus en plus de para-athlètes, le milieu se professionnalise. »

Malheureusement, en France, la fédération a peu de soutien financier et trouver des sponsors en tant qu’athlète est (et reste) extrêmement compliqué, surtout quand votre discipline n’est pas médiatisée. Par chance, Nantenin Keïta est soutenue par son employeur qui lui laisse gérer sa vie professionnelle autour de sa pratique du sport. Elle est véritablement épanouie. Cela va se refléter dans ses résultats, montant de plus en plus régulièrement sur les podiums internationaux.

2016 signe son année de consécration. Cette année-là, la Française est qualifiée aux Jeux Paralympiques. Sur le 400m, elle se présente comme championne du Monde en titre et double championne d’Europe de la discipline. Autant dire, elle parmi les favorites au titre. Ce statut l’athlète l’embrasse en gagnant l’épreuve, un rêve qui se réalise pour elle ! Pour une fois, les Jeux sont diffusés en direct à la télé pouvant savourer sa victoire avec les téléspectateurs français. Elle le dit aujourd’hui, cette victoire est de loin son meilleur souvenir sportif :

« La médaille d’or arrive à Rio parce que je suis dans ce système depuis trois ans, dans lequel je me sens sereine et que je peux m’entraîner sans douleur. C’est un peu comme la cerise sur le gâteau, mais il y a tout le gâteau avant, qui est particulièrement succulent. Et c’est ça le sport ! »

La persévérance

Après cette victoire, Nantenin Keïta vit des moments compliqués. Régulièrement blessée, elle n’arrive plus à performer comme elle souhaite. Son niveau ne décline pas pour autant, mes adversaires, elles progressent et se professionnalisent. Pour autant, la Française se qualifie pour les Jeux suivants, motivée à défendre son titre. Malheureusement, elle se blesse de nouveau durant la compétition.

Nantenin Keïta ne compte pas s’arrêter ici. Elle vise les Jeux de Paris 2024 et un adieu devant ses supporters. Ces Paralympiques vont tout simplement être magique pour elle, en étant porteuse de la flemme olympique, une des dernières relayeuses de la flamme paralympique et surtout porte-drapeau de la délégation. De ces Jeux, elle repart certes sans médaille, une petite déception pour elle, mais avec des souvenirs jamais à graver dans son esprit.

Une femme engagée

En parallèle de la piste, Nantenin Keïta est une femme extrêmement engagée. En effet, en 2005, la fonde son association avec son père. Avec la Fondation Salif Keïta, elle avait et a toujours la vocation d’offrir un meilleur accès à l’éducation et à la santé aux personnes albinos au Mali. Par exemple, cette structure offre des kits de protection du soleil, composés de crème solaire et de lunettes de soleil, essentiel pour le bien-être des personnes albinos.

Nantenin est une athlète qui aura marqué son temps par ses médailles, son engagement et sa personnalité. Comme elle le dit :

« J’espère que mon histoire peut donner envie et confiance à d’autres. Que certains jeunes se disent : “si elle y est arrivée, j’en suis capable.” »

En athlétisme

  •  1x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice-championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Bronze aux championnats d’Europe sur le relais
  • 3x Championne d’Europe

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • Officière de l’ordre national du Mérite 

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Lauren Parker – au sommet du paratriathlon

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Ancienne triathlète professionnelle valide, Lauren Parker est devenue après un grave accident l’une des principales figures du paratriathlon en catégorie PTWC, discipline qui combine la natation, le handbike et la course en fauteuil.

Du petit bassin à l’Ironman en eaux libres

Avant son accident, Lauren Parker s’est distinguée dans plusieurs disciplines sportives. Née le 15 décembre 1988 à Belmont, l’Australienne débute très tôt le sport. D’abord par la natation où elle remporte plusieurs titres régionaux et nationaux dans

les catégories juniors. Cette domination chez les jeunes, la nageuse la traduit en élite en décrochant le titre national en eau libre à seulement 14 ans. Véritablement passionnée par les sports aquatiques, elle est également engagée dans le sauvetage côtier, discipline très populaire en Australie, où elle se forge une solide endurance.

À partir de l’âge de 19 ans, un coach, impressionné par son profil, lui conseille de tester le triathlon, un sport fait pour elle selon lui. Lauren l’écoute et se tourne vers le ce sport, où elle peut mettre à profit ses qualités de nageuse et de fondeuse. Parker s’entraîne alors sous la direction de l’entraîneur Brad Fernley, avec lequel elle collabore encore aujourd’hui.

D’abord, elle se tente sur la distance olympique avant de réalisée qu’avec son profil, la longue distance était faite pour elle (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42,2 km de course à pied). Après ce changement, tout s’accélère pour Lauren Parker ! En 2014, l’Australienne remporte son tout premier IronMan, lui permettant de se qualifier à ses premiers mondiaux. L’année suivante, elle se classe deuxième de sa catégorie (25 – 29 ans) lors du Championnat du monde Ironman à Kona (Hawaï), l’épreuve de référence du triathlon longue distance. Elle poursuit sa progression parmi les triathlètes professionnelles australiennes et vise, en 2016, une qualification pour le circuit professionnel de l’Ironman après des années de blessures :

« Pendant mon temps de triathlète, j’ai souffert de 8 fractures de stress dans les jambes. Ce n’est pas dû à un surentraînement mais à une carence osseuse. Ce fut un énorme revers. Je n’ai jamais vraiment participé à un triathlon avec une préparation complète à la course, mais je savais que j’avais la capacité de courir vite. »

Battre ses démons

Cette période idyllique cache en réalité, une adolescente et une jeune adulte brisée émotionnellement. Pour Lauren, c’était une lutte permanente avec ses démons. Le soir après les entraînements, l’Australienne s’automutilait afin de fuir son quotidien. De même, se regarder dans le miroir était impossible pour elle puisqu’elle détestait son image corporelle. Durant cette période noire de sa jeunesse, le sport la sauver ! C’était son seul exutoire :

« Avoir du sport dans ma vie était, et reste, mon exutoire. Je suis sortie de l’autre côté et je veux apporter de l’espoir à toute femme qui souffre de la même façon, de rester forte et de croire qu’elle est digne. »

Le choc de l’accident

Le 22 avril 2017, lors d’une séance d’entraînement sur route à proximité de Stockton, dans la région de Newcastle, Lauren Parker est victime d’un grave accident de vélo. En raison de l’éclatement d’un pneu, elle chute à environ 45 km/h et percute une barrière métallique. Elle subit de multiples fractures : deux côtes cassées, un poumon perforé, une clavicule et des omoplates brisées, ainsi qu’une lésion de la moelle épinière qui la rend paraplégique. Cette première nuit après, l’opération a été très difficile pour elle :

« Je repense souvent à cette première nuit à l’hôpital où la famille et les amis étaient rentrés chez eux et qu’on venait de me dire que je ne marcherais plus jamais. C’était l’une des pires nuits de ma vie. Je me sentais piégé et je ne pouvais ni m’échapper ni bouger littéralement. »

Hospitalisée pendant plusieurs mois, elle entame une rééducation longue et intensive. L’accident met un terme définitif à sa carrière de triathlète valide, mais Parker découvre la para natation durant sa covalence, une délivrance ! Après la première séance, l’Australienne n’a plus voulu quitter les bassins du centre.

La découverte du paratriathlon

Durant son séjour au centre de rééducation, Lauren Parker était régulièrement l’invitée de Bob Babbitt sur son émission radio. Un jour, il lui pose cette question banale « souhaites-tu reprendre le triathlon ». Sans hésiter, l’Australienne lui répond oui sans savoir si c’était possible. C’est là que son ami lui parle du para triathlon :

« À cet instant, j’ai trouvé un nouvel espoir et de nouveaux objectifs. »

A la sortie du centre, Lauren par pour un week-end de triathlon où elle a pu rencontrer des personnes de tous âges et/ou confrontée de nombreux obstacles physiques. Ces deux jours, lui a changé la vie :

« J’ai vu que chaque personne avait un sourire aux lèvres, ce qui m’a donné l’espoir que, s’ils pouvaient le faire, alors je pouvais le faire. S’ils peuvent être heureux, je peux être heureux. J’ai été inspiré et j’ai retrouvé ma motivation pour le triathlon. »

Elle décide alors de remprendre l’entraînement, encadrée par son coach Brad Fernley et soutenue par Triathlon Australia, Parker reprend progressivement l’entraînement en 2018. Elle s’équipe d’un handbike pour le segment cycliste et d’un fauteuil de course pour la partie finale. Son objectif est d’intégrer la catégorie PTWC, qui regroupe les athlètes en fauteuil roulant.

Moins d’un an après son accident, elle participe aux Jeux du Commonwealth de Gold Coast (Australie) en avril 2018 et remporte la médaille de bronze en paratriathlon. Ce résultat marque son retour officiel à la compétition internationale.

Les débuts d’une ascension fulgurante sur la scène internationale

En 2019, Lauren Parker remporte son premier titre de championne du monde lors des Championnats du monde ITU (International Triathlon Union) à Lausanne, en Suisse. Ce succès confirme sa place parmi les meilleures athlètes mondiales de la discipline.

Elle poursuit sur cette lancée et accumule les victoires sur le circuit international. Sa constance et sa capacité à performer sur tous les formats de la courte distance à l’Ironman, en passant par les compétitions paralympiques, lui valent une reconnaissance rapide au sein du mouvement paralympique australien.

Sélectionnée pour représenter l’Australie aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020, reportés à 2021 en raison de la pandémie, Parker termine deuxième du triathlon féminin PTWC. Elle est battue pour 0,01 seconde par l’Américaine Kendall Gretsch, à l’issue d’une des courses les plus serrées de l’histoire du paratriathlon.

Malgré la défaite, sa performance est saluée, Lauren Parker devenant à cette occasion l’une des figures les plus médiatisées du handisport australien.

La domination du paratriathlon PTWC mondial 

À partir de 2021, Lauren Parker s’impose durablement sur la scène internationale. Elle remporte successivement le Championnat du monde ITU en 2021, 2022, 2023 et 2024, confirmant une régularité exceptionnelle. 

Lors de l’Ironman World Championship 2022 à Kona, elle établit un nouveau record du parcours handisport, devenant la première athlète paraplégique à boucler l’épreuve en moins de 14 heures dans sa catégorie.

Parker combine ainsi les circuits paralympiques et d’endurance longue distance, ce qui est rare dans le haut niveau handisport.

La consécration des Jeux paralympiques de Paris 2024

Aux Jeux paralympiques de Paris 2024, Lauren Parker réalise un double exploit. Elle remporte d’abord la médaille d’or en paratriathlon PTWC, avant de s’imposer également en para-cyclisme sur route H1-4. Ce doublé fait d’elle la première athlète australienne depuis plus de quarante ans à décrocher deux médailles d’or paralympiques dans deux disciplines différentes au cours d’une même édition.

À l’issue des Jeux, elle est choisie comme porte-drapeau de la délégation australienne pour la cérémonie de clôture.

Une légende reconnue et distinguée

En 2024, Lauren Parker est élue Paralympienne australienne de l’année et Athlète féminine paralympique de l’année par le Comité paralympique australien.

En janvier 2025, elle reçoit la Medal of the Order of Australia (OAM), l’une des plus hautes distinctions civiles du pays, pour ses performances sportives et sa contribution à la visibilité du handisport.

Elle est également récompensée par Triathlon Australia et AusCycling pour sa double carrière réussie en triathlon et en cyclisme.

À 37 ans, Lauren Parker reste engagée dans la compétition de haut niveau. Après s’être essayée aux sports d’hiver, elle s’est qualifiée aux Jeux Paralympiques de 2026 à Milano Cortin en ski de fond et biathlon, devant la huitième australienne à mêler dans sa carrière été et hiver. Elle a également annoncé son intention de participer aux Jeux paralympiques de Los Angeles 2028, tout en poursuivant sa carrière sur le circuit international de paratriathlon et de para-cyclisme. Ses performances constantes depuis 2019 en font aujourd’hui l’une des athlètes les plus titrées du paratriathlon mondial :

« Ce n’a pas été un parcours facile d’être au sommet de mon sport tout en traversant de nombreux revers, problèmes de santé et opérations, et en essayant d’accepter ma nouvelle vie en fauteuil roulant. Même si chaque fois que je me fais renverser, je me relève et je continue à me battre. »

Presque invaincue depuis 2021

Lauren Parker n’a perdu qu’une seule grande compétition internationale de para triathlon depuis son sacre aux mondiaux de 2022

La première Australienne aux Jeux d’été et d’hiver

En 2026, elle devient la première athléte australienne à participer à au moins une édition paralympique d’été et d’hiver

En paratriathlon

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 5x Championne du Monde
  • 1x Vice championne du monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 4x Championne d’Océanie
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth

En paracyclisme

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du Monde

Sportives

  • 1x Athlète des athlètes par Triathlon Australia
  • 3x Para cycliste de l’année par AusCycling
  • 2x Prix de la performance de l’année par Triathlon Australia
  • 1x Prix de la performance de l’année du para-triathlon par Triathlon Australia
  • 3x Prix de la performance de l’année du para-triathlon féminin par Triathlon Australia
  • 2x Prix Chris Hewitt par Triathlon Australia

Médiatiques

  • Médaille de l’Ordre d’Australie
  • 2x Prix de la performance sportive (handisport) par l’AIS
  • 1x Athlète paralympique de l’année
  • 1x Athlète féminine paralympique de l’année
  • 2x Prix Ian Thorpe par l’Institut des sports de Nouvelle-Galles du Sud
  • 5x Handi athlète de l’année par Sport NSW
  • 1x Prix du comeback de l’année par l’Australian Women’s Health Sport Awards

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