Amandine Henry

Amandine Henry

Amandine Henry

Amandine Henry - L'âme et le cœur du football français

1989 à aujourd'hui - Ecrit par Mariana et Marie Fournier

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Amandine Henry, il est impossible de ne pas l’évoquer. Sept Ligues des champions, quatorze titres de championne de France, un Ballon d’argent à la Coupe du monde 2015 et 109 sélections sous le maillot bleu. La Nordiste a gravé son nom au panthéon du football et professionnel mondial. Symbole d’une longévité exceptionnelle au milieu de terrain, elle a dédié sa vie à son sport, surmontant une terrible épreuve physique à l’aube de sa carrière pour s’imposer comme l’une des plus grandes compétitrices de l’histoire du football. Par sa technique redoutable, sa vision du jeu et sa force de caractère, elle est devenue bien plus qu’une championne : une véritable légende.

Ses premiers pas dans le football

Petite, Amandine Henry ne peut s’empêcher de se promener avec son ballon de football. Si attachée à cet objet, ses parents l’inscrivent au club de Lomme, près de Lille, à seulement cinq ans. Elle fait ses marques à l’école de foot, mais elle est rapidement confrontée à ses premiers obstacles, notamment les remarques sexistes. A 10 ans, Amandine se voit refuser sa place dans un club lillois en raison de son genre ; cette pratique était très courante dans les années 90. Malgré tout, la joueuse trouve sa place dans une équipe mixte. Là-bas, elle se fait remarquer par ses qualités offensives et de récupération. 

A 15 ans, son premier rêve se réalise. Amandine, qui regardait régulièrement l’émission « A la Clairefontaine » se trouve à intégrer ce centre de formation. Pour la première fois de sa vie, la Française joue uniquement avec des filles. Là-bas, elle se donne à fond pour progresser. Cela paie puisqu’elle joue dans les équipes de France jeunes. Pourtant, elle ne se voit pas devenir professionnelle car cela n’existait pas en France. En effet, à cette époque, les joueuses pouvaient espérer signer un contrat fédéral, mais c’était loin d’être suffisant pour en faire un métier. 

Du rêve au cauchemar

Dans les années 2000 tout change : les premiers clubs professionnels féminins font leur apparition, Guingamp et Lyon pour ne citer qu’eux. Au vu de son talent indéniable, l’OL la contacte alors qu’elle a 17 ans. Pouvoir vivre de sa passion, Amandine ne peut refuser, malgré un changement de vie brutal :

« Lorsque j’ai signé à l’Olympique Lyonnais à 17 ans, je me suis retrouvée à l’autre bout de la France, seule dans un appartement, face à mes responsabilités ». 

Le début de rêve se transforme en cauchemar ! Amandine se blesse gravement au genou en 2008. Elle doit alors subir une greffe de cartilage, une opération qu’aucun sportif de haut niveau n’avait subie avant elle.  De cette épreuve, elle se relève, bien soutenue par son entourage.

Une ascension fulgurante

A peine un an et demi après, la milieu est de retour sur les terrains. Cette saison-là, Lyon gagne le championnat de France, la Coupe de France et la Ligue des Championnes ! C’est alors le début de son ascension. Entre 2011 et 2016, elle joue dans la meilleure équipe européenne en étant une titulaire indiscutable. Elle rafle alors les trophées collectifs et individuels.

En 2016, Amandine fait le choix de jouer dans la ligue de football féminin des Etats-Unis, en rejoignant les Thorns de Portland :

« J’ai toujours voulu tenter une expérience à l’étranger, apprendre une nouvelle langue, découvrir une autre culture, une autre façon de travailler. J’aurais pu rester à l’OL, mais pourquoi ? J’ai tout connu et tout gagné. Je n’avais plus cette boule au ventre sur tous les matchs, qui fait qu’on se surpasse. C’était le moment de partir. J’ai été surprise de l’intérêt de Portland. Je ne pensais pas être connue dans ce monde-là. »

Pour la première fois de sa vie, elle joue des matchs de championnat dans des stades à guichets fermés. Cet engouement la motive. Elle devient rapidement titulaire en tant que milieu défensive. Le public l’adore ! Ils viennent la saluer à l’aéroport avec des écharpes à son nom.

C’était une période magique. Avec cette équipe, Amandine Henry remporte la National Women’s Soccer League en 2017. Pour la saison 2017-2018, la joueuse revient à Lyon, où elle brille de nouveau :

  • Top 10 du ballon d’or en 2018 (le premier de l’histoire)
  • Domination du championnat français
  • Un magnifique but en finale de la Ligue des championnes face au FC Barcelone en 2022…

Direction le Mexique

Entre 2023 et 2024, elle fait des allers-retours entre la ligue états-unienne et la ligue française avant de se poser au Deportivo Toluca au Mexique. D’ailleurs, elle y joue toujours et une certaine Eugénie Le Sommer l’y a rejointe pour la fin de sa carrière.

En équipe nationale

Après une bonne saison à Lyon, Amandine Henry est appelée en sélection le 22 avril 2009 pour des matchs amicaux, avant d’enchaîner avec le championnat d’Europe. Pour sa première grande compétition internationale, elle aide l’équipe à atteindre les quarts de finale, rencontre qu’elles perdent aux tirs au but.

De retour avec la sélection nationale en 2013, Amandine Henry reprend rapidement sa place de titulaire au milieu de terrain. Elle forme une charnière redoutable avec Camille Abily et Élise Bussaglia ; pourtant, elle ne remporte aucune médaille en compétition internationale. En 2017, elle prend pour la première fois le brassard de capitaine pour une unique rencontre. Mais quand Corinne Diacre arrive à la tête de l’équipe de France, elle lui confie directement le rôle de capitaine.

En 2020, à la suite d’une légère blessure, la sélectionneuse ne la retient pas, pourtant cette gêne ne l’empêchait pas de jouer à Lyon. Choquée et surprise de cette décision, Amandine Henry prend la parole pour dénoncer le comportement de la coach :

« Humainement, je voyais des filles pleurer dans leur chambre, moi personnellement, il m’est arrivé de pleurer dans ma chambre, car j’avais envie de vivre cette Coupe du monde, mais ça a été un chaos total. »

Évidemment, elle ne sera plus jamais reprise sous le règne de Corinne Diacre, sauf lors d’un rassemblement juste après sa déclaration.

Écartée, elle doit attendre que d’autres joueuses, notamment la capitaine Wendie Renard, lèvent la voix sur le harcèlement dont elles étaient victimes. À la suite de ces différentes déclarations, Corinne Diacre est remplacée par Hervé Renard. Le coach la sélectionne, comme d’autres joueuses écartées par sa prédécesseure (ex : Eugénie Le Sommer). Amandine joue avec l’équipe de France, étant parfois titulaire, parfois remplaçante. Elle annonce sa retraite internationale peu après les Jeux de Paris 2024.

Aujourd’hui, en préretraite, Amandine Henry a prouvé qu’il est toujours possible de se révéler et de revenir encore plus forte, devenant une source d’inspiration pour de nombreuses joueuses. Et comme un cadeau, la ville de Templemars, située dans sa région natale, donne son nom à son nouveau stade de football.

  • Le Ballon d’Argent mondial: Elle est élue deuxième meilleure joueuse de la Coupe du monde 2015 au Canada, marquant le tournant de sa notoriété internationale.
  • La reine d’Europe Amandine Henry fait partie du club très fermé des joueuses ayant remporté 7 fois la prestigieuse Ligue des Champions féminine avec l’Olympique Lyonnais.
  • La Reine de Turin (2022): En finale de la Ligue des Champions face au grand FC Barcelone, elle décoche un but d’anthologie à 30 mètres de distance pour offrir le trophée à l’Olympique Lyonnais.

En club :

1x Women’s International Champions Cup
7x Ligue des Championnes
1x Trophée des championnes
14x Championnats de France
8x Coupe de France
1x Championnat des Etats-Unis
1x Trophée Veolia Féminin

En sélection :

1x Tournoi de France
1x SheBelieves Cup

Chevalière de l’ordre national du Mérite

Médaille Fédération française de football des légendaires

2x Equipe type de la FIFPro World 11

1x Ballon d’argent adidas Coupe du monde féminine de la FIFA

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Amandine Henry

Amandine Henry

Amandine Henry est une légende du football français et une icône de l’OLyonne. Découvrez son histoire !

Marinette Pichon : La pionnière qui a fait tomber les murs

"Marinette

"Marinette

"1975

Le talent brut se mesure parfois aux statistiques, mais la légende, elle, se forge dans l’adversité comme l’exprime si justement Marinette :

« Moi, si j’avais écouté les autres, je n’aurais jamais rien fait. Il m’est arrivé d’avoir les deux genoux à terre, mais je me suis toujours relevée. »

Avec 81 buts en 112 sélections, Marinette Pichon a longtemps trôné seule au sommet du football français. Bien plus qu’une simple attaquante, elle a été la première 

véritable icône d’une discipline qui, à ses débuts, ne lui offrait aucune structure. En s’exilant aux États-Unis pour vivre son rêve de professionnalisme, elle n’a pas seulement changé de continent, elle a ouvert une brèche pour toutes les générations de joueuses tricolores qui lui ont succédé.

Qui est Marinette?

Derrière la carrière de Marinette Pichon se dessine le portrait d’une athlète qui a marqué son époque. Née le 26 novembre 1975 à Bar-sur-Aube, elle a représenté la France au plus haut niveau international. Véritable métronome offensive, elle a évolué durant toute sa carrière au poste d’attaquante, s’imposant comme la figure de proue du football féminin tricolore.  

Le football comme sanctuaire

Pour Marinette Pichon, le ballon rond n’a pas été qu’un jeu, mais un refuge vital. Grandissant dans un climat familial marqué par la violence et l’alcoolisme de son père, elle trouve sur le terrain de l’AS Brienne le seul endroit où elle se sent en sécurité et valorisée ; elle y reste jusqu’à ses 16 ans. Dès l’âge de 5 ans, elle y défie les garçons, faisant preuve d’une supériorité technique qui ne tarde pas à attirer l’attention. Ce sport devient alors son « enclos protecteur », le moteur qui lui permettra de s’extraire d’un quotidien difficile pour se forger un destin hors du commun. À une époque où les centres de formation féminins n’existent pas, elle forge son caractère et sa technique dans le football de rue et son club amateur, avant de rejoindre le Saint-Memmie Olympique.

L’odyssée américaine

Alors qu’elle fait les beaux jours du Saint-Memmie Olympique, Marinette Pichon comprend que pour franchir un palier, elle doit quitter une France où le football féminin reste amateur. En 2002, elle prend un pari audacieux : signer au Philadelphia Charge, aux États-Unis. Le changement est radical. L’employée de mairie française devient, presque du jour au lendemain, une star mondiale du soccer professionnel. Évoluant dans une ligue ultra-compétitive, elle est sacrée meilleure joueuse du championnat américain (WUSA) en 2003, prouvant que son talent n’avait aucune frontière. 

Une empreinte indélébile en Bleu

Si elle brille en club, c’est sous le maillot de l’équipe de France que Marinette Pichon entre définitivement dans l’histoire. Elle honore sa première sélection en 1994 et marque son premier but en sélection le 25 septembre 1994 lors de la victoire 0-3 face à l’Écosse. En 2003, elle est le fer de lance de la toute première sélection française qualifiée pour une Coupe du monde, marquant au passage le premier but de l’histoire des Bleues dans cette compétition face à la Corée du Sud. Elle annonce sa retraite internationale à la suite de l’échec des Bleues lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2007 face aux Anglaises. 

Véritable « renarde des surfaces », capable de marquer des deux pieds et dotée d’un sens du but clinique, Marinette Pichon a détenu le record national de buts pendant quatorze ans, avant d’être dépassée par Eugénie Le Sommer en 2020.

Au-delà du terrain : une icône engagée

La carrière de Marinette Pichon ne s’arrête pas au coup de sifflet final. Pionnière sur le terrain, elle l’est tout autant dans la vie civile en étant l’une des premières sportives françaises à afficher publiquement son homosexualité. Son combat pour le mariage pour tous et l’obtention historique d’un congé parental en 2012 — un an avant la loi — témoignent d’une résilience qui dépasse le cadre sportif. Professionnellement, elle devient directrice générale du club de soccer 2019 du Lac-Saint-Louis à Montréal, puis en 2024 des Roses de Montréal. En parallèle, elle poursuit une carrière de consultante média de 2011 à 2021.  

Aujourd’hui installée au Québec, elle continue d’inspirer à travers le film biographique Marinette sorti en 2023. Elle s’impose comme une figure majeure de la lutte contre les violences intrafamiliales et pour la promotion du sport féminin. 

  • 112 sélections et 81 buts (Meilleure buteuse de l’histoire des Bleues de 2006 à 2020).
  • Première buteuse française de l’histoire en Coupe du Monde (2003).
  • Participation à la Coupe du Monde 2003 (USA).
  • Participation aux Championnats d’Europe (Euro) en 1997, 2001 et 2005.

En football

  • Championne de France (2006 avec Juvisy).
  • Vainqueur du Challenge de France (l’équivalent de la Coupe de France) en 2005 avec Juvisy.
  • Vice-championne de France (2005 avec Juvisy).
  • Championne de la Conférence Est (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
  • Finaliste de la USL W-League (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
  • 2ème de la saison régulière de la WUSA (2002 avec le Philadelphia Charge, USA).

Sportives

  • Meilleure joueuse (MVP) de la ligue américaine (WUSA) en 2003.
  • Meilleure joueuse offensive de la WUSA en 2002.
  • 2x Joueuse de l’année (Trophées UNFP) en 2002 et 2005.
  • 4x Meilleure buteuse du Championnat de France (2001, 2002 avec Saint-Memmie ; 2005, 2006 avec Juvisy).
  • Record de buts sur une saison en France : 38 buts (saison 2004-2005).
  • Meilleure buteuse de la W-League américaine en 2004 (malgré seulement 10 matchs joués)

Médiatiques

  • 2007 : Chevalier de l’ordre national du Mérite en tant que membre de l’équipe de
    France d’un club sportif féminin ; 13 ans de services civils et d’activités sportives
  • 2022 : Chevalier de la Légion d’honneur en tant qu’ancienne footballeuse internationale, entraîneuse et consultante pour la télévision ; 31 ans de services 

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Marinette Pichon : La pionnière qui a fait tomber les murs

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Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Cette joueuse transgenre a brisé le plafond de verre dans le monde du football professionnel. Elle s’est battue pour l’intégrer. Découvrez l’histoire de Mara Gómez, une Argentine persévérante et engagée ! Mara Gómez grandit dans le quartier de la Granja dans la ville...


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Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gomez

Mara Gómez - Briser le plafond de verre

1997 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

Cette joueuse transgenre a brisé le plafond de verre dans le monde du football professionnel. Elle s’est battue pour l’intégrer. Découvrez l’histoire de Mara Gómez, une Argentine persévérante et engagée !

Mara Gómez grandit dans le quartier de la Granja dans la ville de La Plata. À treize ans, l’adolescente fait son coming out trans à sa famille. Cette nouvelle est très bien accueillie par ses proches pour le plus grand bonheur de Mara. Cependant, dans un pays où la transphobie reste omniprésente, son parcours vers l’acceptation sociale s’avère semé d’embûches. Pendant plusieurs années, des idées noires la hantent. C’est à quinze ans qu’un événement va transformer sa vie : sa voisine Adriana Aguirre l’invite à jouer au football sur un city stade. La joueuse confie au média FIFPRO :

« Une fois que j’avais pris cette décision, j’ai vécu deux années d’enfer, des brimades à l’école jusqu’au moment où je suis allée voir le médecin et qu’il m’a appelée par le nom qui figurait sur ma carte d’identité. […] Toutes ces situations m’ont donné l’impression que je n’étais pas faite pour cette vie. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide à l’adolescence, et c’est à ce moment-là que le football est arrivé. »

Ses débuts en club

Dès cette première expérience, Mara Gómez ne quitte plus le ballon rond. Elle s’inscrit dans ses premiers clubs où elle découvre un environnement d’acceptation et de solidarité. Ses coéquipières la soutiennent et l’encouragent à se dépasser. Dans ces vestiaires, Mara se sentait comme chez elle, nous confie-t-elle :

« Je n’ai jamais senti de regard irrespectueux qui m’est causé de la gêne. Mes coéquipières m’ont toujours considéré comme l’une des leurs. »

Un rêve impossible ?

Au fil des années, l’Argentine progresse et devient une attaquante redoutable au niveau amateur. Elle perfectionne son jeu, notamment lors d’une expérience au Canada, reconnu pour la qualité de son football. Pourtant, atteindre le championnat élite lui semble impossible. Aucune footballeuse trans à son époque n’avait réussi à briser ce plafond de verre, elle n’avait aucun modèle à qui se référer.

L’année 2020 marque un tournant décisif dans la carrière de Mara Gómez. La joueuse est de plus en plus soutenue que ça soit par des associations, des joueuses de l’équipe nationale ou de sa professeure d’EPS. Le 7 décembre de 2020, c’est le grand jour pour Mara Gómez. Pour la première fois, elle débute un match de première division argentine avec son club de Villa San Carlos. Elle est alors la première athlète trans à jouer dans ce championnat. Elle nous confie que sans soutien, elle n’y serait probablement jamais arrivée :

« En vérité, j’ai reçu une aide précieuse de la part de beaucoup d’institutions dans mon pays, comme la Défenseure du Peuple de Buenos Aires, les clubs de football argentins, ainsi que les joueurs d’équipes argentines et de la sélection nationale. Cela a constitué un grand et fort soutien lors de cette lutte historique, tout comme l’ont été les différents moyens de communication. Une autre personne qui fut un pilier de cette conquête a été Lorena Berdula (professeure d’éducation physique et chercheuse) qui a rempli le rôle de représentante pendant toute cette aventure. »

Cette première n’est pas qu’un symbole. Mara Gómez s’impose comme une joueuse à part entière, enchaînant les apparitions et prouvant sa valeur sur le terrain.

De lourdes blessures

Après cette saison, l’Argentine connaît une période marquée par de graves blessures : deux ruptures des ligaments croisées en deux ans. Ces blessures sont très présentes chez les femmes, mais sont encore plus présentes chez les athlètes trans :

« Être sportive trans de haut niveau s’est avérée très difficile car, en raison de mon traitement hormonal (blocage de mes hormones), j’ai été exposé à plusieurs types de blessures comme des déchirures, ainsi que des lésions et deux ruptures des ligaments. Mon corps a énormément souffert au niveau de la résistance physique, aérobie, musculaire et émotionnelle. Tout cela m’a forcé à rester sur le banc ou bien ne jouer que quelques minutes à de multiples reprises car mon corps ne pouvait pas supporter autant d’usure. »

Malgré ces difficultés, elle remporte le championnat de Gualeguaychú durant cette période.

Son retour

Après ces années d’enfer, Mara Gómez fait son véritable retour au cours de la saison 2023-2024 sous les couleurs Les Estudiantes de La Plata. L’attaquante montre vite qu’elle est indispensable au club, enchaînant les belles prestations sur le terrain. Malgré tout, l’équipe ne remporte aucun trophée.

Une militante des droits LGBTQIA+

Mara Gómez n’est pas qu’une joueuse de football, c’est également une infirmière au sein de l’hôpital pédiatrique de Niños de La Plata. Comme de nombreuses joueuses argentines, elle doit concilier le sport de haut niveau et activité professionnelle, le championnat féminin ne permettant pas encore de vivre exclusivement du football malgré les avancés depuis plusieurs années.

En parallèle de toutes ces activités, Mara Gómez défend les droits de la communauté LGBTQIA+ et particulièrement celle des personnes trans. Son combat pour l’accès aux compétitions sportives lui a valu plusieurs distinctions, dont un Prix de la Démocratie et un trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport.

Aujourd’hui, Mara Gómez est devenue le symbole qu’elle n’avait pas à l’adolescence. Elle continue de porter sa vision du sport :

« Le sport n’est pas qu’un domaine compétitif, c’est également un espace d’encadrement social et de dépassement de soi qui sauve des vies ».

Et si elle avait un message à envoyer aux transphobes, ça serait celui-ci :

« Je lui dirais tout simplement de laisser de côté son point de vue discriminatoire et excluant pendant un moment, et qu’il s’informe avec empathie sur les raisons pour lesquelles nous luttons constamment pour l’inclusion. Je lui dirais de s’intéresser à mon histoire et sur ce que signifie le sport pour moi. Le football a changé ma vie. »

Une pionnière dans le football

Elle est la première femme trans à participer à un championnat professionnel en Amérique du Sud. Mara est aussi la première femme trans argentine à marquer un but dans un championnat professionnel.

 

En football

  • 1x Championnat de Gualeguaychú

Médiatiques

  • 1x Prix de la Démocratie
  • 1x Trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport

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