Anne Wafula - Le fauteuil de la liberté
1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard
Un fauteuil lui a ouvert les portes du monde, alors elle essaie de le changer.
Anne Wafula était encore une dynamique petite fille de deux ans du village de Mihuu au Kenya lorsqu’une étrange maladie se développe chez elle, l’empêchant petit à petit d’utiliser ses bras, puis ses jambes. Ce n’est qu’après avoir quitté son village avec sa famille pour rejoindre la capitale, Nairobi, que la famille Wafula apprend ce qui est arrivé à la petite Anne : la polio.
La réeducation
Prise en charge, elle retrouve le fonctionnement de ses bras, mais que partiellement
de ses jambes, qui l’obligent à se déplacer constamment avec des béquilles et des attelles pour les jambes. Brimée par les camarades de son âge pour son handicap, ses parents l’inscrivent dans une école pour enfants atteints de handicap, ce qui lui permet de reprendre ses études en confiance. Malheureusement, une bonne nouvelle comporte son lot d’embûches dans sa vie. Anne perd sa mère quelques années après avoir commencé son cursus. Affectée, Anne Wafula réussit néanmoins à continuer l’école, jusqu’à devenir la première de sa famille à être diplômée de l’université.
Sa découverte du sport
Jusqu’ici, le sport n’est pas intervenu dans sa vie. Il va encore falloir quelques péripéties, qui commencent lorsqu’elle rencontre un jeune britannique du nom de Norman Strike. Ils se plaisent mutuellement, si bien qu’Anne Wafula le rejoint chez lui, en Angleterre. Ils se marient, et c’est alors qu’elle a donné naissance à son fils qu’elle essaie son premier fauteuil roulant. Malgré les contraintes inhérentes à ce moyen de locomotion, c’est une nouvelle liberté qui s’offre à elle. Elle commence à aller à la salle de sport, puis découvre la course en fauteuil grâce à son prof de sport. Une expérience qui va très rapidement se transformer en nouvelle passion.
Sa carrière sportive
Entraînement après entraînement, Anne Wafula Strike s’améliore, si bien qu’elle est appelée par l’équipe nationale kényane pour participer aux Jeux paralympiques de 2004, devenant alors la première ressortissante d’Afrique sub-saharienne à concourir dans une course paralympique en fauteuil. À partir de 2006, c’est sous les couleurs de son pays d’adoption qu’elle concourt, profitant ainsi des équipes d’entraînements britanniques. La néo-internationale britannique arrive alors aux Jeux paralympiques Visa de 2007 et remporte la médaille de bronze du 400m, course dans laquelle elle était mal engagée sur la fin, à bout de force, mais ayant quand même réussi à se mobiliser pour décrocher la plus belle récompense de sa carrière. Elle a également détenu pendant un moment les records de Grande-Bretagne du 100m et du 200m.
Son militantisme
Anne Wafula Strike va pleinement utiliser la plateforme médiatique durement gagnée pour mettre en avant les combats qui lui tiennent à cœur. Si elle peut motiver les jeunes filles à se battre pour leurs objectifs, alors elle va se donner à fond pour les accompagner. Son secret, qu’elle a érigé comme un mantra : “ne jamais renoncer”. Elle participe à de nombreuses courses de charité pour récolter de l’argent pour des associations luttant aux côtés des droits des athlètes atteints de handicaps. Elle a donné naissance à une fondation pour offrir des fauteuils roulants aux jeunes enfants africains, se rappelant qu’elle-même avait dû attendre d’arriver en Angleterre pour obtenir le sien, ainsi qu’à la Olympia-Wafula Foundation, qui travaille avec de nombreux pays du Commonwealth.
Son militantisme a également pu être observé à un niveau institutionnel, rejoignant en 2015 UK Athletics pour les questions d’accessibilité au sport, en charge des campagnes pour l’inclusion et la diversité à partir des Jeux de Rio. Elle explique :
“J’ai vu la douleur dans les yeux de jeunes filles dont les ambitions ont été anéanties simplement parce qu’elles sont des filles ; j’ai vécu les difficultés auxquelles les Noirs sont confrontés pour être reconnus comme égaux, même en 2020″
c’est pourquoi elle veut faire changer les choses.
Les changements qu’elle inaugure dépassent même le secteur du sport professionnel, que ce soit dans l’industrie ou dans la vie de tous les jours. Pour son engagement sans faille, Anne Wafula Strike a été décorée membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre.
Terminons par ses propres mots :
“Ability is what you are capable of doing. Motivation determines what you do. Attitude determines how you do it ».
Une première pour le Kenya
En 2004, elle devient la première la sub-saharienne, et donc kényane à participer aux Jeux Paralympiques.
En athlétisme
- 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques Visa
Médiatique
- Membre de l’Empire britannique
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