Maartje Paumen

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Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l’une des meilleures joueuses de l’histoire, la Néerlandaise a bâti un palmarès exceptionnel grâce à une exigence permanente envers elle-même. Une quête de perfection qui lui a permis d’atteindre les sommets, mais qui a également eu un coût.

Ses débuts

Maartje Yvonne Helene Paumen naît le 19 septembre 1985 à Geleen, dans la province 

Limbourg aux Pays-Bas. Très jeune, elle découvre le hockey sur gazon et rejoint les clubs de sa région. Après des passages au HC Geleen, au HC Scoop puis à Oranje Zwart, elle se fait rapidement remarquer grâce à sa qualité technique et son sens du jeu.

En 2004, alors âgée de seulement 19 ans, elle rejoint le Hockeyclub’s-Hertogenbosch, plus connu sous le nom de Den Bosch. Ce transfert marque le début d’une aventure exceptionnelle. D’abord utilisée au milieu de terrain puis en défense, Paumen développe une arme redoutable : ses penalty corners. Sa précision et sa puissance en font rapidement l’une des spécialistes mondiales de l’exercice.

La même année, elle fait ses débuts avec l’équipe nationale néerlandaise lors du Trophée des Championnes à Rosario, en Argentine. Pour sa première apparition internationale, elle remporte déjà un titre avec les Oranje.

Une ascension fulgurante

Les années suivantes confirment tout son potentiel. En 2005, elle décroche son premier titre européen avec les Pays-Bas. Un an plus tard, lors de la Coupe du monde organisée à Madrid, elle participe à l’une des plus belles campagnes de l’histoire du hockey néerlandais.

En finale face à l’Australie, Maartje Paumen inscrit le troisième but des Pays-Bas sur penalty. Cette réalisation permet aux Néerlandaises de s’imposer 3-1 et de décrocher le titre mondial. À seulement 21 ans, Paumen s’impose déjà comme l’une des joueuses majeures de sa sélection.

Le coup d’arrêt

Tout semble alors lui sourire. Pourtant, le Championnat d’Europe 2007 va bouleverser sa progression.

Lors d’un match de groupe contre l’Angleterre, la Néerlandaise se blesse gravement au genou. Contrainte d’abandonner la compétition, elle doit observer plusieurs mois de rééducation. Une épreuve difficile pour une joueuse en pleine ascension.

Mais Maartje Paumen refuse de laisser cette blessure définir sa carrière. Elle travaille sans relâche pour retrouver son meilleur niveau avec un objectif en tête : les Jeux olympiques de Pékin.

Pékin 2008 : l’explosion

L’année 2008 marque un tournant dans l’histoire du hockey sur gazon féminin.

De retour de blessure, Paumen réalise un tournoi olympique exceptionnel. Lors de la phase de groupes, elle marque contre l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Chine, l’Australie et l’Espagne. En demi-finale, elle signe même un triplé face à l’Argentine.

Match après match, la Néerlandaise enchaîne les performances de très haut niveau. Avec onze buts inscrits durant la compétition, elle établit un nouveau record olympique.

Le 22 août 2008, les Pays-Bas battent la Chine en finale et remportent la médaille d’or. À seulement 22 ans, Maartje Paumen devient championne olympique et meilleure buteuse du tournoi.

La même année, la Fédération Internationale de Hockey la désigne Jeune joueuse mondiale de l’année.

La patronne du hockey mondial

Sous le maillot néerlandais comme avec Den Bosch, elle accumule les trophées. Entre 2008 et 2016, elle termine à huit reprises meilleure buteuse du championnat néerlandais. Son influence sur le jeu est telle qu’elle devient l’une des leaders naturelles de la sélection.
En 2011 puis en 2012, elle est élue meilleure joueuse du monde par la Fédération Internationale de Hockey. Une distinction qui récompense sa régularité exceptionnelle au plus haut niveau.

Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, les Pays-Bas atteignent une nouvelle fois la finale. Opposées à l’Argentine, les Néerlandaises s’imposent 2-0. Paumen inscrit le deuxième but sur penalty corner et remporte sa deuxième médaille d’or olympique.
Avec ce quatorzième but olympique, elle améliore encore son record personnel et confirme son statut de référence mondiale.

Le prix de l’excellence

Derrière les succès se cache pourtant une réalité plus complexe.

Dans son autobiographie publiée en 2017, Maartje Paumen se décrit comme une personne « extrême ». Toujours en quête de perfection, elle s’impose une pression immense afin de rester au sommet.

Après les Jeux olympiques de Londres, cette exigence permanente finit par la rattraper. Épuisée mentalement et physiquement, elle traverse une période difficile. La fin de sa relation avec sa coéquipière Carlien Dirkse van den Heuvel accentue encore cette situation.

Malgré ces épreuves, Paumen parvient à poursuivre sa carrière au plus haut niveau et continue de guider son équipe vers les sommets.

Une dernière aventure olympique

En 2014, devant son public à La Haye, Maartje Paumen remporte une deuxième Coupe du monde avec les Pays-Bas.

Deux ans plus tard, elle dispute ses troisièmes Jeux olympiques à Rio de Janeiro. Les Néerlandaises atteignent une nouvelle fois la finale mais s’inclinent face à la Grande-Bretagne lors de la séance de tirs au but.

La médaille d’argent vient conclure une carrière internationale exceptionnelle.
Après douze années passées sous le maillot orange, Maartje Paumen annonce sa retraite internationale en 2016. Elle quitte la sélection avec 235 matchs disputés et 195 buts inscrits.

Son héritage

Peu de joueuses ont autant marqué l’histoire du hockey sur gazon.

Double championne olympique, double championne du monde, multiple championne d’Europe et meilleure buteuse de plusieurs compétitions majeures, Maartje Paumen a repoussé les limites de son sport. Avec Den Bosch, elle remporte également onze championnats nationaux et dix Coupes d’Europe.

En 2018, elle met un terme à sa carrière de joueuse et se tourne vers l’entraînement. Elle partage désormais son expérience avec les nouvelles générations, notamment auprès des spécialistes du penalty corner.

Aujourd’hui encore, son nom reste associé à l’excellence. Leader, buteuse et compétitrice hors norme, Maartje Paumen a laissé une empreinte durable sur le hockey mondial et demeure une source d’inspiration pour de nombreuses joueuses.

« Extrême. » C’est ainsi qu’elle se décrit elle-même. Un mot qui résume parfaitement une carrière construite à force de travail, de détermination et d’une volonté permanente de repousser ses limites.

Meilleure marqueuse

Redoutable sur les penaltys corners, elle détient le record du buts inscrit lors des Jeux Olympiques avec 14 réalisations dont 11 sur une seule édtion (un autre record)

En sélection

  • 2x Championne olympique
  • 1x Vice-championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Vice-championne du Monde
  • 3x Championne d’Europe
  • 2x Vice-championne d’Europe
  • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
  • 4x Trophée des Championnes
  • 6x Podium au trophée des Championnes

En club

  • 10x Coupe d’Europe
  • 11x Championnat des Pays-Bas

Sportives

  • 1x Meilleure joueuse de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure jeune de l’année par la Fédération Internationale de Hockey 
  • 1x Meilleure buteuse du tournoi olympique
  • 8x Meilleure buteuse du championnat néerlandais

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    Marla Runyan

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    "1969

    Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme.

    Son enfance

    Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville de Santa Maria en Californie. Rapidement, l’enfante qui aimait jouer, courir et s’amuser vu sa vision changer. Pour elle, il était un impossible de voir les formes en centre. Marla le décrit ainsi :

    « C’est comme si j’avais un trou noir au milieu de l’œil ».

    Avant l’arrivée de cette handicap visuel, l’Etats-unienne avait déjà plongé un pas dans le monde du sport. D’abord par le football puis en gymnastique artistiques, influencée par l’exploit de Nadia Comaneci lors des Jeux Olympiques de Montréal (1976). À la suite de ce diagnostic, Marla Runyan ne plus pratiquer la gym sans risque de blessures répétitives. Pourtant, elle n’abandonne pas le sport. L’enfant se teste à l’athlétisme. Courir, sauter et lancer, Marla adore. Pour elle impossible de se cantonner à une discipline : Heptathlon, 100m haies, lancer du javelot, saut en longueur, 800m… elle véritable touche à tout.

    Ses premiers paralympiques

    Passée par l’Université d’Etats de San Diego, Marla Runyan a pu profiter des structures, des équipes d’encadrement et des compétitions pour progresser en athlétisme et se lance en parallèle en cyclisme. Ses performances sont telles que l’Etats-Unienne se qualifie pour les Jeux Paralympiques de 1992 pour cinq épreuves à 23 ans.

    A Barcelone, Marla Runyan ne vient pas en figurante ! Sur les quatre épreuves d’athlétisme, elle remporte tout simple quatre paralympiques : 100m, 200m, 400m et le saut en longueur. Ajouter à cette prouesse, une cinquième place sur l’épreuve du tandem en cyclisme sur route.

    En route pour les Jeux Olympiques

    Consciente de son talent, l’athlète se fixe un objectif bien précis : participer aux Jeux Olympiques à domicile. Pour y arriver, elle décide de se concentrer sur une discipline où elle à toutes ses chances sur l’heptathlon. Ces entraînements acharnés s’avèrent payant. En 1995, Marla établit plusieurs records du monde (saut en longueur et saut en hauteur) et nationaux (200m) dans sa catégorie T13.

    En 1996 montre les prémices d’une sportive qui va marquer l’histoire. Cette année-là, elle arrive bien préparer, tellement bien qu’elle participe aux sélections olympiques américaines, une des compétitions les plus durs aux mondes en athlétisme au vu de la densité d’athlète exceptionnel. Sur l’heptathlon, malgré un record national du 800m (dans cette discipline), Marla échoue à la dixième place. Sans se décourager, elle se reconcentre directement pour les Paralympiques. Une nouvelle fois, l’Etats-Unienne repart médaillée et titrée. Sur cette saison exceptionnelle, Marla rajoute de nouveaux records du monde et nationaux dans sa catégorie.

    N’ayant pas réussi à se qualifier sur l’heptathlon, l’athlète de 27 ans prend la décision de se concentrer sur sa plus grande force : les courses de demi-fond. En 1999, les Etats-Unis décident de la sélection pour les Jeux Panaméricains. Pour sa première grande compétition chez valide, Marla Runyan prouve tout son talent en décrochant le titre sur le 1500m, établissant un nouveau record du monde en T13. Cette médaille d’or lui ouvre les portes des Mondiaux. Sur cette même épreuve, elle termine à une incroyable dixième place en finale.

    2000 est l’année où Marla marque l’histoire de son sport. Pour débuter cette saison, l’athlète remporte le titre national sur le 3000m en salle. De retour aux qualifications olympiques, elle a qu’une idée en tête obtenir une des trois premières places sur le 1500m. Cette fois-ci, elle y arrive ! Avec ce ticket, l’Etats-Unienne compte bien montrer qu’elle n’est pas là pour faire figuration. A Sydney, la multiple championne paralympiques se qualifie au temps en finale du 1500m. Sur cette ultime course, Marla Runyan réalise une excellente performance en terminant huitième. Elle venait de tout simplement de faire le meilleur classement de l’histoire pour une Etats-Unienne à cette époque.

    Ses dernières années sportives

    A partir de 2001, l’athlète décide d’augmenter la distance. Elle passe du 1500m au 5000m. Cette transition se déroule à merveille. Marla Runyan remporte trois années de suite le titre de championne des Etats-Unis et se qualifie même pour les mondiaux. Alors en 2004, elle est vu comme la favorite aux American Trials. Une fois encore, elle obtient son ticket olympique. A Athènes tout se passe différemment qu’à Sydney. En effet, Marla échoue dès les séries sur le 5000m. Après cette course, elle arrête sa carrière en stade pour se concentrer uniquement sur sa carrière sur route.

    En dehors des pistes, l’athlète avait déjà montré qu’elle était exceptionnelle :

    • Record des Etats-Unis sur le 20km
    • Trois titres nationaux de suite sur le 10km
    • Deuxième meilleure performance de tous les temps sur le marathon pour une première participation (à New York, en 2002)
    • Meilleure classement pour une Américaine sur le marathon de Boston en 2003 et de Chicago en 2004

    En 2006, Marla Runyan signe sa derrière véritable année en compétition, où elle remporte son dernier titre national. Les deux saisons suivantes sont compliquées pour l’athlète, enchaînant de nombreux pépins physiques qui l’empêchent de se participer aux Jeux Olympiques de 2008. Elle décide alors de mettre un terme à sa carrière sportive.

    Son engagement

    Après avoir quitté les pistes, Marla Runyan a pu se concentrer davantage sur ses différents engagements. En 2013, grâce à son diplôme dans l’enseignement, elle devient enseignante (et ambassadrice) de l’école Perkins School qui offre des cours aux personnes aveugles et malvoyantes. En plus des dispensées des cours, l’Etats-Unienne participe à des initiatives pour une plus grande inclusion : développement de technologies d’assistance et création de programmes éducatifs.

    L’histoire de Marla Runyan a inspiré de nombreuses athlètes dans le monde entier par son talent, sa longévité et sa détermination. Comme elle aime le dire :

    « Ne prêtez pas attention aux influences négatives. Croyez-en vous-même et montrez aux autres ce que vous êtes capable de faire. Seul « vous » pouvez découvrir votre potentiel. »

    Une championne paralympique aux Jeux Olympiques

    Marla Runyan est la première championne paralympique et malvoyante à participer à une épreuve olympique.

    Un record chez les valides

    En 1996, elle bat le record national du 800m de l’heptathlon. Ajouter à cette performance, de nombreux record du monde en T13.

    En athlètisme

    • 5x Championne Paralympique

    • 1x Vice championne paralympique

    • 1x Championne panaméricaine

    • 7x Championne des Etats-Unis

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    Cecile Addou

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    "Ecrit

    Le volley traverse la vie de Cécile Addou. Joueuse confirmée, c’est par sa version assise du jeu qu’elle a réussi à se relever de son handicap, contracté à la suite d’un sarcome du bassin. En seulement un an de pratique, celle qui a rejoint l’Équipe de France il y a six mois possède déjà un palmarès qui parle pour elle.

    C’est poussée par son entourage que la jeune collégienne Cécile Addou effectue ses premières passes sur un terrain de volley. La machine est alors lancée, elle ne peut plus se passer de la balle en cuir. S’ensuit une carrière honorable qui la mène jusqu’en Nationale 3.
    Tout bascule en 2021. Cécile Addou apprend qu’elle souffre d’un sarcome du bassin, un type rare de cancer osseux. Malgré les lourds traitements qu’elle subit, Addou se refuse à arrêter le sport.  “Pour aller de l’avant, ça a été un choix évident” dit-elle, ayant poursuivi les efforts physiques pendant la chimiothérapie et la rééducation post-chirurgie. Ainsi, ce n’était même pas une question pour elle, son avenir s’écrirait au 

    sein du sport adapté à sa nouvelle condition physique. Même si elle ne peut plus sauter au filet, ni plonger lors de parties de beach-volley, Cécile aura sa revanche. 

    Le volley assis était une discipline que Cécile Addou ne connaissait pas, avant de poser les yeux dessus à l’occasion des Jeux Paralympiques de Paris 2024. En voyant évoluer les volleyeuses internationales, elle s’est demandé si elle serait capable de retrouver un tel niveau malgré ses opérations au niveau des lombaires. Par chance, un club situé près de chez elle a ouvert une section volley assis, sous l’impulsion de l’ancienne capitaine de l’Équipe de France Sylvanie Logello. Ni une ni deux, Cécile Addou passe les portes. La bascule a été facilitée par son bagage de volleyeuse valide, les règles étant très similaires si ce n’est la hauteur du filet. Le plus gros du travail se situe au niveau des déplacements, en glissant sur le postérieur, se lever étant considéré comme une faute. Cécile affirme être toujours en train de travailler cet aspect du jeu.

    Mais avant d’adopter définitivement cette nouvelle discipline, Cécile Addou a participé à un programme permettant aux personnes porteuses de handicap de s’essayer à différents sports sous les yeux des recruteurs : La Relève. Créé par le Comité Paralympique Sportif Français en 2019, en vue des Jeux Paralympiques de Paris 2024, son but est de trouver les sportifs paralympiques de demain, les “perles rares cachées” qui pourraient se révéler dans certains sports. La sélection commence par une interview à l’INSEP, endroit que Cécile Addou n’aurait jamais pensé visiter un jour auparavant, dont le but est d’orienter les parasportives vers les bons clubs, et les bons sports, en prenant en compte s’ils visent le haut niveau ou veulent s’épanouir en loisir. Ensuite, se déroulent sur deux jours des exercices communs organisés par les représentants des Fédérations paralympiques, qui observent les candidats. Pour Cécile, La Relève est un véritable accélérateur pour passer au haut niveau et à la compétition, plutôt que de devoir subir certaines étapes qui pourraient faire perdre du temps. Cécile avait émis quatre vœux lors de ce programme : le volley assis, la natation qu’elle pratiquait en eau libre, le badminton et le cyclisme, en s’étant essayée en complément à l’aviron, au para standing tennis et au lancer de poids et de javelot. Que des sports différents, ce qui fait dire à Cécile Addou que cette offre diversifiée est ce qui rend chouette le programme La relève. Finalement, c’est le volley assis qui lui ouvre ses portes.

    Si la position assise et les déplacements glissés ne l’empêchent pas de souffrir sur le terrain, Cécile Addou s’épanouit pleinement en volley assis, si bien qu’elle concourt au sein de trois équipes : le club de Hyères, où elle est licenciée et joue en loisir où elle côtoie des joueuses valides, le volley assis étant inclusif au niveau des championnats nationaux (dans son club, elles ne sont que deux handisportives) ; celui de Lyon, qui lui permet de jouer au haut niveau au format 6 vs 6 féminin ; et en Équipe de France. Les joueuses de l’équipe nationale se retrouvent régulièrement en stage au CREPS de Vichy, et lors des grandes compétitions. Sur cet aspect-là, Cécile Addou a connu une adaptation expresse avec d’ores et déjà, en moins d’un an de pratique, un beau palmarès international à son actif, ce qu’elle appelle une “courte carrière, mais déjà bien remplie”. Tout s’est très vite enchaîné : participation aux championnats d’Europe, et victoire en Silver Nations League à Prague au mois d’octobre. Un titre qui permet à l’Équipe de France de rejoindre la Golden Nations League, qui réunit les six meilleures équipes d’Europe. L’objectif de Cécile devient donc le maintien au plus haut échelon européen, qui se déroulera à Leipzig (Allemagne) en mai, face à l’Ukraine, l’Italie, l’Allemagne, la Slovénie et les Pays-Bas. Après cela, ce seront les Mondiaux de Hangzhou en ligne de mire, auxquels les Bleues se sont qualifiées grâce à leurs bonnes performances. “J’apprécie chaque moment”, rend compte Cécile. “On n’a pas fini d’évoluer, on n’a pas encore atteint notre max”, prévient-elle.

    En plus du haut niveau qu’elle continue de découvrir à vitesse grand V, Cécile Addou doit également composer avec sa vie professionnelle et familiale. Elle considère avoir la chance d’être à son compte, et bien soutenue par son mari, ce qui lui permet de trouver le temps pour effectuer les déplacements et se préparer au mieux, notamment physiquement. Le statut de sportive de haut niveau acquis, elle annonce aujourd’hui se mettre en quête du démarchage de partenaires. Avec ce soutien financier, elle pourrait s’octroyer les services d’un préparateur mental, et d’un prépa physique, pour atteindre son plein potentiel et mettre de son côté tout ce qui est possible pour supporter les échéances à venir. La Fédération Française de volley-ball, de laquelle dépend le volley assis en France, prend en charge les déplacements des joueuses.

    Dans le volley assis, elle retrouve ce qu’elle aimait dans ce sport chez les valides : l’aspect sport collectif, où l’on prend plaisir à construire les points. “Au volley assis, on n’est rien sans l’autre, tu ne peux pas gagner un match à toi tout seul” explique-t-elle. Si l’on ajoute la bonne ambiance qui règne au sein du groupe France, c’est un véritable conte de fée que vit actuellement la joueuse originaire d’Agde. Chez les valides, elle occupait les postes de réceptionneuse-attaquante et de centrale, rôles qu’elle retrouve en volley assis. “On a deux, trois passeuses attitrées, mais sinon on se vaut toutes plus ou moins”. Dans son sport, elle admire beaucoup les Italiennes, présentes sur le circuit depuis très longtemps, et les Américaines. Elle respecte grandement la Canadienne Heidi Peters, elle aussi victime d’un sarcome qui l’a amenée à être amputée. Addou s’inspire également d’autres sportives, valides comme handisportives, telles que Marie-José Perrec, Pauline Ferrand-Prévot ou Clarisse Agbégnénou.

    Les récentes victoires de l’Équipe de France donnent des rêves de Jeux de Los Angeles à Cécile Addou. Mais le chemin est long et semé d’embûches : le tournoi paralympique ne compte que huit équipes seulement, et les qualifications n’auront lieu que trois mois avant le début des Jeux. Mais avant de s’attaquer à ce vertigineux exploit, le but pour Cécile Addou est de continuer à pratiquer de plus en plus, en obtenant d’autres créneaux pour s’entraîner. Elle voit d’un bon œil le développement du volley assis, avec de plus en plus de clubs valides qui ouvrent des sections handisport. Elle souhaite aussi mettre en avant les bienfaits du sport en général. Elle essaie de particulièrement s’adresser aux femmes handisportives, voire à celles faisant face à un combat contre le cancer, en les appelant à pousser la porte d’un club pour s’adonner à un sport qu’elles n’auraient peut-être jamais soupçonné pratiquer.

    “Ne serait-ce que pour s’occuper l’esprit, oublier les traitements, oublier la maladie, oublier le handicap, cela ne peut faire que du bien. C’est possible, croyez en vous”.

    Interview de Cécile Addou

    Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

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    "1980

    Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui se cache derrière ce nom ?

    Sa première sélection

    Née en 1980, elle grandit à côté de sa sœur jumelle Kristine. Inséparable durant leur enfance, et même plus tard, les jumelles décident de pratiquer plusieurs sports. A neuf ou dix ans, des camarades de classe leur demande de rejoindre l’équipe de handball pour compléter l’effectif. Toutes de suite, Katrine et Kristine accroche à cette 

    discipline. A cette époque la Norvège comptait des grands noms qui ont popularisé cette discipline : Hanne Hegh, Annette Skotvoll, Cathrine Svendsen… Toutes des sources d’inspiration pour la jeune enfant. Lors de ses premiers entraînements dans le club du coin, Katrine Lunde se révèle être une gardienne talentueuse capable d’arrêter n’importe quel tir. Avec sa sœur, qui joue demi-centre, elles font parler d’elle, gravissant peu à peu les échelons. Pourtant, elle ne se voyait pas jouer au niveau professionnel :

    « Nous étions une petite équipe et l’idée de jouer professionnellement quand j’avais 15 ou 16 ans ne m’a jamais traversé l’esprit, même si nous battions certaines des meilleures équipes du pays. »

    A seulement à 22 ans, alors qu’elle joue à l’université, la Norvégienne est appelée pour la première fois avec l’équipe nationale au championnat d’Europe. Pour cette première, elle est surtout pour observer et apprendre, pas pour jouer.

    Partir à l’étranger

    A 24 ans, et après deux grandes compétitions internationales à son actif, Katrine Lunde décide de s’envoler pour le Danemark :

    « Nous avons attendu assez longtemps avant de déménager à Aalborg, nous avions 24 ans, car nous voulions être sûrs d’avoir fait le bon choix avant de partir. »

    Toujours aussi inséparable, elle joue ses six premières saisons professionnelles avec sa sœur. Dès leur arrivée en ligue professionnelle, elle se montre indispensable dans la cage, amenant le petit club d’Aalborg en demi-finale de la Ligue des Championnes, une première pour cette équipe. Ensemble, les jumelles vont remporter cette compétition à deux reprises.

    Séparation

    En 2011, nouveau changement pour Katrine Lunde, elle décide de rejoindre le plus grand club européen, Győri ETO KC, et sa sœur retourne au pays :

    « Ce fut une décision difficile à prendre et ce n’était pas la meilleure période de notre vie ensemble, mais à ce moment-là, nous avions des choses différentes à considérer, nous avions tous les deux nos petits amis et je devais réfléchir à ce que je voulais en tant que joueuse. »

    La gardienne réalise alors son rêve ! Ce rêve, la Norvégienne le savoure à pleine remportant de nouvelle ligue des championnes en plus du championnat hongrois. A cette période-là, elle était déjà vue comme une des meilleures gardiennes du monde, voir la meilleure pour certain·e.

    De retour au pays

    En 2017, Katrine Lunde prend la décision de revenir en Norvège, un choix poussé par des raisons familiales. Pour son retour au bercail, elle signe dans l’équipe de sa sœur pour partager avec elle une dernière saison. Comme pour terminer une boucle, les jumelles remportent sa saison-ci le championnat national.

    Avec le club des Vipers, Katrine est devenue un mur infranchissable, tournant à prêt de 40% d’arrêt. Ce talent façonné permet à l’équipe de remporter leur première Ligue des Championnes en 2021 et plus fous encore elle gagne l’édition 2022 et 2023, un triplé historique pur ce club qui n’avait jamais remporté la compétition. Malheureusement, cette aventure aux Vipers s’arrête brusquement lorsque le club fait faillite en janvier 2025.

    Ne voulant pas terminer sa carrière ainsi, Katrine Lunde prend la décision de rejoindre le Odense Håndbold, au Danemark, pour remplacer la gardienne blessée. Avec cette nouvelle équipe, elle termine la saison sans aucune défaite remportant donc le championnat national. Elle fait une dernière pige de 6 mois en Serbie afin d’être opérationnelle pour le championnat d’Europe, l’ultime chalenge de sa carrière.

    Avec la sélection nationale

    Avec l’équipe de Norvège, Katrine Lunde commence véritablement à écrire son histoire en 2004. Cette année-là, la gardienne s’impose et remporte son tout premier titre international. Cette médaille européenne signe tout simplement le début d’un véritable règne.

    Entre 2006 et 2025, elle gagne tout simplement trois titres olympiques, trois titres mondiaux et sept titres européens. C’est simple, aucune joueuse de l’histoire n’a eu autant de médailles d’or qu’elle. Ce n’est pas le seul record que Katrine Lunde en poche puisqu’elle est également la joueuse norvégienne la plus capée, a le plus d’apparition dans les grands championnats (plus d’une vingtaine) et la joueuse la plus âgée à jouer avec l’équipe nationale.

    Le point plus important de sa carrière internationale, c’est sa constance à être une véritable muraille ! En 2008, elle arrête 42% des tirs aux Jeux Olympiques et 47% aux championnats d’Europe. Cet exploit, elle le réitère à 45 ans lors de sa dernière compétition puisqu’elle stoppe 48% des tirs adverses, juste indécent !

    Son après-carrière

    Après sa victoire aux championnats du Monde de 2025, Katrine Lunde se retire officiellement des terrains. Néanmoins, elle ne reste pas très éloignée de ce milieu en devenant l’entraîneuse des gardiennes du club norvégien Randesund IL :

    « J’aime vraiment être dans cet environnement et j’apprécie la culture que nous avons en Norvège. Je suis aussi ouvert à travailler à l’étranger. Mais l’entraînement des gardiens de but en particulier, oui, c’est vraiment ce que j’apprécie. »

    Une handballeuse de tous les records

    On ne compte plus les records de Katrine Lunde, parmi on retrouve :

    • Le record de sélection norvégienne
    • La joueuse norvégienne la plus vieille à participer à une compétition internationale
    • Le record de titre européen
    • …

    Une véritable muraille

    Durant sa carrière, la gardienne ne laisse rien passé. Pour preuve, elle fait trois compétition avec un taux d’arrêt de plus de 40%, dont un record de 48% alors qu’elle avait 45 ans

    En sélection

    • 3x Championne olympique
    • 2x Médaille de bronze aux JO
    • 3x Championne du Monde
    • 3x Vice-championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze en CDM
    • 7x Championne d’Europe
    • 2x Vice-championne d’Europe

    En club

    • 7x Ligue des Championnes
    • 1x Coupe de l’EHF
    • 4x Championne du Danemark
    • 2x Coupe du Danemark
    • 4x Championne de Hongrie
    • 5x Coupe de Hongrie
    • 1x Championne de Russie
    • 1x Coupe de Russie
    • 7x Championne de Norvège
    • 7x Coupe de Norvège

    Spotives

    • 1x MVP de la saison par l’EHF
    • 2x Meilleure gardienne de la saison par l’EHF
    • 1x MVP des Jeux Olympiques
    • 2x Meilleure gardienne des Jeux Olympiques
    • 2x Meilleure gardienne des Mondiaux
    • 3x Meilleure gardienne du championnat d’Europe
    • 1x Meilleure gardienne de la Ligue des Championnes
    • 1x Meilleure joueuse étrangère du championnat hongrois
    • 3x Meilleure gardienne de l’Eliteserien

    Médiatiques

    • 1x Sportive de l’année par l’Idrettsgallaen
    • 1x Meilleure sportive de l’année dans un sport co par l’Idrettsgallaen
    • 1x Personnalité sportive de l’année par l’Idrettsgallaen

    Marinette Pichon : La pionnière qui a fait tomber les murs

    "Marinette

    "Marinette

    "1975

    Le talent brut se mesure parfois aux statistiques, mais la légende, elle, se forge dans l’adversité comme l’exprime si justement Marinette :

    « Moi, si j’avais écouté les autres, je n’aurais jamais rien fait. Il m’est arrivé d’avoir les deux genoux à terre, mais je me suis toujours relevée. »

    Avec 81 buts en 112 sélections, Marinette Pichon a longtemps trôné seule au sommet du football français. Bien plus qu’une simple attaquante, elle a été la première 

    véritable icône d’une discipline qui, à ses débuts, ne lui offrait aucune structure. En s’exilant aux États-Unis pour vivre son rêve de professionnalisme, elle n’a pas seulement changé de continent, elle a ouvert une brèche pour toutes les générations de joueuses tricolores qui lui ont succédé.

    Qui est Marinette?

    Derrière la carrière de Marinette Pichon se dessine le portrait d’une athlète qui a marqué son époque. Née le 26 novembre 1975 à Bar-sur-Aube, elle a représenté la France au plus haut niveau international. Véritable métronome offensive, elle a évolué durant toute sa carrière au poste d’attaquante, s’imposant comme la figure de proue du football féminin tricolore.  

    Le football comme sanctuaire

    Pour Marinette Pichon, le ballon rond n’a pas été qu’un jeu, mais un refuge vital. Grandissant dans un climat familial marqué par la violence et l’alcoolisme de son père, elle trouve sur le terrain de l’AS Brienne le seul endroit où elle se sent en sécurité et valorisée ; elle y reste jusqu’à ses 16 ans. Dès l’âge de 5 ans, elle y défie les garçons, faisant preuve d’une supériorité technique qui ne tarde pas à attirer l’attention. Ce sport devient alors son « enclos protecteur », le moteur qui lui permettra de s’extraire d’un quotidien difficile pour se forger un destin hors du commun. À une époque où les centres de formation féminins n’existent pas, elle forge son caractère et sa technique dans le football de rue et son club amateur, avant de rejoindre le Saint-Memmie Olympique.

    L’odyssée américaine

    Alors qu’elle fait les beaux jours du Saint-Memmie Olympique, Marinette Pichon comprend que pour franchir un palier, elle doit quitter une France où le football féminin reste amateur. En 2002, elle prend un pari audacieux : signer au Philadelphia Charge, aux États-Unis. Le changement est radical. L’employée de mairie française devient, presque du jour au lendemain, une star mondiale du soccer professionnel. Évoluant dans une ligue ultra-compétitive, elle est sacrée meilleure joueuse du championnat américain (WUSA) en 2003, prouvant que son talent n’avait aucune frontière. 

    Une empreinte indélébile en Bleu

    Si elle brille en club, c’est sous le maillot de l’équipe de France que Marinette Pichon entre définitivement dans l’histoire. Elle honore sa première sélection en 1994 et marque son premier but en sélection le 25 septembre 1994 lors de la victoire 0-3 face à l’Écosse. En 2003, elle est le fer de lance de la toute première sélection française qualifiée pour une Coupe du monde, marquant au passage le premier but de l’histoire des Bleues dans cette compétition face à la Corée du Sud. Elle annonce sa retraite internationale à la suite de l’échec des Bleues lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2007 face aux Anglaises. 

    Véritable « renarde des surfaces », capable de marquer des deux pieds et dotée d’un sens du but clinique, Marinette Pichon a détenu le record national de buts pendant quatorze ans, avant d’être dépassée par Eugénie Le Sommer en 2020.

    Au-delà du terrain : une icône engagée

    La carrière de Marinette Pichon ne s’arrête pas au coup de sifflet final. Pionnière sur le terrain, elle l’est tout autant dans la vie civile en étant l’une des premières sportives françaises à afficher publiquement son homosexualité. Son combat pour le mariage pour tous et l’obtention historique d’un congé parental en 2012 — un an avant la loi — témoignent d’une résilience qui dépasse le cadre sportif. Professionnellement, elle devient directrice générale du club de soccer 2019 du Lac-Saint-Louis à Montréal, puis en 2024 des Roses de Montréal. En parallèle, elle poursuit une carrière de consultante média de 2011 à 2021.  

    Aujourd’hui installée au Québec, elle continue d’inspirer à travers le film biographique Marinette sorti en 2023. Elle s’impose comme une figure majeure de la lutte contre les violences intrafamiliales et pour la promotion du sport féminin. 

    • 112 sélections et 81 buts (Meilleure buteuse de l’histoire des Bleues de 2006 à 2020).
    • Première buteuse française de l’histoire en Coupe du Monde (2003).
    • Participation à la Coupe du Monde 2003 (USA).
    • Participation aux Championnats d’Europe (Euro) en 1997, 2001 et 2005.

    En football

    • Championne de France (2006 avec Juvisy).
    • Vainqueur du Challenge de France (l’équivalent de la Coupe de France) en 2005 avec Juvisy.
    • Vice-championne de France (2005 avec Juvisy).
    • Championne de la Conférence Est (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
    • Finaliste de la USL W-League (2004 avec les New Jersey Wildcats, USA).
    • 2ème de la saison régulière de la WUSA (2002 avec le Philadelphia Charge, USA).

    Sportives

    • Meilleure joueuse (MVP) de la ligue américaine (WUSA) en 2003.
    • Meilleure joueuse offensive de la WUSA en 2002.
    • 2x Joueuse de l’année (Trophées UNFP) en 2002 et 2005.
    • 4x Meilleure buteuse du Championnat de France (2001, 2002 avec Saint-Memmie ; 2005, 2006 avec Juvisy).
    • Record de buts sur une saison en France : 38 buts (saison 2004-2005).
    • Meilleure buteuse de la W-League américaine en 2004 (malgré seulement 10 matchs joués)

    Médiatiques

    • 2007 : Chevalier de l’ordre national du Mérite en tant que membre de l’équipe de
      France d’un club sportif féminin ; 13 ans de services civils et d’activités sportives
    • 2022 : Chevalier de la Légion d’honneur en tant qu’ancienne footballeuse internationale, entraîneuse et consultante pour la télévision ; 31 ans de services 

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