Lauren Parker – au sommet du paratriathlon

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Ancienne triathlète professionnelle valide, Lauren Parker est devenue après un grave accident l’une des principales figures du paratriathlon en catégorie PTWC, discipline qui combine la natation, le handbike et la course en fauteuil.

Du petit bassin à l’Ironman en eaux libres

Avant son accident, Lauren Parker s’est distinguée dans plusieurs disciplines sportives. Née le 15 décembre 1988 à Belmont, l’Australienne débute très tôt le sport. D’abord par la natation où elle remporte plusieurs titres régionaux et nationaux dans

les catégories juniors. Cette domination chez les jeunes, la nageuse la traduit en élite en décrochant le titre national en eau libre à seulement 14 ans. Véritablement passionnée par les sports aquatiques, elle est également engagée dans le sauvetage côtier, discipline très populaire en Australie, où elle se forge une solide endurance.

À partir de l’âge de 19 ans, un coach, impressionné par son profil, lui conseille de tester le triathlon, un sport fait pour elle selon lui. Lauren l’écoute et se tourne vers le ce sport, où elle peut mettre à profit ses qualités de nageuse et de fondeuse. Parker s’entraîne alors sous la direction de l’entraîneur Brad Fernley, avec lequel elle collabore encore aujourd’hui.

D’abord, elle se tente sur la distance olympique avant de réalisée qu’avec son profil, la longue distance était faite pour elle (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42,2 km de course à pied). Après ce changement, tout s’accélère pour Lauren Parker ! En 2014, l’Australienne remporte son tout premier IronMan, lui permettant de se qualifier à ses premiers mondiaux. L’année suivante, elle se classe deuxième de sa catégorie (25 – 29 ans) lors du Championnat du monde Ironman à Kona (Hawaï), l’épreuve de référence du triathlon longue distance. Elle poursuit sa progression parmi les triathlètes professionnelles australiennes et vise, en 2016, une qualification pour le circuit professionnel de l’Ironman après des années de blessures :

« Pendant mon temps de triathlète, j’ai souffert de 8 fractures de stress dans les jambes. Ce n’est pas dû à un surentraînement mais à une carence osseuse. Ce fut un énorme revers. Je n’ai jamais vraiment participé à un triathlon avec une préparation complète à la course, mais je savais que j’avais la capacité de courir vite. »

Battre ses démons

Cette période idyllique cache en réalité, une adolescente et une jeune adulte brisée émotionnellement. Pour Lauren, c’était une lutte permanente avec ses démons. Le soir après les entraînements, l’Australienne s’automutilait afin de fuir son quotidien. De même, se regarder dans le miroir était impossible pour elle puisqu’elle détestait son image corporelle. Durant cette période noire de sa jeunesse, le sport la sauver ! C’était son seul exutoire :

« Avoir du sport dans ma vie était, et reste, mon exutoire. Je suis sortie de l’autre côté et je veux apporter de l’espoir à toute femme qui souffre de la même façon, de rester forte et de croire qu’elle est digne. »

Le choc de l’accident

Le 22 avril 2017, lors d’une séance d’entraînement sur route à proximité de Stockton, dans la région de Newcastle, Lauren Parker est victime d’un grave accident de vélo. En raison de l’éclatement d’un pneu, elle chute à environ 45 km/h et percute une barrière métallique. Elle subit de multiples fractures : deux côtes cassées, un poumon perforé, une clavicule et des omoplates brisées, ainsi qu’une lésion de la moelle épinière qui la rend paraplégique. Cette première nuit après, l’opération a été très difficile pour elle :

« Je repense souvent à cette première nuit à l’hôpital où la famille et les amis étaient rentrés chez eux et qu’on venait de me dire que je ne marcherais plus jamais. C’était l’une des pires nuits de ma vie. Je me sentais piégé et je ne pouvais ni m’échapper ni bouger littéralement. »

Hospitalisée pendant plusieurs mois, elle entame une rééducation longue et intensive. L’accident met un terme définitif à sa carrière de triathlète valide, mais Parker découvre la para natation durant sa covalence, une délivrance ! Après la première séance, l’Australienne n’a plus voulu quitter les bassins du centre.

La découverte du paratriathlon

Durant son séjour au centre de rééducation, Lauren Parker était régulièrement l’invitée de Bob Babbitt sur son émission radio. Un jour, il lui pose cette question banale « souhaites-tu reprendre le triathlon ». Sans hésiter, l’Australienne lui répond oui sans savoir si c’était possible. C’est là que son ami lui parle du para triathlon :

« À cet instant, j’ai trouvé un nouvel espoir et de nouveaux objectifs. »

A la sortie du centre, Lauren par pour un week-end de triathlon où elle a pu rencontrer des personnes de tous âges et/ou confrontée de nombreux obstacles physiques. Ces deux jours, lui a changé la vie :

« J’ai vu que chaque personne avait un sourire aux lèvres, ce qui m’a donné l’espoir que, s’ils pouvaient le faire, alors je pouvais le faire. S’ils peuvent être heureux, je peux être heureux. J’ai été inspiré et j’ai retrouvé ma motivation pour le triathlon. »

Elle décide alors de remprendre l’entraînement, encadrée par son coach Brad Fernley et soutenue par Triathlon Australia, Parker reprend progressivement l’entraînement en 2018. Elle s’équipe d’un handbike pour le segment cycliste et d’un fauteuil de course pour la partie finale. Son objectif est d’intégrer la catégorie PTWC, qui regroupe les athlètes en fauteuil roulant.

Moins d’un an après son accident, elle participe aux Jeux du Commonwealth de Gold Coast (Australie) en avril 2018 et remporte la médaille de bronze en paratriathlon. Ce résultat marque son retour officiel à la compétition internationale.

Les débuts d’une ascension fulgurante sur la scène internationale

En 2019, Lauren Parker remporte son premier titre de championne du monde lors des Championnats du monde ITU (International Triathlon Union) à Lausanne, en Suisse. Ce succès confirme sa place parmi les meilleures athlètes mondiales de la discipline.

Elle poursuit sur cette lancée et accumule les victoires sur le circuit international. Sa constance et sa capacité à performer sur tous les formats de la courte distance à l’Ironman, en passant par les compétitions paralympiques, lui valent une reconnaissance rapide au sein du mouvement paralympique australien.

Sélectionnée pour représenter l’Australie aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020, reportés à 2021 en raison de la pandémie, Parker termine deuxième du triathlon féminin PTWC. Elle est battue pour 0,01 seconde par l’Américaine Kendall Gretsch, à l’issue d’une des courses les plus serrées de l’histoire du paratriathlon.

Malgré la défaite, sa performance est saluée, Lauren Parker devenant à cette occasion l’une des figures les plus médiatisées du handisport australien.

La domination du paratriathlon PTWC mondial 

À partir de 2021, Lauren Parker s’impose durablement sur la scène internationale. Elle remporte successivement le Championnat du monde ITU en 2021, 2022, 2023 et 2024, confirmant une régularité exceptionnelle. 

Lors de l’Ironman World Championship 2022 à Kona, elle établit un nouveau record du parcours handisport, devenant la première athlète paraplégique à boucler l’épreuve en moins de 14 heures dans sa catégorie.

Parker combine ainsi les circuits paralympiques et d’endurance longue distance, ce qui est rare dans le haut niveau handisport.

La consécration des Jeux paralympiques de Paris 2024

Aux Jeux paralympiques de Paris 2024, Lauren Parker réalise un double exploit. Elle remporte d’abord la médaille d’or en paratriathlon PTWC, avant de s’imposer également en para-cyclisme sur route H1-4. Ce doublé fait d’elle la première athlète australienne depuis plus de quarante ans à décrocher deux médailles d’or paralympiques dans deux disciplines différentes au cours d’une même édition.

À l’issue des Jeux, elle est choisie comme porte-drapeau de la délégation australienne pour la cérémonie de clôture.

Une légende reconnue et distinguée

En 2024, Lauren Parker est élue Paralympienne australienne de l’année et Athlète féminine paralympique de l’année par le Comité paralympique australien.

En janvier 2025, elle reçoit la Medal of the Order of Australia (OAM), l’une des plus hautes distinctions civiles du pays, pour ses performances sportives et sa contribution à la visibilité du handisport.

Elle est également récompensée par Triathlon Australia et AusCycling pour sa double carrière réussie en triathlon et en cyclisme.

À 37 ans, Lauren Parker reste engagée dans la compétition de haut niveau. Après s’être essayée aux sports d’hiver, elle s’est qualifiée aux Jeux Paralympiques de 2026 à Milano Cortin en ski de fond et biathlon, devant la huitième australienne à mêler dans sa carrière été et hiver. Elle a également annoncé son intention de participer aux Jeux paralympiques de Los Angeles 2028, tout en poursuivant sa carrière sur le circuit international de paratriathlon et de para-cyclisme. Ses performances constantes depuis 2019 en font aujourd’hui l’une des athlètes les plus titrées du paratriathlon mondial :

« Ce n’a pas été un parcours facile d’être au sommet de mon sport tout en traversant de nombreux revers, problèmes de santé et opérations, et en essayant d’accepter ma nouvelle vie en fauteuil roulant. Même si chaque fois que je me fais renverser, je me relève et je continue à me battre. »

Presque invaincue depuis 2021

Lauren Parker n’a perdu qu’une seule grande compétition internationale de para triathlon depuis son sacre aux mondiaux de 2022

La première Australienne aux Jeux d’été et d’hiver

En 2026, elle devient la première athléte australienne à participer à au moins une édition paralympique d’été et d’hiver

En paratriathlon

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 5x Championne du Monde
  • 1x Vice championne du monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 4x Championne d’Océanie
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth

En paracyclisme

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du Monde

Sportives

  • 1x Athlète des athlètes par Triathlon Australia
  • 3x Para cycliste de l’année par AusCycling
  • 2x Prix de la performance de l’année par Triathlon Australia
  • 1x Prix de la performance de l’année du para-triathlon par Triathlon Australia
  • 3x Prix de la performance de l’année du para-triathlon féminin par Triathlon Australia
  • 2x Prix Chris Hewitt par Triathlon Australia

Médiatiques

  • Médaille de l’Ordre d’Australie
  • 2x Prix de la performance sportive (handisport) par l’AIS
  • 1x Athlète paralympique de l’année
  • 1x Athlète féminine paralympique de l’année
  • 2x Prix Ian Thorpe par l’Institut des sports de Nouvelle-Galles du Sud
  • 5x Handi athlète de l’année par Sport NSW
  • 1x Prix du comeback de l’année par l’Australian Women’s Health Sport Awards

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    Marieke Vervoot

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    1979 à 2019 - écrit par Marie fournier

    Cette sportive, vous la connaissez tous. Figure iconique des Paralympiques de 2016 et du sport belge, laissez-moi vous raconter l’histoire de Marieke Vervoort.

    Née 1979, à Diest, Marieke Vervoort connaît un début de vie paisible jusqu’au début de son adolescence. A 14 ans, après de longs mois à souffrir, les médecins lui diagnostiquent un syndrome douleur régional complexe, une maladie très rare. La Belge doit alors rester quelques mois à l’hôpital pour sa rééducation. Comme de nombreux patients, Marieke découvre là-bas les sports adaptés. Elle se souvient :

    « Ma mâchoire est tombée d’étonnement qu’il y avait encore tant de possibilités ».

    Tester tout

    À partir de là, la Belge décide de tester de nombreux sports. D’abord, elle commence par pratiquer la plongée sous-marine. Malheureusement, au bout d’un an, Marieke Vervoort se voit contrainte de renoncer pour des raisons médicales. Elle se met alors au basket fauteuil et rejoint un club local. Elle est la seule femme de l’équipe. Finalement, la Belge ne reste pas longtemps :

    « J’ai toujours aimé le basketball, mais cela me donnait pas assez de satisfaction. »

    Ses premières médailles

    En 2004, la sportive se tourne vers la natation puis transite vers le triathlon. Avec le triathlon, Marieke Vervoort connaît sa première grande victoire en décrochant le titre mondial en 2007. Le 13 octobre de la même année, elle réalise son rêve de participer à l’Iron Man d’Hawaï, réputée pour sa difficulté. La Belge n’arrive pas à terminer la course :

    « J’avais nagé 3800m en 1h17 et j’ai pu terminer les 180km sur un parcours très difficile. Malheureusement, je suis arrivée ici avec 15 minutes de hors-délai et je n’ai pas été autorisé à partir pour la dernière partie. »

    En parallèle, la sportive participe à quelques courses d’athlétisme et de handbike. D’ailleurs, dans cette dernière discipline, la Belge est devenue championne du monde. Pour cette saison exceptionnelle, Marieke Vervoort reçoit le titre de « Pride of Flanders ». En 2008, son état s’aggrave soudainement, l’empêchant de continuer le triathlon.

    Son ascension

    À partir de 2008-2009, la Belge décide de se lancer dans les courses de char à voile et aux compétitions d’athlétisme. Rapidement, elle prend part à ses premières compétitions internationales.

    En char à voile, Marieke Vervoort remporte l’argent au championnat d’Europe dans la catégorie Fly. En athlétisme, la sportive connaît un véritable succès sur des distances allant du 100m au marathon. En 2012, dans ce sport, elle participe à ses premiers Jeux Paralympiques. Durant la compétition, la Belge décroche un titre paralympique sur le 100m, le seul de sa carrière, et l’argent sur le 200m. Ces médailles lui valent d’être nommée Paralympienne belge de l’année. Entre 2013 et 2015, Marieke s’impose comme une redoutable adversaire :

    • Réalise quatre records du monde : 400m, 800m, 1500m et 5000m,
    • Décroche trois titres mondiaux sur une seule édition,
    • Remporte un IPC Grand Prix sur le 200m.

    Sa prise de parole

    Pour sa dernière année de compétition, en 2016, la sportive continue sur sa lancée décrochant notamment deux nouvelles médailles paralympiques sur le 100m et le 400m. Lors des Jeux de Rio, en conférence de presse, Marieke Vervoort fait une grande annonce :

    « Partout dans le monde, on pense qu’on pratiquera l’euthanasie sur moi après les Jeux. Ce n’est pas absolument pas ainsi. Cela doit être rectifié […]. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, j’aurai alors mes papiers d’euthanasie sous la main. »

    En 2018, Marieke Vervoort donne tout son héritage sportif au musée du sport flamand, le Sportinium, et commence à produire un documentaire sur sa vie (sorti en 2023). Le 1er juillet 2019, elle poste une vidéo dans laquelle elle annonce que la douleur devient trop forte. La Belge finalise alors sa demande d’euthanasie. Le 22 octobre 2022, Marieke Vervoort abrège ses souffrances dans un hôpital située dans sa région natale : 

    « J’espère que mon cas prouve que l’euthanasie peut assurer la sérénité et même contribuer à prolonger la vie. Et j’espère que cela inspirera d’autres pays à introduire cette législation »

    Records du monde

    Marieke Vervoot a tenu quatre records du monde (en T52) durant sa carrière : 400m, 800m, 1500m et 5000m.

    En deux semaines, deux records

    En 2013, l’athlète a battu le record d’Europe du 100m catégorie T5, deux semaines après avoir obtenu celui du 400m.

    En triathlon

    • 1x Championne du Monde  

    En cyclisme

    • 1x Championne du Monde

    En char à voile

    • 1x Vice championne d’Europe 

    En athlétisme 

    • 1x Championne paralympique
    • 2x Vice championne paralympique
    • 1x Médaille de bronze aux Jeux
    • 3x Championne du Monde
    • 3x Grand Prix IPC

    Sportives

    • 2x Paralympienne belge de l’année
    • 1x Trophée national Victor Boin

    Médiatiques

    • Grand Officière de la Couronne
    • Décoration de la communauté flamande
    • 1x Vlaamse Reus
    • 1x Pride of Flanders

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