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Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Alicia Alonso

Alicia Alonso - La Révolutionnaire de l'Opéra

1920 à 2019 - écrit par Sarah Chesneau

Si vous vous intéressez au ballet, vous en avez probablement déjà entendu parler. Elle incarne la sensualité même et a su imposer son style dans le monde rigide de la danse classique : laissez-moi vous présenter l’histoire d’Alicia Alonso !

Alicia Alonso naît en 1920 à la Havane à Cuba. Dès son plus jeune âge, elle semble être destinée à la danse, trottinant sur la pointe des pieds lorsqu’elle est chez elle, bougeant au rythme des musiques classiques que diffusait sa mère dans le salon. Son inscription à la société musicale de la Havane à l’âge de neuf ans est donc une évidence pour elle. C’est ainsi qu’elle commence le ballet et ses débuts sont remplis de succès. En effet, deux ans après son inscription, alors qu’Alicia n’a que onze ans, 

elle interprète la valse de la Beautiful of the forest sur la scène de l’ancien auditorium de la Havane.

Direction les Etats-Unis

Elle poursuit son étude du ballet à Pro-Art Musical Society dans la capitale cubaine puis s’envole pour les Etats-Unis, ne pouvant résister à l’appel de « l’american dream ». C’est à New York qu’elle atterrit : elle a alors quinze ans. Poursuivant son rêve, elle est prise à l’American Ballet Caravan et travaille avec acharnement. La même année, elle rencontre Fernando Alonso, avec qui elle se marie. Aux Etats-Unis, Alicia connaît le succès : à partir de 1938, elle danse dans des comédies musicales à Broadway, dont Great Lady puis elle décroche une place de soliste au American Ballet, dont elle est membre fondateur, pour les deux années suivantes.

Devenue malvoyante

Cependant, un événement va bouleverser sa vie. En 1942, alors qu’elle performe sur scène, elle subit un décollement de la rétine qui la laisse presque aveugle. Elle se fait opérer, mais le mal est fait, la jeune femme est condamnée à ne distinguer plus que les ombres pour le reste de sa vie. Si son opération la force à rester alitée durant près d’un an et demi, cela ne l’empêche pas pour autant de danser, simplement, elle le fait avec ses doigts, à l’aide de sa mémoire. Comme elle aime si bien le dire :

« Moi, je danse dans ma tête. »

Son interprétation de Giselle

De retour sur scène en 1943, elle est prise au Metropolitan Opera House de New York, où elle interprète pour la première fois le personnage de Giselle, dans le ballet éponyme.

Giselle, nombreux sont ceux qui associent la célèbre danseuse à ce nom et pour cause ! Tout au long de sa vie, Alicia Alonso n’a cessé de réinventer ce personnage, créé pour elle selon certains. Durant un demi-siècle, Alicia joue Giselle en ne cessant jamais de l’enrichir et de la perfectionner. Elle avoue :

« Je n’ai jamais dansé deux fois la même Giselle. »

Comment danser en étant malvoyante ?

Pendant de nombreuses années, elle effectue des tournées mondiales dans des pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Son secret pour danser avec une vue plus que limitée ?

Avec l’aide de son mari, elle met en place un ingénieux système d’éclairage de différentes couleurs pour la guider sur scène. Alicia apprend également les positions de ses coéquipières et coéquipiers par cœur.

Une chorégraphe

Mais la renommée d’Alicia Alonso ne s’arrête pas à son rôle de danseuse, il s’étend à ses qualités de chorégraphe. Tout commence en 1948 quand elle décide de quitter les États-Unis pour retrouver son pays natal. Là-bas, elle y fonde sa propre compagnie et école de ballet, qui devient en 1959 le Ballet national de Cuba grâce à l’aide financière de Fidel Castro. Elle renonce donc pour un moment à sa popularité aux Etats-Unis pour se consacrer pleinement aux activités de sa compagnie, avec qui elle part en tournée à travers les pays d’Amérique du Sud. Alicia s’investit également dans la promotion du ballet à Cuba, notamment en participant au développement de la fondation de l’École nationale d’art.

Son style artistique

Son style unique, mélange de rythme, sensualité et grande technicité, fait la renommée de l’établissement qui s’inscrit bientôt en tant qu’un des meilleurs du monde. La danseuse réussit également un autre exploit : faire venir des hommes pour danser dans son ballet. En effet, durant les années 50 à Cuba, les danseurs étaient considérés comme des homosexuels et les premières tentatives d’Alicia se sont souvent soldées par des moqueries.

Ses propres ballets

Dès l’année 1951, elle crée ses propres ballets, interprète dans les plus grands opéras du monde, dont celui de Paris. Elle ne manque pas de chorégraphier a son goût certains grand classiques, à l’image de La belle au bois dormant ou encore Don Quichotte.

Alicia rentre définitivement dans la légende lorsqu’elle reçoit le prestigieux titre « Prima ballerina assolita », accordé aux meilleures ballerines. Elle est d’ailleurs la seule latino-américaine de l’Histoire à l’avoir obtenu. Elle arrête de danser à l’âge de 74 ans, mais continue de chorégraphier et d’enseigner jusqu’à sa mort en 2019, à l’âge de 98 ans.

Une ballerine malvoyante

Alicia est la première danseuse classique malvoyante à interpréter des grands rôles comme Giselle ou Carmen.

Une prima ballerina assolita

Elle est la seule Latino-américaine de l’histoire à avoir été « prima ballerina assoluta ».

Longévité

La Cubaine a interpréter des rôles principaux ou secondaires jusqu’à ses 75 ans.

Médiatiques

Au cours de sa vie, Alicia Alonso a reçu 122 distinctions nationales et 180 au niveau international. Permis elles :

  • L’Ordre du Premier Degré Félix Varela et Lázaro Peña
  • L’Ordre José Martí
  • L’Ordre des Arts et des Lettres
  • L’Ordre de la Légion d’Honneur
  • La nomination en tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO
  • Le prix de création d’Estrémadure
  • La Médaille d’or du Gran Teatro de La Havane
  • La Médaille d’or du Círculo de Bellas Artes
  • …

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Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Annette Kellermann – La sirène qui a révolutionné la natation

Annette Kellermann

Annette Kellermann - La sirène qui a révolutionné la natation

1886 à 1975 - écrit par simon ménard

Annette Kellermann, c’est d’abord une histoire d’amour entre une femme et un sport, la natation. Une passion qui la pousse à casser les codes et à se battre pour pouvoir vivre pleinement son idylle comme elle l’entend, faisant fit des mauvaises langues jusqu’à devenir une icône au-delà des bassins.

Annette Kellermann voit le jour en 1886 en Australie. A l’âge de six ans, les médecins lui diagnostiquent une poliomyélite, ou polio, une maladie contagieuse s’attaquant au système nerveux entraînant dans la plupart des cas une paralysie des jambes. Cela oblige la jeune fille à se déplacer en béquille et à porter des jambières de métal afin 

de retrouver de l’équilibre et se remettre de la maladie. Pour renforcer ses jambes, sa mère française et son père, musiciens de profession, la mettent à la natation dans le but de renforcer ses membres inférieurs. C’est dans ce contexte douloureux et dans un premier temps médical qu’Annette Kellermann découvre les bassins dans une piscine du nord de Sydney.

La réalité de la natation

Si cette pratique est autant encouragée, cela tient en partie au fait que les femmes sont acceptées dans le monde de la natation en rapport à l’absence de contacts et de violence qui offre alors un spectacle jugé acceptable par les bien-pensants du XIXe siècle.

Une renaissance

Encore loin de ces considérations, la jeune Annette s’épanouit dans l’eau, si bien que ses jambes regagnent la même puissance que ses camarades. Mais Kellermann ne s’arrête pas à cette réussite. Prise de passion pour la natation, elle se donne toute entière aux entraînements. À l’âge de quinze ans, elle remporte sa première compétition de vitesse, et fait preuve d’une maîtrise parfaite des différentes nages, la brasse et le crawl. Son attrait pour les bassins l’amène même à réaliser des plongeons depuis des hauteurs impressionnantes. Aucune des disciplines liées à la natation ne lui échappe, que les distances soient courtes ou longues. À 19 ans, elle fait partie des premières femmes à tenter la traverser de la manche à la nage. Bien qu’infructueuse puisqu’ayant été forcée de déclarer forfait au bout de dix heures de nages à cause d’un temps capricieux qui a déjoué ses plans minutieusement préparés, cette tentative prouve, s’il le fallait encore, que rien dans la natation ne l’effraie, et qu’elle est prête à beaucoup de sacrifices quitte à y consacrer des jours et des semaines. Toujours en 1905, Annette Kellermann est la seule femme parmi huit concurrents à s’essayer à la traversée de Paris à la nage. Elle boucle les 11,6km en 4h58, terminant ainsi à la quatrième place. Elle améliore l’année suivante son temps d’une heure. Des performances tout à fait remarquables.

Une problèmatique

Annette Kellermann n’est pas seulement une championne maîtrisant son art à la perfection : c’est une révolutionnaire face aux normes de son époque. Avant elle, les femmes étaient obligées de porter des maillots couvrants bras et jambes et dans des tissues amples, pour coller aux normes et ne pas incommoder les hommes. Mais ces “costumes de bains” sont loin de permettre de réaliser des exploits, les femmes étant entravées dans ces maillots de bain. Lors de sa première tentative de traversée de la manche, elle est notamment entravée dans ses mouvements par sa combinaison faite d’un pantalon cousue à une chemise.

Création du maillot une pièce

Annette Kellermann s’attèle donc à trouver une solution, et conçoit de ses propres mains une tenue adaptée à la pratique féminine de la natation afin de libérer les mouvements des femmes dans l’eau. Cela prend la forme d’une combinaison une pièce moulante et à manche courte, qui libère bras et jambes. Voulant ne pas être la seule à en profiter, elle conçoit et met en vente sa propre gamme de maillot de bain féminin. Les Kellermann’s ainsi nommés font face à des critiques des observateurs contemporains, mais remportent rapidement un grand succès, les performances que ces maillots de bain permettent étant sans commune mesure avec ceux d’alors. On lui reproche d’immoralement exposer les corps féminins, alors même que les hommes sont autorisés à nager nue. Elle fait fit des menaces et se donne corps et âme dans sa réforme, ce qui lui doit une arrestation sur une plage de Boston en 1907 pour “indécence” alors qu’elle se promenait en maillot de bain. La jeune femme convainc le juge du bien-fondé de ce nouveau maillot, qui la relaxe malgré ses nombreuses récidives. Les femmes sont alors autorisées à porter ces maillots, à condition d’arriver au bord des bassins en jupe. Annette Kellermann devient ainsi la pionnière du maillot de bain moderne.

Une sirène

Ses parents lui ont offert de par leur profession une éducation mettant en valeur la performance artistique. C’est pourquoi, alors qu’elle déménage à Melbourne avec sa famille, qu’Annette Kellermann se produit en tant que sirène dans l’aquarium de la ville pour gagner un peu d’argent. Cet attrait pour le domaine artistique lui ouvre les portes du ballet et de la natation synchronisée, une discipline qu’elle va grandement participer à populariser. Elle se produit avec sa troupe en Australie, en Europe et aux Etats-Unis devant des foules de spectatrices et spectateurs admiratifs. Son spectacle “la femme parfaite” attire de très nombreux spectateurs et l’emmène jusqu’à l’Alhambra à Paris. La presse est si séduite qu’elle est comparée à la Vénus de Milo.

Le cinéma

Le monde du cinéma est aussi séduit que le reste du monde, si bien que son charisme et sa maîtrise de la natation lui permettent de tourner dans plusieurs films. Même alors qu’elle s’essaie aux caméras hollywoodiennes, Annette Kellermann ne quitte pas totalement les bassins. La plupart de ses films, de La Fille de Neptune (1914) à Queen of the Sea (1918), gardent un rapport très fort avec l’eau et la nage. Fidèle à elle-même, elle réalise ses propres cascades, à l’image d’un plongeon de 28m de haut. Elle fait scandale, pour la seconde fois après ses maillots, en 1916 lorsqu’elle devient la première femme à apparaître nue à l’écran dans La fille des Dieux, avec seulement ses cheveux en tout et pour tout afin de dissimuler sa poitrine. En 1952, un biopic lui est consacré sous le titre de Million Dollar Mermaid ou La première sirène, avec dans le rôle principal une nageuse ayant marché dans les pas d’Annette pour se lancer dans le cinéma, Esther Williams.

Sa fin de vie

Annette Kellermann meurt à l’âge de 89 ans, en 1975. Sa vie consacrée à la natation a été agrémentée par la rédaction de livres de conseils beauté et santé. Alors qu’à 40 ans un journaliste lui demande comment peut-elle être encore aussi performante dans ses spectacles de natation synchronisée, elle répond qu’elle ne boit pas d’alcool ou de café et ne mange plus de viande pour favoriser sa bonne santé et donc ses performances. Ses cendres sont dispersées au-dessus de la grande barrière de corail, au large de l’Australie, permettant à la nageuse d’exception et pionnière de ce sport de retourner à son élément pour l’éternité. Elle possède aujourd’hui une étoile à son nom sur le Hollywood Walk of Fame.

Traverser la Manche

Elle est l’une des premières femmes à tenter la traversée de La Manche. Elle n’arrivera pas au bout dû au mauvais temps.

Traverser les capitales à la nage

Annette Kellermann est une des premières nageuses à traverser Paris par la Seine et Londres par le Danube. Elle la fait plusieurs fois !

En natation

  • 2x Championne de la Nouvelle-Galles du Sud sur le 100 yard et le mile
  • 1x Quatrième de la traverser de Paris

Sportive

  • Hall of Fame international de la natation internationale

Médiatique

  • Victorian Hoour Roll of Women
  • Hollywood Walk of Fame

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Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gomez

Mara Gómez - Briser le plafond de verre

1997 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

Cette joueuse transgenre a brisé le plafond de verre dans le monde du football professionnel. Elle s’est battue pour l’intégrer. Découvrez l’histoire de Mara Gómez, une Argentine persévérante et engagée !

Mara Gómez grandit dans le quartier de la Granja dans la ville de La Plata. À treize ans, l’adolescente fait son coming out trans à sa famille. Cette nouvelle est très bien accueillie par ses proches pour le plus grand bonheur de Mara. Cependant, dans un pays où la transphobie reste omniprésente, son parcours vers l’acceptation sociale s’avère semé d’embûches. Pendant plusieurs années, des idées noires la hantent. C’est à quinze ans qu’un événement va transformer sa vie : sa voisine Adriana Aguirre l’invite à jouer au football sur un city stade. La joueuse confie au média FIFPRO :

« Une fois que j’avais pris cette décision, j’ai vécu deux années d’enfer, des brimades à l’école jusqu’au moment où je suis allée voir le médecin et qu’il m’a appelée par le nom qui figurait sur ma carte d’identité. […] Toutes ces situations m’ont donné l’impression que je n’étais pas faite pour cette vie. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide à l’adolescence, et c’est à ce moment-là que le football est arrivé. »

Ses débuts en club

Dès cette première expérience, Mara Gómez ne quitte plus le ballon rond. Elle s’inscrit dans ses premiers clubs où elle découvre un environnement d’acceptation et de solidarité. Ses coéquipières la soutiennent et l’encouragent à se dépasser. Dans ces vestiaires, Mara se sentait comme chez elle, nous confie-t-elle :

« Je n’ai jamais senti de regard irrespectueux qui m’est causé de la gêne. Mes coéquipières m’ont toujours considéré comme l’une des leurs. »

Un rêve impossible ?

Au fil des années, l’Argentine progresse et devient une attaquante redoutable au niveau amateur. Elle perfectionne son jeu, notamment lors d’une expérience au Canada, reconnu pour la qualité de son football. Pourtant, atteindre le championnat élite lui semble impossible. Aucune footballeuse trans à son époque n’avait réussi à briser ce plafond de verre, elle n’avait aucun modèle à qui se référer.

L’année 2020 marque un tournant décisif dans la carrière de Mara Gómez. La joueuse est de plus en plus soutenue que ça soit par des associations, des joueuses de l’équipe nationale ou de sa professeure d’EPS. Le 7 décembre de 2020, c’est le grand jour pour Mara Gómez. Pour la première fois, elle débute un match de première division argentine avec son club de Villa San Carlos. Elle est alors la première athlète trans à jouer dans ce championnat. Elle nous confie que sans soutien, elle n’y serait probablement jamais arrivée :

« En vérité, j’ai reçu une aide précieuse de la part de beaucoup d’institutions dans mon pays, comme la Défenseure du Peuple de Buenos Aires, les clubs de football argentins, ainsi que les joueurs d’équipes argentines et de la sélection nationale. Cela a constitué un grand et fort soutien lors de cette lutte historique, tout comme l’ont été les différents moyens de communication. Une autre personne qui fut un pilier de cette conquête a été Lorena Berdula (professeure d’éducation physique et chercheuse) qui a rempli le rôle de représentante pendant toute cette aventure. »

Cette première n’est pas qu’un symbole. Mara Gómez s’impose comme une joueuse à part entière, enchaînant les apparitions et prouvant sa valeur sur le terrain.

De lourdes blessures

Après cette saison, l’Argentine connaît une période marquée par de graves blessures : deux ruptures des ligaments croisées en deux ans. Ces blessures sont très présentes chez les femmes, mais sont encore plus présentes chez les athlètes trans :

« Être sportive trans de haut niveau s’est avérée très difficile car, en raison de mon traitement hormonal (blocage de mes hormones), j’ai été exposé à plusieurs types de blessures comme des déchirures, ainsi que des lésions et deux ruptures des ligaments. Mon corps a énormément souffert au niveau de la résistance physique, aérobie, musculaire et émotionnelle. Tout cela m’a forcé à rester sur le banc ou bien ne jouer que quelques minutes à de multiples reprises car mon corps ne pouvait pas supporter autant d’usure. »

Malgré ces difficultés, elle remporte le championnat de Gualeguaychú durant cette période.

Son retour

Après ces années d’enfer, Mara Gómez fait son véritable retour au cours de la saison 2023-2024 sous les couleurs Les Estudiantes de La Plata. L’attaquante montre vite qu’elle est indispensable au club, enchaînant les belles prestations sur le terrain. Malgré tout, l’équipe ne remporte aucun trophée.

Une militante des droits LGBTQIA+

Mara Gómez n’est pas qu’une joueuse de football, c’est également une infirmière au sein de l’hôpital pédiatrique de Niños de La Plata. Comme de nombreuses joueuses argentines, elle doit concilier le sport de haut niveau et activité professionnelle, le championnat féminin ne permettant pas encore de vivre exclusivement du football malgré les avancés depuis plusieurs années.

En parallèle de toutes ces activités, Mara Gómez défend les droits de la communauté LGBTQIA+ et particulièrement celle des personnes trans. Son combat pour l’accès aux compétitions sportives lui a valu plusieurs distinctions, dont un Prix de la Démocratie et un trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport.

Aujourd’hui, Mara Gómez est devenue le symbole qu’elle n’avait pas à l’adolescence. Elle continue de porter sa vision du sport :

« Le sport n’est pas qu’un domaine compétitif, c’est également un espace d’encadrement social et de dépassement de soi qui sauve des vies ».

Et si elle avait un message à envoyer aux transphobes, ça serait celui-ci :

« Je lui dirais tout simplement de laisser de côté son point de vue discriminatoire et excluant pendant un moment, et qu’il s’informe avec empathie sur les raisons pour lesquelles nous luttons constamment pour l’inclusion. Je lui dirais de s’intéresser à mon histoire et sur ce que signifie le sport pour moi. Le football a changé ma vie. »

Une pionnière dans le football

Elle est la première femme trans à participer à un championnat professionnel en Amérique du Sud. Mara est aussi la première femme trans argentine à marquer un but dans un championnat professionnel.

 

En football

  • 1x Championnat de Gualeguaychú

Médiatiques

  • 1x Prix de la Démocratie
  • 1x Trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport

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Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Marie Dorin-Habert – Du sang froid dans ses veines

Marie Dorin-Habert

Marie Dorin-Habert - Du sang froid dans ses veines

1986 à aujourd'hui - écrit par marie fournier et Rodolphe Quilici

Son parcours est une leçon de ténacité, de passion et dépassement de soi. Elle incarne la force d’une sportive capable de concilier une carrière à haut niveau, la maternité et l’engagement environnemental. Découvrez l’histoire de Marie Dorin-Habert !

Née le 19 juin 1986 à Lyon, elle grandit au cœur des montagnes du Vercors. C’est dans ce décor qu’elle découvre à 13 ans le ski de fond, sa première passion. Très vite, l’adolescente se lance dans la compétition, montant de temps sur les podiums de courses locales. L’année 2000 marque un tournant décisif dans sa carrière.

En intégrant le comité du Dauphiné, Marie s’initie pour la première fois au biathlon. Bourrue de travail, et aidée par sa pratique du ski nordique, Marie Dorin-Habert progresse très vite. En quelques mois d’entraînement, la biathlète maîtrise déjà son rythme cardiaque et sa concentration lors des tirs, des qualités essentielles qui lui permettront d’intégrer l’Équipe de France junior dès 2003.

Une ascension fulgurante

En 2004, Marie Dorin-Habert brille pour la première fois sur la scène internationale en décrochant l’or mondial en relai chez les jeunes, un titre qu’elle conservera l’année suivante. Plus les années filent, plus la biathlète brille sur le circuit junior. Sa montée en puissance sur le circuit junior est remarquable, si bien que l’équipe de France décide de l’aligner pour sa première course en Coupe du Monde élite lors de la saison 2007-2008. Cette expérience la forge physiquement et mentalement. La saison suivante, la Française monte en niveau au point d’intégrer son premier top 10 avant de monter sur le podium sur l’avant dernière course. Cette année 2009 signe également sa première médaille de bronze avec l’équipe de France aux mondiaux lors du relai.

Premiers podiums olympiques

La saison 2009-2010 représente un moment charnière dans la carrière de Marie Dorin-Habert, entièrement axée sur sa préparation olympique. Ce choix stratégique s’avère payant ! Le 13 février 2010, aux Jeux Olympiques de Vancouver, la Française réalise un parcours sans faute au tir et remporte le bronze olympique sur le sprint.

« J’avais senti que j’avais progressé durant la saison de préparation et mon podium de l’année précédente à Khanthy-Mansiysk m’avait ouvert une porte. Mais j’ai tout de même bénéficié de meilleures conditions sur le sprint de cette olympiade et j’ai réussi à sortir en plus la course parfaite ce jour-là. D’où le bon résultat ! »

Quelques jours après ce podium, Marie Dorin-Habert contribue à la deuxième place de la délégation française en relai. Cette année charnière pose les fondations d’un avenir prometteur dans l’élite mondiale.

Descendre pour remonter

Cependant, le début saison 2010-2011 s’avère bien plus délicate pour la biathlète, qui doit attendre février pour retrouver son adresse au tir et le chemin du podium. Ce renouveau arrive au moment parfait, à quelques semaines des championnats du monde où elle monte sur le podium à deux reprises. Cette renaissance se confirme en 2012 ! Elle réalise neuf performances dans le Top 10 en 2012 avant les Championnats du monde. Lors des mondiaux, elle termine neuvième du sprint puis de la poursuite, et manque le podium sur l’individuel à seulement trois secondes. Elle remporte néanmoins une médaille d’argent en relais féminin et conclut cette saison au pied du podium du classement général de la Coupe du Monde.

Une grave blessure

Fin novembre 2013, c’est le drame pour Marie Dorin-Habert. Elle subit une grave entorse à la cheville gauche, avec rupture totale du ligament. Cette blessure survient au pire moment, à quelques mois des Jeux olympiques de Sotchi, et la contraint à un arrêt prolongé. L’incertitude plane sur sa capacité à revenir à temps. Son mental est mis à rude épreuve, mais elle entame une rééducation exigeante, animée par l’envie de retrouver son meilleur niveau. Miracle : la biathlète revient sur les pistes deux semaines avant les Jeux Olympiques. Évidemment, elle ne peut pas performer à son niveau habituel, terminant au mieux sixième en relais et se voit même contrainte d’abandonner le relai féminin.

« Je n’attendais pas de résultats sur les courses. De plus, j’étais enceinte de ma première fille et j’ai passé les 15 jours au lit à dormir ! Mais c’était tout de même une belle expérience. »

Retour au sommet

En janvier 2015, après sa pause maternité, elle revient progressivement à la compétition. Ce repos forcé à permis Marie Dorin-Habert de se récupérer de la fatigue accumulée. Résultat : la biathlète surprend tout le monde aux championnats du monde en décrochant ses deux premiers titres mondiaux individuels, auxquels s’ajoute une médaille d’argent en relais. Ce renouveau se confirme puisque la saison 2015-2016, elle atteint son apogée. Sur la coupe du Monde, elle remporte trois courses et réalise de nombreux podiums. Au final, elle termine deuxième du classement général, de l’individuel, du sprint et de la mass start, ainsi qu’à la troisième place de la poursuite.

« J’étais en forme physiquement et lorsque je mettais les balles, je savais que je pouvais jouer la victoire. Le sprint des Championnats du monde d’Oslo est probablement ma plus belle réussite. C’était un combat avant tout contre moi-même car je savais pouvoir remporter une médaille et j’ai réussi la course parfaite. Ça m’a libérée pour la suite des Championnats, où j’ai réalisé de très belles performances. »

Ultime saison

Marie annonce que 2018 sera sa dernière saison, avec les Jeux de PyeongChang en point d’orgue. Fidèle à sa maîtrise, elle y décroche l’or en relais mixte puis le bronze en relais féminin, devenant ainsi la biathlète française la plus décorée de l’histoire olympique. Elle dira de ce titre olympique à Interview sport :

« Je crois que cette médaille m’a marquée car j’ai eu beaucoup de difficultés cette saison-là et même me sélectionner sur cette course a été un long combat ! J’étais donc soulagée et très émue car je savais que j’arrêtais ma carrière à ce moment-là. »

En mars, à Oslo, elle conclut sa carrière par une victoire en poursuite, un adieu magnifique au public.

Diplômée en biologie et écologie, Marie Dorin-Habert décide de s’investir entièrement dans la protection de l’environnement après sa carrière sportive. Elle a notamment créé un hôtel sportif éco-responsable dans le Vercors, appelé « Ze Camp« , témoignant de son engagement pour un tourisme durable. En parallèle, elle travaille dans l’éducation à l’environnement au sein de différentes structures.

Marie Dorin-Habert prouve que les champions peuvent avoir plusieurs vies, et que l’excellence sportive peut être le tremplin vers d’autres formes d’engagement tout aussi enrichissantes pour la société.

Record de médailles

En 2018, Marie Dorin-Habert devient la biathlète française la plus décorée des Jeux Olympiques avec ses cinq médailles.

 

En biathlon

  • 1x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 5x Championne du Monde
  • 8x Vice championne du Monde
  • 4x Médaille de bronze aux mondiaux
  • 1x Deuxième du Globe de Cristal
  • 3x Deuxième du Globe de Cristal du sprint, de la mass start et en individuel
  • 2x Troisième du Globe de Cristal de la poursuite
  • 15x Victoire de Coupe du Monde
  • 49x Podiums en Coupe du Monde

Sportive

  • 1x Médaille Homenkollen suite à sa victoire lors du festival de ski d’Holmenkollen

Médiatiques

  • Officière de l’Ordre National du Mérite
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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Alicia Alonso – La Révolutionnaire de l’Opéra

Alana Nichols – Miss tout terrain

la sportive Alana Nichols

Alana Nichols - Miss tout terrain

1983 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Rares sont les athlètes et para-athlètes à réussir à performer dans plusieurs sportives différentes. Encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent à glaner des médailles aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Alana Nichols est de cette espèce, marquée par la résilience et une passion pour les sensations fortes.

Native de New Mexico, Alana Nichols grandit sans son père, assassiné alors qu’elle est seulement âgée de neuf mois. Elle est alors élevée par ses grands-parents. Les hivers, elle les passe dans le Colorado. C’est là-bas qu’elle découvre le snowboard et la joie procurée par les descentes de pistes à toute vitesse. En l’an 2000, Nichols se lance pour tenter de réussir son premier “backflip”, salto-arrière, en snow. Du haut de ses dix-sept ans, elle se dit qu’elle a toute la vie devant elle, et de très nombreux projets

 à accomplir, comme en softball, rêvant d’intégrer l’équipe nationale de ce sport qu’elle pratique au lycée. Ce salto arrière, elle l’avait préparé tout l’été, s’entraînant avec son snow sur un trampoline dans son jardin. Mais elle chute lourdement en ne contrôlant pas son saut, et son dos retombe avec fracas sur un rocher dissimulé sous la faible couche de neige. Alana Nichols se retrouve ainsi paralysée intégralement des membres inférieurs.

Le basket fauteuil

Pour relever la tête suite à son accident, Nichols décide de ne pas se détourner du sport, sa passion première. C’est ainsi qu’elle découvre le basket fauteuil, par hasard, en souhaitant prendre un raccourci passant par le gymnase de son lycée. Il ne lui faudra pas longtemps pour être initiée au haut niveau, et rejoindre l’équipe états-unienne. Le basket, elle l’avait déjà pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’il lui restait à faire était de comprendre comment y jouer maintenant que ses jambes étaient bloquées dans un fauteuil. Ce fut comme une seconde naissance sportive, un éveil à sa nouvelle personnalité. Non retenue pour Athènes en 2004, elle patiente et s’entraîne durement pour la paralympiade suivante. En 2008, à Pékin, Alana Nichols remporte la médaille d’or dans sa discipline, au sein de l’équipe des USA.

Direction les Jeux d’hiver

Une performance remarquable aux Jeux d’été, huit ans après son grave accident. Mais son environnement sportif privilégié reste la montagne enneigée. D’autant plus que depuis son accident, Alana Nichols ne cesse de penser à ce sport auquel elle veut se confronter à nouveau. Il lui a pris ses jambes, mais pas sa volonté, qui n’en a été que décuplée. Elle découvre alors le ski assis, qu’elle décide de maîtriser à la perfection en quittant l’Alabama pour le Colorado de son enfance. Grâce à un travail acharné, Alana Nichols décroche sa participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010, soit seulement deux années après le titre des Etats-Uniennes en basket fauteuil à Pékin. Et sur quatre épreuves, Nichols repart avec quatre médailles. D’abord en bronze sur le super-combiné. Puis en argent, sur le super-G. Et enfin deux en or, en descente et en slalom géant. Une performance plus que remarquable, qui place l’Etats-Unienne dans le cercle très restreint des athlètes ayant remporté des titres aux Jeux d’été et d’hiver. Une autre médaille s’ajoute à son palmarès en 2014 à Sotchi, en descente. Mais, on commence à le comprendre, pour Alana Nichols deux sports paralympiques, ce n’est pas assez.

Nouveau changement

Alors qu’elle se reposait à Hawaï suite aux Paralympiades de Londres (Basket, 2012) et Sotchi (Ski, 2014), Alana est introduite au para-kayak. C’est alors que naît dans sa tête l’objectif de devenir la première femme à concourir aux Jeux dans trois disciplines différentes. Sans véritable prédisposition ou connaissance accrue dans le domaine, Nichols s’entraîne avec acharnement, et finit par se qualifier pour les jeux de Rio 2016 en para-kayak. La septième place qu’elle obtient au final n’est qu’anecdotique : encore une fois, elle s’est donnée un objectif, et elle l’a atteint. En seulement deux ans, elle est passée de novice dans cette nouvelle discipline à athlète paralympique.

Sa mentalité

Toutes ces épreuves couronnées de succès n’ont pu l’être que par le mental à toute épreuve que s’est forgée Alana Nichols. Elle en parle en ces termes :

« Ne me dit pas que c’est impossible car je le ferais. »

Ambassadrice du surf

Au-delà de la performance physique, c’est le fait de définir des objectifs à atteindre qui l’animent. La fin de sa carrière professionnelle n’a pas signé la fin de sa pratique du sport. Nouvelle discipline : le surf adapté, qui devient sa nouvelle obsession. Elle se mue même en ambassadrice de cette discipline. Passion qu’elle conjugue avec son rôle de mère, un autre des objectifs qui lui tenaient à cœur d’accomplir, et ses activités d’avocate diplômée. Quand on lui pose des questions sur son accident, elle répond qu’elle a toujours aimé prendre des risques : 

« C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée dans mon fauteuil, mais cela m’a énormément servi en tant qu’athlète. »

Elle publie même sur Instagram un message :

« Merci pour ce corps paralysé, et toutes les façons dont-il peut bouger. »

Sa manière de prouver que rien n’est impossible, et d’inspirer les nouvelles générations.

Car Alana Nichols s’est également donnée pour mission d’informer sur le handicap, et de tout faire pour que les jeunes filles qui se retrouvent dans sa situation voient qu’il est possible de s’en sortir, et de pratiquer du sport comme n’importe qui. C’est ainsi qu’elle a collaboré avec la célèbre marque Barbie, qui a créé une poupée à son effigie, casque sur la tête et harnachée dans un ski assis. Alana Nichols est pareillement très présente auprès de la Women’s Sports Foundation Du haut de ses cinq titres paralympiques et de tout son travail sur l’acceptation du handicap, elle en devient même la présidente, étant investie dans ce rôle en janvier 2020. Aider les autres est ainsi devenu son nouvel et plus important objectif :

« Je veux qu’une jeune fille qui a perdu sa jambe dans un accident d’escalade voit qu’elle peut quand même retourner à la fac et obtenir son diplôme de master, mais aussi qu’elle peut participer aux Jeux paralympiques et remporter des médailles d’or. Croit en des objectifs plus grands que ce que tu espérais, et ne laisse pas l’ignorance de la société envers les personnes handicapées te définir. Rêve grand. »

Cinq paralympiades, trois sports

Alana Nichols est la première handisportive à participer aux Jeux Paralympiques dans un sport collectif, nautique et d’hiver.

Championne d’été et d’hiver

Elle est la première Etats-Unienne à remporter une médaille d’or aux Jeux Paralympiques d’hiver et d’été.

Une note parfaite

L’athlète est la première surfeuse de l’histoire à réaliser une note parfaite lors d’une compétition internationale. 

En skis

  • 2x Championne paralympique
  • 2x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du monde
  • 1x Championne des Etats-Unis

En basket-ball

  • 1x Championne paralympique
  • 2x Championne panaméricaine
  • 1x Championne NWBA

En kayak

  • 1x Podium en Coupe du monde

Sportive

  • 1x Athlète paralympique de l’année

Médiatique

  • 1x Sportive de l’année du Colorado

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    nadia Comăneci – La Petite Fée de Montréal

    La sportive Nadia Comăneci

    Nadia Comăneci - La Petite Fée de Montréal

    1961 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

    Son histoire est digne d’un film et inspirera d’ailleurs le réalisateur Alan Cooke pour son film éponyme. Vous l’aurez deviné, je parle bien de la célèbre Nadia Comăneci : préparez-vous à découvrir son histoire.

    Nadia Comăneci naît en 1961 en Roumanie de parents ouvriers et employés de bureau. Dès l’école maternelle, elle s’initie à la gymnastique avec une équipe locale. Son talent se fait vite remarquer puisqu’à l’âge de six ans, elle est repérée par Bela Karoly, un entraîneur de gymnastique artistique. Cette rencontre lui permet de devenir l’une des premières élèves de l’école d’Onesti, sa ville natale. Deux ans après le début de sa formation avec Karoly, en 1969, elle participe à ses premiers championnats nationaux en catégorie juniors. Elle à alors huit ans et obtient la treizième place. 

    Loin de se décourager de cette pseudo défaite, elle retente sa chance l’année suivante et remporte le championnat. Par la même occasion, elle devient la plus jeune championne de cette compétition.

    Les prémices

    La jeune prodige continue sur sa lancée victorieuse et en 1971, soit à l’âge de dix ans, elle tente sa chance dans sa première compétition internationale qui inclut la Roumanie et la Yougoslavie. C’est un véritable succès puisqu’elle y décroche tous les titres juniors et contribue à la victoire de son équipe. Ses exploits se poursuivent sur les quatre années suivantes : la gymnaste enchaîne les compétitions nationales et internationales, notamment en Hongrie, en Pologne et en Italie remporte chacune d’entre elles. Nous voici arrivés en 1975, aux championnats d’Europe de gymnastique artistique. Nadia Comăneci a alors 13 ans et concourt dans la catégorie senior.

    A l’image des compétitions précédentes, elle rayonne et décroche quatre médailles d’or, sur cinq possibles. Elle figure cependant sur tous les podiums puisqu’elle remporte la médaille d’argent au sol, seul agrès où elle s’est fait dépassée. Cette victoire lui vaut d’être nommée meilleur athlète de l’année par l’United Press International.

    Les Jeux de Montréal

    Si vous n’êtes toujours pas impressionnés par son parcours, voilà qui devrait vous satisfaire : lors de ses premiers Jeux Olympiques en 1976, qui se déroulent à Montréal, elle remporte la note de dix sur dix pour sa routine aux barres asymétriques. Cette note phénoménale est a première de l’histoire des JO et elle n’a que quatorze ans ! Elle y est si surprenante que le tableau annonçant les résultats affiche 1.0 au lieu de 10.0. Mais son exploit ne s’arrête pas là. Elle brille en effet dans tous les autres agrès et se positionne première en poutre, aux barres asymétriques bien sûr, et au concours général. Avec son équipe, elle devient vice-championne olympique et décroche le bronze au sol, ce qui lui permet de monter sur cinq des six podiums.

    Cette performance sportive inouïe la place dans l’histoire comme la première roumaine à remporter le titre olympique au classement général ainsi que la plus jeune gymnaste à le gagner. Quand elle revient sur sa victoire, Nadia Comăneci avoue ne pas avoir réellement réalisé ce qui se passait, mais qu’elle était très fière une fois qu’elle en prît pleinement conscience.

    Un changement non souhaité

    Loin de s’arrêter à cette victoire, Nadia Comăneci renouvelle son titre de championne d’Europe en 1977, mais est ensuite contrainte par la fédération roumaine de gymnastique de changer ses entraîneurs pour s’installer au complexe sportif de Bucarest. Ces changements brusques lui provoquent du stress et ne la mettent pas dans les meilleures conditions pour réussir. Elle réussit toutefois à se classer première en poutre lors des championnats du monde de 1978 malgré sa quatrième place au concours général. Trois ans plus tard, après de nombreuses autres médailles, elle décide de prendre sa retraite sportive. Elle ne quitte cependant pas le milieu sportif et devient membre du Comité International Olympique.

    Sa fuite

    Sa vie après sa carrière sportive est très tumultueuse. Elle parvient à s’enfuir de la Roumanie un mois avant la révolution roumaine et rejoint les Etats-Unis grâce à Constantin Panit , qui lui affirme agir par amour. Arrivée à destination, elle se rend compte que son sauveur est en réalité marié et qu’il profite de sa notoriété. Elle fait ensuite la rencontre de Bart Conner, un gymnaste américain avec qui elle se marie en 1996.

    Nadia Comăneci continue de suivre les compétitions internationales et est engagée dans la campagne « Du Sport. Et plus que du Sport » initiée par le CIO, qui vise à promouvoir les valeurs sportives au-delà de la compétition.

    Aujourd’hui encore, le nom de Nadia Comăneci est mondialement connu et reste une source d’inspiration pour de nombreuses gymnastes.

    Note parfaite

    Nadia Comaneci est la première gymnaste à obtenir la note parfaite aux Jeux Olympiques. Elle est la seule à avoir obtenue sept fois en une seule édition.

    Première Roumaine titrée

    Elle est la première Roumaine titrée aux Jeux Olympiques sur l’épreuve du concours générale.

    Record de précocité

    La Roumaine reste encore aujourd’hui la plus jeune titrée olympique de son sport. Elle a obtenu sa première médaille d’or à seulement 14 ans et 8 mois.

    Elle est également la plus jeune titrée du championnat national junior à 10 ans.

    Figures à son nom

    La gymnaste possède deux figures à son nom sur l’agrès des barres asymétriques :

    • Support avant sur barre haute – coulé avec salto avant à califourchon pour accrocher à la barre haute
    • Underswing avec 1/2 tour (180°) avec salto replié ou piqué

    En gymnastique

    • 5x Championne olympique
    • 3x Vice championne olympique
    • 1x Médaille de bronze aux JO
    • 2x Championne du Monde
    • 2x Vice championne du Monde
    • 2x Coupe du Monde
    • 1x Deuxième de la Coupe du Monde
    • 5x Championne du Monde universitaire
    • 9x Championne d’Europe
    • 2x Vice championne d’Europe
    • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
    • 12x Championne des Balkans
    • 1x Vice championne des Balkans
    • 10x Championne de Roumanie
    • 1x Vice championne de Roumanie
    • 6x Coupe de Roumanie
    • 96x Podium international

    Sportives

    • Hall of Fame du sport féminin international
    • Hall of Fame de la gymnastique international
    • Ordre olympique

    Médiatiques

    • Ordre de l’Etoile de Roumanie
    • Héroïne du Parti travailliste
    • 2x Athlète internationale de l’année par l’United Press
    • 1x Athlète de l’année par l’Associatd Press
    • 1x Personnalité sportive de l’année à l’étranger par la BBC
    • 1x Marca Leyenda
    • 1x Flo Hyman Memorial Award par la Women’s Sport Foundation
    • Great Immigrant Honoree par la Carnegie Corporation de New York
    • Nommée parmi les 100 femmes les plus influentes de 2017 par la BBC
    • Un secteur du parc olympique de Montréal porte son nom
    • La Roumanie a titré un timbre pour rendre hommage à ses exploits sportifs

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