Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Teresa Perales – L’Espagnole la plus titrée

Ecrit par Simon Ménard

Le 31 août 2024, à l’occasion des épreuves de para-natation des Jeux paralympiques de Paris 2024, une Espagnole de 48 ans est sur le point de marquer l’histoire. En remportant la 28e médaille de sa carrière, Teresa Perales devient l’athlète espagnole la plus médaillée de l’histoire des Jeux. Revenons sur la carrière d’une femme engagée aussi bien pour le handisport qu’en politique.

La natation, jamais !

La jeune Maria Teresa Perales Fernandez, née à Saragosse, n’est pas vraiment passionnée par la natation. Ses parents ont essayé de l’y inscrire, mais ni elle, ni ses professeurs, n’étaient particulièrement emballés. C’est plutôt le karaté, à la suite d’un visionnage de la saga cinématographique Karaté Kid, qui la fait vibrer, l’amenant jusqu’à l’obtention de la ceinture marron-noire.

Le tournant

Mais le destin lui joue un tour en 1994 : à 19 ans, Teresa Perales apprend qu’elle est victime d’une neuropathie. La maladie lui fait perdre la mobilité de ses jambes. La période qui s’en suit est très compliquée pour la jeune femme, qui a du mal à supporter le regard des autres marqué par la pitié. Elle apprend au journal Marca qu’elle n’était sortie qu’à une occasion, la finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe jouée et remportée par l’équipe de football de sa ville, le Real Saragosse. Mais Teresa refuse de se laisser dicter sa vie par la maladie, et cherche un moyen de reprendre possession de ses moyens, de remettre la main sur le contrôle de son destin. En vacances avec sa famille, elle décide de les accompagner à la piscine, habillée d’un gilet de sauvetage. Le déclic est retentissant. La natation, sport pour lequel elle ne semblait jusqu’alors pas ressentir d’attirance particulière, peut être ce vecteur de liberté qu’elle recherche. À peine de retour à Saragosse, Teresa Perales s’inscrit dans un club local, le CAI Deporte Adaptado, où son potentiel saute rapidement aux yeux de ses entraîneurs. Elle se rend petit à petit compte qu’elle progresse, notamment en voyant que le chronomètre qui servait à calculer sa vitesse dans le bassin s’arrêtait de plus en plus tôt au fur et à mesure des entraînements sur les mêmes distances.

Multi-casquette

En parallèle d’une carrière de sportive naissante, Perales poursuit ses études de médecine dans l’objectif de devenir physiothérapeute. Diplômée en 1999, elle donne des cours en tant que professeure à l’Université de Saragosse pendant deux ans. Son énergie et surtout sa détermination hors norme lui permettent de ne se refuser aucune expérience de carrière en tant que sportive, physiothérapeute, et plus tard femme politique. Ses ambitions sont toujours grandes, et témoignent d’un caractère qui la pousse toujours à aller plus loin et à réaliser ce qui paraîtrait impossible au premier abord. En témoignent les mois d’entraînement qu’elle s’est infligée afin d’être capable, le jour de son mariage, de marcher au bras de son frère pour rejoindre son mari à l’église, alors qu’elle n’était pas sensée pouvoir remarcher un jour.

Une immense carrière

En ce qui concerne la sportive, Teresa Perales n’aurait jamais pu imaginer au moment de son diagnostic, à 19 ans, qu’elle serait capable de marquer l’histoire des Jeux, la plus prestigieuse des compétitions internationales. Entre Sydney 2000 et Paris 2024, Teresa Perales remporte 28 médailles paralympiques. Dès 2012, elle devient l’athlète paralympique espagnole la plus médaillée de l’histoire, sous les yeux de son fils Mariano, né deux ans et demi auparavant. Elle termine ces jeux avec l’or sur le 100m nage libre, sa 22e médaille, et sa sixième opportunité de chanter l’hymne espagnol devant le monde entier. Elle montera à nouveau sur la plus haute marche du podium à l’occasion du 50m nage libre à Rio, avant de remporter l’argent sur le 50m dos à Tokyo, et finalement le bronze sur le 100m dos à Paris en 2024. Sa 28e médaille paralympique, cerise sur le gâteau d’une merveilleuse histoire d’amour avec les Jeux.

Son parcours ne passe pas inaperçu, notamment chez elle en Espagne où elle participe à mettre sur le devant de la scène le sport paralympique. Teresa Perales reçoit notamment le prestigieux Prix Princesse des Asturies, équivalent ibérique du titre de Chevalier des Arts et des Lettres, et les éloges du roi d’Espagne Felipe VI qui salue son courage et sa persévérance.

Une athlète engagée

Comme si le sport et son métier ne remplissaient pas déjà assez ses journées, Teresa Perales s’est lancée en politique en 2003 au sein du Parti aragonais, siégeant jusqu’en 2006 au parlement de la région d’Aragon. Candidate et tête de liste aux élections générales espagnoles de 2008, elle n’obtient pas de sièges, mais ne s’arrête pas pour autant. Elle devient notamment conseillère au développement et au sport pour Saragosse, sa ville.
L’histoire de Teresa Perales, c’est celle d’une femme qui n’a jamais voulu renoncer face à l’adversité. Elle explique son rapport au sport :

“Pour moi, le sport est un incomparable vecteur de valeurs. Dès mon plus jeune âge, j’ai pratiqué le karaté, l’équitation… un peu de tout, sans jamais faire de compétition. Cela m’a endurci et m’a permis de comprendre la différence fondamentale entre perdre et cesser de gagner. Perdre, c’est abandonner ou ne pas oser essayer, tandis que cesser de gagner, c’est simplement ne pas obtenir (momentanément) ce que l’on désire. Mais le sport m’a aussi appris à oser gagner et à me battre chaque jour pour m’améliorer. Ne jamais me contenter de peu et toujours viser l’excellence dans tout ce que j’entreprends. D’une certaine manière, le sport m’a appris à vivre pleinement ma vie.”

Et ce n’est pas son palmarès paralympique, si ses nombreuses carrières menées en parallèle de la natation, qui viendront la contredire.


Palmarès

28x médaillées olympiques (7 or, 10 argent, 11 bronze)
20x médaillée mondiale (3 or, 10 argent, 7 bronze)
37x médaillée européenne (10 or, 19 argent, 8 bronze)

Nantenin Keïta

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"1984

Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement engagée. Découvrez son histoire.

Née en 1984 au Mali, les médecins détectent à sa naissance son albinisme, une maladie héréditaire qui touche aussi son père Seifa, un célèbre musicien malien. Son albinisme ne se résume pas une peau et des yeux plus claire. Comme beaucoup personne atteinte de cette maladie, Nantenin Keïta est également malvoyant. Pour elle, il est impossible de lire à un panneau de rue même en étant en-dessous de celui-ci.

Un fort caractère

En 1987, sa famille s’installe à Montreuil pour le boulot de son père. A la maison, tout se passe à merveille, mais à l’école tout est différent. A la maternelle, Nantenin raconte qu’elle subit des moqueries et qu’aucun de ses camarades ne veut jouer avec elle. Ne comprenant pas cette situation, l’enfant en parle à son père. Celui-ci lui donne un précieux conseil, explique sa différence. Le lendemain, elle les suit et ses camarades sont intrigués :

« J’éveille la curiosité de mes camarades qui me posent des questions sur le sujet. Cela a démystifié cet aspect-là de moi. »

La découverte du sport

Le sport, Nantenin Keïta le découvre à l’école. Elle pratique d’abord le handball, où son entraîneuse la fait jouer gardienne. Evidemment, elle n’apprécie pas l’expérience. Loin de se laisser à abattre, la Franco-Malienne s’essaye au basket-ball, mais avec son handicap, la pratique est bien trop compliquée pour elle.

Puis arrivée le collège spécialisé. Là-bas, Nantenin fait la rencontre d’un professeur de sport unique en son genre. En effet, dès la sixième, il n’hésite pas une seconde à inscrite toute sa classe à une compétition d’athlétisme handisport. Cette expérience la convint de pratiquer ce sport. Au début, elle ne le prend pas réellement au sérieux. Elle est certes appliquée à l’entraînement hebdomadaire, mais ne pousse pas plus loin.

Repérée par la fédération

A 15 ans, Nantenin Keïta participe à une compétition comme à son habitude. Mais cette fois-ci, un membre de la fédération handisport. Ce dernier lui propose alors de l’accompagner avec une équipe spécialisée et l’adolescente accepte la proposition.

Toujours aussi sérieuse, elle voit cette époque le sport comme un échappatoire du quotidien. Elle ne fixe aucun objectif à part prendre du plaisir. Pourtant sa progression l’amène au plus haut niveau national. A 18 ans, elle se qualifie pour les Mondiaux, une compétition qui allait la transformer.

Lors de championnat du monde, la sélection l’aligne sur le 100m, le 200m et le 400m, les disciplines où elle peut véritablement performer. La jeune athlète le prouve tout de suite. Elle se qualifie trois fois en finale et remporte surtout l’argent sur le 400m ! Ses résultats sont un véritable déclic. Elle le confie à Oyaba 360 :

« Malgré une médaille d’argent sur le 400 mètres, je veux briller sur la discipline reine et je comprends rapidement pourquoi je dois m’entraîner. »

A la quête du titre paralympique

Après cette compétition, Nantenin Keïta change de club pour passer d’un à trois entraînements par semaine en plus de sa séance d’UNSS le mercredi. Ce changement va la faire progresser très rapidement. En 2006, pour ses deuxièmes Mondiaux, elle repart avec trois médailles dont deux titres (sur le 200m et le 400m).

Qualifiée aux Jeux Paralympiques, la Française n’a qu’un objectif, l’or ! A deux reprises, l’athlète la frôle. D’abord, elle termine troisième du 400m puis deuxième sur le 200m. Lors de ses Jeux, Nantenin remarque que les athlètes sont de mieux en mieux entraînées et pour certaines sont soutenus par des sponsors :

« Lors des Jeux de Pékin, je trouve que la compétition n’est plus la même que lors des championnats du monde deux ans plus tôt. Il y a de plus en plus de para-athlètes, le milieu se professionnalise. »

Malheureusement, en France, la fédération a peu de soutien financier et trouver des sponsors en tant qu’athlète est (et reste) extrêmement compliqué, surtout quand votre discipline n’est pas médiatisée. Par chance, Nantenin Keïta est soutenue par son employeur qui lui laisse gérer sa vie professionnelle autour de sa pratique du sport. Elle est véritablement épanouie. Cela va se refléter dans ses résultats, montant de plus en plus régulièrement sur les podiums internationaux.

2016 signe son année de consécration. Cette année-là, la Française est qualifiée aux Jeux Paralympiques. Sur le 400m, elle se présente comme championne du Monde en titre et double championne d’Europe de la discipline. Autant dire, elle parmi les favorites au titre. Ce statut l’athlète l’embrasse en gagnant l’épreuve, un rêve qui se réalise pour elle ! Pour une fois, les Jeux sont diffusés en direct à la télé pouvant savourer sa victoire avec les téléspectateurs français. Elle le dit aujourd’hui, cette victoire est de loin son meilleur souvenir sportif :

« La médaille d’or arrive à Rio parce que je suis dans ce système depuis trois ans, dans lequel je me sens sereine et que je peux m’entraîner sans douleur. C’est un peu comme la cerise sur le gâteau, mais il y a tout le gâteau avant, qui est particulièrement succulent. Et c’est ça le sport ! »

La persévérance

Après cette victoire, Nantenin Keïta vit des moments compliqués. Régulièrement blessée, elle n’arrive plus à performer comme elle souhaite. Son niveau ne décline pas pour autant, mes adversaires, elles progressent et se professionnalisent. Pour autant, la Française se qualifie pour les Jeux suivants, motivée à défendre son titre. Malheureusement, elle se blesse de nouveau durant la compétition.

Nantenin Keïta ne compte pas s’arrêter ici. Elle vise les Jeux de Paris 2024 et un adieu devant ses supporters. Ces Paralympiques vont tout simplement être magique pour elle, en étant porteuse de la flemme olympique, une des dernières relayeuses de la flamme paralympique et surtout porte-drapeau de la délégation. De ces Jeux, elle repart certes sans médaille, une petite déception pour elle, mais avec des souvenirs jamais à graver dans son esprit.

Une femme engagée

En parallèle de la piste, Nantenin Keïta est une femme extrêmement engagée. En effet, en 2005, la fonde son association avec son père. Avec la Fondation Salif Keïta, elle avait et a toujours la vocation d’offrir un meilleur accès à l’éducation et à la santé aux personnes albinos au Mali. Par exemple, cette structure offre des kits de protection du soleil, composés de crème solaire et de lunettes de soleil, essentiel pour le bien-être des personnes albinos.

Nantenin est une athlète qui aura marqué son temps par ses médailles, son engagement et sa personnalité. Comme elle le dit :

« J’espère que mon histoire peut donner envie et confiance à d’autres. Que certains jeunes se disent : “si elle y est arrivée, j’en suis capable.” »

En athlétisme

  •  1x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice-championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Bronze aux championnats d’Europe sur le relais
  • 3x Championne d’Europe

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • Officière de l’ordre national du Mérite 

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Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ? Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle...

Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

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Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ?

Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle grandit au sein d’une famille de sportifs, attachés à la nature alpine. Son environnement la plonge dès son plus jeune âge dans le monde du biathlon : elle manie le fusil à partir de ses sept ans ! Dans le même temps, elle pratique le ski alpin. Son père l’initie à l’escalade en haute montagne et lui apprend les bases des connaissances alpines. Elle

ne met que deux petites années avant de se lancer définitivement dans le sport qui fera d’elle une championne olympique : le biathlon. Elle remporte ses premiers titres internationaux à 18 ans, lors du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne de Liberec (une compétition qui vise à célébrer les meilleurs athlètes européens âgés de 14 à 18 ans). Laura Dahlmeier y excelle sur le 10km individuel, 6km sprint et au relais mixte. Sa carrière est lancée ! Deux ans plus tard, elle décroche trois médailles d’or aux Championnats du monde juniors, ce qui lui vaut d’être sélectionnée dans l’équipe allemande pour les Jeux olympiques de 2014. Si elle termine 13eme, elle décrit quand même cette expérience comme « brillante ».

Son ascension

Laura Dahlmeier va petit à petit s’imposer dans toutes les disciplines du biathlon, remportant sa première victoire en coupe du monde en 2015 sur l’épreuve du sprint puis enchaîne avec quatre victoires en poursuite sur la saison 2015-2016.

Sa domination

On peut affirmer sans hésiter que la saison 2016-2017 est SA saison. Elle domine le classement général de la Coupe du monde IBU avec pas moins de deux victoires en sprint, quatre en poursuite, trois dans l’épreuve individuelle et une en départ groupé. Il faut ajouter à cela les épreuves de relais, pour lesquelles elle est toujours placée en position de finisseuse ce qui permet à l’Allemagne de rester invaincue. Une fois sur sa lancée, on ne l’arrête plus. Laura Dahlmeier parvient à réaliser un sans-faute au tir lors des épreuves pré-olympiques de Pyeongchang en 2017, ce qui la place en grande favorite pour les Jeux de 2018.

 

Son exploit le plus marquant n’est cependant pas encore réalisé. C’est en 2018, à l’occasion des Jeux de PyeongChang qu’elle rentre définitivement dans l’histoire. En effet, pour ses deuxièmes Jeux, elle devient la première femme à remporter le sprint et la poursuite lors d’une même édition. Comme si cela n’était pas suffisant, elle décroche aussi la médaille de bronze sur le 15km en individuel !

Nouvelle prodige

Elle se fait maintenant appeler la successeure de Magdalena Neuner, en référence à la biathlète allemande. La ressemblance entre les deux athlètes qui a inspiré le surnom vient du fait que, en plus d’être toutes les deux des championnes de biathlon au niveau international, elles partagent la même passion pour le trekking et l’escalade en montagne. En effet, de 2014 à 2019, Laura Dahlmeier entreprend régulièrement des expéditions en montagne : elle a entre autres grimpé en Iran, au Pérou ou encore en Allemagne. Ces expéditions ne sont pas sans risques et lui valent parfois de repartir avec des blessures, comme en 2014 où elle a subi une déchirure des ligaments.

Son palmarès

En tout, Laura Dahlmeier cumule pas moins de sept titres de championne du monde, huits classements sur le podium en coupe du monde, dont une première place en classement général, et deux titres olympique !

Une athlète engagée

En parallèle des compétitions, elle obtient un diplôme de guide de haute montagne et poursuit ses études à l’université technique de Munich. Engagée pour la défense de l’environnement, Laura Dahlmeier publie en 2019 un livre pour enfants dédié à la protection de la nature.

Sa passion pour l’alpinisme

C’est à seulement 25 ans que la championne olympique décide de prendre sa retraite, sa passion pour le biathlon ayant faibli. Elle se réoriente vers l’alpinisme et participe notamment aux championnats du monde de course en montagne longue distance. L’aventure en montagne a longtemps été une passion pour Laura Dahlmeier, sa partenaire de cordée a notamment mentionné son souhait de faire de l’escalade et de l’alpinisme depuis longtemps. Alors qu’elle participait encore aux compétitions, elle faisait déjà beaucoup d’escalade et elle nourrissait le projet de grimper au Pakistan avec l’une de ses coéquipières. Comme pour le biathlon, elle laisse sa trace dans ce sport, établissant des records, comme celui de 2024. Cette année-là, elle parvient à gravir l’Ama Dablam, une montagne de l’Himmalaya en 12h et 1mins, temps record pour une femme. En juillet 2025, elle se lance dans l’ascension des montagnes du Karakorum au Pakistan. Victime d’une chute de pierres et les conditions météorologiques ne permettant pas de sauvetage, elle perd la vie à l’âge de 31 ans. Les hommages rendus à Laura Dahlmeier de la part de la communauté sportive, notamment la présidente du CIO Kirtsy Covenrty et Marie Dorin-Habert, montrent son impact dans ce sport.

Dominer les mondiaux

En 2017, elle devient la première biathlète à remporter cinq titres aux Mondiaux sur une même éditions

Le premier doublé

En 2018, l’Allemande devient la première biathlète à gagner deux titres olympiques en individuel aux Jeux Olympiques

Une ascension record

Laura Dalhmeier détient encore aujourd’hui le record de l’ascension de l’Ama Dablam

En biathlon

  • 2x Championne olympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 7x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du  Monde
  • 5x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Gros globe de cristal
  • 2x Petit globe de cristal
  • 3x Championne du Monde junior
  • 1x Vice championne du monde junior
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux juniors
  • 3x Championne d’Europe junior

Sportives 

  • 1x Athlète de l’année
  • 1x Athlète junior de l’année
  • 1x Meilleur jeune biathlète de l’année par l’IBU
  • 1x Prix du sport de Bavière en tant que jeune athlète

Médiatiques

  • Ordre du mérite de Bavière
  • Citoyenne d’honneur de Garmisch-Partenkirchen
  • Feuille de laurier d’argent
  • Médaille européenne du gouvernement de l’État bavarois
  • 1x Prix Pegasos en tant que «Légende du sport» au Bal de la presse sportive allemande
  • 1x Escarnet WinterStar de la télévision bavaroise dans la catégorie Perspektive
  • 3x Prix du sport de Bavière dans la catégorie «Ambassadeurs du sport bavarois»

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Ecrit par Simon Ménard Le 31 août 2024, à l’occasion des épreuves de para-natation des Jeux paralympiques de Paris 2024, une Espagnole de 48 ans est sur le point de marquer l’histoire. En remportant la 28e médaille de sa carrière, Teresa Perales devient l'athlète...

Nantenin Keïta

Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement...

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Michèle Mouton

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“Dans la vie, tu dois toujours être ouverte à de nouvelles choses. Cela signifie que pour moi tout est possible, il n’y a pas de limites”.

Cette phrase prononcée par Michèle Mouton dans le cadre du documentaire Queen of Speed sur sa carrière résume très bien la mentalité de la championne française. Elle ne considère rien comme impossible, même s’imposer dans un sport sur-dominé par les hommes.

L’AMOUR DE LA VITESSE ET LES DÉBUTS EN COMPÉTITION

Sa première expérience au volant d’une voiture, Michèle Mouton la connait chez elle, à Grasse, dans le sud de la France, alors qu’elle rentre discrètement dans le véhicule de son 

dans le véhicule de son père. Alerté par le bruit du moteur qui démarre, son père pour empêcher l’enfant de faire une bêtise. Pleine d’énergie, Michèle grandit, obtient son permis, et commence à tester les possibilités de vitesse que lui offre la voiture. Cette vitesse, Michèle l’adore, comme ce sentiment de danger qui en découle, trouvant de la beauté dans le fait qu’une simple erreur puisse avoir de graves conséquences. Si bien que lorsqu’un ami lui propose d’être copilote à ses côtés lors d’une course à Monte Carlo, elle ne met pas beaucoup de temps avant d’accepter.

“Pour moi, une voiture était le moyen d’être libre et de faire ce que je voulais” dit-elle.

À 22 ans, elle découvre donc la course automobile en compétition. En voyant les performances de Michèle, son père, lui aussi passionné d’automobile, décide de lui acheter une voiture. Il lui demande juste de promettre que si cela ne marche pas, alors elle arrêtera.

Très vite, Michèle Mouton se passionne de la compétition. Et ce malgré le fait que le monde automobile soit gouverné par les hommes, des pilotes aux copilotes en passant par les techniciens et les organisateurs. Si les femmes n’y sont pas interdites, jamais une pilote féminine n’a réussi à s’imposer. D’autant plus qu’aucun homme, du propre aveu des coureurs de l’époque, ne souhaite être le premier à perdre contre une femme. Sauf que quand elle joue, Michèle Mouton n’a qu’un seul objectif : gagner. Et le sport automobile, avec la voile et l’équitation, est un des rares sports où hommes et femmes peuvent prendre place sur la ligne de départ en situation de chances équitables. Petit à petit, elle prend de l’expérience dans des rallyes mineurs. Elle participe pour la première fois à une manche de la coupe du monde de rallye en Corse, en 1975. Obligée de mixer du café et du coca pour affronter la fatigue, elle réussit à terminer à la 7e place. Un score plus qu’honorable pour une pilote n’ayant commencé à prendre part aux grandes courses de rallye que l’année précédente. Une performance tellement incroyable que les hommes ayant terminé derrière elle la traite de menteuse, et portent plainte devant la FIA, la fédération international. Une enquête est ouverte, sa voiture est fouillée de fond en comble, et le verdict tombe : son véhicule est parfaitement conforme. Michèle Mouton n’est pas une tricheuse, mais une athlète très précoce et dotée de qualités folles.

Les sponsors, à l’instar de Elf, commencent à s’intéresser à elle, et ce ne sont pas les seuls. Des constructeurs commencent à imaginer Michèle Mouton monter dans leur voiture. FIAT est le premier à lui proposer un bon contrat en 1978, mais la voiture est très difficile à conduire. Michèle Mouton est à la peine, mais cette expérience va lui permettre d’apprendre à faire ce qu’elle recherche le plus : aller plus vite. Dans le même temps, la Française commence à se voir comme une professionnelle. Alors qu’elle aimait fumer, boire et faire la fête, elle décide dans le but de s’améliorer d’arrêter la cigarette et la boisson, à l’exception du champagne, symbole des victoires.

PILOTE AUDI QUATTRO ET LES CHAMPIONNATS DU MONDE DE RALLYE

Alors qu’elle commence à trouver son rythme, Michèle reçoit un appel téléphonique inattendu. Audi n’est alors pas la marque de voiture la plus populaire, et encore moins en France. Mais le constructeur allemand a senti le filon que représente le rallye, et décide d’y investir. Audi présente à Michèle leur projet, qui tourne autour d’un modèle révolutionnaire à quatre roues motrices : la Audi Quattro. Comme tête d’affiche, le constructeur a déjà réussi à convaincre Hannu Mikkola, considéré comme un des meilleurs pilotes de rallye au monde. Mais posséder une écurie féminine pourrait également améliorer leur image de marque. Tout en sachant cela, Michèle Mouton n’hésite pas longtemps avant de répondre un grand oui. Rejoindre Audi, c’est s’assurer une place en championnat du monde de rallye. Pour créer une équipe 100% féminine, il manque une copilote. Michèle jette son dévolu sur l’italienne Fabrizia Pons, et les premiers tests de début de saison 1981 lui donne raison.

Les championnats du monde de rallye 1981 sont composées de 12 manches, découpées elles-mêmes en plusieurs étapes se déroulant sur plusieurs jours. Cette première saison chez Audi est censé permettre à Michèle de découvrir sa nouvelle voiture, ce qu’elle adore. Pour elle, réussir à gagner de la vitesse avec ce genre de véhicule, c’est comme dompté un animal sauvage. Un fauve qui va prouver sa puissance à San Remo. Michèle et Fabrizia sont bien parties, et opposées à Ari Vatanen, qui a affirmé au média que s’il perdait contre des femmes il arrêterait sa carrière. Avant la dernière des trois étapes de cette manche, Michèle n’arrive pas à dormir. Pour la première fois, elle a toutes les cartes en main pour s’offrir une première victoire sur le circuit international. Tout ce qu’elle a à faire, c’est maintenir son avance de 30 secondes sur Vatanen. Cette opportunité, Michèle Mouton ne va pas la laisser s’échapper. Michèle et Fabrizia exultent sur la ligne d’arrivée : elles sont les premières femmes à remporter une étape des championnats du monde. Rapidement, elle devient la coqueluche des médias, encouragée par Audi à participer à toutes les interviews pour vendre le plus de voitures possibles. Mais elle n’est pas fan de toute cette attention médiatique.

Ce qui est loin de la perturber à l’aube de la saison suivante. Malgré un accident dès la première journée à Monte Carlo, Michèle Mouton se lance bien dans les championnats du monde de rallye 1982. Son principal rival s’incarne en la personne de Walter Röhrl, le favori de la compétition. Arrive le rallye du Portugal. C’est une épreuve très spéciale, car sur la première étape le public est très proche des voitures. Trop proche même, obligeant les pilotes à multiplier les prouesses pour ne blesser personne. Une erreur d’inattention peut coûter des dizaines de vies. Michèle Mouton s’en sort très bien, et mène la course du début à la fin. Fabrizia et elle remportent leur deuxième manche sur le circuit. Cela leur permet surtout de talonner au classement général Röhrl. La menace que représente la Française pour l’Allemand se concrétise au rallye de l’Acropole, à Athènes. Röhrl essai de la déstabiliser devant les médias en disant que même un singe irait plus vite avec son Audi Quattro. Loin d’être décontenancée, Michèle Mouton remporte sa deuxième manche de la saison. Cinq mois plus tard, c’est le rallye du Brésil qu’elle remporte haut la main. Avec ces trois victoires, Michèle et Fabrizia se sont offertes le droit de penser au titre suprême au moment de prendre le départ du Bandama, le rallye de Côte d’Ivoire.

Mais ce rêve est mis à l’épreuve par une déflagration. Le matin même de la course, Michèle Mouton apprend le décès de son père. Dévastée, elle pense quitter la compétition, avant que sa mère ne lui demande de continuer, en hommage à son père. À part Fabrizia, personne de son équipe est au courant du drame qu’elle a subi. Elle fait tout pour se mobiliser, se savant à une victoire d’un exploit monumental. Elle mène même la course pendant une grande partie de l’épreuve, accumulant une heure d’avance sur Röhrl. Mais le sort s’abat sur elle. Alors que sa voiture rencontre un problème technique, les mécaniciens se trompent dans leur réparation, faisant perdre à l’écurie féminine un temps plus que précieux. Röhrl commence à revenir. Plus que jamais en danger au classement général, Michèle tente le tout pour le tout et accélère autant qu’elle le peut. Mais avec toute cette vitesse, une petite erreur peut se transformer en drame. La voiture se renverse, Michèle et Fabrizia sont seines et sauves, mais la victoire leur échappe définitivement. La même journée, Röhrl est sacré champion du monde de rallye 1982. Il n’en reste que Michèle Mouton est la première femme à finir à la deuxième place du classement général du championnat du monde de rallye.

LE PLUS BEAU PALMARÈS DU SPORT AUTOMOBILE FÉMININ INTERNATIONAL

La saison suivante, Michèle Mouton est moins performante. Il faut dire que renouveler son exploit monumental aurait été de l’ordre de l’irréel. Mikkola, l’autre pilote Audi, est sacré champion du monde. Pour assoir son hégémonie, Audi décide de confier une Quattro a un autre champion : Walter Röhrl. Michèle Mouton ne se sent plus réellement soutenue, n’étant pas retenue pour le rallye de Monte Carlo pour la première fois de sa carrière.

Michèle ne baisse pas pour autant les bras. C’est aux États-Unis qu’elle va étoffer son palmarès, en remportant à deux occasions, en 1984 et 1985, le mythique Pikes Peak. Une course très spéciale, marquée par le machisme de ses supporters. Déjà qu’ils n’ont pas vu beaucoup d’Européens sur leur circuit, les Américains sont encore plus sidérés qu’une femme ose essayer de remporter le titre. Mais Michèle est au-dessus. Elle est toujours la seule femme à avoir remporté la Pikes Peak, comme elle reste la seule femme à avoir remporté une étape de championnat du monde de rallye.

UNE FEMME TOUJOURS INVESTIE DANS SON SPORT APRÈS LA RETRAITE

Michèle Mouton quitte Audi en 1985, et prend sa retraite l’année suivante pour se consacrer à sa vie personnelle. Pour autant, elle ne met pas fin à sa volonté de promouvoir le rallye et le sport automobile auprès des femmes.

“Quelque part dans mon esprit, j’aimerais voir une autre femme réussir en rallye comme je l’ai fait”.

Pour continuer à inspirer des générations de jeunes femmes fans de sports motorisées, Michèle Mouton est devenue présidente de la commission féminine de la FIA. Elle est entrée au Rally Hall of Fame et a été faite chevalière de la Légion d’honneur. C’est toujours, plus de 30 ans plus tard, la femme la plus victorieuse en sport automobile. Elle travaille encore en tant que chargée de la sécurité sur les étapes de rallye sur le circuit international.
Aujourd’hui, Michèle Mouton ne nourrit aucun regret, et est très heureuse de la vie qu’elle a. Elle cite elle-même Oscar Wilde :

“Il faut toujours viser la lune, parce que même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles”.

Une pionnière

Michèle est la toute première femme à remporter une manche de championnat du monde de rallye et à monter sur le podium.

Pikes Peak

Elle est la première et seule pilote féminine à remporter cette course mythique.

En rallye

  • 1x Vice-championne du monde
  • 4x Victoire en championnat du monde
  • 2x Championne d’Europe féminine
  • 1x Vice-championne d’Europe
  • 4x Victoire en championnat d’Europe
  • 2x Coupe d’Europe féminine des rallyes
  • 2x Championne de France
  • 3x Championne de France féminine
  • 2x Vice-championne de France
  • 2x Victoire en championnat de France
  • 1x Championnat d’Allemagne
  • 6x Victoire en championnat d’Allemagne
  • 2x Pikes Peak
  • 4x Rallye Monte-Carlo
  • 1x Victoire aux 24h du Mans en catégorie 1 601 à 2 000 cm3
  • 1x Trophée Andros féminin
  • 4x Tour de France automobile
  • 1x RAC Rally 

Sportives

  • Rally Hall of Fame
  • Pikes Peak Hall of Fame
  • 1x Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports
  • 1x Prix Roland Peugeot de l’Académie des sports

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • 1x Autosport’s International Rally Driver Annual Award 
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Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Anne Wafula

Anne Wafula - Le fauteuil de la liberté

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Un fauteuil lui a ouvert les portes du monde, alors elle essaie de le changer.

Anne Wafula était encore une dynamique petite fille de deux ans du village de Mihuu au Kenya lorsqu’une étrange maladie se développe chez elle, l’empêchant petit à petit d’utiliser ses bras, puis ses jambes. Ce n’est qu’après avoir quitté son village avec sa famille pour rejoindre la capitale, Nairobi, que la famille Wafula apprend ce qui est arrivé à la petite Anne : la polio.

La réeducation

Prise en charge, elle retrouve le fonctionnement de ses bras, mais que partiellement 

de ses jambes, qui l’obligent à se déplacer constamment avec des béquilles et des attelles pour les jambes. Brimée par les camarades de son âge pour son handicap, ses parents l’inscrivent dans une école pour enfants atteints de handicap, ce qui lui permet de reprendre ses études en confiance. Malheureusement, une bonne nouvelle comporte son lot d’embûches dans sa vie. Anne perd sa mère quelques années après avoir commencé son cursus. Affectée, Anne Wafula réussit néanmoins à continuer l’école, jusqu’à devenir la première de sa famille à être diplômée de l’université.

Sa découverte du sport

Jusqu’ici, le sport n’est pas intervenu dans sa vie. Il va encore falloir quelques péripéties, qui commencent lorsqu’elle rencontre un jeune britannique du nom de Norman Strike. Ils se plaisent mutuellement, si bien qu’Anne Wafula le rejoint chez lui, en Angleterre. Ils se marient, et c’est alors qu’elle a donné naissance à son fils qu’elle essaie son premier fauteuil roulant. Malgré les contraintes inhérentes à ce moyen de locomotion, c’est une nouvelle liberté qui s’offre à elle. Elle commence à aller à la salle de sport, puis découvre la course en fauteuil grâce à son prof de sport. Une expérience qui va très rapidement se transformer en nouvelle passion.

Sa carrière sportive

Entraînement après entraînement, Anne Wafula Strike s’améliore, si bien qu’elle est appelée par l’équipe nationale kényane pour participer aux Jeux paralympiques de 2004, devenant alors la première ressortissante d’Afrique sub-saharienne à concourir dans une course paralympique en fauteuil. À partir de 2006, c’est sous les couleurs de son pays d’adoption qu’elle concourt, profitant ainsi des équipes d’entraînements britanniques. La néo-internationale britannique arrive alors aux Jeux paralympiques Visa de 2007 et remporte la médaille de bronze du 400m, course dans laquelle elle était mal engagée sur la fin, à bout de force, mais ayant quand même réussi à se mobiliser pour décrocher la plus belle récompense de sa carrière. Elle a également détenu pendant un moment les records de Grande-Bretagne du 100m et du 200m.

Son militantisme

Anne Wafula Strike va pleinement utiliser la plateforme médiatique durement gagnée pour mettre en avant les combats qui lui tiennent à cœur. Si elle peut motiver les jeunes filles à se battre pour leurs objectifs, alors elle va se donner à fond pour les accompagner. Son secret, qu’elle a érigé comme un mantra : “ne jamais renoncer”. Elle participe à de nombreuses courses de charité pour récolter de l’argent pour des associations luttant aux côtés des droits des athlètes atteints de handicaps. Elle a donné naissance à une fondation pour offrir des fauteuils roulants aux jeunes enfants africains, se rappelant qu’elle-même avait dû attendre d’arriver en Angleterre pour obtenir le sien, ainsi qu’à la Olympia-Wafula Foundation, qui travaille avec de nombreux pays du Commonwealth.

Son militantisme a également pu être observé à un niveau institutionnel, rejoignant en 2015 UK Athletics pour les questions d’accessibilité au sport, en charge des campagnes pour l’inclusion et la diversité à partir des Jeux de Rio. Elle explique :

“J’ai vu la douleur dans les yeux de jeunes filles dont les ambitions ont été anéanties simplement parce qu’elles sont des filles ; j’ai vécu les difficultés auxquelles les Noirs sont confrontés pour être reconnus comme égaux, même en 2020″

c’est pourquoi elle veut faire changer les choses.

Les changements qu’elle inaugure dépassent même le secteur du sport professionnel, que ce soit dans l’industrie ou dans la vie de tous les jours. Pour son engagement sans faille, Anne Wafula Strike a été décorée membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre.

Terminons par ses propres mots :

“Ability is what you are capable of doing. Motivation determines what you do. Attitude determines how you do it ».

Une première pour le Kenya

En 2004, elle devient la première la sub-saharienne, et donc kényane à participer aux Jeux Paralympiques.

En athlétisme

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques Visa

Médiatique

  • Membre de l’Empire britannique​

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Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Alicia Alonso

Alicia Alonso - La Révolutionnaire de l'Opéra

1920 à 2019 - écrit par Sarah Chesneau

Si vous vous intéressez au ballet, vous en avez probablement déjà entendu parler. Elle incarne la sensualité même et a su imposer son style dans le monde rigide de la danse classique : laissez-moi vous présenter l’histoire d’Alicia Alonso !

Alicia Alonso naît en 1920 à la Havane à Cuba. Dès son plus jeune âge, elle semble être destinée à la danse, trottinant sur la pointe des pieds lorsqu’elle est chez elle, bougeant au rythme des musiques classiques que diffusait sa mère dans le salon. Son inscription à la société musicale de la Havane à l’âge de neuf ans est donc une évidence pour elle. C’est ainsi qu’elle commence le ballet et ses débuts sont remplis de succès. En effet, deux ans après son inscription, alors qu’Alicia n’a que onze ans, 

elle interprète la valse de la Beautiful of the forest sur la scène de l’ancien auditorium de la Havane.

Direction les Etats-Unis

Elle poursuit son étude du ballet à Pro-Art Musical Society dans la capitale cubaine puis s’envole pour les Etats-Unis, ne pouvant résister à l’appel de « l’american dream ». C’est à New York qu’elle atterrit : elle a alors quinze ans. Poursuivant son rêve, elle est prise à l’American Ballet Caravan et travaille avec acharnement. La même année, elle rencontre Fernando Alonso, avec qui elle se marie. Aux Etats-Unis, Alicia connaît le succès : à partir de 1938, elle danse dans des comédies musicales à Broadway, dont Great Lady puis elle décroche une place de soliste au American Ballet, dont elle est membre fondateur, pour les deux années suivantes.

Devenue malvoyante

Cependant, un événement va bouleverser sa vie. En 1942, alors qu’elle performe sur scène, elle subit un décollement de la rétine qui la laisse presque aveugle. Elle se fait opérer, mais le mal est fait, la jeune femme est condamnée à ne distinguer plus que les ombres pour le reste de sa vie. Si son opération la force à rester alitée durant près d’un an et demi, cela ne l’empêche pas pour autant de danser, simplement, elle le fait avec ses doigts, à l’aide de sa mémoire. Comme elle aime si bien le dire :

« Moi, je danse dans ma tête. »

Son interprétation de Giselle

De retour sur scène en 1943, elle est prise au Metropolitan Opera House de New York, où elle interprète pour la première fois le personnage de Giselle, dans le ballet éponyme.

Giselle, nombreux sont ceux qui associent la célèbre danseuse à ce nom et pour cause ! Tout au long de sa vie, Alicia Alonso n’a cessé de réinventer ce personnage, créé pour elle selon certains. Durant un demi-siècle, Alicia joue Giselle en ne cessant jamais de l’enrichir et de la perfectionner. Elle avoue :

« Je n’ai jamais dansé deux fois la même Giselle. »

Comment danser en étant malvoyante ?

Pendant de nombreuses années, elle effectue des tournées mondiales dans des pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Son secret pour danser avec une vue plus que limitée ?

Avec l’aide de son mari, elle met en place un ingénieux système d’éclairage de différentes couleurs pour la guider sur scène. Alicia apprend également les positions de ses coéquipières et coéquipiers par cœur.

Une chorégraphe

Mais la renommée d’Alicia Alonso ne s’arrête pas à son rôle de danseuse, il s’étend à ses qualités de chorégraphe. Tout commence en 1948 quand elle décide de quitter les États-Unis pour retrouver son pays natal. Là-bas, elle y fonde sa propre compagnie et école de ballet, qui devient en 1959 le Ballet national de Cuba grâce à l’aide financière de Fidel Castro. Elle renonce donc pour un moment à sa popularité aux Etats-Unis pour se consacrer pleinement aux activités de sa compagnie, avec qui elle part en tournée à travers les pays d’Amérique du Sud. Alicia s’investit également dans la promotion du ballet à Cuba, notamment en participant au développement de la fondation de l’École nationale d’art.

Son style artistique

Son style unique, mélange de rythme, sensualité et grande technicité, fait la renommée de l’établissement qui s’inscrit bientôt en tant qu’un des meilleurs du monde. La danseuse réussit également un autre exploit : faire venir des hommes pour danser dans son ballet. En effet, durant les années 50 à Cuba, les danseurs étaient considérés comme des homosexuels et les premières tentatives d’Alicia se sont souvent soldées par des moqueries.

Ses propres ballets

Dès l’année 1951, elle crée ses propres ballets, interprète dans les plus grands opéras du monde, dont celui de Paris. Elle ne manque pas de chorégraphier a son goût certains grand classiques, à l’image de La belle au bois dormant ou encore Don Quichotte.

Alicia rentre définitivement dans la légende lorsqu’elle reçoit le prestigieux titre « Prima ballerina assolita », accordé aux meilleures ballerines. Elle est d’ailleurs la seule latino-américaine de l’Histoire à l’avoir obtenu. Elle arrête de danser à l’âge de 74 ans, mais continue de chorégraphier et d’enseigner jusqu’à sa mort en 2019, à l’âge de 98 ans.

Une ballerine malvoyante

Alicia est la première danseuse classique malvoyante à interpréter des grands rôles comme Giselle ou Carmen.

Une prima ballerina assolita

Elle est la seule Latino-américaine de l’histoire à avoir été « prima ballerina assoluta ».

Longévité

La Cubaine a interpréter des rôles principaux ou secondaires jusqu’à ses 75 ans.

Médiatiques

Au cours de sa vie, Alicia Alonso a reçu 122 distinctions nationales et 180 au niveau international. Permis elles :

  • L’Ordre du Premier Degré Félix Varela et Lázaro Peña
  • L’Ordre José Martí
  • L’Ordre des Arts et des Lettres
  • L’Ordre de la Légion d’Honneur
  • La nomination en tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO
  • Le prix de création d’Estrémadure
  • La Médaille d’or du Gran Teatro de La Havane
  • La Médaille d’or du Círculo de Bellas Artes
  • …

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