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Hadda Guerchouche

Hadda Guerchouche

Hadda Guerchouche au bord de la piscine

Hadda Guerchouche - Allier sport et thérapie

1965 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Allier sport et thérapie, c’est le chemin que Hadda, ex-Paralympienne, a décidé d’emprunter, laissez-moi vous raconter comment.

Dès son enfance, Hadda Guerchouce est une enfant très en colère avec une immense quantité d’énergie. Elle est atteinte par la poliomyélite, une maladie infectieuse qui peut entraîner une paralysie des membres inférieurs. Elle est placée dès l’âge de deux ans en institution (établissement spécialisé), elle y reste durant dix-sept ans. Cette situation, elle le vit très mal, en grande partie à cause du manque d’attaches familiales. La découverte de la natation à 13 ans lui a permis, pour la première fois, de se sentir libre et surtout sans handicap. Son moyen de s’évader trouvé, Hadda ne le lâche pas d’une semelle. Elle poursuit consciencieusement ses entraînements.

Les entraînements

Cependant, ce n’est qu’une fois sortie des institutions et après quelques emplois assez peu payés, que sa carrière sportive ne débute réellement. En effet, elle est repérée par le CREPS de Dinard en tant qu’éducatrice sportive, spécialisée dans le handisport. Elle y passe son Brevet d’Etat d’Educateur Sportif. Hadda devient alors spécialiste de

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Les Jeux Paralympiques

Cette opportunité lui a permis de bénéficier d’un meilleur entraînement, l’emmenant vers les compétitions de haut niveau : les championnats d’Europe (qu’elle remporte en 1995) puis les Jeux Paralympiques. Elle participe à deux reprises aux Jeux, Barcelone 92 et Atlanta 96, où elle décroche respectivement l’argent et le bronze.

L’édition espagnole restera gravée dans sa mémoire comme la meilleure pour elle. Ceci est dû en partie au fait que pour la première fois, les Paralympiques étaient organisés sur les mêmes lieux que les JO. Ainsi, Hada Guerchouche a pu utiliser les infrastructures habituellement dédiées aux Olympiens et qui étaient, à l’époque, bien mieux équipées que celles des Paralympiens. Le rôle du public a aussi été déterminant. Les places d’accès aux compétitions étaient gratuites et le public a rapidement jouer le jeu, devenant un soutien lors des épreuves.

Reconversion

Après ces événements, Hadda Guerchouche décide d’arrêter les compétitions à haut niveau à cause du stresse et de l’angoisse, beaucoup trop présents à son goût. En 2010, elle crée sa propre structure de coaching sportif. Ce service lui permet de se rendre compte que « [son] handicap n’était plus un adversaire mais un partenaire ». Elle se lance alors dans la formation d’un cabinet thérapeutique, où elle utilise le sport comme moyen de gestion des émotions.

Aujourd’hui, Hadda Guerchouche travaille principalement en milieu carcéral. Ses activités permettent aux détenus de ressentir la même sensation de liberté qu’elle avait perçue lors de ses premiers pas en natation. A travers le sport, elle aide ces derniers à supporter le quotidien :

« L’idée c’est de les aider à porter leur attention sur ce qu’il y a de possible ».

Son envie de travailler dans ce milieu lui vient, aussi surprenant soit-il, d’un rêve d’enfant. En effet, passionnée par Al Capone, Hadda a toujours voulu travailler dans ce domaine, de plus, l’aspect « à part » de cet univers l’intrigue. Mais Hadda fournit également ses services auprès de personnes handicapées, dans l’optique qu’ils changent de regard sur eux-mêmes.

Interview de Hadda Guerchouche

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Hadda Guerchouche

Gwendoline Matos

Gwendoline Matos qui s'accroche au but lors d'un match de goalball

Gwendoline Matos - Une pionnière du goalball français

1983 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Gwendoline Matos naît en 1993 à Viriat dans l’Ain. A l’âge de sept ans, elle découvre qu’elle est malvoyante à cause d’une maladie génétique rare. Sa scolarité devient alors compliquée puisqu’elle subit des moqueries de la part de ses camarades mais également de son professeur qui ne l’intègre pas dans la classe. La découverte d’une école spécialisée pour malvoyants à Besançon va mettre fin à son malheur. A dix ans, elle entre donc au Creesdev où elle vit une scolarité plus sereine puisque ses camarades ont plus ou moins le même handicap qu’elle. Elle ne subit par conséquent plus de moqueries.

Sa découverte du sport

C’est dans cet établissement qu’elle découvre le monde du handisport, en premier lieu en cours d’EPS. Elle est d’abord initiée au Torball, un sport similaire au Goalball

mais joué seulement au niveau européen. Au collège, elle participe à des compétitions de Torball et d’athlétisme. A quatorze ans elle intègre le club de Torball de Besançon. Par la suite, Gwendoline Matos est admise dans l’équipe de France.

Un choix à faire

Sa découverte du Goalball remonte à l’année 2016 . Lors d’une journée découverte organisée à Lyon, les organisateurs lui ont annoncé que le Goalball serait présent aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. S’offre alors à Gwendoline Matos deux possibilités : continuer ou changer avec pour objectif les Jeux Paralympiques. Gwendoline n’hésite pas longtemps et décide de commencer le Goalball.

Qu’est-ce que le goalball ?

C’est sûrement la question que vous vous posez et c’est bien pour cela que j’écris cet article, les sports paralympiques et leurs championnes étant encore bien trop méconnus. Le Goalball est l’unique sport collectif féminin paralympique pour les malvoyantes présents aux Jeux. Il se joue sur un terrain de neuf mètres par dix-huit et oppose deux équipes de trois joueuses. Le but est de marquer dans les cages adverses, seulement dix secondes après avoir récupéré la balle. Le ballon est un équivalent du ballon de basket, avec des grelots pour que les joueuses sachent où il est sur le terrain. Des marquages au sol sont également présents pour se repérer et un match se déroule en deux mi-temps de douze minutes.

Se préparer pour les Jeux

Suite à ce tournant dans sa carrière sportive, Gwendoline Matos a dû intensifier sa préparation physique et mentale pour pouvoir rester dans la sélection nationale des Jeux Paralympiques. En effet, en 2024, la sélection changeait tous les mois et pour être sélectionné il fallait participer au championnat national. Elle a également changé de travail pour avoir plus de temps pour s’entraîner. Elle a donc quitté son emploi de standardiste à la mairie de Besançon pour intégrer le standard du département du Doubs. Elle obtient un aménagement dans son emploi du temps qui lui permet de s’entraîner durant ses heures de travail et qui lui accorde quarante jours de congé en plus par an pour les compétitions et les stages. En 2024, Gwendoline Matos est passée à mi-temps pour ralentir son rythme effréné et lui permettre quelques pauses entre sa vie perso et le sport. 

Les Jeux Paralympiques

L’année 2024 a été pour elle forte en émotion. En effet, avec sa participation aux JO, c’est huit ans d’entraînement pour atteindre ses objectifs qui sont récompensés. Elle garde un souvenir inoubliable de ces deux semaines de Jeux qui lui ont permis de profiter du public, des infrastructures exceptionnelles et des échanges avec d’autres para-athlètes. Cette année 2024 lui a aussi permis de rencontrer d’autres équipes nationales lors de stages d’entraînement. Gwendoline Matos a pu notamment faire la connaissance de l’équipe de Turquie qui, contrairement à la France, est professionnelle. Ces rencontres enrichissantes lui ont donné l’occasion de découvrir d’autres manières de s’entraîner et de jouer. Cependant, comme toute sportive, la carrière de Gwendoline a été ponctuée de défaites et savoir relever la tête n’est pas une chose simple à faire. Mais comme elle aime si bien le dire :

« Finalement, les défaites nous permettent toujours de nous fixer de nouveaux objectifs et de se projeter ».

Interview de gwendoline matos

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Hadda Guerchouche

Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Anne Wafula

Anne Wafula - Le fauteuil de la liberté

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Un fauteuil lui a ouvert les portes du monde, alors elle essaie de le changer.

Anne Wafula était encore une dynamique petite fille de deux ans du village de Mihuu au Kenya lorsqu’une étrange maladie se développe chez elle, l’empêchant petit à petit d’utiliser ses bras, puis ses jambes. Ce n’est qu’après avoir quitté son village avec sa famille pour rejoindre la capitale, Nairobi, que la famille Wafula apprend ce qui est arrivé à la petite Anne : la polio.

La réeducation

Prise en charge, elle retrouve le fonctionnement de ses bras, mais que partiellement 

de ses jambes, qui l’obligent à se déplacer constamment avec des béquilles et des attelles pour les jambes. Brimée par les camarades de son âge pour son handicap, ses parents l’inscrivent dans une école pour enfants atteints de handicap, ce qui lui permet de reprendre ses études en confiance. Malheureusement, une bonne nouvelle comporte son lot d’embûches dans sa vie. Anne perd sa mère quelques années après avoir commencé son cursus. Affectée, Anne Wafula réussit néanmoins à continuer l’école, jusqu’à devenir la première de sa famille à être diplômée de l’université.

Sa découverte du sport

Jusqu’ici, le sport n’est pas intervenu dans sa vie. Il va encore falloir quelques péripéties, qui commencent lorsqu’elle rencontre un jeune britannique du nom de Norman Strike. Ils se plaisent mutuellement, si bien qu’Anne Wafula le rejoint chez lui, en Angleterre. Ils se marient, et c’est alors qu’elle a donné naissance à son fils qu’elle essaie son premier fauteuil roulant. Malgré les contraintes inhérentes à ce moyen de locomotion, c’est une nouvelle liberté qui s’offre à elle. Elle commence à aller à la salle de sport, puis découvre la course en fauteuil grâce à son prof de sport. Une expérience qui va très rapidement se transformer en nouvelle passion.

Sa carrière sportive

Entraînement après entraînement, Anne Wafula Strike s’améliore, si bien qu’elle est appelée par l’équipe nationale kényane pour participer aux Jeux paralympiques de 2004, devenant alors la première ressortissante d’Afrique sub-saharienne à concourir dans une course paralympique en fauteuil. À partir de 2006, c’est sous les couleurs de son pays d’adoption qu’elle concourt, profitant ainsi des équipes d’entraînements britanniques. La néo-internationale britannique arrive alors aux Jeux paralympiques Visa de 2007 et remporte la médaille de bronze du 400m, course dans laquelle elle était mal engagée sur la fin, à bout de force, mais ayant quand même réussi à se mobiliser pour décrocher la plus belle récompense de sa carrière. Elle a également détenu pendant un moment les records de Grande-Bretagne du 100m et du 200m.

Son militantisme

Anne Wafula Strike va pleinement utiliser la plateforme médiatique durement gagnée pour mettre en avant les combats qui lui tiennent à cœur. Si elle peut motiver les jeunes filles à se battre pour leurs objectifs, alors elle va se donner à fond pour les accompagner. Son secret, qu’elle a érigé comme un mantra : “ne jamais renoncer”. Elle participe à de nombreuses courses de charité pour récolter de l’argent pour des associations luttant aux côtés des droits des athlètes atteints de handicaps. Elle a donné naissance à une fondation pour offrir des fauteuils roulants aux jeunes enfants africains, se rappelant qu’elle-même avait dû attendre d’arriver en Angleterre pour obtenir le sien, ainsi qu’à la Olympia-Wafula Foundation, qui travaille avec de nombreux pays du Commonwealth.

Son militantisme a également pu être observé à un niveau institutionnel, rejoignant en 2015 UK Athletics pour les questions d’accessibilité au sport, en charge des campagnes pour l’inclusion et la diversité à partir des Jeux de Rio. Elle explique :

“J’ai vu la douleur dans les yeux de jeunes filles dont les ambitions ont été anéanties simplement parce qu’elles sont des filles ; j’ai vécu les difficultés auxquelles les Noirs sont confrontés pour être reconnus comme égaux, même en 2020″

c’est pourquoi elle veut faire changer les choses.

Les changements qu’elle inaugure dépassent même le secteur du sport professionnel, que ce soit dans l’industrie ou dans la vie de tous les jours. Pour son engagement sans faille, Anne Wafula Strike a été décorée membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre.

Terminons par ses propres mots :

“Ability is what you are capable of doing. Motivation determines what you do. Attitude determines how you do it ».

Une première pour le Kenya

En 2004, elle devient la première la sub-saharienne, et donc kényane à participer aux Jeux Paralympiques.

En athlétisme

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques Visa

Médiatique

  • Membre de l’Empire britannique​

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Hadda Guerchouche

Angela Madsen – La Reine des Océans

Angela Madsen

Angela Madsen - La Reine des Océans

1960 à 2020 - écrit par simon ménard

L’histoire d’Angela Madsen, c’est celle d’une femme qui a toujours essayé de se relever malgré les coups du sort. Jusqu’au bout, c’est le bonheur de l’effort et la liberté qu’elle aura recherchée.

Angela Madsen est une sportive née, à la condition physique très prometteuse. Alors qu’elle envisage de suivre un cursus sportif pour tracer sa route vers les Jeux Olympiques, Angela Madsen accouche d’une fille à seulement 17 ans, devenant mère célibataire, ce qui lui dresse des bâtons dans les roues pour accéder à son objectif. Ses plans changent, et face à un provocateur affirmant qu’elle n’arriverait jamais à rejoindre l’armée, bien qu’issue d’une lignée de militaires, elle s’engage auprès des marines. Une fois sa formation réussie, l’armée lui accepte de lui fournir une maison 

pour elle et sa fille. Elle est envoyée en mission dans plusieurs États, et notamment en Californie, à El Toro, où elle rejoint l’équipe de basket de son unité en tant que pivot. Elle est alors repérée l’équipe féminine des Marines.

Deux gros accidents

C’est alors peut-être le début de sa carrière sportive, comme elle l’avait espéré. Elle commence l’entraînement en 1980. Mais lors de la première séance, elle tombe sur le terrain, et une de ses coéquipières, dans le mouvement, marche sur son dos. Le choc brise deux disques de la colonne vertébrale d’Angela, et dans le même temps avorte son expérience en basket. Petit à petit, Madsen, qui souffre de douleurs chroniques et d’une sciatique, récupère en suivant une thérapie. Mais Angela n’est malheureusement pas au bout de ses peines.

En 1991, elle est victime d’un accident de voiture. Verdict, une jambe et plusieurs côtes cassées, qui viennent s’ajouter à ce dont elle souffrait déjà depuis 1980. Elle est obligée de subir une opération l’année suivante, qui lui laisse les deux jambes paralysées, celles-ci ne pouvant être sauvées. Une opération qui ne sera pas remboursée par le corps des Marines, qui récupèrent également la maison qu’ils avaient mise à sa disposition lorsqu’elle les avait rejoints. Un des médecins de l’hôpital des anciens combattants à Long Beach ose même lui dire que sa “condition physique est un gaspillage de vie humaine”. Face à cet enchaînement que la vie lui offre, Angela Madsen devient sans domicile fixe, et commence à souffrir de dépression.

Ses déclics

Malgré tout, l’ancienne militaire, et n’attend qu’un déclic pour se relever. Cette occasion, elle va l’avoir alors qu’elle assiste à un match des Jeux nationaux des vétérans américains. Angela y fait sa rencontre avec le basket-fauteuil. Si le basket est à l’origine de sa blessure, ce sport peut aussi lui permettre de se reconstruire. Elle évolue alors aussi bien avec l’équipe féminine que masculine.

Puis advient ce qui aurait pu être le dernier drame fatal, mais qui va se transformer, par la force de la volonté de Madsen, en moment crucial pour se lancer dans sa nouvelle vie : après être tombée sur les rails du métro à San Francisco, elle craint s’être brisée le cou. Une fois sortie d’affaire, sans séquelle supplémentaire après avoir été relevée in-extremis par deux passants, elle se force à réévaluer sa vie, et ce qu’elle a envie de devenir. C’est désormais clair pour elle : Angela va décider de vivre pleinement son handicap.

Du basket à l’aviron

En 1998, elle est invitée par le sponsor de son équipe de basket-fauteuil, Casa Colina, à un évènement d’aviron. C’est un coup de foudre total. Elle est émerveillée par le fait de pouvoir effectuer ce sport sans avoir à monter dans son fauteuil roulant, et se découvre un talent naturel à pagayer. Si bien qu’en 2002, alors que l’aviron adapté est ajouté au casting des championnats du monde, elle s’y qualifie et remporte la médaille d’argent. Une première réussite en guise d’échauffement. Angela Madsen installe lors des trois années suivantes une domination sur la catégorie deux de couple, s’adjugeant systématiquement la médaille d’or.

Traverser les océans

En parallèle de cette carrière en aviron, Angela, toujours plus éprise de liberté, commence à s’intéresser aux évènements d’aviron en plein océan. Sa progression se fait distance par distance. Après avoir réussi plusieurs sorties de 20km, elle fait la rencontre de Tori Murden. Cette dernière est la première américaine à avoir traversé en aviron solo l’océan atlantique. Grandement inspirée par Murden, Angela Madsen se lance dans l’expérience de ce voyage transatlantique, à travers plusieurs tentatives. C’est en 2007, soit seulement cinq années après sa première médaille en aviron, qu’Angela devient la première personne atteinte de handicap à traverser l’océan atlantique en aviron de bout en bout.

Puis en 2009, au sein d’une équipe de huit personnes à bord du “Aud Eamus”, la première femme à traverser l’océan indien. On peut ajouter à ce déjà probant palmarès un tour de Grande-Bretagne à la rame, accompli aux côtés d’une équipe 100% féminine en 2010. La lutte pour la reconnaissance du sport féminin va caractériser ses apparitions médiatiques, comme son soutien à la communauté LGBT, en abordant ouvertement son homosexualité et en participant à de nombreux évènements. 

L’athlétisme

Si Angela Madsen participe bien aux Jeux Paralympiques de 2008 en aviron, ce n’est pourtant pas dans ce sport qu’elle va être médaillée, bien qu’elle finisse à seulement 0,7 secondes du bronze. Même si elle a déjà habitué à être une véritable touche-à-tout, Madsen surprend tout de même en prenant la route des stades. Elle participe à sa première course en 2011, se qualifiant pour les Jeux de 2012 à Londres en lancer de poids et de javelot. Si elle finit cinquième de sa catégorie au javelot, un lancer du poids à 8,88m lui permet d’obtenir le bronze, sa première médaille paralympique. Ses qualités de lanceuse de poids sont telles qu’elle établit un nouveau record du monde en 2016 avec 9m43.

Même après avoir touché à d’autres sports, Angela Madsen ne se détourne pas de l’aviron. Elle cherche à parcourir les différentes mers et autres océans du globe, lui permettant de détenir 14 records reconnus comme Guiness World Record, dont celui de la femme ayant parcouru le plus d’océans. Angela Madsen trouve la mort en 2020 alors qu’elle tentait d’effectuer, à 60 ans, la traversée entre Los Angeles et Hawaï. Un parcours de 4.000km en solo derrière la caméra de Soraya Simi, qui l’aurait vu devenir la première femme paraplégique à accomplir le parcours. La réalisatrice assure qu’Angela, consciente du risque qu’elle encourrait avec cette traversée hors norme, était “prête à mourir en faisant ce qu’elle aimait le plus”.

Traverser les océans

Elle est la rameuse ayant traverser le plus d’océan, avec un total de quatre sur sa carrière.

De nombreux records

Au cours de sa vie, Angela Madsen aura réalisé 14 records du monde dont certains tiennent toujours.

Le plus grand équipage

Elle a fait parti du plus grand équipage à traverser un océan avec seize personnes présentes.

En aviron

  • 3x Championne du monde du deux de couple
  • 1x Vice championne du Monde du skiff

En athlétisme

  • 1x Médaillée de bronze aux Jeux Paralympiques au poids
  • 1x Championne panaméricaine du javelot
  • 2x Vice championne panaméricaine du poids

Médiatique

  • Prix d’athlète d’excellence par la Fondation for Global Sport Development en reconnaissance pour son travail auprès des jeunes et de diverses communautés

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Hadda Guerchouche

Alana Nichols – Miss tout terrain

la sportive Alana Nichols

Alana Nichols - Miss tout terrain

1983 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Rares sont les athlètes et para-athlètes à réussir à performer dans plusieurs sportives différentes. Encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent à glaner des médailles aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Alana Nichols est de cette espèce, marquée par la résilience et une passion pour les sensations fortes.

Native de New Mexico, Alana Nichols grandit sans son père, assassiné alors qu’elle est seulement âgée de neuf mois. Elle est alors élevée par ses grands-parents. Les hivers, elle les passe dans le Colorado. C’est là-bas qu’elle découvre le snowboard et la joie procurée par les descentes de pistes à toute vitesse. En l’an 2000, Nichols se lance pour tenter de réussir son premier “backflip”, salto-arrière, en snow. Du haut de ses dix-sept ans, elle se dit qu’elle a toute la vie devant elle, et de très nombreux projets

 à accomplir, comme en softball, rêvant d’intégrer l’équipe nationale de ce sport qu’elle pratique au lycée. Ce salto arrière, elle l’avait préparé tout l’été, s’entraînant avec son snow sur un trampoline dans son jardin. Mais elle chute lourdement en ne contrôlant pas son saut, et son dos retombe avec fracas sur un rocher dissimulé sous la faible couche de neige. Alana Nichols se retrouve ainsi paralysée intégralement des membres inférieurs.

Le basket fauteuil

Pour relever la tête suite à son accident, Nichols décide de ne pas se détourner du sport, sa passion première. C’est ainsi qu’elle découvre le basket fauteuil, par hasard, en souhaitant prendre un raccourci passant par le gymnase de son lycée. Il ne lui faudra pas longtemps pour être initiée au haut niveau, et rejoindre l’équipe états-unienne. Le basket, elle l’avait déjà pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’il lui restait à faire était de comprendre comment y jouer maintenant que ses jambes étaient bloquées dans un fauteuil. Ce fut comme une seconde naissance sportive, un éveil à sa nouvelle personnalité. Non retenue pour Athènes en 2004, elle patiente et s’entraîne durement pour la paralympiade suivante. En 2008, à Pékin, Alana Nichols remporte la médaille d’or dans sa discipline, au sein de l’équipe des USA.

Direction les Jeux d’hiver

Une performance remarquable aux Jeux d’été, huit ans après son grave accident. Mais son environnement sportif privilégié reste la montagne enneigée. D’autant plus que depuis son accident, Alana Nichols ne cesse de penser à ce sport auquel elle veut se confronter à nouveau. Il lui a pris ses jambes, mais pas sa volonté, qui n’en a été que décuplée. Elle découvre alors le ski assis, qu’elle décide de maîtriser à la perfection en quittant l’Alabama pour le Colorado de son enfance. Grâce à un travail acharné, Alana Nichols décroche sa participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010, soit seulement deux années après le titre des Etats-Uniennes en basket fauteuil à Pékin. Et sur quatre épreuves, Nichols repart avec quatre médailles. D’abord en bronze sur le super-combiné. Puis en argent, sur le super-G. Et enfin deux en or, en descente et en slalom géant. Une performance plus que remarquable, qui place l’Etats-Unienne dans le cercle très restreint des athlètes ayant remporté des titres aux Jeux d’été et d’hiver. Une autre médaille s’ajoute à son palmarès en 2014 à Sotchi, en descente. Mais, on commence à le comprendre, pour Alana Nichols deux sports paralympiques, ce n’est pas assez.

Nouveau changement

Alors qu’elle se reposait à Hawaï suite aux Paralympiades de Londres (Basket, 2012) et Sotchi (Ski, 2014), Alana est introduite au para-kayak. C’est alors que naît dans sa tête l’objectif de devenir la première femme à concourir aux Jeux dans trois disciplines différentes. Sans véritable prédisposition ou connaissance accrue dans le domaine, Nichols s’entraîne avec acharnement, et finit par se qualifier pour les jeux de Rio 2016 en para-kayak. La septième place qu’elle obtient au final n’est qu’anecdotique : encore une fois, elle s’est donnée un objectif, et elle l’a atteint. En seulement deux ans, elle est passée de novice dans cette nouvelle discipline à athlète paralympique.

Sa mentalité

Toutes ces épreuves couronnées de succès n’ont pu l’être que par le mental à toute épreuve que s’est forgée Alana Nichols. Elle en parle en ces termes :

« Ne me dit pas que c’est impossible car je le ferais. »

Ambassadrice du surf

Au-delà de la performance physique, c’est le fait de définir des objectifs à atteindre qui l’animent. La fin de sa carrière professionnelle n’a pas signé la fin de sa pratique du sport. Nouvelle discipline : le surf adapté, qui devient sa nouvelle obsession. Elle se mue même en ambassadrice de cette discipline. Passion qu’elle conjugue avec son rôle de mère, un autre des objectifs qui lui tenaient à cœur d’accomplir, et ses activités d’avocate diplômée. Quand on lui pose des questions sur son accident, elle répond qu’elle a toujours aimé prendre des risques : 

« C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée dans mon fauteuil, mais cela m’a énormément servi en tant qu’athlète. »

Elle publie même sur Instagram un message :

« Merci pour ce corps paralysé, et toutes les façons dont-il peut bouger. »

Sa manière de prouver que rien n’est impossible, et d’inspirer les nouvelles générations.

Car Alana Nichols s’est également donnée pour mission d’informer sur le handicap, et de tout faire pour que les jeunes filles qui se retrouvent dans sa situation voient qu’il est possible de s’en sortir, et de pratiquer du sport comme n’importe qui. C’est ainsi qu’elle a collaboré avec la célèbre marque Barbie, qui a créé une poupée à son effigie, casque sur la tête et harnachée dans un ski assis. Alana Nichols est pareillement très présente auprès de la Women’s Sports Foundation Du haut de ses cinq titres paralympiques et de tout son travail sur l’acceptation du handicap, elle en devient même la présidente, étant investie dans ce rôle en janvier 2020. Aider les autres est ainsi devenu son nouvel et plus important objectif :

« Je veux qu’une jeune fille qui a perdu sa jambe dans un accident d’escalade voit qu’elle peut quand même retourner à la fac et obtenir son diplôme de master, mais aussi qu’elle peut participer aux Jeux paralympiques et remporter des médailles d’or. Croit en des objectifs plus grands que ce que tu espérais, et ne laisse pas l’ignorance de la société envers les personnes handicapées te définir. Rêve grand. »

Cinq paralympiades, trois sports

Alana Nichols est la première handisportive à participer aux Jeux Paralympiques dans un sport collectif, nautique et d’hiver.

Championne d’été et d’hiver

Elle est la première Etats-Unienne à remporter une médaille d’or aux Jeux Paralympiques d’hiver et d’été.

Une note parfaite

L’athlète est la première surfeuse de l’histoire à réaliser une note parfaite lors d’une compétition internationale. 

En skis

  • 2x Championne paralympique
  • 2x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du monde
  • 1x Championne des Etats-Unis

En basket-ball

  • 1x Championne paralympique
  • 2x Championne panaméricaine
  • 1x Championne NWBA

En kayak

  • 1x Podium en Coupe du monde

Sportive

  • 1x Athlète paralympique de l’année

Médiatique

  • 1x Sportive de l’année du Colorado

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    Paola Fantato – La Meastra du tir

    Paola Fantato

    Paola Fantato - La Meastra du tir

    1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

    Paola Fantato est une de ses athlètes qui, en plus de performer, permet à tous de rêver de pouvoir réaliser l’impossible. Elle laisse à ses successeurs un immense héritage : la frontière entre sport olympique et paralympique n’est pas si infranchissable.

    Paola Fantato est une archère italienne née le 13 septembre 1959. Oui, c’est bien une archère, et non une para-archère, bien qu’elle ait été médaillée à huit reprises aux Jeux paralympiques, dont cinq breloques d’or. Son handicap, elle le doit à une poliomyélite qui l’a forcé à se déplacer en fauteuil roulant dans les rues de Zevio, sa ville natale, dès ses jeunes années. Mais, face à cela, ses parents ont tout fait pour lui faire sentir qu’elle était comme tout le monde, que son handicap ne faisait pas d’elle

    quelqu’un d’anormal. Pour Paola Fantato, c’est l’attitude de sa famille envers elle qui lui a permis d’autant s’accomplir. Et les personnes qui la moquaient pour son handicap l’ont aidé, toujours selon elle, a façonné son caractère : sûre d’elle et déterminée.

    Une tireuse talentueuse

    C’est à l’âge adulte qu’elle commence à pratiquer le tir à l’arc en compétition, en ayant rencontré cette discipline par hasard, “comme cela arrive souvent avec l’amour de votre vie” dit-elle par rapport à ce qui va devenir son sport de cœur. Au départ, c’était surtout pour apprendre à se forger une carapace mentale, à résister à la tension et à la panique, et à contrôler son corps à la perfection. Mais très vite, c’est devenu bien plus. Notamment de par le fait que Paola affrontait ainsi, à l’entraînement, des valides. Elle participe à ses premiers paralympiques en 1988, à 29 ans, pour la première année où l’Italie qualifiait une équipe dans la discipline. Une compétition qui débute par une cinquième place pour l’équipe d’Italie, mais par une médaille de bronze en individuelle pour Paola Fantato. C’est le début d’une moisson pour l’Italienne, qui remportera une médaille d’or en individuel ou en par équipe à chaque édition de 1992 à 2004, avec le doublé par équipe et individuel en 2000 à Sydney.

    Les Jeux Olympiques

    Paola Fantato est donc une championne paralympique accomplie, mais également une athlète olympique. En effet, Fantato a participé aux Jeux Olympiques d’été d’Atlanta en 1996. D’abord au sein de l’équipe italienne, finissant à la 9e place de l’épreuve par équipes. Puis en individuel, terminant à la 54e place. Le plus impressionnant avec cette performance résidant peut-être dans le fait qu’elle ait, la même année au même endroit, remporté la médaille d’or par équipes et la médaille de bronze sur l’épreuve individuelle. Le tir à l’arc est une des rares disciplines olympiques à permettre une telle opportunité pour les athlètes paralympiques. Avant Paola Fantato, une archère néo-zélandaise, Neroli Fairhall, avait déjà réussi une telle performance, sans toutefois le même palmarès que l’Italienne. Paola Fantato raconte ensuite sur cette expérience :

    “Quand j’étais devant la cible, il n’y avait plus de handicap”.

    Hors des terrains

    Son parcours ne l’a pas seulement amenée sur les stands de tir. Travaillant chez Volkswagen de 1978 à sa retraite en 2010 pour vivre, elle a beaucoup contribué au sport paralympique italien à côté. Prenant sa retraite internationale pour se consacrer à sa famille, elle ne quitte pas totalement le monde du sport en étant élue dès 2001 au Conseil National du Comité Paralympique Italien (CIP).

    Tout cela fait d’elle une “légende”, sans en galvauder une once de sens. Ses performances ont aussi bien fait rayonner le handisport que le sport italien dans sa globalité, si bien qu’elle a été récompensée en 2015 par l’apposition de son nom sur une des tuiles du Walk of Fame du sport italien, inauguré dans le parc olympique du Firi Italico à Rome. Elle figure parmi les 100 premiers noms. Elle a également reçu des mains du président Ciampi l’Ordre de Commandeur de la République italienne. Paola Fantato a réussi une véritable performance qui l’a fait entrer dans l’histoire du sport, et dans la mémoire de tous, au-delà de la simple distinction entre olympique et paralympique. Un exemple pour tous les jeunes, handicapés ou non.

    Une archère handisportive aux JO

    Paola Fantato est la deuxième para-archère à participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques la même année.

    Une première pour Italie

    Elle est la première handisportive italienne à participer aux Jeux Olympiques.

    De nombreux records

    Durant sa carrière, l’Italienne a multiplié les records du monde en individuel. D’ailleurs, elle l’archère en fauteuil ayant eu le meilleur résultat en équipe aux JO.

    En tir à l’arc

    • 5x Championne paralympique
    • 1x Vice championne paralympique
    • 2x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 6x Championne du Monde
    • 3x Vice championne du monde
    • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 2x Championne d’Europe
    • 2x Médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens

    Sportives

    • Walk of Fame du sport italien
    • Collier d’or du CONI
    • 2x Diplôme d’honneur, champion paralympique
    • 1x Italian Paralympic Award

    Médiatique

    • Commandeur Ordre du Mérite de la République italienne

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