Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Ecrit par Anaïs Mousset

Hockeyeuse internationale américaine sept fois championne du monde de 2007 à 2017, à chaque fois devant le Canada, et deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014, battue par la même équipe, l’attaquante Hilary Knight a enfin touché l’or aux Jeux à PyeongChang 2018 à l’issue d’une finale irrespirable où les joueuses à la bannière étoilée sont venues à bout de leurs éternelles rivales à la feuille d’érable après 20 ans d’attente.

L’enfance sur la glace

Hilary Atwood Knight naît le 12 juillet 1989 à Palo Alto, en Californie. Elle découvre le hockey sur glace à seulement cinq ou six ans et tombe immédiatement sous le charme de ce sport. Très vite, les Jeux olympiques deviennent son rêve. À cette époque, le hockey féminin est déjà présent aux Jeux depuis 1998, mais Knight est encore une enfant lorsqu’elle commence à imaginer porter un jour le maillot américain sur la plus grande scène sportive mondiale.

Sa passion pour le hockey prend rapidement une place considérable dans sa vie. Elle raconte qu’elle allait parfois se coucher avec son équipement sur elle et qu’elle dormait avec des palets sous son oreiller, persuadée qu’ils lui porteraient chance. Pour elle, le hockey représente tout ce qu’elle recherche : la vitesse, le mouvement et cette sensation particulière de patiner sur la glace. Très vite, son rêve olympique devient une véritable ambition.

Le premier échec

Très jeune, Hilary Knight comprend qu’elle possède les qualités nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Mais son parcours vers l’équipe olympique ne se fait pas sans obstacles.

En 2006, alors qu’elle tente de se faire une place dans la sélection américaine pour les Jeux de Turin, elle échoue. Elle décide de transformer cet échec en motivation et travaille encore plus dur pour atteindre son objectif. Quelques mois plus tard, elle rejoint l’Université du Wisconsin et s’impose rapidement comme l’une des grandes joueuses du championnat universitaire américain.
Avec les Badgers, elle remporte deux titres NCAA, en 2009 et 2011, et termine sa carrière universitaire comme meilleure buteuse et meilleure marqueuse de l’histoire du programme.

Une ascension internationale fulgurante

En 2007, Hilary Knight connaît ses premiers Championnats du monde avec les États-Unis. À seulement 17 ans, elle découvre déjà le très haut niveau international.

Dès 2008, elle remporte son premier titre mondial. En finale, les États-Unis prennent leur revanche sur le Canada et s’imposent 4-3. Un an plus tard, à Hämeenlinna, les Américaines conservent leur titre. Knight inscrit notamment le dernier but de son équipe en finale, remportée 4-1 face aux Canadiennes. À seulement 19 ans, elle possède déjà deux titres mondiaux.

Vancouver 2010 : les débuts olympiques

En 2010, Hilary Knight réalise enfin son rêve. À Vancouver, elle participe à ses premiers Jeux olympiques avec les États-Unis et devient la plus jeune joueuse de l’équipe américaine.

Le 25 février, les deux grandes rivales se retrouvent en finale dans un Canada Hockey Place entièrement acquis à la cause canadienne. Marie-Philip Poulin inscrit deux buts en première période tandis que Shannon Szabados réalise une prestation exceptionnelle dans les cages.
Knight repart avec une médaille d’argent, mais surtout avec la certitude que l’or olympique est désormais son objectif ultime.

La patronne des Mondiaux

Après Vancouver, Hilary Knight continue de s’imposer comme l’une des meilleures attaquantes du monde. En 2011, les États-Unis remportent le Championnat du monde à Zurich. En finale contre le Canada, Knight inscrit le but de la victoire en prolongation et offre le titre à son équipe, 3-2. Deux ans plus tard, à Ottawa, les Américaines remportent une nouvelle médaille d’or après une victoire 3-2 contre les Canadiennes.

Knight s’impose également sur la scène professionnelle. En 2012, elle rejoint les Boston Blades en Ligue canadienne de hockey féminin. Dès sa première saison, elle devient la première Américaine à être élue MVP de la ligue et aide les Blades à remporter la Clarkson Cup en 2013. Elle reste à Boston jusqu’en 2017, avant de rejoindre les Boston Pride lors de la création de la Ligue nationale de hockey féminin, une nouvelle ligue qui rémunère professionnellement les joueuses. Avec le Pride, elle remporte la Coupe Isobel en 2016.

Elle retourne ensuite en Ligue canadienne de hockey féminin avec les Canadiennes de Montréal en 2018. Mais en 2019, la LCHF annonce la fin de ses activités, mettant un terme à la ligue après douze années d’existence. Knight rejoint alors la PWHPA, une association de joueuses qui travaille à la création d’une nouvelle ligue professionnelle féminine.

Trois nouveaux titres mondiaux

Entre les Jeux de Sotchi et ceux de PyeongChang, Hilary Knight continue d’accumuler les succès avec les États-Unis. En 2015, à Malmö, elle remporte son cinquième titre mondial. Meilleure marqueuse de la compétition, elle est également désignée meilleure joueuse du tournoi.

Un an plus tard, à Kamloops, le scénario se répète. Les Américaines battent une nouvelle fois le Canada en finale et remportent leur sixième titre mondial. Knight termine encore meilleure marqueuse et meilleure joueuse de la compétition. En 2017, à Plymouth, les États-Unis décrochent un troisième titre consécutif face aux Canadiennes, permettant à Knight de remporter son septième titre mondial.

En parallèle de ses performances sportives, Knight devient également une figure importante de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le hockey. Elle s’engage notamment pour une meilleure reconnaissance et un meilleur traitement financier des joueuses.

PyeongChang 2018 : enfin l’or olympique

Pour ses troisièmes Jeux olympiques, Hilary Knight arrive à PyeongChang avec le même objectif depuis plusieurs années : remporter enfin l’or. Les États-Unis terminent deuxièmes du groupe A derrière le Canada, qui les bat 2-1. En demi-finale, les Américaines dominent la Finlande 5-0 et décrochent leur place pour une nouvelle finale olympique. Knight inscrit notamment un but lors de cette rencontre.

Le 22 février, les États-Unis retrouvent donc le Canada pour une cinquième finale olympique entre les deux nations. Knight ouvre le score à 25 secondes de la fin de la première période en déviant un tir de Sydney Morin en supériorité numérique. Les deux équipes ne parviennent pas à se départager en prolongation. Pour la première fois, une finale olympique féminine de hockey doit donc être décidée aux tirs au but. Knight manque sa tentative, mais la gardienne américaine Maddie Rooney arrête deux tirs canadiens consécutifs. Lamoureux inscrit finalement le tir décisif et offre la victoire aux États-Unis, 3-2. Après deux médailles d’argent à Vancouver et à Sotchi, Hilary Knight devient enfin championne olympique. Les Américaines mettent également fin à vingt ans d’attente depuis leur dernier titre olympique à Nagano en 1998.

Pour Knight, cette médaille d’or représente l’aboutissement de tout le travail réalisé depuis son enfance. Quelques jours après son sacre, elle rejoint le Québec pour terminer la saison 2017-2018 avec les Canadiennes de Montréal, retrouvant plusieurs joueuses qu’elle venait tout juste d’affronter en finale olympique.

Milan-Cortina 2026 : un dernier défi olympique

Huit ans après son premier titre olympique, Hilary Knight retrouve les Jeux à Milan-Cortina pour une cinquième participation, un record pour une joueuse américaine. À 36 ans, elle est cette fois capitaine de la sélection américaine et aborde cette édition avec une place particulière dans l’histoire de son équipe. Elle avait annoncé avant les Jeux que Milan serait son dernier rendez-vous olympique.

Les États-Unis commencent parfaitement leur tournoi et enchaînent les victoires. Knight reste un élément important de l’équipe tout au long de la compétition et participe à la qualification pour une nouvelle finale olympique. Comme à PyeongChang en 2018 et à Pékin en 2022, les Américaines retrouvent le Canada pour tenter de décrocher l’or.

La finale est particulièrement serrée. Le Canada ouvre le score et conserve son avantage jusque dans les dernières minutes. Alors que les États-Unis jouent avec une attaquante supplémentaire, Knight se retrouve devant la cage canadienne. Elle dévie un tir de Laila Edwards et égalise à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.

Son but permet aux Américaines d’arracher la prolongation et porte son total à 15 buts olympiques, un record américain.

Cette victoire vient couronner un parcours olympique exceptionnel. Avec cinq participations aux Jeux, Hilary Knight termine son parcours avec cinq médailles : deux en or et trois en argent. Au-delà de son palmarès, cette dernière aventure olympique illustre également l’évolution du hockey féminin qu’elle a accompagnée pendant toute sa carrière. Elle qui a connu une époque où les jeunes filles avaient moins de possibilités de pratiquer ce sport souhaite aujourd’hui utiliser sa visibilité pour ouvrir davantage de portes aux générations suivantes.

La suite de sa carrière

Après la fin de la CWHL en 2019, Hilary Knight participe avec plusieurs joueuses américaines et canadiennes au mouvement #ForTheGame. Avec Marie-Philip Poulin, sa grande rivale avec le Canada, elle fait partie des joueuses qui souhaitent voir naître une véritable ligue professionnelle nord-américaine pour le hockey féminin.

En mai 2019, les joueuses créent la Professional Women’s Hockey Players Association, la PWHPA. Pendant plusieurs années, Knight participe à cette association et au Dream Gap Tour, qui permet aux joueuses de continuer à jouer tout en défendant la création d’une nouvelle ligue professionnelle. Poulin fait elle aussi partie de cette mobilisation. Après avoir longtemps été adversaires avec leurs sélections nationales, les deux joueuses travaillent donc ensemble pour faire évoluer leur sport.

Cette mobilisation participe à la construction du projet qui aboutit à la création de la Professional Women’s Hockey League en 2023. Hilary Knight devient alors l’une des trois premières joueuses à signer avec l’équipe de Boston. Elle en devient la capitaine et mène le Boston Fleet jusqu’à la première finale de la Walter Cup en 2024. Elle reste capitaine de Boston lors des deux premières saisons de la PWHL.

En 2025, Hilary Knight rejoint ensuite le Seattle Torrent et devient la première capitaine de l’histoire de la franchise. Elle dispute la saison 2025-2026 avec Seattle avant de rejoindre la PWHL Detroit à l’été 2026. Transférée de Las Vegas à Detroit en juin, elle prolonge quelques jours plus tard son contrat jusqu’à la saison 2028-2029. À 37 ans, elle poursuit donc sa carrière professionnelle avec une nouvelle équipe et participe à la construction de la franchise de Detroit.


Palmarès

2x Championne olympique
4x Vice championne olympique
10x Championne du Monde
5x Vice championne du monde

1x Isobel Cup
3x Clarkson Cup
1x Walter cup
2x Championne NCAA

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Alana Moldonado

Alana Moldonado - Une pionnière du judo brésilien

1985 à aujourd'hui - Ecrit par Mariana

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d’argent à Rio 2016, la Brésilienne a gravé son nom au panthéon du judo handisport mondial. Symbole d’une longévité exceptionnelle dans la catégorie des moins de 70 kg, elle a dédié sa vie à son art, surmontant les épreuves physiques et un diagnostic médical difficile pour s’imposer comme l’une des plus grandes compétitrices de l’histoire de son sport. Par sa technique redoutable et sa force de caractère, elle est devenue bien plus qu’une championne : une véritable légende.

Ses débuts au Judo

Alana Maldonado grandit à Tupã, dans l’État de São Paulo. Là-bas, elle découvre le judo à l’âge de seulement 4 ans. Au fil des saisons, la jeune Brésilienne aiguise son sens du combat, sa précision et sa puissance en s’entraînant d’abord dans des compétitions conventionnelles aux côtés d’athlètes valides.

À 14 ans, son destin bascule lorsqu’on lui diagnostique la maladie de Stargardt, une affection génétique qui entraîne une perte progressive de la vue. Loin de renoncer à ses ambitions, Alana Maldonado fait un choix crucial en 2014 lorsqu’elle commence ses études universitaires en Éducation Physique à Marília. C’est là-bas qu’elle s’oriente officiellement vers le judo handisport, rejoignant l’équipe de (Associação Mariliense de Esportes Inclusivos). Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des meilleures spécialistes du pays.

Son début à l’international

Dès son entrée sur le circuit en 2015, elle est sélectionnée avec l’équipe nationale et obtient la médaille d’argent aux Jeux parapanaméricains de Toronto. Un an plus tard, en 2016, Alana participe à ses premiers Jeux paralympiques à Rio de Janeiro. Devant son public, elle réalise un parcours sans faute jusqu’en finale, où elle se retrouve opposée à la redoutable Mexicaine Lenia Ruvalcaba. Dans une chaude ambiance, Alana Moldonado s’incline par ippon et s’empare d’une magnifique médaille d’argent. Cette défaite à domicile devient sa plus grande source de motivation.

Son titre paralympique

Son ascension fulgurante se voit récompensée de la plus belle des manières en 2018 lors des Championnats du monde à Odivelas, dans la région de Lisbonne. En battant l’Ouzbèke Vasila Aliboeva en finale, Alana Maldonado s’offre la médaille d’or et entre dans l’histoire en devenant la toute première athlète brésilienne sacrée championne du monde de judo handisport. Elle déclare avec émotion :

« C’est un sentiment unique. J’ai travaillé très dur pour cela après Rio 2016. Ce titre n’est pas seulement le mien, il appartient à toute une équipe ».

Sa montée en puissance

Après cette victoire historique, Alana Maldonado ne cesse de rajouter des médailles internationales à son palmarès. À peine de retour pour les Jeux de Tokyo 2020 (disputés en 2021), elle s’avance sur le tatami du mythique Nippon Budokan avec une obsession : l’or. En finale, elle maîtrise parfaitement la Géorgienne Ina Kaldani pour s’adjuger son premier titre paralympique.

« Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. Depuis Rio, ce titre était mon objectif quotidien. Cette médaille d’or représente cinq années de sacrifices » confie-t-elle à sa sortie du tatami.

En 2022, elle confirme sa suprématie mondiale lors des Championnats du monde au Kazakhstan en s’imposant en finale face à l’athlète locale Ayala Mareke.

Son parcours vers les Jeux suivants est pourtant freiné par de graves blessures aux genoux et des épisodes de dépression. Déterminée à revenir vite, elle travaille sans relâche avec un objectif en tête : les Jeux de Paris 2024. À l’Aréna Champ-de-Mars, Alana signe un retour magistral en terrassant la Chinoise Wang Yue en finale de la catégorie J2 -70kg, s’adjugeant une nouvelle médaille d’or.

Fière de son parcours sur et en dehors des tatamis, elle partage sa vie et ses combats aux côtés de sa fiancée (rencontrée elle aussi grâce au judo), trouvant dans son équilibre personnel la force nécessaire pour se maintenir au sommet mondial.

« Le tatami m’a tout donné : mes plus grands titres et la femme qui m’accompagne dans ma vie » aime-t-elle rappelé.

Pionnière historique
Elle est la toute première judokate brésilienne de l’histoire à être sacrée championne du monde de judo handisport (Lisbonne, 2018).

La reine de Tokyo
En battant Ina Kaldani au Budokan, elle a offert au Brésil sa toute première médaille d’or féminine de l’histoire dans cette discipline aux Jeux.

Tricampeonato historique
Alana Maldonado est devenue la première athlète brésilienne à s’offrir trois titres mondiaux distincts en para-judo après son triomphe au Kazakhstan.

En judo

  • 2x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 3x Championne du monde
  • 2x Coupe du Monde
  • 1x Deuxième de la Coupe du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Mondiaux
  • 2x Vice-championne des Jeux Parapanaméricains
  • 4x Championne du Brésil

Sportives

  • 2x Prix de la meilleure athlète féminine de l’année par le CIO
  • 4x Prix de la meilleure judokate de l’année par le CIO

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Amandine Henry

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Maartje Paumen

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"1985

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l’une des meilleures joueuses de l’histoire, la Néerlandaise a bâti un palmarès exceptionnel grâce à une exigence permanente envers elle-même. Une quête de perfection qui lui a permis d’atteindre les sommets, mais qui a également eu un coût.

Ses débuts

Maartje Yvonne Helene Paumen naît le 19 septembre 1985 à Geleen, dans la province 

Limbourg aux Pays-Bas. Très jeune, elle découvre le hockey sur gazon et rejoint les clubs de sa région. Après des passages au HC Geleen, au HC Scoop puis à Oranje Zwart, elle se fait rapidement remarquer grâce à sa qualité technique et son sens du jeu.

En 2004, alors âgée de seulement 19 ans, elle rejoint le Hockeyclub’s-Hertogenbosch, plus connu sous le nom de Den Bosch. Ce transfert marque le début d’une aventure exceptionnelle. D’abord utilisée au milieu de terrain puis en défense, Paumen développe une arme redoutable : ses penalty corners. Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des spécialistes mondiales de l’exercice.

La même année, elle fait ses débuts avec l’équipe nationale néerlandaise lors du Trophée des Championnes à Rosario, en Argentine. Pour sa première apparition internationale, elle remporte déjà un titre avec les Oranje.

Une ascension fulgurante

Les années suivantes confirment tout son potentiel. En 2005, elle décroche son premier titre européen avec les Pays-Bas. Un an plus tard, lors de la Coupe du monde organisée à Madrid, elle participe à l’une des plus belles campagnes de l’histoire du hockey néerlandais.

En finale face à l’Australie, Maartje Paumen inscrit le troisième but des Pays-Bas sur penalty. Cette réalisation permet aux Néerlandaises de s’imposer 3-1 et de décrocher le titre mondial. À seulement 21 ans, Paumen s’impose déjà comme l’une des joueuses majeures de sa sélection.

Le coup d’arrêt

Tout semble alors lui sourire. Pourtant, le Championnat d’Europe 2007 va bouleverser sa progression.

Lors d’un match de groupe contre l’Angleterre, la Néerlandaise se blesse gravement au genou. Contrainte d’abandonner la compétition, elle doit observer plusieurs mois de rééducation. Une épreuve difficile pour une joueuse en pleine ascension.

Mais Maartje Paumen refuse de laisser cette blessure définir sa carrière. Elle travaille sans relâche pour retrouver son meilleur niveau avec un objectif en tête : les Jeux olympiques de Pékin.

Pékin 2008 : l’explosion

L’année 2008 marque un tournant dans l’histoire du hockey sur gazon féminin.

De retour de blessure, Paumen réalise un tournoi olympique exceptionnel. Lors de la phase de groupes, elle marque contre l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Chine, l’Australie et l’Espagne. En demi-finale, elle signe même un triplé face à l’Argentine.

Match après match, la Néerlandaise enchaîne les performances de très haut niveau. Avec onze buts inscrits durant la compétition, elle établit un nouveau record olympique.

Le 22 août 2008, les Pays-Bas battent la Chine en finale et remportent la médaille d’or. À seulement 22 ans, Maartje Paumen devient championne olympique et meilleure buteuse du tournoi.

La même année, la Fédération Internationale de Hockey la désigne Jeune joueuse mondiale de l’année.

La patronne du hockey mondial

Sous le maillot néerlandais comme avec Den Bosch, elle accumule les trophées. Entre 2008 et 2016, elle termine à huit reprises meilleure buteuse du championnat néerlandais. Son influence sur le jeu est telle qu’elle devient l’une des leaders naturelles de la sélection.
En 2011 puis en 2012, elle est élue meilleure joueuse du monde par la Fédération Internationale de Hockey. Une distinction qui récompense sa régularité exceptionnelle au plus haut niveau.

Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, les Pays-Bas atteignent une nouvelle fois la finale. Opposées à l’Argentine, les Néerlandaises s’imposent 2-0. Paumen inscrit le deuxième but sur penalty corner et remporte sa deuxième médaille d’or olympique.
Avec ce quatorzième but olympique, elle améliore encore son record personnel et confirme son statut de référence mondiale.

Le prix de l’excellence

Derrière les succès se cache pourtant une réalité plus complexe.

Dans son autobiographie publiée en 2017, Maartje Paumen se décrit comme une personne « extrême ». Toujours en quête de perfection, elle s’impose une pression immense afin de rester au sommet.

Après les Jeux olympiques de Londres, cette exigence permanente finit par la rattraper. Épuisée mentalement et physiquement, elle traverse une période difficile. La fin de sa relation avec sa coéquipière Carlien Dirkse van den Heuvel accentue encore cette situation.

Malgré ces épreuves, Paumen parvient à poursuivre sa carrière au plus haut niveau et continue de guider son équipe vers les sommets.

Une dernière aventure olympique

En 2014, devant son public à La Haye, Maartje Paumen remporte une deuxième Coupe du monde avec les Pays-Bas.

Deux ans plus tard, elle dispute ses troisièmes Jeux olympiques à Rio de Janeiro. Les Néerlandaises atteignent une nouvelle fois la finale mais s’inclinent face à la Grande-Bretagne lors de la séance de tirs au but.

La médaille d’argent vient conclure une carrière internationale exceptionnelle.
Après douze années passées sous le maillot orange, Maartje Paumen annonce sa retraite internationale en 2016. Elle quitte la sélection avec 235 matchs disputés et 195 buts inscrits.

Son héritage

Peu de joueuses ont autant marqué l’histoire du hockey sur gazon.

Double championne olympique, double championne du monde, multiple championne d’Europe et meilleure buteuse de plusieurs compétitions majeures, Maartje Paumen a repoussé les limites de son sport. Avec Den Bosch, elle remporte également onze championnats nationaux et dix Coupes d’Europe.

En 2018, elle met un terme à sa carrière de joueuse et se tourne vers l’entraînement. Elle partage désormais son expérience avec les nouvelles générations, notamment auprès des spécialistes du penalty corner.

Aujourd’hui encore, son nom reste associé à l’excellence. Leader, buteuse et compétitrice hors norme, Maartje Paumen a laissé une empreinte durable sur le hockey mondial et demeure une source d’inspiration pour de nombreuses joueuses.

« Extrême. » C’est ainsi qu’elle se décrit elle-même. Un mot qui résume parfaitement une carrière construite à force de travail, de détermination et d’une volonté permanente de repousser ses limites.

Meilleure marqueuse

Redoutable sur les penaltys corners, elle détient le record du buts inscrit lors des Jeux Olympiques avec 14 réalisations dont 11 sur une seule édtion (un autre record)

En sélection

  • 2x Championne olympique
  • 1x Vice-championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Vice-championne du Monde
  • 3x Championne d’Europe
  • 2x Vice-championne d’Europe
  • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
  • 4x Trophée des Championnes
  • 6x Podium au trophée des Championnes

En club

  • 10x Coupe d’Europe
  • 11x Championnat des Pays-Bas

Sportives

  • 1x Meilleure joueuse de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure jeune de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure buteuse du tournoi olympique
  • 8x Meilleure buteuse du championnat néerlandais

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    Marinette Pichon : La pionnière qui a fait tomber les murs

    "Marinette

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    "1975

    Le talent brut se mesure parfois aux statistiques, mais la légende, elle, se forge dans l’adversité comme l’exprime si justement Marinette :

    « Moi, si j’avais écouté les autres, je n’aurais jamais rien fait. Il m’est arrivé d’avoir les deux genoux à terre, mais je me suis toujours relevée. »

    Avec 81 buts en 112 sélections, Marinette Pichon a longtemps trôné seule au sommet du football français. Bien plus qu’une simple attaquante, elle a été la première 

    véritable icône d’une discipline qui, à ses débuts, ne lui offrait aucune structure. En s’exilant aux États-Unis pour vivre son rêve de professionnalisme, elle n’a pas seulement changé de continent, elle a ouvert une brèche pour toutes les générations de joueuses tricolores qui lui ont succédé.

    Qui est Marinette?

    Derrière la carrière de Marinette Pichon se dessine le portrait d’une athlète qui a marqué son époque. Née le 26 novembre 1975 à Bar-sur-Aube, elle a représenté la France au plus haut niveau international. Véritable métronome offensive, elle a évolué durant toute sa carrière au poste d’attaquante, s’imposant comme la figure de proue du football féminin tricolore.  

    Le football comme sanctuaire

    Pour Marinette Pichon, le ballon rond n’a pas été qu’un jeu, mais un refuge vital. Grandissant dans un climat familial marqué par la violence et l’alcoolisme de son père, elle trouve sur le terrain de l’AS Brienne le seul endroit où elle se sent en sécurité et valorisée ; elle y reste jusqu’à ses 16 ans. Dès l’âge de 5 ans, elle y défie les garçons, faisant preuve d’une supériorité technique qui ne tarde pas à attirer l’attention. Ce sport devient alors son « enclos protecteur », le moteur qui lui permettra de s’extraire d’un quotidien difficile pour se forger un destin hors du commun. À une époque où les centres de formation féminins n’existent pas, elle forge son caractère et sa technique dans le football de rue et son club amateur, avant de rejoindre le Saint-Memmie Olympique.

    L’odyssée américaine

    Alors qu’elle fait les beaux jours du Saint-Memmie Olympique, Marinette Pichon comprend que pour franchir un palier, elle doit quitter une France où le football féminin reste amateur. En 2002, elle prend un pari audacieux : signer au Philadelphia Charge, aux États-Unis. Le changement est radical. L’employée de mairie française devient, presque du jour au lendemain, une star mondiale du soccer professionnel. Évoluant dans une ligue ultra-compétitive, elle est sacrée meilleure joueuse du championnat américain (WUSA) en 2003, prouvant que son talent n’avait aucune frontière. 

    Une empreinte indélébile en Bleu

    Si elle brille en club, c’est sous le maillot de l’équipe de France que Marinette Pichon entre définitivement dans l’histoire. Elle honore sa première sélection en 1994 et marque son premier but en sélection le 25 septembre 1994 lors de la victoire 0-3 face à l’Écosse. En 2003, elle est le fer de lance de la toute première sélection française qualifiée pour une Coupe du monde, marquant au passage le premier but de l’histoire des Bleues dans cette compétition face à la Corée du Sud. Elle annonce sa retraite internationale à la suite de l’échec des Bleues lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2007 face aux Anglaises. 

    Véritable « renarde des surfaces », capable de marquer des deux pieds et dotée d’un sens du but clinique, Marinette Pichon a détenu le record national de buts pendant quatorze ans, avant d’être dépassée par Eugénie Le Sommer en 2020.

    Au-delà du terrain : une icône engagée

    La carrière de Marinette Pichon ne s’arrête pas au coup de sifflet final. Pionnière sur le terrain, elle l’est tout autant dans la vie civile en étant l’une des premières sportives françaises à afficher publiquement son homosexualité. Son combat pour le mariage pour tous et l’obtention historique d’un congé parental en 2012 — un an avant la loi — témoignent d’une résilience qui dépasse le cadre sportif. Professionnellement, elle devient directrice générale du club de soccer 2019 du Lac-Saint-Louis à Montréal, puis en 2024 des Roses de Montréal. En parallèle, elle poursuit une carrière de consultante média de 2011 à 2021.  

    Aujourd’hui installée au Québec, elle continue d’inspirer à travers le film biographique Marinette sorti en 2023. Elle s’impose comme une figure majeure de la lutte contre les violences intrafamiliales et pour la promotion du sport féminin. 

    • 112 sélections et 81 buts (Meilleure buteuse de l’histoire des Bleues de 2006 à 2020).
    • Première buteuse française de l’histoire en Coupe du Monde (2003).
    • Participation à la Coupe du Monde 2003 (USA).
    • Participation aux Championnats d’Europe (Euro) en 1997, 2001 et 2005.

    En football

    • Championne de France (2006 avec Juvisy).
    • Vainqueur du Challenge de France (l’équivalent de la Coupe de France) en 2005 avec Juvisy.
    • Vice-championne de France (2005 avec Juvisy).
    • Championne de la Conférence Est (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
    • Finaliste de la USL W-League (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
    • 2ème de la saison régulière de la WUSA (2002 avec le Philadelphia Charge, USA).

    Sportives

    • Meilleure joueuse (MVP) de la ligue américaine (WUSA) en 2003.
    • Meilleure joueuse offensive de la WUSA en 2002.
    • 2x Joueuse de l’année (Trophées UNFP) en 2002 et 2005.
    • 4x Meilleure buteuse du Championnat de France (2001, 2002 avec Saint-Memmie ; 2005, 2006 avec Juvisy).
    • Record de buts sur une saison en France : 38 buts (saison 2004-2005).
    • Meilleure buteuse de la W-League américaine en 2004 (malgré seulement 10 matchs joués)

    Médiatiques

    • 2007 : Chevalier de l’ordre national du Mérite en tant que membre de l’équipe de
      France d’un club sportif féminin ; 13 ans de services civils et d’activités sportives
    • 2022 : Chevalier de la Légion d’honneur en tant qu’ancienne footballeuse internationale, entraîneuse et consultante pour la télévision ; 31 ans de services 

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    Diana Taurasi

    "Diana

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    "1982

    Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement le niveau d’une joueuse. Mais avec Diana Taurasi, il est impossible de ne pas l’évoquer. Meilleure marqueuse de l’histoire de la WNBA, qu’elle a remporté trois fois pour un titre de meilleure joueuse de la Ligue 2009 et deux trophées de MVP des finales. 6 fois titrées en Euroligue. 6 médailles d’or olympique, symboles d’une longévité hors norme et d’une vie dédiée à son sport, à une époque où le basket féminin n’avait pas encore gagné l’attention médiatique qui lui est due. Par son caractère et sa capacité à sublimer un effectif, celle qui est restée loyale toute sa carrière à sa franchise de Phoenix Mercury s’est imposée comme, si ce n’est la meilleure joueuse de tous les temps, du moins la plus grande compétitrice de l’histoire du basket.

    Sa découverte du basket-ball

    La rencontre entre Diana Taurasi et le basket s’est faite sur la côte Ouest. Ses parents, immigrés ne parlant pas un mot d’anglais, ne se sentaient pas forcément à leur place au départ. Si bien que la famille Taurasi est repartie en Argentine quelque temps, avant que l’insécurité ne les pousse à repartir aux États-Unis. Une aubaine pour une jeune Diana éprise du ballon orange. Meilleure joueuse de sa région dans toutes les catégories d’âge, c’est à l’université qu’elle rencontre pour la première fois l’adversité. Plus particulièrement à UConn, déjà double champion universitaire. Diana Taurasi était la cible de toutes les bourses universitaires du pays, mais c’est la personnalité de l’entraîneur de UConn, Genno Auriemma, qui l’a décidé à rejoindre la côte Est américaine.

    Son cursus universitaire

    Loin de sa famille pour la première fois de sa vie, elle prend ses marques petit à petit. À la faveur des blessures successives des deux meneuses titulaires de son équipe, elle entre pleinement dans le grand bain universitaire. La première saison lui sert d’acclimatation, atteignant les demi-finales, mais étant éliminée par Notre-Dame après un match catastrophique sur le plan personnel. Un échec qui la motive plus que jamais. Adroite à trois points, elle est surtout capable de faire les bons choix pour son équipe : si une partenaire est mieux placée qu’elle lors d’un moment chaud, elle privilégiera la passe, sans oublier de prendre le match en main lorsque le scénario l’exige. Adorée par son coach et ses coéquipières, Diana Taurasi mène UConn vers trois titres universitaires consécutifs, entre 2002 et 2004. Véritable star parmi les étudiantes, la salle est comble à chacun de ses matchs. Les gens se déplacent par milliers pour la voir jouer. Il est donc tant pour elle de rejoindre l’élite du basket féminin américain : la WNBA.

    Naviguer entre la WNBA et l’Euroligue

    Si aujourd’hui la ligue féminine a grandement gagné en popularité, tout était à faire lorsque les Phoenix Mercury la sélectionne avec le premier choix de la Draft 2004. Les deux premières saisons lui servent d’apprentissage. Elle comprend surtout que, pour l’intensité et l’adversité que l’on retrouve sur la plus haute marche du basket américain, elle n’est pas assez payée. Et elle n’a pas peur de le faire savoir. Pour véritablement gagner sa vie, elle fait le choix d’accompagner sa coéquipière Sue Bird en Russie, pour y jouer l’Euroligue. La saison européenne se joue pendant la pause de la WNBA, ce qui permet aux joueuses de pouvoir jouer les deux compétitions, s’offrant des saisons particulièrement longues et intenses. Les meilleures joueuses américaines comme européennes optent en masse pour la Russie, réputée pour être la ligue la plus rémunératrice chez les basketteuses. D’abord peu heureuse au Dynamo Moscou, c’est au Spartak que Diana Taurasi va véritablement s’épanouir. Le sponsor du club, Shabtai Kalmanovich, décide de la prendre sous son aile. Vrai fan de basket, il est au petit soin de ses joueuses, n’hésitant pas à leur donner de nombreux bonus, en plus de leur salaire culminant proximité du million. Personne ne parle de la provenance de sa fortune, Diana ne se pose même pas la question. L’américaine profite, remportant l’Euroligue chaque année entre 2007 et 2010. Mais cette dernière saison, Shabtai est assassiné à bord de son véhicule, en route vers le Kremlin. Choquées, les joueuses décident de continuer à tout donner sur le terrain, et remportent leur dernier titre en hommage à leur ancien président. Diana décide qu’il est alors temps pour elle de quitter la Russie.

    Ses premiers titres WNBA

    Mais revenons sur les parquets de WNBA. Diana Taurasi et son équipe crée la surprise en 2007, en remportant le titre alors même que rien n’aurait permis de prédire cet exploit. Taurasi est MVP des Finales. C’est véritablement en 2009 que la Californienne va livrer sa meilleure saison, étant désignée MVP de la Ligue, et remportant le titre suprême, de même que la récompense de meilleure joueuse des finales. Elle célèbre cette victoire avec sa coéquipière et compagne, l’Australienne Penny Taylor, à qui elle rend souvent visite dans l’année lorsqu’elle joue en Turquie. Malgré toutes ces victoires, Diana Taurasi se démarque par son caractère. Elle n’hésite pas à user du trashtalk, crie sur les arbitres, et se confronte à la moindre de ses adversaires. Une tendance à énerver son monde qui s’intensifie au fur et à mesure des saisons, symbole de sa compétitivité hors norme.

    Une athlète parfaite ?

    Mais son parcours est loin d’être linéaire, et, elle le dit elle-même, l’Américaine n’est pas parfaite. Qui le serait ? Diana Taurasi aime par-dessus tout fêter ses victoires avec ses coéquipières. Ayant bu, mais n’habitant qu’à quelques kilomètres du bar, elle décide de prendre quand même la voiture. À un tournant, elle est arrêtée par la police, et passe la nuit en prison pour conduite en état d’ivresse. Pas d’accident majeur, mais une affaire qui continue de ternir sa réputation. Puis en décembre 2010, Diana Taurasi est contrôlée positive au modafinil, un produit dopant. Elle nie les accusations de triche en bloc, mais risque tout de même quatre ans d’interdiction de compétition. Le public turque, où elle effectue sa saison européenne, la siffle. Finalement, le cabinet qui l’avait contrôlé positive retire sa plainte et ses résultats, et ferme ses portes. Elle n’est plus inquiétée, mais là encore, Taurasi perd en popularité.

    Un palmarès impressionnant

    Malgré tout, Diana Taurasi reste une valeure sûre de WNBA et de l’Euroligue, enchaînant les points et les matchs références. Le Phoenix remporte sa troisième bague WNBA en 2014. De 2004 à 2018, elle figure 10 fois dans la sélection du 5 majeur de l’année. Elle gagne encore deux titres en Euroligue, en 2013 et 2016, avec Iekaterinbourg. Cette carrière au plus haut niveau s’étire jusqu’en 2024, cumulant 10.646 points en WNBA, soit de très loin le plus haut total de l’histoire de la Ligue. Si elle a pu perdre un peu de popularité auprès du public, et notamment des nouveaux suiveurs arrivés sur le tard, ramenés par la nouvelle médiatisation de la ligue, ce n’est pas le cas chez elle. À Phoenix, lors de son dernier match, les supporters hurlent à tue tête “une année de plus ! une année de plus !”. Cette franchise des Phoenix Mercury, elle l’a bâtie panier après panier, durant vingt saisons. Les célébrations pour la plus grande joueuse de leur histoire sont grandioses, et atteignent leur apothéose lorsque le terrain des Mercury “Diana Taurasi Court”, en hommage à tout ce que la meneuse a accompli pour la franchise.

    Ses exploits en sélection

    N’oubliant tout de même pas un des aspects les plus importants de sa carrière : sa dévotion envers l’équipe nationale. Sélectionnée pour ses premiers Jeux en 2004, elle participe, et remporte, chaque édition olympique jusqu’à la fin de sa carrière. Si elle n’apparaît sur le terrain en finale à Paris, ce qui ne manque pas de la frustrer, elle n’en reste pas moins le cadre le plus important. Avec six titres olympiques, elle est, homme et femme confondus, la basketteuse la plus récompensée de l’histoire des Jeux Olympiques.

    Est-ce la GOAT ?

    Si aujourd’hui, peut des jeunes fans de WNBA ne la place en tête de leur classement de la GOAT, c’est parce qu’elle a subi la médiatisation trop tardive de la Ligue. Une WNBA qu’elle a grandement contribué à construire, par ses combats pour le salaire et ses victoires. Aucunes joueuses de l’histoire ne voulaient autant gagner qu’elle. L’amour qu’elle avait pour le jeu était palpable, et l’a fait tenir vingt ans au plus haut niveau, sans compter ce qu’elle accomplissait déjà à l’échelon universitaire. Si les Caitlin Clark et autre Paige Bueckers peuvent se contenter de jouer en WNBA sans avoir besoin de rejoindre l’Europe, si elles bénéficient de toute l’attention médiatique, c’est parce que Diana Taurasi en a posé toutes les fondations. À ce titre, le nom de Diana Taurasi peut légitimement être associé au titre officieux, mais néanmoins lourd de sens, de meilleure joueuses de l’histoire du basketball féminin.

    [Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à regarder la série Amazon Prime “Taurasi” qui revient sur sa carrière. Vous pourrez alors prendre conscience de sa légende]

    Record de points

    Elle est la première basketteuse à inscrire plus de 10.000 points en carrière en WNBA, détenant ainsi le record de la ligue avec 10.646 points.

    Seule au monde

    Diana Taurasi est la seule basketteuse, homme compris, à avoir remporter six titres olympiques.

    En sélection

    • 6x Championne Olympique
    • 3x Championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 1x Championne des Amériques
    • 1x Médaille de bronze au championnat du monde junior

    En club

    • 3x Championne WNBA
    • 6x Championne de l’Euroligue
    • 7x Championne de Russie
    • 1x Championne de Turquie
    • 3x Championne NCAA
    • 3x Coupe de Russie
    • 1x Coupe de Turquie

    Sportives

    • 2x MVP des Finales WNBA
    • 2x MVP du Final Four de la NCAA
    • 3x MVP du Final Four de l’Euroligue
    • 1x Elue dans le meilleur cinq des mondiaux
    • 1x Rookie de l’année en WNBA
    • 2x Big East Player of the Year
    • 11x All-Star WNBA
    • 10x All-WNBA First Team
    • 4x All-WNBA Second Team
    • 3x First-team All-Big East
    • 1x Big East All-Freshman Team
    • 5x Meilleure scoreuse de WNBA
    • 1x Meilleure passeuse de WNBA
    • 6x Meilleure rebondeuse, scoreuse et passeuse sur une même saison
    • TOP 15, 20 et 25 des meilleures joueuses de l’histoire de la WNBA
    • 1x Wade Trophy
    • 3x Kodak All-American

    Médiatiques

    • 4x USA Basketball Female Athlete of the Year
    • 2x Naismith College Player of the Year
    • 1x USBWA Women’s National Player of the Year
    • 1x AP College Player of the Year
    • 2x Nancy Lieberman Award
    • 2x First-team All-American
    • 1x Second-team All-American – AP
    • 2x All-American –USBWA
    • 1x Naismith Prep Player of the Year

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    Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

    Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

    Anja Andersen

    Anja Andersen - La révolutionnaire du handball

    1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

    Il y a des sportives qui marquent leur sport au point de leur offrir une médiatisation nouvelle et de les sortir du conservatisme pour permettre à la discipline de s’émanciper. Anja Andersen est de ces sportives : par son caractère et ses gestes techniques, elle a révolutionné le handball.

    Anja Andersen n’est pas une handballeuse comme les autres. Ou du moins, elle ne l’était pas à son époque. Si les gestes techniques sont aujourd’hui partis prenants de la panoplie des joueuses arrières, ce n’était pas forcément le cas à son époque. Ses caractéristiques représentatives sont principalement une créativité hors norme

    et une agressivité qui se retrouve autant dans son jeu offensif que dans son caractère. Elle a ainsi grandement participé à révolutionner le handball, notamment dans son aspect spectaculaire, par un style envoûtant.

    Une enfant marginalisée

    Petite déjà, Anja Andersen se sentait marginalisée par la société danoise, plutôt conservatrice. Pour contrer ce sentiment, la jeune fille va alors développer un caractère fort et assumé pour se distinguer. Ce trait de personnalité, elle va complètement l’incorporer à sa pratique du handball, qu’elle découvre très tôt. À l’image de la société, le handball était alors englué dans un certain conservatisme, qui l’empêchait de pleinement s’ouvrir à de nouveaux publics. Andersen va rapidement devenir une de celles qui vont chambouler le petit monde du handball.

    Influencée par les Harlem globetrotters

    Anja Andersen affirme être influencée dans son style de jeu par le basketball, et particulièrement les Harlem Globetrotters, équipe de freestylers se déplaçant à travers le monde pour offrir aux spectateurs des performances plus proches du show que du simple match. Au-delà de l’équipe adverse, la Danoise prend en compte le public pour choisir quelle stratégie adopter et quel geste technique réalisé. Un choix permis par une capacité technique très au-dessus de la moyenne, capable de réaliser n’importe quelle forme de tir depuis presque tous les recoins de la zone. Elle tente absolument TOUT : tour sur elle-même avant de marquer, tir dans le dos ou entre les jambes, “kung-fu”, tirs en suspensions… et elle marque ! Ajouté à cela des célébrations à la hauteur de ses exploits, et vous comprendrez aisément pourquoi son arrivée dans le monde professionnel du handball en a transformé les codes à jamais.

    Une pillière en club et en sélection

    Apparaissant sur la scène professionnelle à la fin des années 1980, Anja Andersen se fait surtout un nom au début des années 1990, après son arrivée au sein du club norvégien du Bækkelagets SK. C’est surtout au sein d’une équipe nationale danoise en pleine construction qu’elle va briller. Elle mène notamment sa nation sur la deuxième marche du podium des championnats du monde 1993, pour la première fois depuis 31 ans. Avant de remporter l’or européen en 1994, l’or mondial en 1996, et de monter sur la plus haute marche européenne pour la deuxième fois en 1997.

    Le titre olympique

    Mais la plus belle réussite de sa carrière s’est, sans aucun doute, déroulée à Atlanta : menées en finale de quatre buts par la Corée du Sud de Lim O-kyeong, les Danoises comblent leur retard et arrachent les prolongations, avant de prendre l’avantage et de ne plus le lâcher. Andersen, autrice de onze réalisations lors de l’ultime match de la compétition, mène les siennes vers l’or olympique, pour la première participation du Danemark aux JO en handball, lançant ainsi sans encore le savoir une dynastie pour les huit années suivantes. Anja est élue très logiquement meilleure handballeuse du monde en 1997, symbole de son emprise sur le jeu et de son importance pour la médiatisation du handball.

    Une joueuse impulsive

    Si personne ne met en doute son talent et sa capacité à faire se soulever les foules, amenant de nouveaux spectateurs à un sport qui en avait cruellement besoin, c’est son caractère qui a tendance à diviser. L’exemple le plus flagrant étant sa mise en retrait de l’équipe nationale juste avant les JO de 1996 pour mauvais comportement sur et en dehors des terrains, ce qui aurait pu changer l’histoire du handball danois si elle n’avait finalement pas été réintégrée. Anja Andersen est souvent expulsée au cours des matchs pour ses excès comportementaux, voyant fréquemment rouge. Cela ne l’empêche tout de même pas d’évoluer plus de dix ans en équipe nationale, prenant part à quelque 133 matchs pour 725 buts marqués. Les nombres auraient pu être encore plus conséquents si des problèmes cardiaques ne lui avaient pas fait arrêter sa carrière prématurément en 1999, à un an des Jeux.

    Le coaching

    Mais penser que ce malheur l’empêcherait de continuer à marquer l’histoire du handball, c’est avouer très mal connaître Anja Andersen. Fraîchement retraitée, la Danoise ne tarde pas à trouver de la place sur un banc, pour devenir entraîneuse. Ce changement de cap s’effectue au Danemark, son pays, qui est en pleine ascension ininterrompue dans la hiérarchie internationale du handball. Là encore, elle casse les codes en prônant un style de coaching aux antipodes des traditions danoises : laisser le plus de place possible au dialogue et à la créativité des joueuses. Elle prend les commandes du club de Slagelse en 2000, et ne quittera ses fonctions qu’après avoir remporté trois Ligues des champions en 2004, 2005 et 2007. De nouvelles prestigieuses lignes écrites à la suite d’un palmarès déjà exceptionnel. On peut également évoquer ses expériences de coach auprès de l’équipe nationale serbe ou de l’équipe masculine de Viborg. Andersen quitte le monde du handball en 2015 pour se consacrer à de nouveaux projets.

    Par son palmarès comme par son influence et son niveau de jeu, Anja Andersen est aujourd’hui considérée comme une des meilleures joueuses de l’histoire du jeu. C’est pour cette raison qu’elle est logiquement introduite au Hall of Fame de sa discipline, ayant fait partie des plus éminentes ambassadrices d’un sport qui ne demandait qu’une tête de proue un peu fantasque pour s’émanciper de ses carcans traditionnels, modelant le handball à son image.

    Première championne olympique

    En 1996, le Danemark devient pour la première fois championne olympique. Anja était dans l’équipe.

    Faire le show

    Anja Andersen adorait faire le show durant ces matchs. L’objectif était de mettre des étoiles dans les yeux des spectateurs. Encore aujourd’hui, des vidéos de ses tirs improbables impressionnent les internautes, inspirant certains dans leur pratique.

    En tant que joueuse

    • 1x Championne olympique
    • 1x Championne du Monde
    • 1x Vice championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 1x Vice championne du monde junior
    • 2x Championne d’Europe
    • 2x Coupe d’Europe
    • 1x Ligue norvégienne
    • 3x Championne d’Allemagne
    • 3x Coupe d’Allemagne

    En tant que coach

    • 3x Champions League
    • 3x Ligue du Danemark
    • 1x Coupe des vainqueurs de coupe

    Sportives

    • Hall of Fame du handball européen (EHF)
    • Hall of Fame du sport danois
    • 1x Meilleure joueuse du Monde
    • 1x Meilleure arrière gauche des Jeux olympiques
    • 1x Meilleure joueuse du Championnat d’Europe

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