Nantenin Keïta

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"1984

Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement engagée. Découvrez son histoire.

Née en 1984 au Mali, les médecins détectent à sa naissance son albinisme, une maladie héréditaire qui touche aussi son père Seifa, un célèbre musicien malien. Son albinisme ne se résume pas une peau et des yeux plus claire. Comme beaucoup personne atteinte de cette maladie, Nantenin Keïta est également malvoyant. Pour elle, il est impossible de lire à un panneau de rue même en étant en-dessous de celui-ci.

Un fort caractère

En 1987, sa famille s’installe à Montreuil pour le boulot de son père. A la maison, tout se passe à merveille, mais à l’école tout est différent. A la maternelle, Nantenin raconte qu’elle subit des moqueries et qu’aucun de ses camarades ne veut jouer avec elle. Ne comprenant pas cette situation, l’enfant en parle à son père. Celui-ci lui donne un précieux conseil, explique sa différence. Le lendemain, elle les suit et ses camarades sont intrigués :

« J’éveille la curiosité de mes camarades qui me posent des questions sur le sujet. Cela a démystifié cet aspect-là de moi. »

La découverte du sport

Le sport, Nantenin Keïta le découvre à l’école. Elle pratique d’abord le handball, où son entraîneuse la fait jouer gardienne. Evidemment, elle n’apprécie pas l’expérience. Loin de se laisser à abattre, la Franco-Malienne s’essaye au basket-ball, mais avec son handicap, la pratique est bien trop compliquée pour elle.

Puis arrivée le collège spécialisé. Là-bas, Nantenin fait la rencontre d’un professeur de sport unique en son genre. En effet, dès la sixième, il n’hésite pas une seconde à inscrite toute sa classe à une compétition d’athlétisme handisport. Cette expérience la convint de pratiquer ce sport. Au début, elle ne le prend pas réellement au sérieux. Elle est certes appliquée à l’entraînement hebdomadaire, mais ne pousse pas plus loin.

Repérée par la fédération

A 15 ans, Nantenin Keïta participe à une compétition comme à son habitude. Mais cette fois-ci, un membre de la fédération handisport. Ce dernier lui propose alors de l’accompagner avec une équipe spécialisée et l’adolescente accepte la proposition.

Toujours aussi sérieuse, elle voit cette époque le sport comme un échappatoire du quotidien. Elle ne fixe aucun objectif à part prendre du plaisir. Pourtant sa progression l’amène au plus haut niveau national. A 18 ans, elle se qualifie pour les Mondiaux, une compétition qui allait la transformer.

Lors de championnat du monde, la sélection l’aligne sur le 100m, le 200m et le 400m, les disciplines où elle peut véritablement performer. La jeune athlète le prouve tout de suite. Elle se qualifie trois fois en finale et remporte surtout l’argent sur le 400m ! Ses résultats sont un véritable déclic. Elle le confie à Oyaba 360 :

« Malgré une médaille d’argent sur le 400 mètres, je veux briller sur la discipline reine et je comprends rapidement pourquoi je dois m’entraîner. »

A la quête du titre paralympique

Après cette compétition, Nantenin Keïta change de club pour passer d’un à trois entraînements par semaine en plus de sa séance d’UNSS le mercredi. Ce changement va la faire progresser très rapidement. En 2006, pour ses deuxièmes Mondiaux, elle repart avec trois médailles dont deux titres (sur le 200m et le 400m).

Qualifiée aux Jeux Paralympiques, la Française n’a qu’un objectif, l’or ! A deux reprises, l’athlète la frôle. D’abord, elle termine troisième du 400m puis deuxième sur le 200m. Lors de ses Jeux, Nantenin remarque que les athlètes sont de mieux en mieux entraînées et pour certaines sont soutenus par des sponsors :

« Lors des Jeux de Pékin, je trouve que la compétition n’est plus la même que lors des championnats du monde deux ans plus tôt. Il y a de plus en plus de para-athlètes, le milieu se professionnalise. »

Malheureusement, en France, la fédération a peu de soutien financier et trouver des sponsors en tant qu’athlète est (et reste) extrêmement compliqué, surtout quand votre discipline n’est pas médiatisée. Par chance, Nantenin Keïta est soutenue par son employeur qui lui laisse gérer sa vie professionnelle autour de sa pratique du sport. Elle est véritablement épanouie. Cela va se refléter dans ses résultats, montant de plus en plus régulièrement sur les podiums internationaux.

2016 signe son année de consécration. Cette année-là, la Française est qualifiée aux Jeux Paralympiques. Sur le 400m, elle se présente comme championne du Monde en titre et double championne d’Europe de la discipline. Autant dire, elle parmi les favorites au titre. Ce statut l’athlète l’embrasse en gagnant l’épreuve, un rêve qui se réalise pour elle ! Pour une fois, les Jeux sont diffusés en direct à la télé pouvant savourer sa victoire avec les téléspectateurs français. Elle le dit aujourd’hui, cette victoire est de loin son meilleur souvenir sportif :

« La médaille d’or arrive à Rio parce que je suis dans ce système depuis trois ans, dans lequel je me sens sereine et que je peux m’entraîner sans douleur. C’est un peu comme la cerise sur le gâteau, mais il y a tout le gâteau avant, qui est particulièrement succulent. Et c’est ça le sport ! »

La persévérance

Après cette victoire, Nantenin Keïta vit des moments compliqués. Régulièrement blessée, elle n’arrive plus à performer comme elle souhaite. Son niveau ne décline pas pour autant, mes adversaires, elles progressent et se professionnalisent. Pour autant, la Française se qualifie pour les Jeux suivants, motivée à défendre son titre. Malheureusement, elle se blesse de nouveau durant la compétition.

Nantenin Keïta ne compte pas s’arrêter ici. Elle vise les Jeux de Paris 2024 et un adieu devant ses supporters. Ces Paralympiques vont tout simplement être magique pour elle, en étant porteuse de la flemme olympique, une des dernières relayeuses de la flamme paralympique et surtout porte-drapeau de la délégation. De ces Jeux, elle repart certes sans médaille, une petite déception pour elle, mais avec des souvenirs jamais à graver dans son esprit.

Une femme engagée

En parallèle de la piste, Nantenin Keïta est une femme extrêmement engagée. En effet, en 2005, la fonde son association avec son père. Avec la Fondation Salif Keïta, elle avait et a toujours la vocation d’offrir un meilleur accès à l’éducation et à la santé aux personnes albinos au Mali. Par exemple, cette structure offre des kits de protection du soleil, composés de crème solaire et de lunettes de soleil, essentiel pour le bien-être des personnes albinos.

Nantenin est une athlète qui aura marqué son temps par ses médailles, son engagement et sa personnalité. Comme elle le dit :

« J’espère que mon histoire peut donner envie et confiance à d’autres. Que certains jeunes se disent : “si elle y est arrivée, j’en suis capable.” »

En athlétisme

  •  1x Championne paralympique
  • 1x Vice-championne paralympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice-championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Bronze aux championnats d’Europe sur le relais
  • 3x Championne d’Europe

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • Officière de l’ordre national du Mérite 

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Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

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"1993

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ?

Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle grandit au sein d’une famille de sportifs, attachés à la nature alpine. Son environnement la plonge dès son plus jeune âge dans le monde du biathlon : elle manie le fusil à partir de ses sept ans ! Dans le même temps, elle pratique le ski alpin. Son père l’initie à l’escalade en haute montagne et lui apprend les bases des connaissances alpines. Elle

ne met que deux petites années avant de se lancer définitivement dans le sport qui fera d’elle une championne olympique : le biathlon. Elle remporte ses premiers titres internationaux à 18 ans, lors du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne de Liberec (une compétition qui vise à célébrer les meilleurs athlètes européens âgés de 14 à 18 ans). Laura Dahlmeier y excelle sur le 10km individuel, 6km sprint et au relais mixte. Sa carrière est lancée ! Deux ans plus tard, elle décroche trois médailles d’or aux Championnats du monde juniors, ce qui lui vaut d’être sélectionnée dans l’équipe allemande pour les Jeux olympiques de 2014. Si elle termine 13eme, elle décrit quand même cette expérience comme « brillante ».

Son ascension

Laura Dahlmeier va petit à petit s’imposer dans toutes les disciplines du biathlon, remportant sa première victoire en coupe du monde en 2015 sur l’épreuve du sprint puis enchaîne avec quatre victoires en poursuite sur la saison 2015-2016.

Sa domination

On peut affirmer sans hésiter que la saison 2016-2017 est SA saison. Elle domine le classement général de la Coupe du monde IBU avec pas moins de deux victoires en sprint, quatre en poursuite, trois dans l’épreuve individuelle et une en départ groupé. Il faut ajouter à cela les épreuves de relais, pour lesquelles elle est toujours placée en position de finisseuse ce qui permet à l’Allemagne de rester invaincue. Une fois sur sa lancée, on ne l’arrête plus. Laura Dahlmeier parvient à réaliser un sans-faute au tir lors des épreuves pré-olympiques de Pyeongchang en 2017, ce qui la place en grande favorite pour les Jeux de 2018.

 

Son exploit le plus marquant n’est cependant pas encore réalisé. C’est en 2018, à l’occasion des Jeux de PyeongChang qu’elle rentre définitivement dans l’histoire. En effet, pour ses deuxièmes Jeux, elle devient la première femme à remporter le sprint et la poursuite lors d’une même édition. Comme si cela n’était pas suffisant, elle décroche aussi la médaille de bronze sur le 15km en individuel !

Nouvelle prodige

Elle se fait maintenant appeler la successeure de Magdalena Neuner, en référence à la biathlète allemande. La ressemblance entre les deux athlètes qui a inspiré le surnom vient du fait que, en plus d’être toutes les deux des championnes de biathlon au niveau international, elles partagent la même passion pour le trekking et l’escalade en montagne. En effet, de 2014 à 2019, Laura Dahlmeier entreprend régulièrement des expéditions en montagne : elle a entre autres grimpé en Iran, au Pérou ou encore en Allemagne. Ces expéditions ne sont pas sans risques et lui valent parfois de repartir avec des blessures, comme en 2014 où elle a subi une déchirure des ligaments.

Son palmarès

En tout, Laura Dahlmeier cumule pas moins de sept titres de championne du monde, huits classements sur le podium en coupe du monde, dont une première place en classement général, et deux titres olympique !

Une athlète engagée

En parallèle des compétitions, elle obtient un diplôme de guide de haute montagne et poursuit ses études à l’université technique de Munich. Engagée pour la défense de l’environnement, Laura Dahlmeier publie en 2019 un livre pour enfants dédié à la protection de la nature.

Sa passion pour l’alpinisme

C’est à seulement 25 ans que la championne olympique décide de prendre sa retraite, sa passion pour le biathlon ayant faibli. Elle se réoriente vers l’alpinisme et participe notamment aux championnats du monde de course en montagne longue distance. L’aventure en montagne a longtemps été une passion pour Laura Dahlmeier, sa partenaire de cordée a notamment mentionné son souhait de faire de l’escalade et de l’alpinisme depuis longtemps. Alors qu’elle participait encore aux compétitions, elle faisait déjà beaucoup d’escalade et elle nourrissait le projet de grimper au Pakistan avec l’une de ses coéquipières. Comme pour le biathlon, elle laisse sa trace dans ce sport, établissant des records, comme celui de 2024. Cette année-là, elle parvient à gravir l’Ama Dablam, une montagne de l’Himmalaya en 12h et 1mins, temps record pour une femme. En juillet 2025, elle se lance dans l’ascension des montagnes du Karakorum au Pakistan. Victime d’une chute de pierres et les conditions météorologiques ne permettant pas de sauvetage, elle perd la vie à l’âge de 31 ans. Les hommages rendus à Laura Dahlmeier de la part de la communauté sportive, notamment la présidente du CIO Kirtsy Covenrty et Marie Dorin-Habert, montrent son impact dans ce sport.

Dominer les mondiaux

En 2017, elle devient la première biathlète à remporter cinq titres aux Mondiaux sur une même éditions

Le premier doublé

En 2018, l’Allemande devient la première biathlète à gagner deux titres olympiques en individuel aux Jeux Olympiques

Une ascension record

Laura Dalhmeier détient encore aujourd’hui le record de l’ascension de l’Ama Dablam

En biathlon

  • 2x Championne olympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 7x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du  Monde
  • 5x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Gros globe de cristal
  • 2x Petit globe de cristal
  • 3x Championne du Monde junior
  • 1x Vice championne du monde junior
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux juniors
  • 3x Championne d’Europe junior

Sportives 

  • 1x Athlète de l’année
  • 1x Athlète junior de l’année
  • 1x Meilleur jeune biathlète de l’année par l’IBU
  • 1x Prix du sport de Bavière en tant que jeune athlète

Médiatiques

  • Ordre du mérite de Bavière
  • Citoyenne d’honneur de Garmisch-Partenkirchen
  • Feuille de laurier d’argent
  • Médaille européenne du gouvernement de l’État bavarois
  • 1x Prix Pegasos en tant que «Légende du sport» au Bal de la presse sportive allemande
  • 1x Escarnet WinterStar de la télévision bavaroise dans la catégorie Perspektive
  • 3x Prix du sport de Bavière dans la catégorie «Ambassadeurs du sport bavarois»

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Delphine Le Sausse – L’alliance entre la passion de la glisse et le dépassement de soi

"Delphine

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"1975

Seize fois championne du monde de para-ski nautique et détentrice de multiples titres de championne de France de ski slalom, Delphine Le Sausse incarne la résilience. Entre son officine de pharmacie et les plans d’eau, cette athlète de haut niveau a transformé son handicap en un moteur de performance absolue.

Une vie tracée par la glisse

Passionnée depuis toujours par les sports de glisse, Delphine Le Sausse forge son mental de compétitrice au club de ski club de Font-Romeu. Mais en janvier 2004, sa trajectoire est brisée par un accident de ski alpin. Devenue paraplégique incomplète, elle doit alors tout réapprendre : l’équilibre, les sensations et la gestion d’un corps dont une moitié ne fonctionne plus de façon optimale.
Pourtant, la glisse reste son élément.

« Quand je suis sur l’eau, je n’ai plus de contrainte et que du plaisir, » confie-t-elle.

En ski nautique avec un équipement adapté, elle retrouve une liberté de mouvement que son quotidien, parfois rythmé par l’usage de béquilles, lui conteste.

L’exigence technique du Para-ski Nautique

Le para-ski nautique est une discipline de précision qui se découpe en trois épreuves distinctes :
Le Slalom : Le bateau suit un chenal central pendant que le skieur doit contourner six bouées. À chaque passage réussi, la vitesse augmente.
Les Figures : Deux parcours de 20 secondes où chaque figure réussie rapporte des points selon sa difficulté technique.
Le Saut : Une épreuve de distance sur tremplin (allant de 10 m à 16 m pour les femmes). Delphine a choisi d’arrêter cette discipline pour préserver sa santé, l’impact sur son dos étant trop violent sans l’amorti des jambes.

 

2009 : Le sacre de l’émotion à Vichy

Si Delphine compte de nombreux titres, celui de 2009 à Vichy reste gravé comme son plus beau souvenir. Après un premier titre en 2007 qu’elle jugeait presque chanceux, elle domine la compétition en France.

« C’est la première fois de ma vie que j’ai pleuré de joie », se rappelle-t-elle avec émotion.

Un retour magistral qu’elle confirmera en 2017, après une pause pour donner naissance à sa fille, prouvant qu’on peut concilier maternité et sport de haut niveau.

 

Une « hyperactive » au service de la santé

Loin des bassins, Delphine mène une carrière de pharmacienne. Ce métier nourrit sa conviction que le sport est un outil de prévention essentiel contre l’obésité ou le diabète. Pour tenir ce rythme effréné, elle s’astreint à une routine stricte : 30 minutes de yoga et de gainage chaque matin.

Alors que les prochains championnats du monde en Australie se profilent, Delphine continue de glisser avec la même ferveur, portée par un seul leitmotiv :

« Avant de battre les autres, c’est moi que je veux battre ».

Interview de Delphine Le Sausse

Les goitschel – Un duo de soeurs légendaire

"Christine

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"1944/45

Lorsque l’on se penche sur les sœurs ayant marqué l’histoire du sport, il est impossible de passer à côté des sœurs Goitschel. Dans les années 60, Christine et Marielle dominent les pistes au plus haut niveau pendant une décennie. En 1964, ces pionnières des JO d’hiver sont à l’origine d’un exploit historique : un double doublé or et argent lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck.

Mais comment en sont-elles arrivées là ?

Le ski, une affaire de famille

Christine et Marielle sont nées à Sainte-Maxime dans le Var en 1944 et 1945 d’un père français né à Genève et d’une mère native d’Épinal dans les Vosges. Elles ont également deux frères aînés, Claude et Jacques, ainsi qu’une petite sœur Patricia qui sera également championne de ski. D’ailleurs, leur neveu Philippe se démarquera plus tard de son côté dans le ski de vitesse.

Les sœurs prodiges grandissent dans une famille relativement modeste, Marielle récupère régulièrement les affaires de sa grande sœur lorsqu’ils deviennent trop petits pour elle. Leur père les initie très vite au ski en coupant leurs premiers skis dans du bois. Marielle se souvient alors parfaitement découvrir ce sport à 3 ans et ne jamais décrocher. Lorsqu’on lui offre ses premiers vrais skis, elle les portera pendant 8 jours entiers même dans le lit. Il n’est donc pas étonnant que les sœurs Goitschel pratiquent très tôt le ski en club.

L’aînée montre la voie

« On parle d’ailleurs beaucoup de Marielle car c’est elle qui obtient le plus gros palmarès, […]. On parle en revanche un peu moins de sa sœur aînée, Christine, présentée comme plus réservée, mais elle aussi championne et vice-championne olympique. »

Marion Philippe, historienne du sport à l’université Gustave Eiffel

D’un peu plus d’un an l’aîné de Marielle, Christine rejoint rapidement l’équipe de France de ski. Elle s’illustre une première fois aux Championnats de France de ski alpin en 1962 en gagnant l’épreuve de slalom. L’année suivante, elle réitère l’exploit en gagnant cette fois-ci le slalom géant, avant de gagner de nouveau l’épreuve de slalom en 1964.

Lors des fameux Jeux d’Innsbruck de 1964, elle gagnera la médaille d’or au slalom devant sa sœur, puis la médaille d’argent au slalom géant laissant cette fois la première place à Marielle.

En 1968, elle décide de mettre fin à sa carrière. Deux ans auparavant, elle se marie avec son l’entraîneur Jean Béranger avec qui elle créera dans les années 70 la station de Val-Thorens. C’est d’ailleurs au sein de celle-ci qu’elle sera élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur le 2 février 2014 en compagnie de sa sœur.

La cadette entre dans la légende

Bien qu’elle soit la cadette, Marielle rattrape rapidement sa sœur. Son talent est rapidement repéré par son instituteur et son curé au primaire et remporte sa première compétition à l’âge de 5 ans. Elle arbore alors déjà une détermination sans borne :

« À 7 ans, j’écrivais déjà sur des papiers que je serais championne du monde. »

Marielle rejoint l’équipe de France en 1960 à seulement 14 ans et gagne sa première coupe du monde FIS A aux Gets la même année. À l’âge de 16 ans, elle est alors la plus jeune athlète à gagner l’épreuve du combiné lors des Championnats du Monde de 1962 à Chamonix. Elle obtiendra également l’argent en slalom.

Lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck en 1964, outre l’exploit en slalom et slalom géant avec sa sœur, elle remporte l’épreuve du combiné.

Aux championnats du monde de 1966 à Portillo au Chili, elle est au sommet de son art avec deux médailles d’or remportées au slalom géant et au combiné, ainsi que deux médailles d’argent en slalom et en descente. La médaille d’argent en descente se transformera d’ailleurs en or 30 ans plus tard lorsque le vainqueur de l’épreuve, Erik Schnigger, avouera son intersexuation.

Enfin, aux Jeux Olympiques de Grenoble de 1968, elle gagnera la médaille d’or en slalom et l’argent au combiné.

Elle arrêtera sa carrière en 1968 en même temps que sa sœur car les compétitions commencent à l’ennuyer et elle souhaite passer à autre chose. Elle détient alors deux titres olympiques et sept titres de championne du monde.

Les Jeux Olympiques voient double

Revenons maintenant sur l’événement marquant de leurs carrières lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck en 1968.

Lors de l’épreuve de slalom, Christine remporte la médaille d’or, tandis que sa sœur remporte la médaille d’argent. Cet exploit est en soi déjà historique, car c’est la première fois que deux sœurs font un doublé lors des JO. Christine et Marielle se souviennent des 50 000 personnes qui les applaudissent à l’unisson.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais Marielle, bien qu’heureuse pour sa sœur, ne veut partir sans l’or. Deux jours plus tard, l’impensable se produit. Cette fois-ci c’est au tour de Marielle de remporter l’or au slalom géant, alors que sa sœur se contente de l’argent à égalité avec l’Américaine Jean Saubert.

Cette fois, il s’agit d’un véritable exploit légendaire qui fait la une des journaux du monde entier. Tout le monde s’intéresse aux sœurs françaises qui ont réalisé l’impossible. Les sœurs célèbrent alors en circulant en voiture dans la ville autrichienne. Cet exploit inédit et qui a de fortes chances de le rester sera salué par le Général de Gaulle, que Marielle porte dans son cœur, félicitant lui-même les sœurs Goitschel :

« Sachez, mesdemoiselles que tout le monde est fier de vos victoires. »

Un duo historique

Les Françaises sont les toutes premières soeurs de l’histoire à remporter un titre olympique sur une même édition (hivernale).

Marielle, le plus beau palmarès du ski français

Avec ses deux titres olympiques et ses septs médailles d’or aux Mondaiux, elle est l’une des skieuses françaises les plus décorées du l’histoire.

Marielle et Florence Arthaud

La skieuse et la navigatrice sont les deux seuls sportives à avoir obtenu à deux reprises le Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports.

Marielle

  • 2x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 7x Championne du Monde
  • 2x Vice championne du Monde
  • 3x Gros globe de cristal
  • 1x Deuxième du gros globe de cristal
  • 7x Victoire en manche de Coupe du Monde
  • 9x Podiums en Coupe du Monde
  • 5x Championne de France

Christine

  • 1x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 1x Victoire en manche de Coupe du Monde
  • 3x Championne de France

Marielle

  • 1x Champion des Champions français par L’Equipe
  • 2x Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports
  • 2x Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l’Académie des sports

Christine

  • Officière de la Légion d’Honneur
  • 1x Skieur d’or
  • 1x Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l’Académie des sports

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Lauren Parker – au sommet du paratriathlon

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"1988

Ancienne triathlète professionnelle valide, Lauren Parker est devenue après un grave accident l’une des principales figures du paratriathlon en catégorie PTWC, discipline qui combine la natation, le handbike et la course en fauteuil.

Du petit bassin à l’Ironman en eaux libres

Avant son accident, Lauren Parker s’est distinguée dans plusieurs disciplines sportives. Née le 15 décembre 1988 à Belmont, l’Australienne débute très tôt le sport. D’abord par la natation où elle remporte plusieurs titres régionaux et nationaux dans

les catégories juniors. Cette domination chez les jeunes, la nageuse la traduit en élite en décrochant le titre national en eau libre à seulement 14 ans. Véritablement passionnée par les sports aquatiques, elle est également engagée dans le sauvetage côtier, discipline très populaire en Australie, où elle se forge une solide endurance.

À partir de l’âge de 19 ans, un coach, impressionné par son profil, lui conseille de tester le triathlon, un sport fait pour elle selon lui. Lauren l’écoute et se tourne vers le ce sport, où elle peut mettre à profit ses qualités de nageuse et de fondeuse. Parker s’entraîne alors sous la direction de l’entraîneur Brad Fernley, avec lequel elle collabore encore aujourd’hui.

D’abord, elle se tente sur la distance olympique avant de réalisée qu’avec son profil, la longue distance était faite pour elle (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42,2 km de course à pied). Après ce changement, tout s’accélère pour Lauren Parker ! En 2014, l’Australienne remporte son tout premier IronMan, lui permettant de se qualifier à ses premiers mondiaux. L’année suivante, elle se classe deuxième de sa catégorie (25 – 29 ans) lors du Championnat du monde Ironman à Kona (Hawaï), l’épreuve de référence du triathlon longue distance. Elle poursuit sa progression parmi les triathlètes professionnelles australiennes et vise, en 2016, une qualification pour le circuit professionnel de l’Ironman après des années de blessures :

« Pendant mon temps de triathlète, j’ai souffert de 8 fractures de stress dans les jambes. Ce n’est pas dû à un surentraînement mais à une carence osseuse. Ce fut un énorme revers. Je n’ai jamais vraiment participé à un triathlon avec une préparation complète à la course, mais je savais que j’avais la capacité de courir vite. »

Battre ses démons

Cette période idyllique cache en réalité, une adolescente et une jeune adulte brisée émotionnellement. Pour Lauren, c’était une lutte permanente avec ses démons. Le soir après les entraînements, l’Australienne s’automutilait afin de fuir son quotidien. De même, se regarder dans le miroir était impossible pour elle puisqu’elle détestait son image corporelle. Durant cette période noire de sa jeunesse, le sport la sauver ! C’était son seul exutoire :

« Avoir du sport dans ma vie était, et reste, mon exutoire. Je suis sortie de l’autre côté et je veux apporter de l’espoir à toute femme qui souffre de la même façon, de rester forte et de croire qu’elle est digne. »

Le choc de l’accident

Le 22 avril 2017, lors d’une séance d’entraînement sur route à proximité de Stockton, dans la région de Newcastle, Lauren Parker est victime d’un grave accident de vélo. En raison de l’éclatement d’un pneu, elle chute à environ 45 km/h et percute une barrière métallique. Elle subit de multiples fractures : deux côtes cassées, un poumon perforé, une clavicule et des omoplates brisées, ainsi qu’une lésion de la moelle épinière qui la rend paraplégique. Cette première nuit après, l’opération a été très difficile pour elle :

« Je repense souvent à cette première nuit à l’hôpital où la famille et les amis étaient rentrés chez eux et qu’on venait de me dire que je ne marcherais plus jamais. C’était l’une des pires nuits de ma vie. Je me sentais piégé et je ne pouvais ni m’échapper ni bouger littéralement. »

Hospitalisée pendant plusieurs mois, elle entame une rééducation longue et intensive. L’accident met un terme définitif à sa carrière de triathlète valide, mais Parker découvre la para natation durant sa covalence, une délivrance ! Après la première séance, l’Australienne n’a plus voulu quitter les bassins du centre.

La découverte du paratriathlon

Durant son séjour au centre de rééducation, Lauren Parker était régulièrement l’invitée de Bob Babbitt sur son émission radio. Un jour, il lui pose cette question banale « souhaites-tu reprendre le triathlon ». Sans hésiter, l’Australienne lui répond oui sans savoir si c’était possible. C’est là que son ami lui parle du para triathlon :

« À cet instant, j’ai trouvé un nouvel espoir et de nouveaux objectifs. »

A la sortie du centre, Lauren par pour un week-end de triathlon où elle a pu rencontrer des personnes de tous âges et/ou confrontée de nombreux obstacles physiques. Ces deux jours, lui a changé la vie :

« J’ai vu que chaque personne avait un sourire aux lèvres, ce qui m’a donné l’espoir que, s’ils pouvaient le faire, alors je pouvais le faire. S’ils peuvent être heureux, je peux être heureux. J’ai été inspiré et j’ai retrouvé ma motivation pour le triathlon. »

Elle décide alors de remprendre l’entraînement, encadrée par son coach Brad Fernley et soutenue par Triathlon Australia, Parker reprend progressivement l’entraînement en 2018. Elle s’équipe d’un handbike pour le segment cycliste et d’un fauteuil de course pour la partie finale. Son objectif est d’intégrer la catégorie PTWC, qui regroupe les athlètes en fauteuil roulant.

Moins d’un an après son accident, elle participe aux Jeux du Commonwealth de Gold Coast (Australie) en avril 2018 et remporte la médaille de bronze en paratriathlon. Ce résultat marque son retour officiel à la compétition internationale.

Les débuts d’une ascension fulgurante sur la scène internationale

En 2019, Lauren Parker remporte son premier titre de championne du monde lors des Championnats du monde ITU (International Triathlon Union) à Lausanne, en Suisse. Ce succès confirme sa place parmi les meilleures athlètes mondiales de la discipline.

Elle poursuit sur cette lancée et accumule les victoires sur le circuit international. Sa constance et sa capacité à performer sur tous les formats de la courte distance à l’Ironman, en passant par les compétitions paralympiques, lui valent une reconnaissance rapide au sein du mouvement paralympique australien.

Sélectionnée pour représenter l’Australie aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020, reportés à 2021 en raison de la pandémie, Parker termine deuxième du triathlon féminin PTWC. Elle est battue pour 0,01 seconde par l’Américaine Kendall Gretsch, à l’issue d’une des courses les plus serrées de l’histoire du paratriathlon.

Malgré la défaite, sa performance est saluée, Lauren Parker devenant à cette occasion l’une des figures les plus médiatisées du handisport australien.

La domination du paratriathlon PTWC mondial 

À partir de 2021, Lauren Parker s’impose durablement sur la scène internationale. Elle remporte successivement le Championnat du monde ITU en 2021, 2022, 2023 et 2024, confirmant une régularité exceptionnelle. 

Lors de l’Ironman World Championship 2022 à Kona, elle établit un nouveau record du parcours handisport, devenant la première athlète paraplégique à boucler l’épreuve en moins de 14 heures dans sa catégorie.

Parker combine ainsi les circuits paralympiques et d’endurance longue distance, ce qui est rare dans le haut niveau handisport.

La consécration des Jeux paralympiques de Paris 2024

Aux Jeux paralympiques de Paris 2024, Lauren Parker réalise un double exploit. Elle remporte d’abord la médaille d’or en paratriathlon PTWC, avant de s’imposer également en para-cyclisme sur route H1-4. Ce doublé fait d’elle la première athlète australienne depuis plus de quarante ans à décrocher deux médailles d’or paralympiques dans deux disciplines différentes au cours d’une même édition.

À l’issue des Jeux, elle est choisie comme porte-drapeau de la délégation australienne pour la cérémonie de clôture.

Une légende reconnue et distinguée

En 2024, Lauren Parker est élue Paralympienne australienne de l’année et Athlète féminine paralympique de l’année par le Comité paralympique australien.

En janvier 2025, elle reçoit la Medal of the Order of Australia (OAM), l’une des plus hautes distinctions civiles du pays, pour ses performances sportives et sa contribution à la visibilité du handisport.

Elle est également récompensée par Triathlon Australia et AusCycling pour sa double carrière réussie en triathlon et en cyclisme.

À 37 ans, Lauren Parker reste engagée dans la compétition de haut niveau. Après s’être essayée aux sports d’hiver, elle s’est qualifiée aux Jeux Paralympiques de 2026 à Milano Cortin en ski de fond et biathlon, devant la huitième australienne à mêler dans sa carrière été et hiver. Elle a également annoncé son intention de participer aux Jeux paralympiques de Los Angeles 2028, tout en poursuivant sa carrière sur le circuit international de paratriathlon et de para-cyclisme. Ses performances constantes depuis 2019 en font aujourd’hui l’une des athlètes les plus titrées du paratriathlon mondial :

« Ce n’a pas été un parcours facile d’être au sommet de mon sport tout en traversant de nombreux revers, problèmes de santé et opérations, et en essayant d’accepter ma nouvelle vie en fauteuil roulant. Même si chaque fois que je me fais renverser, je me relève et je continue à me battre. »

Presque invaincue depuis 2021

Lauren Parker n’a perdu qu’une seule grande compétition internationale de para triathlon depuis son sacre aux mondiaux de 2022

La première Australienne aux Jeux d’été et d’hiver

En 2026, elle devient la première athléte australienne à participer à au moins une édition paralympique d’été et d’hiver

En paratriathlon

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 5x Championne du Monde
  • 1x Vice championne du monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 4x Championne d’Océanie
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth

En paracyclisme

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du Monde

Sportives

  • 1x Athlète des athlètes par Triathlon Australia
  • 3x Para cycliste de l’année par AusCycling
  • 2x Prix de la performance de l’année par Triathlon Australia
  • 1x Prix de la performance de l’année du para-triathlon par Triathlon Australia
  • 3x Prix de la performance de l’année du para-triathlon féminin par Triathlon Australia
  • 2x Prix Chris Hewitt par Triathlon Australia

Médiatiques

  • Médaille de l’Ordre d’Australie
  • 2x Prix de la performance sportive (handisport) par l’AIS
  • 1x Athlète paralympique de l’année
  • 1x Athlète féminine paralympique de l’année
  • 2x Prix Ian Thorpe par l’Institut des sports de Nouvelle-Galles du Sud
  • 5x Handi athlète de l’année par Sport NSW
  • 1x Prix du comeback de l’année par l’Australian Women’s Health Sport Awards

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