Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Ecrit par Simon Ménard

Le 31 août 2024, à l’occasion des épreuves de para-natation des Jeux paralympiques de Paris 2024, une Espagnole de 48 ans est sur le point de marquer l’histoire. En remportant la 28e médaille de sa carrière, Teresa Perales devient l’athlète espagnole la plus médaillée de l’histoire des Jeux. Revenons sur la carrière d’une femme engagée aussi bien pour le handisport qu’en politique.

La natation, jamais !

La jeune Maria Teresa Perales Fernandez, née à Saragosse, n’est pas vraiment passionnée par la natation. Ses parents ont essayé de l’y inscrire, mais ni elle, ni ses professeurs, n’étaient particulièrement emballés. C’est plutôt le karaté, à la suite d’un visionnage de la saga cinématographique Karaté Kid, qui la fait vibrer, l’amenant jusqu’à l’obtention de la ceinture marron-noire.

Le tournant

Mais le destin lui joue un tour en 1994 : à 19 ans, Teresa Perales apprend qu’elle est victime d’une neuropathie. La maladie lui fait perdre la mobilité de ses jambes. La période qui s’en suit est très compliquée pour la jeune femme, qui a du mal à supporter le regard des autres marqué par la pitié. Elle apprend au journal Marca qu’elle n’était sortie qu’à une occasion, la finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe jouée et remportée par l’équipe de football de sa ville, le Real Saragosse. Mais Teresa refuse de se laisser dicter sa vie par la maladie, et cherche un moyen de reprendre possession de ses moyens, de remettre la main sur le contrôle de son destin. En vacances avec sa famille, elle décide de les accompagner à la piscine, habillée d’un gilet de sauvetage. Le déclic est retentissant. La natation, sport pour lequel elle ne semblait jusqu’alors pas ressentir d’attirance particulière, peut être ce vecteur de liberté qu’elle recherche. À peine de retour à Saragosse, Teresa Perales s’inscrit dans un club local, le CAI Deporte Adaptado, où son potentiel saute rapidement aux yeux de ses entraîneurs. Elle se rend petit à petit compte qu’elle progresse, notamment en voyant que le chronomètre qui servait à calculer sa vitesse dans le bassin s’arrêtait de plus en plus tôt au fur et à mesure des entraînements sur les mêmes distances.

Multi-casquette

En parallèle d’une carrière de sportive naissante, Perales poursuit ses études de médecine dans l’objectif de devenir physiothérapeute. Diplômée en 1999, elle donne des cours en tant que professeure à l’Université de Saragosse pendant deux ans. Son énergie et surtout sa détermination hors norme lui permettent de ne se refuser aucune expérience de carrière en tant que sportive, physiothérapeute, et plus tard femme politique. Ses ambitions sont toujours grandes, et témoignent d’un caractère qui la pousse toujours à aller plus loin et à réaliser ce qui paraîtrait impossible au premier abord. En témoignent les mois d’entraînement qu’elle s’est infligée afin d’être capable, le jour de son mariage, de marcher au bras de son frère pour rejoindre son mari à l’église, alors qu’elle n’était pas sensée pouvoir remarcher un jour.

Une immense carrière

En ce qui concerne la sportive, Teresa Perales n’aurait jamais pu imaginer au moment de son diagnostic, à 19 ans, qu’elle serait capable de marquer l’histoire des Jeux, la plus prestigieuse des compétitions internationales. Entre Sydney 2000 et Paris 2024, Teresa Perales remporte 28 médailles paralympiques. Dès 2012, elle devient l’athlète paralympique espagnole la plus médaillée de l’histoire, sous les yeux de son fils Mariano, né deux ans et demi auparavant. Elle termine ces jeux avec l’or sur le 100m nage libre, sa 22e médaille, et sa sixième opportunité de chanter l’hymne espagnol devant le monde entier. Elle montera à nouveau sur la plus haute marche du podium à l’occasion du 50m nage libre à Rio, avant de remporter l’argent sur le 50m dos à Tokyo, et finalement le bronze sur le 100m dos à Paris en 2024. Sa 28e médaille paralympique, cerise sur le gâteau d’une merveilleuse histoire d’amour avec les Jeux.

Son parcours ne passe pas inaperçu, notamment chez elle en Espagne où elle participe à mettre sur le devant de la scène le sport paralympique. Teresa Perales reçoit notamment le prestigieux Prix Princesse des Asturies, équivalent ibérique du titre de Chevalier des Arts et des Lettres, et les éloges du roi d’Espagne Felipe VI qui salue son courage et sa persévérance.

Une athlète engagée

Comme si le sport et son métier ne remplissaient pas déjà assez ses journées, Teresa Perales s’est lancée en politique en 2003 au sein du Parti aragonais, siégeant jusqu’en 2006 au parlement de la région d’Aragon. Candidate et tête de liste aux élections générales espagnoles de 2008, elle n’obtient pas de sièges, mais ne s’arrête pas pour autant. Elle devient notamment conseillère au développement et au sport pour Saragosse, sa ville.
L’histoire de Teresa Perales, c’est celle d’une femme qui n’a jamais voulu renoncer face à l’adversité. Elle explique son rapport au sport :

“Pour moi, le sport est un incomparable vecteur de valeurs. Dès mon plus jeune âge, j’ai pratiqué le karaté, l’équitation… un peu de tout, sans jamais faire de compétition. Cela m’a endurci et m’a permis de comprendre la différence fondamentale entre perdre et cesser de gagner. Perdre, c’est abandonner ou ne pas oser essayer, tandis que cesser de gagner, c’est simplement ne pas obtenir (momentanément) ce que l’on désire. Mais le sport m’a aussi appris à oser gagner et à me battre chaque jour pour m’améliorer. Ne jamais me contenter de peu et toujours viser l’excellence dans tout ce que j’entreprends. D’une certaine manière, le sport m’a appris à vivre pleinement ma vie.”

Et ce n’est pas son palmarès paralympique, si ses nombreuses carrières menées en parallèle de la natation, qui viendront la contredire.


Palmarès

28x médaillées olympiques (7 or, 10 argent, 11 bronze)
20x médaillée mondiale (3 or, 10 argent, 7 bronze)
37x médaillée européenne (10 or, 19 argent, 8 bronze)

Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Ecrit par Anaïs Mousset

Hockeyeuse internationale américaine sept fois championne du monde de 2007 à 2017, à chaque fois devant le Canada, et deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014, battue par la même équipe, l’attaquante Hilary Knight a enfin touché l’or aux Jeux à PyeongChang 2018 à l’issue d’une finale irrespirable où les joueuses à la bannière étoilée sont venues à bout de leurs éternelles rivales à la feuille d’érable après 20 ans d’attente.

L’enfance sur la glace

Hilary Atwood Knight naît le 12 juillet 1989 à Palo Alto, en Californie. Elle découvre le hockey sur glace à seulement cinq ou six ans et tombe immédiatement sous le charme de ce sport. Très vite, les Jeux olympiques deviennent son rêve. À cette époque, le hockey féminin est déjà présent aux Jeux depuis 1998, mais Knight est encore une enfant lorsqu’elle commence à imaginer porter un jour le maillot américain sur la plus grande scène sportive mondiale.

Sa passion pour le hockey prend rapidement une place considérable dans sa vie. Elle raconte qu’elle allait parfois se coucher avec son équipement sur elle et qu’elle dormait avec des palets sous son oreiller, persuadée qu’ils lui porteraient chance. Pour elle, le hockey représente tout ce qu’elle recherche : la vitesse, le mouvement et cette sensation particulière de patiner sur la glace. Très vite, son rêve olympique devient une véritable ambition.

Le premier échec

Très jeune, Hilary Knight comprend qu’elle possède les qualités nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Mais son parcours vers l’équipe olympique ne se fait pas sans obstacles.

En 2006, alors qu’elle tente de se faire une place dans la sélection américaine pour les Jeux de Turin, elle échoue. Elle décide de transformer cet échec en motivation et travaille encore plus dur pour atteindre son objectif. Quelques mois plus tard, elle rejoint l’Université du Wisconsin et s’impose rapidement comme l’une des grandes joueuses du championnat universitaire américain.
Avec les Badgers, elle remporte deux titres NCAA, en 2009 et 2011, et termine sa carrière universitaire comme meilleure buteuse et meilleure marqueuse de l’histoire du programme.

Une ascension internationale fulgurante

En 2007, Hilary Knight connaît ses premiers Championnats du monde avec les États-Unis. À seulement 17 ans, elle découvre déjà le très haut niveau international.

Dès 2008, elle remporte son premier titre mondial. En finale, les États-Unis prennent leur revanche sur le Canada et s’imposent 4-3. Un an plus tard, à Hämeenlinna, les Américaines conservent leur titre. Knight inscrit notamment le dernier but de son équipe en finale, remportée 4-1 face aux Canadiennes. À seulement 19 ans, elle possède déjà deux titres mondiaux.

Vancouver 2010 : les débuts olympiques

En 2010, Hilary Knight réalise enfin son rêve. À Vancouver, elle participe à ses premiers Jeux olympiques avec les États-Unis et devient la plus jeune joueuse de l’équipe américaine.

Le 25 février, les deux grandes rivales se retrouvent en finale dans un Canada Hockey Place entièrement acquis à la cause canadienne. Marie-Philip Poulin inscrit deux buts en première période tandis que Shannon Szabados réalise une prestation exceptionnelle dans les cages.
Knight repart avec une médaille d’argent, mais surtout avec la certitude que l’or olympique est désormais son objectif ultime.

La patronne des Mondiaux

Après Vancouver, Hilary Knight continue de s’imposer comme l’une des meilleures attaquantes du monde. En 2011, les États-Unis remportent le Championnat du monde à Zurich. En finale contre le Canada, Knight inscrit le but de la victoire en prolongation et offre le titre à son équipe, 3-2. Deux ans plus tard, à Ottawa, les Américaines remportent une nouvelle médaille d’or après une victoire 3-2 contre les Canadiennes.

Knight s’impose également sur la scène professionnelle. En 2012, elle rejoint les Boston Blades en Ligue canadienne de hockey féminin. Dès sa première saison, elle devient la première Américaine à être élue MVP de la ligue et aide les Blades à remporter la Clarkson Cup en 2013. Elle reste à Boston jusqu’en 2017, avant de rejoindre les Boston Pride lors de la création de la Ligue nationale de hockey féminin, une nouvelle ligue qui rémunère professionnellement les joueuses. Avec le Pride, elle remporte la Coupe Isobel en 2016.

Elle retourne ensuite en Ligue canadienne de hockey féminin avec les Canadiennes de Montréal en 2018. Mais en 2019, la LCHF annonce la fin de ses activités, mettant un terme à la ligue après douze années d’existence. Knight rejoint alors la PWHPA, une association de joueuses qui travaille à la création d’une nouvelle ligue professionnelle féminine.

Trois nouveaux titres mondiaux

Entre les Jeux de Sotchi et ceux de PyeongChang, Hilary Knight continue d’accumuler les succès avec les États-Unis. En 2015, à Malmö, elle remporte son cinquième titre mondial. Meilleure marqueuse de la compétition, elle est également désignée meilleure joueuse du tournoi.

Un an plus tard, à Kamloops, le scénario se répète. Les Américaines battent une nouvelle fois le Canada en finale et remportent leur sixième titre mondial. Knight termine encore meilleure marqueuse et meilleure joueuse de la compétition. En 2017, à Plymouth, les États-Unis décrochent un troisième titre consécutif face aux Canadiennes, permettant à Knight de remporter son septième titre mondial.

En parallèle de ses performances sportives, Knight devient également une figure importante de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le hockey. Elle s’engage notamment pour une meilleure reconnaissance et un meilleur traitement financier des joueuses.

PyeongChang 2018 : enfin l’or olympique

Pour ses troisièmes Jeux olympiques, Hilary Knight arrive à PyeongChang avec le même objectif depuis plusieurs années : remporter enfin l’or. Les États-Unis terminent deuxièmes du groupe A derrière le Canada, qui les bat 2-1. En demi-finale, les Américaines dominent la Finlande 5-0 et décrochent leur place pour une nouvelle finale olympique. Knight inscrit notamment un but lors de cette rencontre.

Le 22 février, les États-Unis retrouvent donc le Canada pour une cinquième finale olympique entre les deux nations. Knight ouvre le score à 25 secondes de la fin de la première période en déviant un tir de Sydney Morin en supériorité numérique. Les deux équipes ne parviennent pas à se départager en prolongation. Pour la première fois, une finale olympique féminine de hockey doit donc être décidée aux tirs au but. Knight manque sa tentative, mais la gardienne américaine Maddie Rooney arrête deux tirs canadiens consécutifs. Lamoureux inscrit finalement le tir décisif et offre la victoire aux États-Unis, 3-2. Après deux médailles d’argent à Vancouver et à Sotchi, Hilary Knight devient enfin championne olympique. Les Américaines mettent également fin à vingt ans d’attente depuis leur dernier titre olympique à Nagano en 1998.

Pour Knight, cette médaille d’or représente l’aboutissement de tout le travail réalisé depuis son enfance. Quelques jours après son sacre, elle rejoint le Québec pour terminer la saison 2017-2018 avec les Canadiennes de Montréal, retrouvant plusieurs joueuses qu’elle venait tout juste d’affronter en finale olympique.

Milan-Cortina 2026 : un dernier défi olympique

Huit ans après son premier titre olympique, Hilary Knight retrouve les Jeux à Milan-Cortina pour une cinquième participation, un record pour une joueuse américaine. À 36 ans, elle est cette fois capitaine de la sélection américaine et aborde cette édition avec une place particulière dans l’histoire de son équipe. Elle avait annoncé avant les Jeux que Milan serait son dernier rendez-vous olympique.

Les États-Unis commencent parfaitement leur tournoi et enchaînent les victoires. Knight reste un élément important de l’équipe tout au long de la compétition et participe à la qualification pour une nouvelle finale olympique. Comme à PyeongChang en 2018 et à Pékin en 2022, les Américaines retrouvent le Canada pour tenter de décrocher l’or.

La finale est particulièrement serrée. Le Canada ouvre le score et conserve son avantage jusque dans les dernières minutes. Alors que les États-Unis jouent avec une attaquante supplémentaire, Knight se retrouve devant la cage canadienne. Elle dévie un tir de Laila Edwards et égalise à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.

Son but permet aux Américaines d’arracher la prolongation et porte son total à 15 buts olympiques, un record américain.

Cette victoire vient couronner un parcours olympique exceptionnel. Avec cinq participations aux Jeux, Hilary Knight termine son parcours avec cinq médailles : deux en or et trois en argent. Au-delà de son palmarès, cette dernière aventure olympique illustre également l’évolution du hockey féminin qu’elle a accompagnée pendant toute sa carrière. Elle qui a connu une époque où les jeunes filles avaient moins de possibilités de pratiquer ce sport souhaite aujourd’hui utiliser sa visibilité pour ouvrir davantage de portes aux générations suivantes.

La suite de sa carrière

Après la fin de la CWHL en 2019, Hilary Knight participe avec plusieurs joueuses américaines et canadiennes au mouvement #ForTheGame. Avec Marie-Philip Poulin, sa grande rivale avec le Canada, elle fait partie des joueuses qui souhaitent voir naître une véritable ligue professionnelle nord-américaine pour le hockey féminin.

En mai 2019, les joueuses créent la Professional Women’s Hockey Players Association, la PWHPA. Pendant plusieurs années, Knight participe à cette association et au Dream Gap Tour, qui permet aux joueuses de continuer à jouer tout en défendant la création d’une nouvelle ligue professionnelle. Poulin fait elle aussi partie de cette mobilisation. Après avoir longtemps été adversaires avec leurs sélections nationales, les deux joueuses travaillent donc ensemble pour faire évoluer leur sport.

Cette mobilisation participe à la construction du projet qui aboutit à la création de la Professional Women’s Hockey League en 2023. Hilary Knight devient alors l’une des trois premières joueuses à signer avec l’équipe de Boston. Elle en devient la capitaine et mène le Boston Fleet jusqu’à la première finale de la Walter Cup en 2024. Elle reste capitaine de Boston lors des deux premières saisons de la PWHL.

En 2025, Hilary Knight rejoint ensuite le Seattle Torrent et devient la première capitaine de l’histoire de la franchise. Elle dispute la saison 2025-2026 avec Seattle avant de rejoindre la PWHL Detroit à l’été 2026. Transférée de Las Vegas à Detroit en juin, elle prolonge quelques jours plus tard son contrat jusqu’à la saison 2028-2029. À 37 ans, elle poursuit donc sa carrière professionnelle avec une nouvelle équipe et participe à la construction de la franchise de Detroit.


Palmarès

2x Championne olympique
4x Vice championne olympique
10x Championne du Monde
5x Vice championne du monde

1x Isobel Cup
3x Clarkson Cup
1x Walter cup
2x Championne NCAA

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Alana Moldonado

Alana Moldonado - Une pionnière du judo brésilien

1985 à aujourd'hui - Ecrit par Mariana

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d’argent à Rio 2016, la Brésilienne a gravé son nom au panthéon du judo handisport mondial. Symbole d’une longévité exceptionnelle dans la catégorie des moins de 70 kg, elle a dédié sa vie à son art, surmontant les épreuves physiques et un diagnostic médical difficile pour s’imposer comme l’une des plus grandes compétitrices de l’histoire de son sport. Par sa technique redoutable et sa force de caractère, elle est devenue bien plus qu’une championne : une véritable légende.

Ses débuts au Judo

Alana Maldonado grandit à Tupã, dans l’État de São Paulo. Là-bas, elle découvre le judo à l’âge de seulement 4 ans. Au fil des saisons, la jeune Brésilienne aiguise son sens du combat, sa précision et sa puissance en s’entraînant d’abord dans des compétitions conventionnelles aux côtés d’athlètes valides.

À 14 ans, son destin bascule lorsqu’on lui diagnostique la maladie de Stargardt, une affection génétique qui entraîne une perte progressive de la vue. Loin de renoncer à ses ambitions, Alana Maldonado fait un choix crucial en 2014 lorsqu’elle commence ses études universitaires en Éducation Physique à Marília. C’est là-bas qu’elle s’oriente officiellement vers le judo handisport, rejoignant l’équipe de (Associação Mariliense de Esportes Inclusivos). Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des meilleures spécialistes du pays.

Son début à l’international

Dès son entrée sur le circuit en 2015, elle est sélectionnée avec l’équipe nationale et obtient la médaille d’argent aux Jeux parapanaméricains de Toronto. Un an plus tard, en 2016, Alana participe à ses premiers Jeux paralympiques à Rio de Janeiro. Devant son public, elle réalise un parcours sans faute jusqu’en finale, où elle se retrouve opposée à la redoutable Mexicaine Lenia Ruvalcaba. Dans une chaude ambiance, Alana Moldonado s’incline par ippon et s’empare d’une magnifique médaille d’argent. Cette défaite à domicile devient sa plus grande source de motivation.

Son titre paralympique

Son ascension fulgurante se voit récompensée de la plus belle des manières en 2018 lors des Championnats du monde à Odivelas, dans la région de Lisbonne. En battant l’Ouzbèke Vasila Aliboeva en finale, Alana Maldonado s’offre la médaille d’or et entre dans l’histoire en devenant la toute première athlète brésilienne sacrée championne du monde de judo handisport. Elle déclare avec émotion :

« C’est un sentiment unique. J’ai travaillé très dur pour cela après Rio 2016. Ce titre n’est pas seulement le mien, il appartient à toute une équipe ».

Sa montée en puissance

Après cette victoire historique, Alana Maldonado ne cesse de rajouter des médailles internationales à son palmarès. À peine de retour pour les Jeux de Tokyo 2020 (disputés en 2021), elle s’avance sur le tatami du mythique Nippon Budokan avec une obsession : l’or. En finale, elle maîtrise parfaitement la Géorgienne Ina Kaldani pour s’adjuger son premier titre paralympique.

« Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. Depuis Rio, ce titre était mon objectif quotidien. Cette médaille d’or représente cinq années de sacrifices » confie-t-elle à sa sortie du tatami.

En 2022, elle confirme sa suprématie mondiale lors des Championnats du monde au Kazakhstan en s’imposant en finale face à l’athlète locale Ayala Mareke.

Son parcours vers les Jeux suivants est pourtant freiné par de graves blessures aux genoux et des épisodes de dépression. Déterminée à revenir vite, elle travaille sans relâche avec un objectif en tête : les Jeux de Paris 2024. À l’Aréna Champ-de-Mars, Alana signe un retour magistral en terrassant la Chinoise Wang Yue en finale de la catégorie J2 -70kg, s’adjugeant une nouvelle médaille d’or.

Fière de son parcours sur et en dehors des tatamis, elle partage sa vie et ses combats aux côtés de sa fiancée (rencontrée elle aussi grâce au judo), trouvant dans son équilibre personnel la force nécessaire pour se maintenir au sommet mondial.

« Le tatami m’a tout donné : mes plus grands titres et la femme qui m’accompagne dans ma vie » aime-t-elle rappelé.

Pionnière historique
Elle est la toute première judokate brésilienne de l’histoire à être sacrée championne du monde de judo handisport (Lisbonne, 2018).

La reine de Tokyo
En battant Ina Kaldani au Budokan, elle a offert au Brésil sa toute première médaille d’or féminine de l’histoire dans cette discipline aux Jeux.

Tricampeonato historique
Alana Maldonado est devenue la première athlète brésilienne à s’offrir trois titres mondiaux distincts en para-judo après son triomphe au Kazakhstan.

En judo

  • 2x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 3x Championne du monde
  • 2x Coupe du Monde
  • 1x Deuxième de la Coupe du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Mondiaux
  • 2x Vice-championne des Jeux Parapanaméricains
  • 4x Championne du Brésil

Sportives

  • 2x Prix de la meilleure athlète féminine de l’année par le CIO
  • 4x Prix de la meilleure judokate de l’année par le CIO

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Amandine Henry

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Maartje Paumen

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"1985

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l’une des meilleures joueuses de l’histoire, la Néerlandaise a bâti un palmarès exceptionnel grâce à une exigence permanente envers elle-même. Une quête de perfection qui lui a permis d’atteindre les sommets, mais qui a également eu un coût.

Ses débuts

Maartje Yvonne Helene Paumen naît le 19 septembre 1985 à Geleen, dans la province 

Limbourg aux Pays-Bas. Très jeune, elle découvre le hockey sur gazon et rejoint les clubs de sa région. Après des passages au HC Geleen, au HC Scoop puis à Oranje Zwart, elle se fait rapidement remarquer grâce à sa qualité technique et son sens du jeu.

En 2004, alors âgée de seulement 19 ans, elle rejoint le Hockeyclub’s-Hertogenbosch, plus connu sous le nom de Den Bosch. Ce transfert marque le début d’une aventure exceptionnelle. D’abord utilisée au milieu de terrain puis en défense, Paumen développe une arme redoutable : ses penalty corners. Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des spécialistes mondiales de l’exercice.

La même année, elle fait ses débuts avec l’équipe nationale néerlandaise lors du Trophée des Championnes à Rosario, en Argentine. Pour sa première apparition internationale, elle remporte déjà un titre avec les Oranje.

Une ascension fulgurante

Les années suivantes confirment tout son potentiel. En 2005, elle décroche son premier titre européen avec les Pays-Bas. Un an plus tard, lors de la Coupe du monde organisée à Madrid, elle participe à l’une des plus belles campagnes de l’histoire du hockey néerlandais.

En finale face à l’Australie, Maartje Paumen inscrit le troisième but des Pays-Bas sur penalty. Cette réalisation permet aux Néerlandaises de s’imposer 3-1 et de décrocher le titre mondial. À seulement 21 ans, Paumen s’impose déjà comme l’une des joueuses majeures de sa sélection.

Le coup d’arrêt

Tout semble alors lui sourire. Pourtant, le Championnat d’Europe 2007 va bouleverser sa progression.

Lors d’un match de groupe contre l’Angleterre, la Néerlandaise se blesse gravement au genou. Contrainte d’abandonner la compétition, elle doit observer plusieurs mois de rééducation. Une épreuve difficile pour une joueuse en pleine ascension.

Mais Maartje Paumen refuse de laisser cette blessure définir sa carrière. Elle travaille sans relâche pour retrouver son meilleur niveau avec un objectif en tête : les Jeux olympiques de Pékin.

Pékin 2008 : l’explosion

L’année 2008 marque un tournant dans l’histoire du hockey sur gazon féminin.

De retour de blessure, Paumen réalise un tournoi olympique exceptionnel. Lors de la phase de groupes, elle marque contre l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Chine, l’Australie et l’Espagne. En demi-finale, elle signe même un triplé face à l’Argentine.

Match après match, la Néerlandaise enchaîne les performances de très haut niveau. Avec onze buts inscrits durant la compétition, elle établit un nouveau record olympique.

Le 22 août 2008, les Pays-Bas battent la Chine en finale et remportent la médaille d’or. À seulement 22 ans, Maartje Paumen devient championne olympique et meilleure buteuse du tournoi.

La même année, la Fédération Internationale de Hockey la désigne Jeune joueuse mondiale de l’année.

La patronne du hockey mondial

Sous le maillot néerlandais comme avec Den Bosch, elle accumule les trophées. Entre 2008 et 2016, elle termine à huit reprises meilleure buteuse du championnat néerlandais. Son influence sur le jeu est telle qu’elle devient l’une des leaders naturelles de la sélection.
En 2011 puis en 2012, elle est élue meilleure joueuse du monde par la Fédération Internationale de Hockey. Une distinction qui récompense sa régularité exceptionnelle au plus haut niveau.

Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, les Pays-Bas atteignent une nouvelle fois la finale. Opposées à l’Argentine, les Néerlandaises s’imposent 2-0. Paumen inscrit le deuxième but sur penalty corner et remporte sa deuxième médaille d’or olympique.
Avec ce quatorzième but olympique, elle améliore encore son record personnel et confirme son statut de référence mondiale.

Le prix de l’excellence

Derrière les succès se cache pourtant une réalité plus complexe.

Dans son autobiographie publiée en 2017, Maartje Paumen se décrit comme une personne « extrême ». Toujours en quête de perfection, elle s’impose une pression immense afin de rester au sommet.

Après les Jeux olympiques de Londres, cette exigence permanente finit par la rattraper. Épuisée mentalement et physiquement, elle traverse une période difficile. La fin de sa relation avec sa coéquipière Carlien Dirkse van den Heuvel accentue encore cette situation.

Malgré ces épreuves, Paumen parvient à poursuivre sa carrière au plus haut niveau et continue de guider son équipe vers les sommets.

Une dernière aventure olympique

En 2014, devant son public à La Haye, Maartje Paumen remporte une deuxième Coupe du monde avec les Pays-Bas.

Deux ans plus tard, elle dispute ses troisièmes Jeux olympiques à Rio de Janeiro. Les Néerlandaises atteignent une nouvelle fois la finale mais s’inclinent face à la Grande-Bretagne lors de la séance de tirs au but.

La médaille d’argent vient conclure une carrière internationale exceptionnelle.
Après douze années passées sous le maillot orange, Maartje Paumen annonce sa retraite internationale en 2016. Elle quitte la sélection avec 235 matchs disputés et 195 buts inscrits.

Son héritage

Peu de joueuses ont autant marqué l’histoire du hockey sur gazon.

Double championne olympique, double championne du monde, multiple championne d’Europe et meilleure buteuse de plusieurs compétitions majeures, Maartje Paumen a repoussé les limites de son sport. Avec Den Bosch, elle remporte également onze championnats nationaux et dix Coupes d’Europe.

En 2018, elle met un terme à sa carrière de joueuse et se tourne vers l’entraînement. Elle partage désormais son expérience avec les nouvelles générations, notamment auprès des spécialistes du penalty corner.

Aujourd’hui encore, son nom reste associé à l’excellence. Leader, buteuse et compétitrice hors norme, Maartje Paumen a laissé une empreinte durable sur le hockey mondial et demeure une source d’inspiration pour de nombreuses joueuses.

« Extrême. » C’est ainsi qu’elle se décrit elle-même. Un mot qui résume parfaitement une carrière construite à force de travail, de détermination et d’une volonté permanente de repousser ses limites.

Meilleure marqueuse

Redoutable sur les penaltys corners, elle détient le record du buts inscrit lors des Jeux Olympiques avec 14 réalisations dont 11 sur une seule édtion (un autre record)

En sélection

  • 2x Championne olympique
  • 1x Vice-championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Vice-championne du Monde
  • 3x Championne d’Europe
  • 2x Vice-championne d’Europe
  • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
  • 4x Trophée des Championnes
  • 6x Podium au trophée des Championnes

En club

  • 10x Coupe d’Europe
  • 11x Championnat des Pays-Bas

Sportives

  • 1x Meilleure joueuse de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure jeune de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure buteuse du tournoi olympique
  • 8x Meilleure buteuse du championnat néerlandais

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    Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

    "Katrine

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    "1980

    Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui se cache derrière ce nom ?

    Sa première sélection

    Née en 1980, elle grandit à côté de sa sœur jumelle Kristine. Inséparable durant leur enfance, et même plus tard, les jumelles décident de pratiquer plusieurs sports. A neuf ou dix ans, des camarades de classe leur demande de rejoindre l’équipe de handball pour compléter l’effectif. Toutes de suite, Katrine et Kristine accroche à cette 

    discipline. A cette époque la Norvège comptait des grands noms qui ont popularisé cette discipline : Hanne Hegh, Annette Skotvoll, Cathrine Svendsen… Toutes des sources d’inspiration pour la jeune enfant. Lors de ses premiers entraînements dans le club du coin, Katrine Lunde se révèle être une gardienne talentueuse capable d’arrêter n’importe quel tir. Avec sa sœur, qui joue demi-centre, elles font parler d’elle, gravissant peu à peu les échelons. Pourtant, elle ne se voyait pas jouer au niveau professionnel :

    « Nous étions une petite équipe et l’idée de jouer professionnellement quand j’avais 15 ou 16 ans ne m’a jamais traversé l’esprit, même si nous battions certaines des meilleures équipes du pays. »

    A seulement à 22 ans, alors qu’elle joue à l’université, la Norvégienne est appelée pour la première fois avec l’équipe nationale au championnat d’Europe. Pour cette première, elle est surtout pour observer et apprendre, pas pour jouer.

    Partir à l’étranger

    A 24 ans, et après deux grandes compétitions internationales à son actif, Katrine Lunde décide de s’envoler pour le Danemark :

    « Nous avons attendu assez longtemps avant de déménager à Aalborg, nous avions 24 ans, car nous voulions être sûrs d’avoir fait le bon choix avant de partir. »

    Toujours aussi inséparable, elle joue ses six premières saisons professionnelles avec sa sœur. Dès leur arrivée en ligue professionnelle, elle se montre indispensable dans la cage, amenant le petit club d’Aalborg en demi-finale de la Ligue des Championnes, une première pour cette équipe. Ensemble, les jumelles vont remporter cette compétition à deux reprises.

    Séparation

    En 2011, nouveau changement pour Katrine Lunde, elle décide de rejoindre le plus grand club européen, Győri ETO KC, et sa sœur retourne au pays :

    « Ce fut une décision difficile à prendre et ce n’était pas la meilleure période de notre vie ensemble, mais à ce moment-là, nous avions des choses différentes à considérer, nous avions tous les deux nos petits amis et je devais réfléchir à ce que je voulais en tant que joueuse. »

    La gardienne réalise alors son rêve ! Ce rêve, la Norvégienne le savoure à pleine remportant de nouvelle ligue des championnes en plus du championnat hongrois. A cette période-là, elle était déjà vue comme une des meilleures gardiennes du monde, voir la meilleure pour certain·e.

    De retour au pays

    En 2017, Katrine Lunde prend la décision de revenir en Norvège, un choix poussé par des raisons familiales. Pour son retour au bercail, elle signe dans l’équipe de sa sœur pour partager avec elle une dernière saison. Comme pour terminer une boucle, les jumelles remportent sa saison-ci le championnat national.

    Avec le club des Vipers, Katrine est devenue un mur infranchissable, tournant à prêt de 40% d’arrêt. Ce talent façonné permet à l’équipe de remporter leur première Ligue des Championnes en 2021 et plus fous encore elle gagne l’édition 2022 et 2023, un triplé historique pur ce club qui n’avait jamais remporté la compétition. Malheureusement, cette aventure aux Vipers s’arrête brusquement lorsque le club fait faillite en janvier 2025.

    Ne voulant pas terminer sa carrière ainsi, Katrine Lunde prend la décision de rejoindre le Odense Håndbold, au Danemark, pour remplacer la gardienne blessée. Avec cette nouvelle équipe, elle termine la saison sans aucune défaite remportant donc le championnat national. Elle fait une dernière pige de 6 mois en Serbie afin d’être opérationnelle pour le championnat d’Europe, l’ultime chalenge de sa carrière.

    Avec la sélection nationale

    Avec l’équipe de Norvège, Katrine Lunde commence véritablement à écrire son histoire en 2004. Cette année-là, la gardienne s’impose et remporte son tout premier titre international. Cette médaille européenne signe tout simplement le début d’un véritable règne.

    Entre 2006 et 2025, elle gagne tout simplement trois titres olympiques, trois titres mondiaux et sept titres européens. C’est simple, aucune joueuse de l’histoire n’a eu autant de médailles d’or qu’elle. Ce n’est pas le seul record que Katrine Lunde en poche puisqu’elle est également la joueuse norvégienne la plus capée, a le plus d’apparition dans les grands championnats (plus d’une vingtaine) et la joueuse la plus âgée à jouer avec l’équipe nationale.

    Le point plus important de sa carrière internationale, c’est sa constance à être une véritable muraille ! En 2008, elle arrête 42% des tirs aux Jeux Olympiques et 47% aux championnats d’Europe. Cet exploit, elle le réitère à 45 ans lors de sa dernière compétition puisqu’elle stoppe 48% des tirs adverses, juste indécent !

    Son après-carrière

    Après sa victoire aux championnats du Monde de 2025, Katrine Lunde se retire officiellement des terrains. Néanmoins, elle ne reste pas très éloignée de ce milieu en devenant l’entraîneuse des gardiennes du club norvégien Randesund IL :

    « J’aime vraiment être dans cet environnement et j’apprécie la culture que nous avons en Norvège. Je suis aussi ouvert à travailler à l’étranger. Mais l’entraînement des gardiens de but en particulier, oui, c’est vraiment ce que j’apprécie. »

    Une handballeuse de tous les records

    On ne compte plus les records de Katrine Lunde, parmi on retrouve :

    • Le record de sélection norvégienne
    • La joueuse norvégienne la plus vieille à participer à une compétition internationale
    • Le record de titre européen
    • …

    Une véritable muraille

    Durant sa carrière, la gardienne ne laisse rien passé. Pour preuve, elle fait trois compétition avec un taux d’arrêt de plus de 40%, dont un record de 48% alors qu’elle avait 45 ans

    En sélection

    • 3x Championne olympique
    • 2x Médaille de bronze aux JO
    • 3x Championne du Monde
    • 3x Vice-championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze en CDM
    • 7x Championne d’Europe
    • 2x Vice-championne d’Europe

    En club

    • 7x Ligue des Championnes
    • 1x Coupe de l’EHF
    • 4x Championne du Danemark
    • 2x Coupe du Danemark
    • 4x Championne de Hongrie
    • 5x Coupe de Hongrie
    • 1x Championne de Russie
    • 1x Coupe de Russie
    • 7x Championne de Norvège
    • 7x Coupe de Norvège

    Spotives

    • 1x MVP de la saison par l’EHF
    • 2x Meilleure gardienne de la saison par l’EHF
    • 1x MVP des Jeux Olympiques
    • 2x Meilleure gardienne des Jeux Olympiques
    • 2x Meilleure gardienne des Mondiaux
    • 3x Meilleure gardienne du championnat d’Europe
    • 1x Meilleure gardienne de la Ligue des Championnes
    • 1x Meilleure joueuse étrangère du championnat hongrois
    • 3x Meilleure gardienne de l’Eliteserien

    Médiatiques

    • 1x Sportive de l’année par l’Idrettsgallaen
    • 1x Meilleure sportive de l’année dans un sport co par l’Idrettsgallaen
    • 1x Personnalité sportive de l’année par l’Idrettsgallaen

    Nantenin Keïta

    "Nantenin

    "Nantenin

    "1984

    Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement engagée. Découvrez son histoire.

    Née en 1984 au Mali, les médecins détectent à sa naissance son albinisme, une maladie héréditaire qui touche aussi son père Seifa, un célèbre musicien malien. Son albinisme ne se résume pas une peau et des yeux plus claire. Comme beaucoup personne atteinte de cette maladie, Nantenin Keïta est également malvoyant. Pour elle, il est impossible de lire à un panneau de rue même en étant en-dessous de celui-ci.

    Un fort caractère

    En 1987, sa famille s’installe à Montreuil pour le boulot de son père. A la maison, tout se passe à merveille, mais à l’école tout est différent. A la maternelle, Nantenin raconte qu’elle subit des moqueries et qu’aucun de ses camarades ne veut jouer avec elle. Ne comprenant pas cette situation, l’enfant en parle à son père. Celui-ci lui donne un précieux conseil, explique sa différence. Le lendemain, elle les suit et ses camarades sont intrigués :

    « J’éveille la curiosité de mes camarades qui me posent des questions sur le sujet. Cela a démystifié cet aspect-là de moi. »

    La découverte du sport

    Le sport, Nantenin Keïta le découvre à l’école. Elle pratique d’abord le handball, où son entraîneuse la fait jouer gardienne. Evidemment, elle n’apprécie pas l’expérience. Loin de se laisser à abattre, la Franco-Malienne s’essaye au basket-ball, mais avec son handicap, la pratique est bien trop compliquée pour elle.

    Puis arrivée le collège spécialisé. Là-bas, Nantenin fait la rencontre d’un professeur de sport unique en son genre. En effet, dès la sixième, il n’hésite pas une seconde à inscrite toute sa classe à une compétition d’athlétisme handisport. Cette expérience la convint de pratiquer ce sport. Au début, elle ne le prend pas réellement au sérieux. Elle est certes appliquée à l’entraînement hebdomadaire, mais ne pousse pas plus loin.

    Repérée par la fédération

    A 15 ans, Nantenin Keïta participe à une compétition comme à son habitude. Mais cette fois-ci, un membre de la fédération handisport. Ce dernier lui propose alors de l’accompagner avec une équipe spécialisée et l’adolescente accepte la proposition.

    Toujours aussi sérieuse, elle voit cette époque le sport comme un échappatoire du quotidien. Elle ne fixe aucun objectif à part prendre du plaisir. Pourtant sa progression l’amène au plus haut niveau national. A 18 ans, elle se qualifie pour les Mondiaux, une compétition qui allait la transformer.

    Lors de championnat du monde, la sélection l’aligne sur le 100m, le 200m et le 400m, les disciplines où elle peut véritablement performer. La jeune athlète le prouve tout de suite. Elle se qualifie trois fois en finale et remporte surtout l’argent sur le 400m ! Ses résultats sont un véritable déclic. Elle le confie à Oyaba 360 :

    « Malgré une médaille d’argent sur le 400 mètres, je veux briller sur la discipline reine et je comprends rapidement pourquoi je dois m’entraîner. »

    A la quête du titre paralympique

    Après cette compétition, Nantenin Keïta change de club pour passer d’un à trois entraînements par semaine en plus de sa séance d’UNSS le mercredi. Ce changement va la faire progresser très rapidement. En 2006, pour ses deuxièmes Mondiaux, elle repart avec trois médailles dont deux titres (sur le 200m et le 400m).

    Qualifiée aux Jeux Paralympiques, la Française n’a qu’un objectif, l’or ! A deux reprises, l’athlète la frôle. D’abord, elle termine troisième du 400m puis deuxième sur le 200m. Lors de ses Jeux, Nantenin remarque que les athlètes sont de mieux en mieux entraînées et pour certaines sont soutenus par des sponsors :

    « Lors des Jeux de Pékin, je trouve que la compétition n’est plus la même que lors des championnats du monde deux ans plus tôt. Il y a de plus en plus de para-athlètes, le milieu se professionnalise. »

    Malheureusement, en France, la fédération a peu de soutien financier et trouver des sponsors en tant qu’athlète est (et reste) extrêmement compliqué, surtout quand votre discipline n’est pas médiatisée. Par chance, Nantenin Keïta est soutenue par son employeur qui lui laisse gérer sa vie professionnelle autour de sa pratique du sport. Elle est véritablement épanouie. Cela va se refléter dans ses résultats, montant de plus en plus régulièrement sur les podiums internationaux.

    2016 signe son année de consécration. Cette année-là, la Française est qualifiée aux Jeux Paralympiques. Sur le 400m, elle se présente comme championne du Monde en titre et double championne d’Europe de la discipline. Autant dire, elle parmi les favorites au titre. Ce statut l’athlète l’embrasse en gagnant l’épreuve, un rêve qui se réalise pour elle ! Pour une fois, les Jeux sont diffusés en direct à la télé pouvant savourer sa victoire avec les téléspectateurs français. Elle le dit aujourd’hui, cette victoire est de loin son meilleur souvenir sportif :

    « La médaille d’or arrive à Rio parce que je suis dans ce système depuis trois ans, dans lequel je me sens sereine et que je peux m’entraîner sans douleur. C’est un peu comme la cerise sur le gâteau, mais il y a tout le gâteau avant, qui est particulièrement succulent. Et c’est ça le sport ! »

    La persévérance

    Après cette victoire, Nantenin Keïta vit des moments compliqués. Régulièrement blessée, elle n’arrive plus à performer comme elle souhaite. Son niveau ne décline pas pour autant, mes adversaires, elles progressent et se professionnalisent. Pour autant, la Française se qualifie pour les Jeux suivants, motivée à défendre son titre. Malheureusement, elle se blesse de nouveau durant la compétition.

    Nantenin Keïta ne compte pas s’arrêter ici. Elle vise les Jeux de Paris 2024 et un adieu devant ses supporters. Ces Paralympiques vont tout simplement être magique pour elle, en étant porteuse de la flemme olympique, une des dernières relayeuses de la flamme paralympique et surtout porte-drapeau de la délégation. De ces Jeux, elle repart certes sans médaille, une petite déception pour elle, mais avec des souvenirs jamais à graver dans son esprit.

    Une femme engagée

    En parallèle de la piste, Nantenin Keïta est une femme extrêmement engagée. En effet, en 2005, la fonde son association avec son père. Avec la Fondation Salif Keïta, elle avait et a toujours la vocation d’offrir un meilleur accès à l’éducation et à la santé aux personnes albinos au Mali. Par exemple, cette structure offre des kits de protection du soleil, composés de crème solaire et de lunettes de soleil, essentiel pour le bien-être des personnes albinos.

    Nantenin est une athlète qui aura marqué son temps par ses médailles, son engagement et sa personnalité. Comme elle le dit :

    « J’espère que mon histoire peut donner envie et confiance à d’autres. Que certains jeunes se disent : “si elle y est arrivée, j’en suis capable.” »

    En athlétisme

    •  1x Championne paralympique
    • 1x Vice-championne paralympique
    • 2x Médaille de bronze aux Jeux
    • 3x Championne du Monde
    • 3x Vice-championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 1x Bronze aux championnats d’Europe sur le relais
    • 3x Championne d’Europe

    Médiatiques 

    • Chevalière de la Légion d’honneur
    • Officière de l’ordre national du Mérite 

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