Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Hilary Knight – L’imbattable guerrière du hockey états-unien

Ecrit par Anaïs Mousset

Hockeyeuse internationale américaine sept fois championne du monde de 2007 à 2017, à chaque fois devant le Canada, et deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014, battue par la même équipe, l’attaquante Hilary Knight a enfin touché l’or aux Jeux à PyeongChang 2018 à l’issue d’une finale irrespirable où les joueuses à la bannière étoilée sont venues à bout de leurs éternelles rivales à la feuille d’érable après 20 ans d’attente.

L’enfance sur la glace

Hilary Atwood Knight naît le 12 juillet 1989 à Palo Alto, en Californie. Elle découvre le hockey sur glace à seulement cinq ou six ans et tombe immédiatement sous le charme de ce sport. Très vite, les Jeux olympiques deviennent son rêve. À cette époque, le hockey féminin est déjà présent aux Jeux depuis 1998, mais Knight est encore une enfant lorsqu’elle commence à imaginer porter un jour le maillot américain sur la plus grande scène sportive mondiale.

Sa passion pour le hockey prend rapidement une place considérable dans sa vie. Elle raconte qu’elle allait parfois se coucher avec son équipement sur elle et qu’elle dormait avec des palets sous son oreiller, persuadée qu’ils lui porteraient chance. Pour elle, le hockey représente tout ce qu’elle recherche : la vitesse, le mouvement et cette sensation particulière de patiner sur la glace. Très vite, son rêve olympique devient une véritable ambition.

Le premier échec

Très jeune, Hilary Knight comprend qu’elle possède les qualités nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Mais son parcours vers l’équipe olympique ne se fait pas sans obstacles.

En 2006, alors qu’elle tente de se faire une place dans la sélection américaine pour les Jeux de Turin, elle échoue. Elle décide de transformer cet échec en motivation et travaille encore plus dur pour atteindre son objectif. Quelques mois plus tard, elle rejoint l’Université du Wisconsin et s’impose rapidement comme l’une des grandes joueuses du championnat universitaire américain.
Avec les Badgers, elle remporte deux titres NCAA, en 2009 et 2011, et termine sa carrière universitaire comme meilleure buteuse et meilleure marqueuse de l’histoire du programme.

Une ascension internationale fulgurante

En 2007, Hilary Knight connaît ses premiers Championnats du monde avec les États-Unis. À seulement 17 ans, elle découvre déjà le très haut niveau international.

Dès 2008, elle remporte son premier titre mondial. En finale, les États-Unis prennent leur revanche sur le Canada et s’imposent 4-3. Un an plus tard, à Hämeenlinna, les Américaines conservent leur titre. Knight inscrit notamment le dernier but de son équipe en finale, remportée 4-1 face aux Canadiennes. À seulement 19 ans, elle possède déjà deux titres mondiaux.

Vancouver 2010 : les débuts olympiques

En 2010, Hilary Knight réalise enfin son rêve. À Vancouver, elle participe à ses premiers Jeux olympiques avec les États-Unis et devient la plus jeune joueuse de l’équipe américaine.

Le 25 février, les deux grandes rivales se retrouvent en finale dans un Canada Hockey Place entièrement acquis à la cause canadienne. Marie-Philip Poulin inscrit deux buts en première période tandis que Shannon Szabados réalise une prestation exceptionnelle dans les cages.
Knight repart avec une médaille d’argent, mais surtout avec la certitude que l’or olympique est désormais son objectif ultime.

La patronne des Mondiaux

Après Vancouver, Hilary Knight continue de s’imposer comme l’une des meilleures attaquantes du monde. En 2011, les États-Unis remportent le Championnat du monde à Zurich. En finale contre le Canada, Knight inscrit le but de la victoire en prolongation et offre le titre à son équipe, 3-2. Deux ans plus tard, à Ottawa, les Américaines remportent une nouvelle médaille d’or après une victoire 3-2 contre les Canadiennes.

Knight s’impose également sur la scène professionnelle. En 2012, elle rejoint les Boston Blades en Ligue canadienne de hockey féminin. Dès sa première saison, elle devient la première Américaine à être élue MVP de la ligue et aide les Blades à remporter la Clarkson Cup en 2013. Elle reste à Boston jusqu’en 2017, avant de rejoindre les Boston Pride lors de la création de la Ligue nationale de hockey féminin, une nouvelle ligue qui rémunère professionnellement les joueuses. Avec le Pride, elle remporte la Coupe Isobel en 2016.

Elle retourne ensuite en Ligue canadienne de hockey féminin avec les Canadiennes de Montréal en 2018. Mais en 2019, la LCHF annonce la fin de ses activités, mettant un terme à la ligue après douze années d’existence. Knight rejoint alors la PWHPA, une association de joueuses qui travaille à la création d’une nouvelle ligue professionnelle féminine.

Trois nouveaux titres mondiaux

Entre les Jeux de Sotchi et ceux de PyeongChang, Hilary Knight continue d’accumuler les succès avec les États-Unis. En 2015, à Malmö, elle remporte son cinquième titre mondial. Meilleure marqueuse de la compétition, elle est également désignée meilleure joueuse du tournoi.

Un an plus tard, à Kamloops, le scénario se répète. Les Américaines battent une nouvelle fois le Canada en finale et remportent leur sixième titre mondial. Knight termine encore meilleure marqueuse et meilleure joueuse de la compétition. En 2017, à Plymouth, les États-Unis décrochent un troisième titre consécutif face aux Canadiennes, permettant à Knight de remporter son septième titre mondial.

En parallèle de ses performances sportives, Knight devient également une figure importante de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le hockey. Elle s’engage notamment pour une meilleure reconnaissance et un meilleur traitement financier des joueuses.

PyeongChang 2018 : enfin l’or olympique

Pour ses troisièmes Jeux olympiques, Hilary Knight arrive à PyeongChang avec le même objectif depuis plusieurs années : remporter enfin l’or. Les États-Unis terminent deuxièmes du groupe A derrière le Canada, qui les bat 2-1. En demi-finale, les Américaines dominent la Finlande 5-0 et décrochent leur place pour une nouvelle finale olympique. Knight inscrit notamment un but lors de cette rencontre.

Le 22 février, les États-Unis retrouvent donc le Canada pour une cinquième finale olympique entre les deux nations. Knight ouvre le score à 25 secondes de la fin de la première période en déviant un tir de Sydney Morin en supériorité numérique. Les deux équipes ne parviennent pas à se départager en prolongation. Pour la première fois, une finale olympique féminine de hockey doit donc être décidée aux tirs au but. Knight manque sa tentative, mais la gardienne américaine Maddie Rooney arrête deux tirs canadiens consécutifs. Lamoureux inscrit finalement le tir décisif et offre la victoire aux États-Unis, 3-2. Après deux médailles d’argent à Vancouver et à Sotchi, Hilary Knight devient enfin championne olympique. Les Américaines mettent également fin à vingt ans d’attente depuis leur dernier titre olympique à Nagano en 1998.

Pour Knight, cette médaille d’or représente l’aboutissement de tout le travail réalisé depuis son enfance. Quelques jours après son sacre, elle rejoint le Québec pour terminer la saison 2017-2018 avec les Canadiennes de Montréal, retrouvant plusieurs joueuses qu’elle venait tout juste d’affronter en finale olympique.

Milan-Cortina 2026 : un dernier défi olympique

Huit ans après son premier titre olympique, Hilary Knight retrouve les Jeux à Milan-Cortina pour une cinquième participation, un record pour une joueuse américaine. À 36 ans, elle est cette fois capitaine de la sélection américaine et aborde cette édition avec une place particulière dans l’histoire de son équipe. Elle avait annoncé avant les Jeux que Milan serait son dernier rendez-vous olympique.

Les États-Unis commencent parfaitement leur tournoi et enchaînent les victoires. Knight reste un élément important de l’équipe tout au long de la compétition et participe à la qualification pour une nouvelle finale olympique. Comme à PyeongChang en 2018 et à Pékin en 2022, les Américaines retrouvent le Canada pour tenter de décrocher l’or.

La finale est particulièrement serrée. Le Canada ouvre le score et conserve son avantage jusque dans les dernières minutes. Alors que les États-Unis jouent avec une attaquante supplémentaire, Knight se retrouve devant la cage canadienne. Elle dévie un tir de Laila Edwards et égalise à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.

Son but permet aux Américaines d’arracher la prolongation et porte son total à 15 buts olympiques, un record américain.

Cette victoire vient couronner un parcours olympique exceptionnel. Avec cinq participations aux Jeux, Hilary Knight termine son parcours avec cinq médailles : deux en or et trois en argent. Au-delà de son palmarès, cette dernière aventure olympique illustre également l’évolution du hockey féminin qu’elle a accompagnée pendant toute sa carrière. Elle qui a connu une époque où les jeunes filles avaient moins de possibilités de pratiquer ce sport souhaite aujourd’hui utiliser sa visibilité pour ouvrir davantage de portes aux générations suivantes.

La suite de sa carrière

Après la fin de la CWHL en 2019, Hilary Knight participe avec plusieurs joueuses américaines et canadiennes au mouvement #ForTheGame. Avec Marie-Philip Poulin, sa grande rivale avec le Canada, elle fait partie des joueuses qui souhaitent voir naître une véritable ligue professionnelle nord-américaine pour le hockey féminin.

En mai 2019, les joueuses créent la Professional Women’s Hockey Players Association, la PWHPA. Pendant plusieurs années, Knight participe à cette association et au Dream Gap Tour, qui permet aux joueuses de continuer à jouer tout en défendant la création d’une nouvelle ligue professionnelle. Poulin fait elle aussi partie de cette mobilisation. Après avoir longtemps été adversaires avec leurs sélections nationales, les deux joueuses travaillent donc ensemble pour faire évoluer leur sport.

Cette mobilisation participe à la construction du projet qui aboutit à la création de la Professional Women’s Hockey League en 2023. Hilary Knight devient alors l’une des trois premières joueuses à signer avec l’équipe de Boston. Elle en devient la capitaine et mène le Boston Fleet jusqu’à la première finale de la Walter Cup en 2024. Elle reste capitaine de Boston lors des deux premières saisons de la PWHL.

En 2025, Hilary Knight rejoint ensuite le Seattle Torrent et devient la première capitaine de l’histoire de la franchise. Elle dispute la saison 2025-2026 avec Seattle avant de rejoindre la PWHL Detroit à l’été 2026. Transférée de Las Vegas à Detroit en juin, elle prolonge quelques jours plus tard son contrat jusqu’à la saison 2028-2029. À 37 ans, elle poursuit donc sa carrière professionnelle avec une nouvelle équipe et participe à la construction de la franchise de Detroit.


Palmarès

2x Championne olympique
4x Vice championne olympique
10x Championne du Monde
5x Vice championne du monde

1x Isobel Cup
3x Clarkson Cup
1x Walter cup
2x Championne NCAA

Marla Runyan

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"1969

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme.

Son enfance

Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville de Santa Maria en Californie. Rapidement, l’enfante qui aimait jouer, courir et s’amuser vu sa vision changer. Pour elle, il était un impossible de voir les formes en centre. Marla le décrit ainsi :

« C’est comme si j’avais un trou noir au milieu de l’œil ».

Avant l’arrivée de cette handicap visuel, l’Etats-unienne avait déjà plongé un pas dans le monde du sport. D’abord par le football puis en gymnastique artistiques, influencée par l’exploit de Nadia Comaneci lors des Jeux Olympiques de Montréal (1976). À la suite de ce diagnostic, Marla Runyan ne plus pratiquer la gym sans risque de blessures répétitives. Pourtant, elle n’abandonne pas le sport. L’enfant se teste à l’athlétisme. Courir, sauter et lancer, Marla adore. Pour elle impossible de se cantonner à une discipline : Heptathlon, 100m haies, lancer du javelot, saut en longueur, 800m… elle véritable touche à tout.

Ses premiers paralympiques

Passée par l’Université d’Etats de San Diego, Marla Runyan a pu profiter des structures, des équipes d’encadrement et des compétitions pour progresser en athlétisme et se lance en parallèle en cyclisme. Ses performances sont telles que l’Etats-Unienne se qualifie pour les Jeux Paralympiques de 1992 pour cinq épreuves à 23 ans.

A Barcelone, Marla Runyan ne vient pas en figurante ! Sur les quatre épreuves d’athlétisme, elle remporte tout simple quatre paralympiques : 100m, 200m, 400m et le saut en longueur. Ajouter à cette prouesse, une cinquième place sur l’épreuve du tandem en cyclisme sur route.

En route pour les Jeux Olympiques

Consciente de son talent, l’athlète se fixe un objectif bien précis : participer aux Jeux Olympiques à domicile. Pour y arriver, elle décide de se concentrer sur une discipline où elle à toutes ses chances sur l’heptathlon. Ces entraînements acharnés s’avèrent payant. En 1995, Marla établit plusieurs records du monde (saut en longueur et saut en hauteur) et nationaux (200m) dans sa catégorie T13.

En 1996 montre les prémices d’une sportive qui va marquer l’histoire. Cette année-là, elle arrive bien préparer, tellement bien qu’elle participe aux sélections olympiques américaines, une des compétitions les plus durs aux mondes en athlétisme au vu de la densité d’athlète exceptionnel. Sur l’heptathlon, malgré un record national du 800m (dans cette discipline), Marla échoue à la dixième place. Sans se décourager, elle se reconcentre directement pour les Paralympiques. Une nouvelle fois, l’Etats-Unienne repart médaillée et titrée. Sur cette saison exceptionnelle, Marla rajoute de nouveaux records du monde et nationaux dans sa catégorie.

N’ayant pas réussi à se qualifier sur l’heptathlon, l’athlète de 27 ans prend la décision de se concentrer sur sa plus grande force : les courses de demi-fond. En 1999, les Etats-Unis décident de la sélection pour les Jeux Panaméricains. Pour sa première grande compétition chez valide, Marla Runyan prouve tout son talent en décrochant le titre sur le 1500m, établissant un nouveau record du monde en T13. Cette médaille d’or lui ouvre les portes des Mondiaux. Sur cette même épreuve, elle termine à une incroyable dixième place en finale.

2000 est l’année où Marla marque l’histoire de son sport. Pour débuter cette saison, l’athlète remporte le titre national sur le 3000m en salle. De retour aux qualifications olympiques, elle a qu’une idée en tête obtenir une des trois premières places sur le 1500m. Cette fois-ci, elle y arrive ! Avec ce ticket, l’Etats-Unienne compte bien montrer qu’elle n’est pas là pour faire figuration. A Sydney, la multiple championne paralympiques se qualifie au temps en finale du 1500m. Sur cette ultime course, Marla Runyan réalise une excellente performance en terminant huitième. Elle venait de tout simplement de faire le meilleur classement de l’histoire pour une Etats-Unienne à cette époque.

Ses dernières années sportives

A partir de 2001, l’athlète décide d’augmenter la distance. Elle passe du 1500m au 5000m. Cette transition se déroule à merveille. Marla Runyan remporte trois années de suite le titre de championne des Etats-Unis et se qualifie même pour les mondiaux. Alors en 2004, elle est vu comme la favorite aux American Trials. Une fois encore, elle obtient son ticket olympique. A Athènes tout se passe différemment qu’à Sydney. En effet, Marla échoue dès les séries sur le 5000m. Après cette course, elle arrête sa carrière en stade pour se concentrer uniquement sur sa carrière sur route.

En dehors des pistes, l’athlète avait déjà montré qu’elle était exceptionnelle :

  • Record des Etats-Unis sur le 20km
  • Trois titres nationaux de suite sur le 10km
  • Deuxième meilleure performance de tous les temps sur le marathon pour une première participation (à New York, en 2002)
  • Meilleure classement pour une Américaine sur le marathon de Boston en 2003 et de Chicago en 2004

En 2006, Marla Runyan signe sa derrière véritable année en compétition, où elle remporte son dernier titre national. Les deux saisons suivantes sont compliquées pour l’athlète, enchaînant de nombreux pépins physiques qui l’empêchent de se participer aux Jeux Olympiques de 2008. Elle décide alors de mettre un terme à sa carrière sportive.

Son engagement

Après avoir quitté les pistes, Marla Runyan a pu se concentrer davantage sur ses différents engagements. En 2013, grâce à son diplôme dans l’enseignement, elle devient enseignante (et ambassadrice) de l’école Perkins School qui offre des cours aux personnes aveugles et malvoyantes. En plus des dispensées des cours, l’Etats-Unienne participe à des initiatives pour une plus grande inclusion : développement de technologies d’assistance et création de programmes éducatifs.

L’histoire de Marla Runyan a inspiré de nombreuses athlètes dans le monde entier par son talent, sa longévité et sa détermination. Comme elle aime le dire :

« Ne prêtez pas attention aux influences négatives. Croyez-en vous-même et montrez aux autres ce que vous êtes capable de faire. Seul « vous » pouvez découvrir votre potentiel. »

Une championne paralympique aux Jeux Olympiques

Marla Runyan est la première championne paralympique et malvoyante à participer à une épreuve olympique.

Un record chez les valides

En 1996, elle bat le record national du 800m de l’heptathlon. Ajouter à cette performance, de nombreux record du monde en T13.

En athlètisme

  • 5x Championne Paralympique

  • 1x Vice championne paralympique

  • 1x Championne panaméricaine

  • 7x Championne des Etats-Unis

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Diana Taurasi

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"1982

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement le niveau d’une joueuse. Mais avec Diana Taurasi, il est impossible de ne pas l’évoquer. Meilleure marqueuse de l’histoire de la WNBA, qu’elle a remporté trois fois pour un titre de meilleure joueuse de la Ligue 2009 et deux trophées de MVP des finales. 6 fois titrées en Euroligue. 6 médailles d’or olympique, symboles d’une longévité hors norme et d’une vie dédiée à son sport, à une époque où le basket féminin n’avait pas encore gagné l’attention médiatique qui lui est due. Par son caractère et sa capacité à sublimer un effectif, celle qui est restée loyale toute sa carrière à sa franchise de Phoenix Mercury s’est imposée comme, si ce n’est la meilleure joueuse de tous les temps, du moins la plus grande compétitrice de l’histoire du basket.

Sa découverte du basket-ball

La rencontre entre Diana Taurasi et le basket s’est faite sur la côte Ouest. Ses parents, immigrés ne parlant pas un mot d’anglais, ne se sentaient pas forcément à leur place au départ. Si bien que la famille Taurasi est repartie en Argentine quelque temps, avant que l’insécurité ne les pousse à repartir aux États-Unis. Une aubaine pour une jeune Diana éprise du ballon orange. Meilleure joueuse de sa région dans toutes les catégories d’âge, c’est à l’université qu’elle rencontre pour la première fois l’adversité. Plus particulièrement à UConn, déjà double champion universitaire. Diana Taurasi était la cible de toutes les bourses universitaires du pays, mais c’est la personnalité de l’entraîneur de UConn, Genno Auriemma, qui l’a décidé à rejoindre la côte Est américaine.

Son cursus universitaire

Loin de sa famille pour la première fois de sa vie, elle prend ses marques petit à petit. À la faveur des blessures successives des deux meneuses titulaires de son équipe, elle entre pleinement dans le grand bain universitaire. La première saison lui sert d’acclimatation, atteignant les demi-finales, mais étant éliminée par Notre-Dame après un match catastrophique sur le plan personnel. Un échec qui la motive plus que jamais. Adroite à trois points, elle est surtout capable de faire les bons choix pour son équipe : si une partenaire est mieux placée qu’elle lors d’un moment chaud, elle privilégiera la passe, sans oublier de prendre le match en main lorsque le scénario l’exige. Adorée par son coach et ses coéquipières, Diana Taurasi mène UConn vers trois titres universitaires consécutifs, entre 2002 et 2004. Véritable star parmi les étudiantes, la salle est comble à chacun de ses matchs. Les gens se déplacent par milliers pour la voir jouer. Il est donc tant pour elle de rejoindre l’élite du basket féminin américain : la WNBA.

Naviguer entre la WNBA et l’Euroligue

Si aujourd’hui la ligue féminine a grandement gagné en popularité, tout était à faire lorsque les Phoenix Mercury la sélectionne avec le premier choix de la Draft 2004. Les deux premières saisons lui servent d’apprentissage. Elle comprend surtout que, pour l’intensité et l’adversité que l’on retrouve sur la plus haute marche du basket américain, elle n’est pas assez payée. Et elle n’a pas peur de le faire savoir. Pour véritablement gagner sa vie, elle fait le choix d’accompagner sa coéquipière Sue Bird en Russie, pour y jouer l’Euroligue. La saison européenne se joue pendant la pause de la WNBA, ce qui permet aux joueuses de pouvoir jouer les deux compétitions, s’offrant des saisons particulièrement longues et intenses. Les meilleures joueuses américaines comme européennes optent en masse pour la Russie, réputée pour être la ligue la plus rémunératrice chez les basketteuses. D’abord peu heureuse au Dynamo Moscou, c’est au Spartak que Diana Taurasi va véritablement s’épanouir. Le sponsor du club, Shabtai Kalmanovich, décide de la prendre sous son aile. Vrai fan de basket, il est au petit soin de ses joueuses, n’hésitant pas à leur donner de nombreux bonus, en plus de leur salaire culminant proximité du million. Personne ne parle de la provenance de sa fortune, Diana ne se pose même pas la question. L’américaine profite, remportant l’Euroligue chaque année entre 2007 et 2010. Mais cette dernière saison, Shabtai est assassiné à bord de son véhicule, en route vers le Kremlin. Choquées, les joueuses décident de continuer à tout donner sur le terrain, et remportent leur dernier titre en hommage à leur ancien président. Diana décide qu’il est alors temps pour elle de quitter la Russie.

Ses premiers titres WNBA

Mais revenons sur les parquets de WNBA. Diana Taurasi et son équipe crée la surprise en 2007, en remportant le titre alors même que rien n’aurait permis de prédire cet exploit. Taurasi est MVP des Finales. C’est véritablement en 2009 que la Californienne va livrer sa meilleure saison, étant désignée MVP de la Ligue, et remportant le titre suprême, de même que la récompense de meilleure joueuse des finales. Elle célèbre cette victoire avec sa coéquipière et compagne, l’Australienne Penny Taylor, à qui elle rend souvent visite dans l’année lorsqu’elle joue en Turquie. Malgré toutes ces victoires, Diana Taurasi se démarque par son caractère. Elle n’hésite pas à user du trashtalk, crie sur les arbitres, et se confronte à la moindre de ses adversaires. Une tendance à énerver son monde qui s’intensifie au fur et à mesure des saisons, symbole de sa compétitivité hors norme.

Une athlète parfaite ?

Mais son parcours est loin d’être linéaire, et, elle le dit elle-même, l’Américaine n’est pas parfaite. Qui le serait ? Diana Taurasi aime par-dessus tout fêter ses victoires avec ses coéquipières. Ayant bu, mais n’habitant qu’à quelques kilomètres du bar, elle décide de prendre quand même la voiture. À un tournant, elle est arrêtée par la police, et passe la nuit en prison pour conduite en état d’ivresse. Pas d’accident majeur, mais une affaire qui continue de ternir sa réputation. Puis en décembre 2010, Diana Taurasi est contrôlée positive au modafinil, un produit dopant. Elle nie les accusations de triche en bloc, mais risque tout de même quatre ans d’interdiction de compétition. Le public turque, où elle effectue sa saison européenne, la siffle. Finalement, le cabinet qui l’avait contrôlé positive retire sa plainte et ses résultats, et ferme ses portes. Elle n’est plus inquiétée, mais là encore, Taurasi perd en popularité.

Un palmarès impressionnant

Malgré tout, Diana Taurasi reste une valeure sûre de WNBA et de l’Euroligue, enchaînant les points et les matchs références. Le Phoenix remporte sa troisième bague WNBA en 2014. De 2004 à 2018, elle figure 10 fois dans la sélection du 5 majeur de l’année. Elle gagne encore deux titres en Euroligue, en 2013 et 2016, avec Iekaterinbourg. Cette carrière au plus haut niveau s’étire jusqu’en 2024, cumulant 10.646 points en WNBA, soit de très loin le plus haut total de l’histoire de la Ligue. Si elle a pu perdre un peu de popularité auprès du public, et notamment des nouveaux suiveurs arrivés sur le tard, ramenés par la nouvelle médiatisation de la ligue, ce n’est pas le cas chez elle. À Phoenix, lors de son dernier match, les supporters hurlent à tue tête “une année de plus ! une année de plus !”. Cette franchise des Phoenix Mercury, elle l’a bâtie panier après panier, durant vingt saisons. Les célébrations pour la plus grande joueuse de leur histoire sont grandioses, et atteignent leur apothéose lorsque le terrain des Mercury “Diana Taurasi Court”, en hommage à tout ce que la meneuse a accompli pour la franchise.

Ses exploits en sélection

N’oubliant tout de même pas un des aspects les plus importants de sa carrière : sa dévotion envers l’équipe nationale. Sélectionnée pour ses premiers Jeux en 2004, elle participe, et remporte, chaque édition olympique jusqu’à la fin de sa carrière. Si elle n’apparaît sur le terrain en finale à Paris, ce qui ne manque pas de la frustrer, elle n’en reste pas moins le cadre le plus important. Avec six titres olympiques, elle est, homme et femme confondus, la basketteuse la plus récompensée de l’histoire des Jeux Olympiques.

Est-ce la GOAT ?

Si aujourd’hui, peut des jeunes fans de WNBA ne la place en tête de leur classement de la GOAT, c’est parce qu’elle a subi la médiatisation trop tardive de la Ligue. Une WNBA qu’elle a grandement contribué à construire, par ses combats pour le salaire et ses victoires. Aucunes joueuses de l’histoire ne voulaient autant gagner qu’elle. L’amour qu’elle avait pour le jeu était palpable, et l’a fait tenir vingt ans au plus haut niveau, sans compter ce qu’elle accomplissait déjà à l’échelon universitaire. Si les Caitlin Clark et autre Paige Bueckers peuvent se contenter de jouer en WNBA sans avoir besoin de rejoindre l’Europe, si elles bénéficient de toute l’attention médiatique, c’est parce que Diana Taurasi en a posé toutes les fondations. À ce titre, le nom de Diana Taurasi peut légitimement être associé au titre officieux, mais néanmoins lourd de sens, de meilleure joueuses de l’histoire du basketball féminin.

[Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à regarder la série Amazon Prime “Taurasi” qui revient sur sa carrière. Vous pourrez alors prendre conscience de sa légende]

Record de points

Elle est la première basketteuse à inscrire plus de 10.000 points en carrière en WNBA, détenant ainsi le record de la ligue avec 10.646 points.

Seule au monde

Diana Taurasi est la seule basketteuse, homme compris, à avoir remporter six titres olympiques.

En sélection

  • 6x Championne Olympique
  • 3x Championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Championne des Amériques
  • 1x Médaille de bronze au championnat du monde junior

En club

  • 3x Championne WNBA
  • 6x Championne de l’Euroligue
  • 7x Championne de Russie
  • 1x Championne de Turquie
  • 3x Championne NCAA
  • 3x Coupe de Russie
  • 1x Coupe de Turquie

Sportives

  • 2x MVP des Finales WNBA
  • 2x MVP du Final Four de la NCAA
  • 3x MVP du Final Four de l’Euroligue
  • 1x Elue dans le meilleur cinq des mondiaux
  • 1x Rookie de l’année en WNBA
  • 2x Big East Player of the Year
  • 11x All-Star WNBA
  • 10x All-WNBA First Team
  • 4x All-WNBA Second Team
  • 3x First-team All-Big East
  • 1x Big East All-Freshman Team
  • 5x Meilleure scoreuse de WNBA
  • 1x Meilleure passeuse de WNBA
  • 6x Meilleure rebondeuse, scoreuse et passeuse sur une même saison
  • TOP 15, 20 et 25 des meilleures joueuses de l’histoire de la WNBA
  • 1x Wade Trophy
  • 3x Kodak All-American

Médiatiques

  • 4x USA Basketball Female Athlete of the Year
  • 2x Naismith College Player of the Year
  • 1x USBWA Women’s National Player of the Year
  • 1x AP College Player of the Year
  • 2x Nancy Lieberman Award
  • 2x First-team All-American
  • 1x Second-team All-American – AP
  • 2x All-American –USBWA
  • 1x Naismith Prep Player of the Year

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Angela Madsen – La Reine des Océans

Angela Madsen – La Reine des Océans

Angela Madsen

Angela Madsen - La Reine des Océans

1960 à 2020 - écrit par simon ménard

L’histoire d’Angela Madsen, c’est celle d’une femme qui a toujours essayé de se relever malgré les coups du sort. Jusqu’au bout, c’est le bonheur de l’effort et la liberté qu’elle aura recherchée.

Angela Madsen est une sportive née, à la condition physique très prometteuse. Alors qu’elle envisage de suivre un cursus sportif pour tracer sa route vers les Jeux Olympiques, Angela Madsen accouche d’une fille à seulement 17 ans, devenant mère célibataire, ce qui lui dresse des bâtons dans les roues pour accéder à son objectif. Ses plans changent, et face à un provocateur affirmant qu’elle n’arriverait jamais à rejoindre l’armée, bien qu’issue d’une lignée de militaires, elle s’engage auprès des marines. Une fois sa formation réussie, l’armée lui accepte de lui fournir une maison 

pour elle et sa fille. Elle est envoyée en mission dans plusieurs États, et notamment en Californie, à El Toro, où elle rejoint l’équipe de basket de son unité en tant que pivot. Elle est alors repérée l’équipe féminine des Marines.

Deux gros accidents

C’est alors peut-être le début de sa carrière sportive, comme elle l’avait espéré. Elle commence l’entraînement en 1980. Mais lors de la première séance, elle tombe sur le terrain, et une de ses coéquipières, dans le mouvement, marche sur son dos. Le choc brise deux disques de la colonne vertébrale d’Angela, et dans le même temps avorte son expérience en basket. Petit à petit, Madsen, qui souffre de douleurs chroniques et d’une sciatique, récupère en suivant une thérapie. Mais Angela n’est malheureusement pas au bout de ses peines.

En 1991, elle est victime d’un accident de voiture. Verdict, une jambe et plusieurs côtes cassées, qui viennent s’ajouter à ce dont elle souffrait déjà depuis 1980. Elle est obligée de subir une opération l’année suivante, qui lui laisse les deux jambes paralysées, celles-ci ne pouvant être sauvées. Une opération qui ne sera pas remboursée par le corps des Marines, qui récupèrent également la maison qu’ils avaient mise à sa disposition lorsqu’elle les avait rejoints. Un des médecins de l’hôpital des anciens combattants à Long Beach ose même lui dire que sa “condition physique est un gaspillage de vie humaine”. Face à cet enchaînement que la vie lui offre, Angela Madsen devient sans domicile fixe, et commence à souffrir de dépression.

Ses déclics

Malgré tout, l’ancienne militaire, et n’attend qu’un déclic pour se relever. Cette occasion, elle va l’avoir alors qu’elle assiste à un match des Jeux nationaux des vétérans américains. Angela y fait sa rencontre avec le basket-fauteuil. Si le basket est à l’origine de sa blessure, ce sport peut aussi lui permettre de se reconstruire. Elle évolue alors aussi bien avec l’équipe féminine que masculine.

Puis advient ce qui aurait pu être le dernier drame fatal, mais qui va se transformer, par la force de la volonté de Madsen, en moment crucial pour se lancer dans sa nouvelle vie : après être tombée sur les rails du métro à San Francisco, elle craint s’être brisée le cou. Une fois sortie d’affaire, sans séquelle supplémentaire après avoir été relevée in-extremis par deux passants, elle se force à réévaluer sa vie, et ce qu’elle a envie de devenir. C’est désormais clair pour elle : Angela va décider de vivre pleinement son handicap.

Du basket à l’aviron

En 1998, elle est invitée par le sponsor de son équipe de basket-fauteuil, Casa Colina, à un évènement d’aviron. C’est un coup de foudre total. Elle est émerveillée par le fait de pouvoir effectuer ce sport sans avoir à monter dans son fauteuil roulant, et se découvre un talent naturel à pagayer. Si bien qu’en 2002, alors que l’aviron adapté est ajouté au casting des championnats du monde, elle s’y qualifie et remporte la médaille d’argent. Une première réussite en guise d’échauffement. Angela Madsen installe lors des trois années suivantes une domination sur la catégorie deux de couple, s’adjugeant systématiquement la médaille d’or.

Traverser les océans

En parallèle de cette carrière en aviron, Angela, toujours plus éprise de liberté, commence à s’intéresser aux évènements d’aviron en plein océan. Sa progression se fait distance par distance. Après avoir réussi plusieurs sorties de 20km, elle fait la rencontre de Tori Murden. Cette dernière est la première américaine à avoir traversé en aviron solo l’océan atlantique. Grandement inspirée par Murden, Angela Madsen se lance dans l’expérience de ce voyage transatlantique, à travers plusieurs tentatives. C’est en 2007, soit seulement cinq années après sa première médaille en aviron, qu’Angela devient la première personne atteinte de handicap à traverser l’océan atlantique en aviron de bout en bout.

Puis en 2009, au sein d’une équipe de huit personnes à bord du “Aud Eamus”, la première femme à traverser l’océan indien. On peut ajouter à ce déjà probant palmarès un tour de Grande-Bretagne à la rame, accompli aux côtés d’une équipe 100% féminine en 2010. La lutte pour la reconnaissance du sport féminin va caractériser ses apparitions médiatiques, comme son soutien à la communauté LGBT, en abordant ouvertement son homosexualité et en participant à de nombreux évènements. 

L’athlétisme

Si Angela Madsen participe bien aux Jeux Paralympiques de 2008 en aviron, ce n’est pourtant pas dans ce sport qu’elle va être médaillée, bien qu’elle finisse à seulement 0,7 secondes du bronze. Même si elle a déjà habitué à être une véritable touche-à-tout, Madsen surprend tout de même en prenant la route des stades. Elle participe à sa première course en 2011, se qualifiant pour les Jeux de 2012 à Londres en lancer de poids et de javelot. Si elle finit cinquième de sa catégorie au javelot, un lancer du poids à 8,88m lui permet d’obtenir le bronze, sa première médaille paralympique. Ses qualités de lanceuse de poids sont telles qu’elle établit un nouveau record du monde en 2016 avec 9m43.

Même après avoir touché à d’autres sports, Angela Madsen ne se détourne pas de l’aviron. Elle cherche à parcourir les différentes mers et autres océans du globe, lui permettant de détenir 14 records reconnus comme Guiness World Record, dont celui de la femme ayant parcouru le plus d’océans. Angela Madsen trouve la mort en 2020 alors qu’elle tentait d’effectuer, à 60 ans, la traversée entre Los Angeles et Hawaï. Un parcours de 4.000km en solo derrière la caméra de Soraya Simi, qui l’aurait vu devenir la première femme paraplégique à accomplir le parcours. La réalisatrice assure qu’Angela, consciente du risque qu’elle encourrait avec cette traversée hors norme, était “prête à mourir en faisant ce qu’elle aimait le plus”.

Traverser les océans

Elle est la rameuse ayant traverser le plus d’océan, avec un total de quatre sur sa carrière.

De nombreux records

Au cours de sa vie, Angela Madsen aura réalisé 14 records du monde dont certains tiennent toujours.

Le plus grand équipage

Elle a fait parti du plus grand équipage à traverser un océan avec seize personnes présentes.

En aviron

  • 3x Championne du monde du deux de couple
  • 1x Vice championne du Monde du skiff

En athlétisme

  • 1x Médaillée de bronze aux Jeux Paralympiques au poids
  • 1x Championne panaméricaine du javelot
  • 2x Vice championne panaméricaine du poids

Médiatique

  • Prix d’athlète d’excellence par la Fondation for Global Sport Development en reconnaissance pour son travail auprès des jeunes et de diverses communautés

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Angela Madsen – La Reine des Océans

Lisa Leslie – La reine du parquet

Lisa Leslie

Lisa Leslie - La reine du parquet

1972 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Star incontestable du basket américain, elle a marqué les esprits par ses exploits sportifs tant au niveau national qu’en internationale : il s’agit évidemment de Lisa Leslie !

Lisa Leslie naît en 1972 aux Etats-Unis, et plus précisément à Compton en Californie, ville qui a vu grandir de grandes star du basket, dont Dennis Johnson et Eddie Murray. Elle était donc comme prédestinée à en devenir une elle aussi. Élevée par sa mère seule, elle s’initie au basket en arrivant au collège. Encouragée par ses camarades à rejoindre l’équipe de son établissement. À la première séance, le coach demande de séparer les gauchères des droitières. Seule à gauche, elle décide d’entraîner sa main droite devenant ainsi ambidextre. Alors contrainte de jouer dans une équipe 

de garçons par manque de basketteuses dans son collège, elle prend confiance en ses capacités de jeu et progresse à une vitesse folle.

Une jeune joueuse d’exception

C’est véritablement au lycée que sa passion pour ce sport se développe. Lisa affirme d’ailleurs dans son autobiographie :

« J’avais l’impression d’appartenir à la salle de gym peut-être plus que n’importe où ailleurs ».

Son succès y est fulgurant ! Elle est la principale scoreuse de son équipe et les mène au championnat de l’État de Californie en 1989 avec une moyenne de 27 points par match. En plus du championnat universitaire, elle intègre l’équipe nationale américaine en catégorie U19 en tant que plus jeune membre. Elle est âgée de 17 ans. Mais cela n’est rien comparé à l’exploit qu’elle réalise en 1990. Son match face à South Torrance est resté ancré dans les annales du basket américain et pour cause : à seulement dix sept ans, Lisa Leslie parvient à marquer 101 points en seulement une mi-temps ! Avec un score de 102 à 24 au bout de vingt minutes, tous les paniers, à l’exception d’un, sont marqués par Lisa. Ce match phénoménal propulse sa carrière. Elle choisit d’intégrer l’université de Californie du Sud où elle brille durant quatre ans pendant lesquels elle joue près de 120 matchs avec une moyenne de 20 points. Elle en est récompensée par pas moins de trois titres de All-American et le prix Naismith College Player of the Year en 1994. Par la suite, Lisa intègre la WNBA avec les Sparks de Los Angeles.

La WNBA

Les débuts de l’équipe sont difficiles et elles peinent à remporter des titres. Mais ce n’est pas cela qui décourage Lisa et c’est avec persévérance qu’elle gagne la WNBA en 2001, victoire accompagnée par l’obtention du titre de Sportswoman of the Year de la Women’s Sports Foundation. L’année suivante est marquée par l’autre exploit qui fait une partie de la renommée de Lisa Leslie. En effet, elle parvient à dunker, et ceux avec une main, lors d’un match officiel de la WNBA : une première dans l’histoire du basket féminin ! Meme si l’équipe adverse remporte finalement le match, son geste n’en reste pas moins iconique et s’inscrit comme une source d’inspiration majeure pour de nombreuses basketteuses. Lisa est consciente de la portée de son geste et affirme dans une interview :

« Quelque part, cela désarme certaines critiques et les jeunes femmes qui ont grandi avec ça peuvent voir l’image et s’en inspirer. Ce fut un moment qui a fait tomber une barrière. »

Avec la sélection états-unienne

Au niveau international, la star du basket n’est pas en reste. Sa carrière avec l’équipe nationale est impressionnante puisqu’elle cumule quatre médailles d’or olympique, gagnées de 1994 à 2008, et deux titres consécutifs de championne du monde, 1998 et 2002.

Reconversion

Une fois sa retraite sportive prise, en 2009, elle ne quitte pas tout à fait le monde du sport, travaillant en tant que commentatrice sportive pour NBC et ABC par exemple. Elle s’illustre aussi dans le rôle de coach et est notamment nommée entraîneur de l’année 2019 pour son rôle dans les victoires des Chicago Triplets.

En-dehors de sa carrière sportive, Lisa Leslie est également égérie pour Armani, Tommy Hilfiger et Anne Klein, possède une licence de communication et une maîtrise en administration des affaires et joue quelques rôles en tant qu’actrice. En bref, elle a de quoi impressionner et inspirer les jeunes générations.

Une pionnière

En 2002, Lisa Leslie devient la première joueuse à dunker dans une ligue professionnelle.

Un record de trophée

Elle est co-détentrice du plus grand nombre de MVP obtenue en carrière en WNBA avec 3 titres.

Plus de 100 points en une mi-temps

Durant un match de lycée, la pivot a marqué 101 points en seulement 16 minutes. L’équipe adverse avait abandonné à la mi-temps. Ainsi, elle égalise le record de Cherryl Miller. 

En club

  • 2x Championne WNBA
  • 1x Eurocup

En sélection

  • 4x Championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Médaille d’or aux Goodwill Games
  • 1x Championne du Monde universitaire
  • 1x Jones Cup

Sportives

  • Hall of Fame du Basket-ball
  • Hall of Fame du basket féminin
  • Hall of Fame de la FIBA
  • Hall of Fame de la WNBA
  • Deux maillots retirés, le 9 au Los Angeles Sparks et le 33 à USC
  • WNBA 10th, 15th, 20th et 25th Anniversary Team
  • 1x MVP du championnat du Monde3x MVP de la WNBA
  • 2x MVP des finales WNBA
  • 3x MVP du All-Star Game de la WNBA
  • 2x DPOY de la WNBA
  • 8x All-star WNBA
  • 1x All-World Cup First-Team
  • 8x All-WNBA First-Team
  • 4x All-WNBA Second-Team
  • 2x WNBA All-Defensive First-Team
  • 2x WNBA All-Defenvise Second-Team
  • 1x Meilleure scoreuse de la WNBA
  • 2x Meilleure contreuse de la WNBA
  • 3x Meilleure rebondeuse de la WNBA
  • 3x Meilleure basketteuse etats-unienne de l’année
  • 4x All Pac-10
  • 1x Naismith College Player of the Year
  • 1x USBWA National Player of the Year
  • 1x WBCA Player of the Year

Médiatiques

  • 1x Naismith Prep Player of the Year
  • 1x Gatorade National Player of the Year
  • 1x Honda Sports Award
  • 1x Kodak All-American

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Angela Madsen – La Reine des Océans

Alana Nichols – Miss tout terrain

la sportive Alana Nichols

Alana Nichols - Miss tout terrain

1983 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Rares sont les athlètes et para-athlètes à réussir à performer dans plusieurs sportives différentes. Encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent à glaner des médailles aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Alana Nichols est de cette espèce, marquée par la résilience et une passion pour les sensations fortes.

Native de New Mexico, Alana Nichols grandit sans son père, assassiné alors qu’elle est seulement âgée de neuf mois. Elle est alors élevée par ses grands-parents. Les hivers, elle les passe dans le Colorado. C’est là-bas qu’elle découvre le snowboard et la joie procurée par les descentes de pistes à toute vitesse. En l’an 2000, Nichols se lance pour tenter de réussir son premier “backflip”, salto-arrière, en snow. Du haut de ses dix-sept ans, elle se dit qu’elle a toute la vie devant elle, et de très nombreux projets

 à accomplir, comme en softball, rêvant d’intégrer l’équipe nationale de ce sport qu’elle pratique au lycée. Ce salto arrière, elle l’avait préparé tout l’été, s’entraînant avec son snow sur un trampoline dans son jardin. Mais elle chute lourdement en ne contrôlant pas son saut, et son dos retombe avec fracas sur un rocher dissimulé sous la faible couche de neige. Alana Nichols se retrouve ainsi paralysée intégralement des membres inférieurs.

Le basket fauteuil

Pour relever la tête suite à son accident, Nichols décide de ne pas se détourner du sport, sa passion première. C’est ainsi qu’elle découvre le basket fauteuil, par hasard, en souhaitant prendre un raccourci passant par le gymnase de son lycée. Il ne lui faudra pas longtemps pour être initiée au haut niveau, et rejoindre l’équipe états-unienne. Le basket, elle l’avait déjà pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’il lui restait à faire était de comprendre comment y jouer maintenant que ses jambes étaient bloquées dans un fauteuil. Ce fut comme une seconde naissance sportive, un éveil à sa nouvelle personnalité. Non retenue pour Athènes en 2004, elle patiente et s’entraîne durement pour la paralympiade suivante. En 2008, à Pékin, Alana Nichols remporte la médaille d’or dans sa discipline, au sein de l’équipe des USA.

Direction les Jeux d’hiver

Une performance remarquable aux Jeux d’été, huit ans après son grave accident. Mais son environnement sportif privilégié reste la montagne enneigée. D’autant plus que depuis son accident, Alana Nichols ne cesse de penser à ce sport auquel elle veut se confronter à nouveau. Il lui a pris ses jambes, mais pas sa volonté, qui n’en a été que décuplée. Elle découvre alors le ski assis, qu’elle décide de maîtriser à la perfection en quittant l’Alabama pour le Colorado de son enfance. Grâce à un travail acharné, Alana Nichols décroche sa participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010, soit seulement deux années après le titre des Etats-Uniennes en basket fauteuil à Pékin. Et sur quatre épreuves, Nichols repart avec quatre médailles. D’abord en bronze sur le super-combiné. Puis en argent, sur le super-G. Et enfin deux en or, en descente et en slalom géant. Une performance plus que remarquable, qui place l’Etats-Unienne dans le cercle très restreint des athlètes ayant remporté des titres aux Jeux d’été et d’hiver. Une autre médaille s’ajoute à son palmarès en 2014 à Sotchi, en descente. Mais, on commence à le comprendre, pour Alana Nichols deux sports paralympiques, ce n’est pas assez.

Nouveau changement

Alors qu’elle se reposait à Hawaï suite aux Paralympiades de Londres (Basket, 2012) et Sotchi (Ski, 2014), Alana est introduite au para-kayak. C’est alors que naît dans sa tête l’objectif de devenir la première femme à concourir aux Jeux dans trois disciplines différentes. Sans véritable prédisposition ou connaissance accrue dans le domaine, Nichols s’entraîne avec acharnement, et finit par se qualifier pour les jeux de Rio 2016 en para-kayak. La septième place qu’elle obtient au final n’est qu’anecdotique : encore une fois, elle s’est donnée un objectif, et elle l’a atteint. En seulement deux ans, elle est passée de novice dans cette nouvelle discipline à athlète paralympique.

Sa mentalité

Toutes ces épreuves couronnées de succès n’ont pu l’être que par le mental à toute épreuve que s’est forgée Alana Nichols. Elle en parle en ces termes :

« Ne me dit pas que c’est impossible car je le ferais. »

Ambassadrice du surf

Au-delà de la performance physique, c’est le fait de définir des objectifs à atteindre qui l’animent. La fin de sa carrière professionnelle n’a pas signé la fin de sa pratique du sport. Nouvelle discipline : le surf adapté, qui devient sa nouvelle obsession. Elle se mue même en ambassadrice de cette discipline. Passion qu’elle conjugue avec son rôle de mère, un autre des objectifs qui lui tenaient à cœur d’accomplir, et ses activités d’avocate diplômée. Quand on lui pose des questions sur son accident, elle répond qu’elle a toujours aimé prendre des risques : 

« C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée dans mon fauteuil, mais cela m’a énormément servi en tant qu’athlète. »

Elle publie même sur Instagram un message :

« Merci pour ce corps paralysé, et toutes les façons dont-il peut bouger. »

Sa manière de prouver que rien n’est impossible, et d’inspirer les nouvelles générations.

Car Alana Nichols s’est également donnée pour mission d’informer sur le handicap, et de tout faire pour que les jeunes filles qui se retrouvent dans sa situation voient qu’il est possible de s’en sortir, et de pratiquer du sport comme n’importe qui. C’est ainsi qu’elle a collaboré avec la célèbre marque Barbie, qui a créé une poupée à son effigie, casque sur la tête et harnachée dans un ski assis. Alana Nichols est pareillement très présente auprès de la Women’s Sports Foundation Du haut de ses cinq titres paralympiques et de tout son travail sur l’acceptation du handicap, elle en devient même la présidente, étant investie dans ce rôle en janvier 2020. Aider les autres est ainsi devenu son nouvel et plus important objectif :

« Je veux qu’une jeune fille qui a perdu sa jambe dans un accident d’escalade voit qu’elle peut quand même retourner à la fac et obtenir son diplôme de master, mais aussi qu’elle peut participer aux Jeux paralympiques et remporter des médailles d’or. Croit en des objectifs plus grands que ce que tu espérais, et ne laisse pas l’ignorance de la société envers les personnes handicapées te définir. Rêve grand. »

Cinq paralympiades, trois sports

Alana Nichols est la première handisportive à participer aux Jeux Paralympiques dans un sport collectif, nautique et d’hiver.

Championne d’été et d’hiver

Elle est la première Etats-Unienne à remporter une médaille d’or aux Jeux Paralympiques d’hiver et d’été.

Une note parfaite

L’athlète est la première surfeuse de l’histoire à réaliser une note parfaite lors d’une compétition internationale. 

En skis

  • 2x Championne paralympique
  • 2x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du monde
  • 1x Championne des Etats-Unis

En basket-ball

  • 1x Championne paralympique
  • 2x Championne panaméricaine
  • 1x Championne NWBA

En kayak

  • 1x Podium en Coupe du monde

Sportive

  • 1x Athlète paralympique de l’année

Médiatique

  • 1x Sportive de l’année du Colorado

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