Claire Supiot – L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

Claire Supiot – L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

Claire Supiot

Claire Supiot - L’alliance entre la force mentale et la conquête de nouveaux horizons

1968 à aujourd'hui - Écrit par Mariana

Première athlète de l’histoire du sport français à avoir participé aux Jeux Olympiques puis aux Jeux Paralympiques, Claire Supiot est une force de la nature. Atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, cette nageuse hors norme devenue coureuse sur terre a fait de sa vie un défi permanent, prouvant que tout est possible lorsque l’on décide de bousculer son destin.

Une vie jetée à l’eau par destin

Rien ne prédestinait Claire Supiot à une carrière de sirène, si ce n’est un événement 

tragique survenu dans sa commune d’Écuillé-sur-Loir en 1967, où toute une colonie de vacances s’est noyée. Face à ce drame, ses parents la poussent à apprendre à nager. Très vite, Claire se révèle être dans son élément et intègre le sport-études de Dinard à seulement 13 ans et demi.

Sous la houlette de son entraîneur Jacques Mélier, elle compense son manque de prédispositions naturelles par un mental d’acier. Elle s’impose rapidement chez les valides en décrochant neuf titres de championne de France et se qualifie pour les Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Après cette première vie sportive, elle s’arrête pendant près de 30 ans pour élever seule ses trois enfants.

Le « colocataire » et le retour historique

En 2015, à plus de 50 ans, Claire décide de replonger. Entre-temps, sa maladie génétique, la maladie de Charcot-Marie-Tooth (forme spinale), s’est déclarée. Loin de s’apitoyer, elle qualifie son handicap de « colocataire », une manière de rappeler que la maladie ne définit pas la personne.

Pour performer à nouveau, elle s’entoure d’une équipe de passionnés (préparateurs physique et mental, kinés, nutritionniste, et sa fille en community manager). Sa routine est digne des plus grands : réveil à 5h20, deux entraînements par jour, et des kilomètres avalés dans le bassin entre ses heures de travail. Son acharnement paye : elle se qualifie pour les Jeux Paralympiques de Tokyo.

Le saviez-vous ? À trois mois des Jeux de Tokyo, Claire a subi un changement de classification injuste la forçant à se requalifier en urgence. Elle l’a fait avec brio, devenant la seule athlète à se qualifier deux fois la même année pour la même olympiade, avant d’atteindre la finale paralympique du 100m papillon.

Tokyo : La consécration de l’émotion

De sa riche carrière, Claire garde des souvenirs impérissables, comme la Marseillaise de son titre de championne d’Europe. Mais son entrée dans le bassin de Tokyo, en pleine période de Covid, reste gravée à jamais.

« Peu importe ce qui va se passer dans le bassin, tu es la première athlète française à avoir fait les JO et les JP », s’est-elle répété en foulant le plot de départ. Un accomplissement qui fait écho à son passage sous le grand tunnel du stade de Séoul, 30 ans plus tôt, où elle avait enfin compris pourquoi elle s’était tant entraînée.

Nouveau défi sur la terre ferme : le Frame Running

Après avoir commenté les Jeux de Paris 2024 au micro de RMC, Claire ressent le besoin de tourner la page de la natation. Mais l’inactivité n’est pas faite pour elle. En août 2024, elle découvre le frame running, une discipline d’athlétisme pratiquée sur une grande draisienne à trois roues.

Désormais licenciée au SCO d’Angers, Claire s’entraîne d’arrache-pied sur la piste avec des chaussures à pointes, heureuse de pouvoir enfin courir debout et au grand air. Tout en menant de front son travail de référente handicap pour le département du Maine-et-Loire, elle garde les yeux grands ouverts sur son prochain rêve : se qualifier pour les Jeux de Los Angeles en 2028.

La philosophie du sport : Solidarité et inspiration au féminin

Pour Claire Supiot, la valeur du sport ne se mesure pas au nombre de médailles sur la boîte. Lorsqu’on lui demande quelle sportive l’inspire, elle refuse de citer un grand nom de championne. Pour elle, les véritables modèles sont toutes les femmes qui sortent de leur zone de confort : qu’il s’agisse d’une coureuse anonyme croisée en campagne ou de sa voisine de 60 ans qui s’astreint à l’aquagym et qui a relancé sa propre routine.

Elle défend un sport inclusif où valides et handis se côtoient, trouvant la beauté du geste dans la solidarité de l’effort collectif. C’est ce message universel qu’elle souhaite transmettre à la jeunesse : « Tout est possible à n’importe quel âge dès lors qu’on s’en donne les moyens et qu’on est bien accompagné ».

Le chiffre : 30
C’est le nombre d’années d’écart qui séparent les deux carrières sportives internationales de Claire Supiot (Séoul 1988 et Tokyo 2020).

Pour aller plus loin : En 2024, Claire a publié son autobiographie intitulée Sirène olympique (illustrée par son cousin Olivier Supiot) et a fait l’objet d’un documentaire sur France Télévisions, L’eau, la terre, Claire.

Interview de Claire Supiot

Cecile Addou

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"Ecrit

Le volley traverse la vie de Cécile Addou. Joueuse confirmée, c’est par sa version assise du jeu qu’elle a réussi à se relever de son handicap, contracté à la suite d’un sarcome du bassin. En seulement un an de pratique, celle qui a rejoint l’Équipe de France il y a six mois possède déjà un palmarès qui parle pour elle.

C’est poussée par son entourage que la jeune collégienne Cécile Addou effectue ses premières passes sur un terrain de volley. La machine est alors lancée, elle ne peut plus se passer de la balle en cuir. S’ensuit une carrière honorable qui la mène jusqu’en Nationale 3.
Tout bascule en 2021. Cécile Addou apprend qu’elle souffre d’un sarcome du bassin, un type rare de cancer osseux. Malgré les lourds traitements qu’elle subit, Addou se refuse à arrêter le sport.  “Pour aller de l’avant, ça a été un choix évident” dit-elle, ayant poursuivi les efforts physiques pendant la chimiothérapie et la rééducation post-chirurgie. Ainsi, ce n’était même pas une question pour elle, son avenir s’écrirait au 

sein du sport adapté à sa nouvelle condition physique. Même si elle ne peut plus sauter au filet, ni plonger lors de parties de beach-volley, Cécile aura sa revanche. 

Le volley assis était une discipline que Cécile Addou ne connaissait pas, avant de poser les yeux dessus à l’occasion des Jeux Paralympiques de Paris 2024. En voyant évoluer les volleyeuses internationales, elle s’est demandé si elle serait capable de retrouver un tel niveau malgré ses opérations au niveau des lombaires. Par chance, un club situé près de chez elle a ouvert une section volley assis, sous l’impulsion de l’ancienne capitaine de l’Équipe de France Sylvanie Logello. Ni une ni deux, Cécile Addou passe les portes. La bascule a été facilitée par son bagage de volleyeuse valide, les règles étant très similaires si ce n’est la hauteur du filet. Le plus gros du travail se situe au niveau des déplacements, en glissant sur le postérieur, se lever étant considéré comme une faute. Cécile affirme être toujours en train de travailler cet aspect du jeu.

Mais avant d’adopter définitivement cette nouvelle discipline, Cécile Addou a participé à un programme permettant aux personnes porteuses de handicap de s’essayer à différents sports sous les yeux des recruteurs : La Relève. Créé par le Comité Paralympique Sportif Français en 2019, en vue des Jeux Paralympiques de Paris 2024, son but est de trouver les sportifs paralympiques de demain, les “perles rares cachées” qui pourraient se révéler dans certains sports. La sélection commence par une interview à l’INSEP, endroit que Cécile Addou n’aurait jamais pensé visiter un jour auparavant, dont le but est d’orienter les parasportives vers les bons clubs, et les bons sports, en prenant en compte s’ils visent le haut niveau ou veulent s’épanouir en loisir. Ensuite, se déroulent sur deux jours des exercices communs organisés par les représentants des Fédérations paralympiques, qui observent les candidats. Pour Cécile, La Relève est un véritable accélérateur pour passer au haut niveau et à la compétition, plutôt que de devoir subir certaines étapes qui pourraient faire perdre du temps. Cécile avait émis quatre vœux lors de ce programme : le volley assis, la natation qu’elle pratiquait en eau libre, le badminton et le cyclisme, en s’étant essayée en complément à l’aviron, au para standing tennis et au lancer de poids et de javelot. Que des sports différents, ce qui fait dire à Cécile Addou que cette offre diversifiée est ce qui rend chouette le programme La relève. Finalement, c’est le volley assis qui lui ouvre ses portes.

Si la position assise et les déplacements glissés ne l’empêchent pas de souffrir sur le terrain, Cécile Addou s’épanouit pleinement en volley assis, si bien qu’elle concourt au sein de trois équipes : le club de Hyères, où elle est licenciée et joue en loisir où elle côtoie des joueuses valides, le volley assis étant inclusif au niveau des championnats nationaux (dans son club, elles ne sont que deux handisportives) ; celui de Lyon, qui lui permet de jouer au haut niveau au format 6 vs 6 féminin ; et en Équipe de France. Les joueuses de l’équipe nationale se retrouvent régulièrement en stage au CREPS de Vichy, et lors des grandes compétitions. Sur cet aspect-là, Cécile Addou a connu une adaptation expresse avec d’ores et déjà, en moins d’un an de pratique, un beau palmarès international à son actif, ce qu’elle appelle une “courte carrière, mais déjà bien remplie”. Tout s’est très vite enchaîné : participation aux championnats d’Europe, et victoire en Silver Nations League à Prague au mois d’octobre. Un titre qui permet à l’Équipe de France de rejoindre la Golden Nations League, qui réunit les six meilleures équipes d’Europe. L’objectif de Cécile devient donc le maintien au plus haut échelon européen, qui se déroulera à Leipzig (Allemagne) en mai, face à l’Ukraine, l’Italie, l’Allemagne, la Slovénie et les Pays-Bas. Après cela, ce seront les Mondiaux de Hangzhou en ligne de mire, auxquels les Bleues se sont qualifiées grâce à leurs bonnes performances. “J’apprécie chaque moment”, rend compte Cécile. “On n’a pas fini d’évoluer, on n’a pas encore atteint notre max”, prévient-elle.

En plus du haut niveau qu’elle continue de découvrir à vitesse grand V, Cécile Addou doit également composer avec sa vie professionnelle et familiale. Elle considère avoir la chance d’être à son compte, et bien soutenue par son mari, ce qui lui permet de trouver le temps pour effectuer les déplacements et se préparer au mieux, notamment physiquement. Le statut de sportive de haut niveau acquis, elle annonce aujourd’hui se mettre en quête du démarchage de partenaires. Avec ce soutien financier, elle pourrait s’octroyer les services d’un préparateur mental, et d’un prépa physique, pour atteindre son plein potentiel et mettre de son côté tout ce qui est possible pour supporter les échéances à venir. La Fédération Française de volley-ball, de laquelle dépend le volley assis en France, prend en charge les déplacements des joueuses.

Dans le volley assis, elle retrouve ce qu’elle aimait dans ce sport chez les valides : l’aspect sport collectif, où l’on prend plaisir à construire les points. “Au volley assis, on n’est rien sans l’autre, tu ne peux pas gagner un match à toi tout seul” explique-t-elle. Si l’on ajoute la bonne ambiance qui règne au sein du groupe France, c’est un véritable conte de fée que vit actuellement la joueuse originaire d’Agde. Chez les valides, elle occupait les postes de réceptionneuse-attaquante et de centrale, rôles qu’elle retrouve en volley assis. “On a deux, trois passeuses attitrées, mais sinon on se vaut toutes plus ou moins”. Dans son sport, elle admire beaucoup les Italiennes, présentes sur le circuit depuis très longtemps, et les Américaines. Elle respecte grandement la Canadienne Heidi Peters, elle aussi victime d’un sarcome qui l’a amenée à être amputée. Addou s’inspire également d’autres sportives, valides comme handisportives, telles que Marie-José Perrec, Pauline Ferrand-Prévot ou Clarisse Agbégnénou.

Les récentes victoires de l’Équipe de France donnent des rêves de Jeux de Los Angeles à Cécile Addou. Mais le chemin est long et semé d’embûches : le tournoi paralympique ne compte que huit équipes seulement, et les qualifications n’auront lieu que trois mois avant le début des Jeux. Mais avant de s’attaquer à ce vertigineux exploit, le but pour Cécile Addou est de continuer à pratiquer de plus en plus, en obtenant d’autres créneaux pour s’entraîner. Elle voit d’un bon œil le développement du volley assis, avec de plus en plus de clubs valides qui ouvrent des sections handisport. Elle souhaite aussi mettre en avant les bienfaits du sport en général. Elle essaie de particulièrement s’adresser aux femmes handisportives, voire à celles faisant face à un combat contre le cancer, en les appelant à pousser la porte d’un club pour s’adonner à un sport qu’elles n’auraient peut-être jamais soupçonné pratiquer.

“Ne serait-ce que pour s’occuper l’esprit, oublier les traitements, oublier la maladie, oublier le handicap, cela ne peut faire que du bien. C’est possible, croyez en vous”.

Interview de Cécile Addou

Delphine Le Sausse – L’alliance entre la passion de la glisse et le dépassement de soi

"Delphine

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"1975

Seize fois championne du monde de para-ski nautique et détentrice de multiples titres de championne de France de ski slalom, Delphine Le Sausse incarne la résilience. Entre son officine de pharmacie et les plans d’eau, cette athlète de haut niveau a transformé son handicap en un moteur de performance absolue.

Une vie tracée par la glisse

Passionnée depuis toujours par les sports de glisse, Delphine Le Sausse forge son mental de compétitrice au club de ski club de Font-Romeu. Mais en janvier 2004, sa trajectoire est brisée par un accident de ski alpin. Devenue paraplégique incomplète, elle doit alors tout réapprendre : l’équilibre, les sensations et la gestion d’un corps dont une moitié ne fonctionne plus de façon optimale.
Pourtant, la glisse reste son élément.

« Quand je suis sur l’eau, je n’ai plus de contrainte et que du plaisir, » confie-t-elle.

En ski nautique avec un équipement adapté, elle retrouve une liberté de mouvement que son quotidien, parfois rythmé par l’usage de béquilles, lui conteste.

L’exigence technique du Para-ski Nautique

Le para-ski nautique est une discipline de précision qui se découpe en trois épreuves distinctes :
Le Slalom : Le bateau suit un chenal central pendant que le skieur doit contourner six bouées. À chaque passage réussi, la vitesse augmente.
Les Figures : Deux parcours de 20 secondes où chaque figure réussie rapporte des points selon sa difficulté technique.
Le Saut : Une épreuve de distance sur tremplin (allant de 10 m à 16 m pour les femmes). Delphine a choisi d’arrêter cette discipline pour préserver sa santé, l’impact sur son dos étant trop violent sans l’amorti des jambes.

 

2009 : Le sacre de l’émotion à Vichy

Si Delphine compte de nombreux titres, celui de 2009 à Vichy reste gravé comme son plus beau souvenir. Après un premier titre en 2007 qu’elle jugeait presque chanceux, elle domine la compétition en France.

« C’est la première fois de ma vie que j’ai pleuré de joie », se rappelle-t-elle avec émotion.

Un retour magistral qu’elle confirmera en 2017, après une pause pour donner naissance à sa fille, prouvant qu’on peut concilier maternité et sport de haut niveau.

 

Une « hyperactive » au service de la santé

Loin des bassins, Delphine mène une carrière de pharmacienne. Ce métier nourrit sa conviction que le sport est un outil de prévention essentiel contre l’obésité ou le diabète. Pour tenir ce rythme effréné, elle s’astreint à une routine stricte : 30 minutes de yoga et de gainage chaque matin.

Alors que les prochains championnats du monde en Australie se profilent, Delphine continue de glisser avec la même ferveur, portée par un seul leitmotiv :

« Avant de battre les autres, c’est moi que je veux battre ».

Interview de Delphine Le Sausse


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Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux - L’alliance entre l’amour des sensations fortes et de l’environnement

1985 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Véritable reine de la montagne tout au long de sa carrière en ski alpinisme, Laetitia Roux a gardé ce lien privilégié avec l’environnement, en luttant pour sa préservation. Nous vous proposons de la découvrir à travers cet article, et son interview complète que vous retrouverez au terme de ces quelques lignes.

Laetitia Roux est une des plus grandes championnes du sport français, ne serait-ce que sur la base des titres remportés : 17 mondiaux, 9 européens, 25 nationaux et huit Coupes du monde. Sa discipline : le ski alpinisme.

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Sa découverte du sport

Le ski, elle l’a presque dans les gênes. Résidente des Hautes-Alpes, elle chausse des skis depuis sa plus tendre enfance, dès l’âge de deux ans, ayant appris à glisser auprès de son père. Elle découvre avec ce dernier le ski de randonnée, qui lui provoque un coup de foudre quasi instantané. Ce qui ne l’empêche pas d’être une véritable touche-à-tout des disciplines sportives, principalement en endurance mais aussi en ski alpin, sport qui l’introduit à la compétition. Après deux années au niveau professionnel, elle s’en détourne finalement, se sentant bien plus à l’aise en ski alpinisme, qui prône l’endurance et l’affrontement aux paysages dans toute leur diversité.

Qu’est-ce que le ski alpinisme ?

Cette discipline, qui est en quelque sorte la version compétitive du ski de randonnée, consiste à remonter les pentes grâce à des peaux de phoque ou du synthétique sous les skis, avant de redescendre le plus vite possible. Également passionnée par les sports d’endurance, comme le vélo, c’est tout naturellement que sa carrière s’est orientée vers ce sport.

Les courses emblématiques

Les grandes courses s’effectuent en duo, par équipe. On dénote également plusieurs différentes épreuves au sein du ski alpinisme, comme le relai et le sprint, qui demandent des qualités et offrent des expériences très différentes et variées. Parmi les grandes coéquipières de Laetitia Roux, on peut citer l’espagnole Mireia Miro ou encore la suissesse Séverine Pont-Combe. Avec elles, Laetitia a remporté les courses les plus prestigieuses du ski alpinisme, parmi lesquelles la Pierra Menta et la Patrouille des Glaciers, des courses longues qui comptent parmi les meilleurs moments de sa carrière. Certaines étapes de ces courses peuvent atteindre les 4.000m de dénivelés positifs sur 30 à 50km, alternant montée et descente.

Une amoureuse de la nature

Elle se décrit elle-même comme une amoureuse de la montagne et du vivant. Certes l’aspect compétition prend le pas, mais les parcours amènent surtout les athlètes à se challenger en pleine montagne, à grimper les plus baux sommets au milieu des arbres. Son environnement, ce sont les grands espaces sauvages. Et n’ayant pas peur de se faire mal et de passer des heures à l’entraînement, elle s’est donnée les armes pour réussir dans la discipline. Et la réussite, elle va la connaître.

Quand on voit tout cela, on comprend son attachement aux sports outdoors à sensations fortes, tels que le VTT ou le parapente. Ce fut d’ailleurs difficile pour elle de mettre de côté toutes ces autres expériences pour se concentrer uniquement sur sa carrière. Elle a d’abord essayé de pratiquer certaines disciplines en début de carrière, ou de s’y consacrer lors des pauses estivales, avant de se rendre à l’évidence qu’il fallait les mettre entre parenthèse. L’ardente volonté de grimper à nouveau en VTT ou de fendre les airs en parapente l’ont conforté dans sa décision de prendre sa retraite internationale en 2017, permettant de rendre la transition moins douloureuse.

Le ski alpinisme aux Jeux Olympiques

Le ski alpinisme va faire son entrée aux Jeux Olympiques à l’occasion de l’édition 2026 de Milan, avec Bormio comme cadre. Ayant pris sa retraite, Laetitia Roux n’y prendra pas part. Mais elle n’a pas pour autant complètement couper les liens avec son sport. Elle alterne entre le commentaire à la télévision, l’entraînement de nouveaux athlètes, et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. C’est dans ce cadre qu’elle mène depuis plusieurs années le projet Be the change en collaboration avec l’association Water Family, en réalisant plusieurs documentaires pour retrouver le contact avec le vivant après les années Covid, et informer le monde sur l’importance de la nature. Notamment deux films, “Précipitations : l’eau de là-haut” et “Les arbres, gardiens de la vie” qui sont devenus de véritables matériels pédagogiques disponibles sur son site internet.

Son engagement se dirige également envers toutes les femmes :

“Ce n’est pas parce qu’on nait femme qu’on n’a pas notre place […] j’ai envie de dire à toutes les femmes de vivre vos rêves”.

Laetitia Roux aura donc réussi à profiter de l’espace que le sport lui a apporté pour mettre en avant les causes qui lui sont chères.

Interview de Laeticia Roux

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Laetitia Roux

Louise guillet

Louise Guillet

Louise Guillet - Capitaine de l'EDF de water-polo à Paris 2024

1986 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Vous vous apprêtez à découvrir le parcours d’une sportive qui est l’un des plus beaux du water-polo féminin français : plongez dans l’histoire de Louise Guillet.

Louise Guillet naît en 1986 à Limoge. Son aventure avec le water-polo débute tout à fait par hasard : pratiquant déjà le basket et le tennis, rien ne la destinait à ce sport. 

Cependant, à l’âge de onze ans, elle arrête le basket, car elle ne peut plus jouer en équipe mixte, ainsi que le tennis. Elle veut donc retrouver une autre activité sportive. Le père d’un de ses coéquipiers lui propose alors de venir nager à la piscine. Cela lui plaît tellement qu’elle se rend dès lors quotidiennement à la piscine ! Si ce sport n’est qu’un loisir au début, elle ne sait alors pas qu’il est possible de se professionnaliser, elle se rend compte au fur et à mesure que des portes s’ouvrent à elle, notamment à l’étranger. Louise poursuit donc son entraînement à Bordeaux. A 16 ans, elle reçoit ses premiers contacts pour partir à l’étranger. Elle décide cependant de passer son bac en France avant d’intégrer, en 2003 l’équipe nationale.

Partir en Espagne

Un an plus tard, à dix-huit ans, elle se professionnalise pour partir à l’étranger durant sept ans, devenant ainsi la première joueuse française de water-polo à jouer à l’étranger. Elle joue deux saisons à Barcelone, où elle rencontre Samantha Miquel qui devient par la suite l’une de ses meilleures amies. Elle enchaîne ensuite trois saisons en Grèce se rend finalement à Naples, où elle reste le temps d’une saison. Elle continue ses études à l’étranger puisqu’elle passe un BTS diététique en Espagne et obtient son diplôme d’entraîneur.

De retour en France

Dès son retour en France, elle enchaîne les victoires. En 2013, elle remporte la coupe de la Ligue et est sacrée vice-championne de France avec Lille UC Metropole Water-polo. Elle étudie également en parallèle, décrochant son master 2 en gouvernance du sport. Louise traverse une période difficile en 2021 à cause d’une blessure à l’épaule l’empêchant de jouer durant quatre mois, et ce, peu de temps avant les championnats d’Europe. Avec l’aide d’un kiné, elle parvient à surmonter cette mauvaise passe.

Elle garde de très bons souvenirs de ses vingt années à pratiquer le water-polo, notamment grâce aux nombreuses amitiés qui se sont forgées grâce au sport. L’amour de Louise Guillet pour le Water-polo lui vient en partie de sa nature « bagarreuse ». Néanmoins, elle retient surtout l’expérience de jouer en équipe, ce qui rend pour elle ce sport si spécial.

Avec l’équipe de France

Durant toute sa carrière, elle a participé à pas moins de six championnats d’Europe, sept mondiaux ainsi que six World League. Elle cumule également pas moins de 280 sélections en équipe de France. Parmi ces nombreuses compétitions, une lui reste particulièrement en tête : la World League qui s’est déroulée en Russie. En plus d’être couronnée meilleure buteuse mondiale, elle décrit une ambiance d’équipe phénoménale et des moments de partage très forts, dans et en dehors de l’eau.

Les Jeux Olympiques à domicile

Il ne faut pas non plus oublier sa présence aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, son rêve ultime depuis qu’elle a commencé le water-polo. Cette fois, c’est en tant que capitaine de l’équipe de France qu’elle se rend à la seule compétition qu’il manquait à son palmarès. Si ce rôle ne change que très peu de chose dans sa manière de jouer, Louise Guillet prend son rôle de protection des plus jeunes joueuses de l’équipe à cœur. Cette nouvelle casquette est également une porte ouverte à certains événements, comme le dîner avec le Président de la République.

Possible de vivre que de son sport ?

Bien qu’elle soit professionnelle, elle gagne donc un salaire, Louise Guillet affirme qu’il est impossible pour les joueuses de water-polo de vivre correctement et sur le long terme de leur sport. Elle précise également que de nombreuses de ses coéquipières durant les Jeux Olympiques suivaient une formation à côté ou bien avait un autre travail.

Aujourd’hui, Louise s’est retirée définitivement de la scène sportive pour se consacrer entièrement à la gestion de son entreprise. En effet, après trois ans d’étude dans le domaine de la peinture à alterner entre les entraînements, les études et l’entreprise, elle prend la suite de l’entreprise familiale.

Interview de Louise Guillet

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Laetitia Roux

Bérénice Tabourel

Bérénice Tabourel en train de porter un tronc d'arbre

Bérénice Tabourel - Pionnière du parcours ninja et de l'OCR

1997 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Avec un tel palmarès, il est difficile de la louper et vous l’avez sûrement vu à la télévision, lors de l’émission « Ninja Warrior », mais connaissez-vous réellement Bérénice Tabourel ?

Bérénice Tabourel naît en 1997 en Normandie. Dès l’âge de cinq ans, elle s’inscrit à la gymnastique et pratique ce sport jusqu’à ses vingt ans. En effet, son entrée dans la gendarmerie en tant que sous-officier l’oblige à arrêter mais, très vite, cela lui manque. Elle découvre par hasard le parcours ninja en 2019, alors qu’une amie la pousse à essayer une salle spécialisée dans ce domaine.

Qu’est-ce que le parcours ninja ?

Le parcours ninja consiste en une course d’obstacles, qui peuvent être très variés puisque les organisateurs n’ont pas de restrictions quant à leur création, hormis leur nombre. Les concurrent·es découvrent le parcours le jour même et le but est de la terminer en un temps le plus restreint possible, sans tomber.

Son premier abonnement

En se rendant compte que ce sport parvient à lui offrir la même adrénaline et la même dimension acrobatique que la gym, Bérénice décide de prendre un abonnement d’un mois dans cette salle. Les propriétaires remarquent son talent et lui proposent de devenir coach. Elle n’hésite pas longtemps pour accepter l’offre et met en pause son activité de gendarme. C’est le début d’une grande aventure qui commence !

Ses premières compétitions

Ses premières compétitions sont des succès puisque après seulement une année de pratique, elle se qualifie pour les championnats du monde. Dans le même temps, elle crée la première section de haut niveau de parcours ninja en France, appelée section performance. Après le Covid, elle se rend une nouvelle fois aux championnats du monde, mais cette fois-ci c’est en tant que coach et non en tant qu’athlète. Elle accompagne ainsi une dizaine de jeunes de moins de dix-huit ans, qu’elle a formés. En 2022, Bérénice se lance dans une nouvelle discipline, nommée la course à obstacles. Elle participe par la suite aux championnats européens et mondiaux.

Quelles sont les différences avec la parcours ninja ?

La principale différence est que ces courses se déroulent en extérieur. Elles se déclinent en trois catégories : le 100 mètre, où les obstacles sont tout le temps identiques et dans le même ordre, le 3 kilomètres, le 12 kilomètres et le 15 kilomètres.

Sa participation à Ninja Warrior

Bérénice a également participé à deux tournages de l’émission télévisée « Ninja Warrior ». Elle en garde principalement de mauvais souvenirs à cause de ses deux chutes, et donc défaites, au bout de seulement une poignée d’obstacles. Sa mauvaise gestion du stress et la trop grande pression due à son statut de favorite lui ont fait perdre ses moyens. Mais comme elle le dit si bien :

« C’est quand on échoue qu’on apprend ».

Alors oui, cela peut paraître un peu naïf mais c’est vrai ! De fait, depuis cette mauvaise expérience, elle se fait accompagner par une préparatrice mentale pour apprendre à aborder le stress et l’échec.

Son premier podium international

Ce renouveau lui réussit puisque en 2022, elle participe aux championnats du monde de parcours ninja chez les adultes, c’est-à-dire la catégorie en dessous des professionnels, et parvient à décrocher la médaille de bronze. Cet événement réussit à lui redonner confiance en elle, retrouvant l’amour qu’elle portait à ce sport au tout début de sa carrière.

Recordwoman

A ce jour, Bérénice Tabourel continue de battre des records. En effet, sur l’année 2024, elle se place vingt-quatrième en élite mondiale de parcours ninja : c’est la première fois qu’une française est aussi bien placée ! Ces dernières années, elle a aussi figuré deux fois dans le top dix en 100m sur les courses OCR et est arrivée quatrième aux championnats du monde sur l’épreuve du 3km, tout cela après s’être remise d’une blessure à l’épaule !

Pour ce qui est des prochaines compétitions, nous l’attendons avec impatience aux championnats d’Europe d’OCR en juin et septembre 2025.

Interview de Bérénice Tabourel

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