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Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Mara Gomez

Mara Gómez - Briser le plafond de verre

1997 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

Cette joueuse transgenre a brisé le plafond de verre dans le monde du football professionnel. Elle s’est battue pour l’intégrer. Découvrez l’histoire de Mara Gómez, une Argentine persévérante et engagée !

Mara Gómez grandit dans le quartier de la Granja dans la ville de La Plata. À treize ans, l’adolescente fait son coming out trans à sa famille. Cette nouvelle est très bien accueillie par ses proches pour le plus grand bonheur de Mara. Cependant, dans un pays où la transphobie reste omniprésente, son parcours vers l’acceptation sociale s’avère semé d’embûches. Pendant plusieurs années, des idées noires la hantent. C’est à quinze ans qu’un événement va transformer sa vie : sa voisine Adriana Aguirre l’invite à jouer au football sur un city stade. La joueuse confie au média FIFPRO :

« Une fois que j’avais pris cette décision, j’ai vécu deux années d’enfer, des brimades à l’école jusqu’au moment où je suis allée voir le médecin et qu’il m’a appelée par le nom qui figurait sur ma carte d’identité. […] Toutes ces situations m’ont donné l’impression que je n’étais pas faite pour cette vie. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide à l’adolescence, et c’est à ce moment-là que le football est arrivé. »

Ses débuts en club

Dès cette première expérience, Mara Gómez ne quitte plus le ballon rond. Elle s’inscrit dans ses premiers clubs où elle découvre un environnement d’acceptation et de solidarité. Ses coéquipières la soutiennent et l’encouragent à se dépasser. Dans ces vestiaires, Mara se sentait comme chez elle, nous confie-t-elle :

« Je n’ai jamais senti de regard irrespectueux qui m’est causé de la gêne. Mes coéquipières m’ont toujours considéré comme l’une des leurs. »

Un rêve impossible ?

Au fil des années, l’Argentine progresse et devient une attaquante redoutable au niveau amateur. Elle perfectionne son jeu, notamment lors d’une expérience au Canada, reconnu pour la qualité de son football. Pourtant, atteindre le championnat élite lui semble impossible. Aucune footballeuse trans à son époque n’avait réussi à briser ce plafond de verre, elle n’avait aucun modèle à qui se référer.

L’année 2020 marque un tournant décisif dans la carrière de Mara Gómez. La joueuse est de plus en plus soutenue que ça soit par des associations, des joueuses de l’équipe nationale ou de sa professeure d’EPS. Le 7 décembre de 2020, c’est le grand jour pour Mara Gómez. Pour la première fois, elle débute un match de première division argentine avec son club de Villa San Carlos. Elle est alors la première athlète trans à jouer dans ce championnat. Elle nous confie que sans soutien, elle n’y serait probablement jamais arrivée :

« En vérité, j’ai reçu une aide précieuse de la part de beaucoup d’institutions dans mon pays, comme la Défenseure du Peuple de Buenos Aires, les clubs de football argentins, ainsi que les joueurs d’équipes argentines et de la sélection nationale. Cela a constitué un grand et fort soutien lors de cette lutte historique, tout comme l’ont été les différents moyens de communication. Une autre personne qui fut un pilier de cette conquête a été Lorena Berdula (professeure d’éducation physique et chercheuse) qui a rempli le rôle de représentante pendant toute cette aventure. »

Cette première n’est pas qu’un symbole. Mara Gómez s’impose comme une joueuse à part entière, enchaînant les apparitions et prouvant sa valeur sur le terrain.

De lourdes blessures

Après cette saison, l’Argentine connaît une période marquée par de graves blessures : deux ruptures des ligaments croisées en deux ans. Ces blessures sont très présentes chez les femmes, mais sont encore plus présentes chez les athlètes trans :

« Être sportive trans de haut niveau s’est avérée très difficile car, en raison de mon traitement hormonal (blocage de mes hormones), j’ai été exposé à plusieurs types de blessures comme des déchirures, ainsi que des lésions et deux ruptures des ligaments. Mon corps a énormément souffert au niveau de la résistance physique, aérobie, musculaire et émotionnelle. Tout cela m’a forcé à rester sur le banc ou bien ne jouer que quelques minutes à de multiples reprises car mon corps ne pouvait pas supporter autant d’usure. »

Malgré ces difficultés, elle remporte le championnat de Gualeguaychú durant cette période.

Son retour

Après ces années d’enfer, Mara Gómez fait son véritable retour au cours de la saison 2023-2024 sous les couleurs Les Estudiantes de La Plata. L’attaquante montre vite qu’elle est indispensable au club, enchaînant les belles prestations sur le terrain. Malgré tout, l’équipe ne remporte aucun trophée.

Une militante des droits LGBTQIA+

Mara Gómez n’est pas qu’une joueuse de football, c’est également une infirmière au sein de l’hôpital pédiatrique de Niños de La Plata. Comme de nombreuses joueuses argentines, elle doit concilier le sport de haut niveau et activité professionnelle, le championnat féminin ne permettant pas encore de vivre exclusivement du football malgré les avancés depuis plusieurs années.

En parallèle de toutes ces activités, Mara Gómez défend les droits de la communauté LGBTQIA+ et particulièrement celle des personnes trans. Son combat pour l’accès aux compétitions sportives lui a valu plusieurs distinctions, dont un Prix de la Démocratie et un trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport.

Aujourd’hui, Mara Gómez est devenue le symbole qu’elle n’avait pas à l’adolescence. Elle continue de porter sa vision du sport :

« Le sport n’est pas qu’un domaine compétitif, c’est également un espace d’encadrement social et de dépassement de soi qui sauve des vies ».

Et si elle avait un message à envoyer aux transphobes, ça serait celui-ci :

« Je lui dirais tout simplement de laisser de côté son point de vue discriminatoire et excluant pendant un moment, et qu’il s’informe avec empathie sur les raisons pour lesquelles nous luttons constamment pour l’inclusion. Je lui dirais de s’intéresser à mon histoire et sur ce que signifie le sport pour moi. Le football a changé ma vie. »

Une pionnière dans le football

Elle est la première femme trans à participer à un championnat professionnel en Amérique du Sud. Mara est aussi la première femme trans argentine à marquer un but dans un championnat professionnel.

 

En football

  • 1x Championnat de Gualeguaychú

Médiatiques

  • 1x Prix de la Démocratie
  • 1x Trophée au forum économique des femmes dans la catégorie sport

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Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Marie Dorin-Habert – Du sang froid dans ses veines

Marie Dorin-Habert

Marie Dorin-Habert - Du sang froid dans ses veines

1986 à aujourd'hui - écrit par marie fournier et Rodolphe Quilici

Son parcours est une leçon de ténacité, de passion et dépassement de soi. Elle incarne la force d’une sportive capable de concilier une carrière à haut niveau, la maternité et l’engagement environnemental. Découvrez l’histoire de Marie Dorin-Habert !

Née le 19 juin 1986 à Lyon, elle grandit au cœur des montagnes du Vercors. C’est dans ce décor qu’elle découvre à 13 ans le ski de fond, sa première passion. Très vite, l’adolescente se lance dans la compétition, montant de temps sur les podiums de courses locales. L’année 2000 marque un tournant décisif dans sa carrière.

En intégrant le comité du Dauphiné, Marie s’initie pour la première fois au biathlon. Bourrue de travail, et aidée par sa pratique du ski nordique, Marie Dorin-Habert progresse très vite. En quelques mois d’entraînement, la biathlète maîtrise déjà son rythme cardiaque et sa concentration lors des tirs, des qualités essentielles qui lui permettront d’intégrer l’Équipe de France junior dès 2003.

Une ascension fulgurante

En 2004, Marie Dorin-Habert brille pour la première fois sur la scène internationale en décrochant l’or mondial en relai chez les jeunes, un titre qu’elle conservera l’année suivante. Plus les années filent, plus la biathlète brille sur le circuit junior. Sa montée en puissance sur le circuit junior est remarquable, si bien que l’équipe de France décide de l’aligner pour sa première course en Coupe du Monde élite lors de la saison 2007-2008. Cette expérience la forge physiquement et mentalement. La saison suivante, la Française monte en niveau au point d’intégrer son premier top 10 avant de monter sur le podium sur l’avant dernière course. Cette année 2009 signe également sa première médaille de bronze avec l’équipe de France aux mondiaux lors du relai.

Premiers podiums olympiques

La saison 2009-2010 représente un moment charnière dans la carrière de Marie Dorin-Habert, entièrement axée sur sa préparation olympique. Ce choix stratégique s’avère payant ! Le 13 février 2010, aux Jeux Olympiques de Vancouver, la Française réalise un parcours sans faute au tir et remporte le bronze olympique sur le sprint.

« J’avais senti que j’avais progressé durant la saison de préparation et mon podium de l’année précédente à Khanthy-Mansiysk m’avait ouvert une porte. Mais j’ai tout de même bénéficié de meilleures conditions sur le sprint de cette olympiade et j’ai réussi à sortir en plus la course parfaite ce jour-là. D’où le bon résultat ! »

Quelques jours après ce podium, Marie Dorin-Habert contribue à la deuxième place de la délégation française en relai. Cette année charnière pose les fondations d’un avenir prometteur dans l’élite mondiale.

Descendre pour remonter

Cependant, le début saison 2010-2011 s’avère bien plus délicate pour la biathlète, qui doit attendre février pour retrouver son adresse au tir et le chemin du podium. Ce renouveau arrive au moment parfait, à quelques semaines des championnats du monde où elle monte sur le podium à deux reprises. Cette renaissance se confirme en 2012 ! Elle réalise neuf performances dans le Top 10 en 2012 avant les Championnats du monde. Lors des mondiaux, elle termine neuvième du sprint puis de la poursuite, et manque le podium sur l’individuel à seulement trois secondes. Elle remporte néanmoins une médaille d’argent en relais féminin et conclut cette saison au pied du podium du classement général de la Coupe du Monde.

Une grave blessure

Fin novembre 2013, c’est le drame pour Marie Dorin-Habert. Elle subit une grave entorse à la cheville gauche, avec rupture totale du ligament. Cette blessure survient au pire moment, à quelques mois des Jeux olympiques de Sotchi, et la contraint à un arrêt prolongé. L’incertitude plane sur sa capacité à revenir à temps. Son mental est mis à rude épreuve, mais elle entame une rééducation exigeante, animée par l’envie de retrouver son meilleur niveau. Miracle : la biathlète revient sur les pistes deux semaines avant les Jeux Olympiques. Évidemment, elle ne peut pas performer à son niveau habituel, terminant au mieux sixième en relais et se voit même contrainte d’abandonner le relai féminin.

« Je n’attendais pas de résultats sur les courses. De plus, j’étais enceinte de ma première fille et j’ai passé les 15 jours au lit à dormir ! Mais c’était tout de même une belle expérience. »

Retour au sommet

En janvier 2015, après sa pause maternité, elle revient progressivement à la compétition. Ce repos forcé à permis Marie Dorin-Habert de se récupérer de la fatigue accumulée. Résultat : la biathlète surprend tout le monde aux championnats du monde en décrochant ses deux premiers titres mondiaux individuels, auxquels s’ajoute une médaille d’argent en relais. Ce renouveau se confirme puisque la saison 2015-2016, elle atteint son apogée. Sur la coupe du Monde, elle remporte trois courses et réalise de nombreux podiums. Au final, elle termine deuxième du classement général, de l’individuel, du sprint et de la mass start, ainsi qu’à la troisième place de la poursuite.

« J’étais en forme physiquement et lorsque je mettais les balles, je savais que je pouvais jouer la victoire. Le sprint des Championnats du monde d’Oslo est probablement ma plus belle réussite. C’était un combat avant tout contre moi-même car je savais pouvoir remporter une médaille et j’ai réussi la course parfaite. Ça m’a libérée pour la suite des Championnats, où j’ai réalisé de très belles performances. »

Ultime saison

Marie annonce que 2018 sera sa dernière saison, avec les Jeux de PyeongChang en point d’orgue. Fidèle à sa maîtrise, elle y décroche l’or en relais mixte puis le bronze en relais féminin, devenant ainsi la biathlète française la plus décorée de l’histoire olympique. Elle dira de ce titre olympique à Interview sport :

« Je crois que cette médaille m’a marquée car j’ai eu beaucoup de difficultés cette saison-là et même me sélectionner sur cette course a été un long combat ! J’étais donc soulagée et très émue car je savais que j’arrêtais ma carrière à ce moment-là. »

En mars, à Oslo, elle conclut sa carrière par une victoire en poursuite, un adieu magnifique au public.

Diplômée en biologie et écologie, Marie Dorin-Habert décide de s’investir entièrement dans la protection de l’environnement après sa carrière sportive. Elle a notamment créé un hôtel sportif éco-responsable dans le Vercors, appelé « Ze Camp« , témoignant de son engagement pour un tourisme durable. En parallèle, elle travaille dans l’éducation à l’environnement au sein de différentes structures.

Marie Dorin-Habert prouve que les champions peuvent avoir plusieurs vies, et que l’excellence sportive peut être le tremplin vers d’autres formes d’engagement tout aussi enrichissantes pour la société.

Record de médailles

En 2018, Marie Dorin-Habert devient la biathlète française la plus décorée des Jeux Olympiques avec ses cinq médailles.

 

En biathlon

  • 1x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 5x Championne du Monde
  • 8x Vice championne du Monde
  • 4x Médaille de bronze aux mondiaux
  • 1x Deuxième du Globe de Cristal
  • 3x Deuxième du Globe de Cristal du sprint, de la mass start et en individuel
  • 2x Troisième du Globe de Cristal de la poursuite
  • 15x Victoire de Coupe du Monde
  • 49x Podiums en Coupe du Monde

Sportive

  • 1x Médaille Homenkollen suite à sa victoire lors du festival de ski d’Holmenkollen

Médiatiques

  • Officière de l’Ordre National du Mérite
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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Mara Gómez – Briser le plafond de verre

Alana Nichols – Miss tout terrain

la sportive Alana Nichols

Alana Nichols - Miss tout terrain

1983 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Rares sont les athlètes et para-athlètes à réussir à performer dans plusieurs sportives différentes. Encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent à glaner des médailles aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Alana Nichols est de cette espèce, marquée par la résilience et une passion pour les sensations fortes.

Native de New Mexico, Alana Nichols grandit sans son père, assassiné alors qu’elle est seulement âgée de neuf mois. Elle est alors élevée par ses grands-parents. Les hivers, elle les passe dans le Colorado. C’est là-bas qu’elle découvre le snowboard et la joie procurée par les descentes de pistes à toute vitesse. En l’an 2000, Nichols se lance pour tenter de réussir son premier “backflip”, salto-arrière, en snow. Du haut de ses dix-sept ans, elle se dit qu’elle a toute la vie devant elle, et de très nombreux projets

 à accomplir, comme en softball, rêvant d’intégrer l’équipe nationale de ce sport qu’elle pratique au lycée. Ce salto arrière, elle l’avait préparé tout l’été, s’entraînant avec son snow sur un trampoline dans son jardin. Mais elle chute lourdement en ne contrôlant pas son saut, et son dos retombe avec fracas sur un rocher dissimulé sous la faible couche de neige. Alana Nichols se retrouve ainsi paralysée intégralement des membres inférieurs.

Le basket fauteuil

Pour relever la tête suite à son accident, Nichols décide de ne pas se détourner du sport, sa passion première. C’est ainsi qu’elle découvre le basket fauteuil, par hasard, en souhaitant prendre un raccourci passant par le gymnase de son lycée. Il ne lui faudra pas longtemps pour être initiée au haut niveau, et rejoindre l’équipe états-unienne. Le basket, elle l’avait déjà pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’il lui restait à faire était de comprendre comment y jouer maintenant que ses jambes étaient bloquées dans un fauteuil. Ce fut comme une seconde naissance sportive, un éveil à sa nouvelle personnalité. Non retenue pour Athènes en 2004, elle patiente et s’entraîne durement pour la paralympiade suivante. En 2008, à Pékin, Alana Nichols remporte la médaille d’or dans sa discipline, au sein de l’équipe des USA.

Direction les Jeux d’hiver

Une performance remarquable aux Jeux d’été, huit ans après son grave accident. Mais son environnement sportif privilégié reste la montagne enneigée. D’autant plus que depuis son accident, Alana Nichols ne cesse de penser à ce sport auquel elle veut se confronter à nouveau. Il lui a pris ses jambes, mais pas sa volonté, qui n’en a été que décuplée. Elle découvre alors le ski assis, qu’elle décide de maîtriser à la perfection en quittant l’Alabama pour le Colorado de son enfance. Grâce à un travail acharné, Alana Nichols décroche sa participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010, soit seulement deux années après le titre des Etats-Uniennes en basket fauteuil à Pékin. Et sur quatre épreuves, Nichols repart avec quatre médailles. D’abord en bronze sur le super-combiné. Puis en argent, sur le super-G. Et enfin deux en or, en descente et en slalom géant. Une performance plus que remarquable, qui place l’Etats-Unienne dans le cercle très restreint des athlètes ayant remporté des titres aux Jeux d’été et d’hiver. Une autre médaille s’ajoute à son palmarès en 2014 à Sotchi, en descente. Mais, on commence à le comprendre, pour Alana Nichols deux sports paralympiques, ce n’est pas assez.

Nouveau changement

Alors qu’elle se reposait à Hawaï suite aux Paralympiades de Londres (Basket, 2012) et Sotchi (Ski, 2014), Alana est introduite au para-kayak. C’est alors que naît dans sa tête l’objectif de devenir la première femme à concourir aux Jeux dans trois disciplines différentes. Sans véritable prédisposition ou connaissance accrue dans le domaine, Nichols s’entraîne avec acharnement, et finit par se qualifier pour les jeux de Rio 2016 en para-kayak. La septième place qu’elle obtient au final n’est qu’anecdotique : encore une fois, elle s’est donnée un objectif, et elle l’a atteint. En seulement deux ans, elle est passée de novice dans cette nouvelle discipline à athlète paralympique.

Sa mentalité

Toutes ces épreuves couronnées de succès n’ont pu l’être que par le mental à toute épreuve que s’est forgée Alana Nichols. Elle en parle en ces termes :

« Ne me dit pas que c’est impossible car je le ferais. »

Ambassadrice du surf

Au-delà de la performance physique, c’est le fait de définir des objectifs à atteindre qui l’animent. La fin de sa carrière professionnelle n’a pas signé la fin de sa pratique du sport. Nouvelle discipline : le surf adapté, qui devient sa nouvelle obsession. Elle se mue même en ambassadrice de cette discipline. Passion qu’elle conjugue avec son rôle de mère, un autre des objectifs qui lui tenaient à cœur d’accomplir, et ses activités d’avocate diplômée. Quand on lui pose des questions sur son accident, elle répond qu’elle a toujours aimé prendre des risques : 

« C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée dans mon fauteuil, mais cela m’a énormément servi en tant qu’athlète. »

Elle publie même sur Instagram un message :

« Merci pour ce corps paralysé, et toutes les façons dont-il peut bouger. »

Sa manière de prouver que rien n’est impossible, et d’inspirer les nouvelles générations.

Car Alana Nichols s’est également donnée pour mission d’informer sur le handicap, et de tout faire pour que les jeunes filles qui se retrouvent dans sa situation voient qu’il est possible de s’en sortir, et de pratiquer du sport comme n’importe qui. C’est ainsi qu’elle a collaboré avec la célèbre marque Barbie, qui a créé une poupée à son effigie, casque sur la tête et harnachée dans un ski assis. Alana Nichols est pareillement très présente auprès de la Women’s Sports Foundation Du haut de ses cinq titres paralympiques et de tout son travail sur l’acceptation du handicap, elle en devient même la présidente, étant investie dans ce rôle en janvier 2020. Aider les autres est ainsi devenu son nouvel et plus important objectif :

« Je veux qu’une jeune fille qui a perdu sa jambe dans un accident d’escalade voit qu’elle peut quand même retourner à la fac et obtenir son diplôme de master, mais aussi qu’elle peut participer aux Jeux paralympiques et remporter des médailles d’or. Croit en des objectifs plus grands que ce que tu espérais, et ne laisse pas l’ignorance de la société envers les personnes handicapées te définir. Rêve grand. »

Cinq paralympiades, trois sports

Alana Nichols est la première handisportive à participer aux Jeux Paralympiques dans un sport collectif, nautique et d’hiver.

Championne d’été et d’hiver

Elle est la première Etats-Unienne à remporter une médaille d’or aux Jeux Paralympiques d’hiver et d’été.

Une note parfaite

L’athlète est la première surfeuse de l’histoire à réaliser une note parfaite lors d’une compétition internationale. 

En skis

  • 2x Championne paralympique
  • 2x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du monde
  • 1x Championne des Etats-Unis

En basket-ball

  • 1x Championne paralympique
  • 2x Championne panaméricaine
  • 1x Championne NWBA

En kayak

  • 1x Podium en Coupe du monde

Sportive

  • 1x Athlète paralympique de l’année

Médiatique

  • 1x Sportive de l’année du Colorado

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    Mara Gómez – Briser le plafond de verre

    Leslie Burr-Howard – The Spark Rider

    Leslie Burr-Howard

    Leslie Burr-Howard - The spark rider

    1956 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

    Si vous ne la connaissez pas encore, il est grand temps de vous concentrer quelques minutes pour découvrir la fabuleuse histoire de Leslie Burr-Howard, l’une des plus grandes championne équestre des années 70-80-90.

    Leslie Burr-Howard naît en 1956, dans le Connecticut aux Etats-Unis. Son père étant acteur, c’est naturellement qu’elle prend des cours de chants et de danse. Lorsqu’à l’âge de quatre ans, elle supplie ses parents de lui offrir un poney. A force de persévérance, Leslie reçoit une cheval. Tout de suite, elle remarque deux choses : elle aime les chevaux et la vitesse. Sa passion pour l’équitation devenue évidente, elle prend des vrais cours avec des professionnels dès six ans au Hightfield Farm. Jeune prodige, elle effectue son premier show la même année. Elle poursuit sa formation, 

    débourrant et entraînant les chevaux de son club à seulement huit ans.

    Sa première victoire

    Ses heures d’entraînement avec Sharon Hardy Cole et son frère Thom Hardy portent leurs fruits aux ASPCA Maclay en 1972, où elle remporte la compétition en catégorie juniors. Leslie Burr-Howard devient alors à quinze ans la deuxième plus jeune à remporter ce titre, derrière son entraîneur qui l’avait gagné lorsqu’il avait quatorze ans. Cette victoire est inattendue pour tout le monde, la jeune championne avoue :

    « C’était la finale. J’étais assez jeune et on ne m’attendait pas à ce que je le gagne ».

    Vers le monde professionnel

    Trois ans plus tard, elle tente de devenir professionnelle et commence sa carrière en compétitions chasseurs, c’est à dire que c’est le cheval (régularité, allures) qui est jugé et le cavalier doit tout faire pour le mettre en valeur. C’est un véritable succès puisque cela lui permet d’être introduite au Show Hunter Hall of Fame. Parmi les titres et distinctions qu’elle obtient, figurent le Grand Champion Hunter à Madison Square Garden, le (Grand Hunter Champion au Devon et le Grand Hunter Champion à Washington.

    Une série de victoire

    Leslie Burr-Howard participe pour la première fois à une compétition de grands prix en 1979, soit à 23 ans. Avec son cheval Chase The Clouds, âgé de six ans, elle remporte le Grand Prix de la Coupe du Président à Washington International à Landover. Cette victoires est un tremplin pour sa carrière, elle affirme même :

    « Bien sûr, ça a commencé ma carrière dans les sauteurs. »

    Et en effet, cette compétition marque le début d’une série de victoire pour Leslie Burr-Howard. Son caractère intrépide et ses qualités techniques lui permettent de décrocher l’American Grand Prix Association (AGA) Rider of the Year en 1983 avec un cheval nommé Albany. Celui-ci est d’ailleurs également nommé AGA Horse of the Year cette même année. Un an plus tard, elle se rend aux Jeux Olympique à Los Angeles avec ce même cheval. Ses premiers jeux sont un succès : son équipe remporte l’or en saut d’obstacle. Devenue championne olympique, elle s’efface un temps des compétitions.

    Un retour fracassant

    Près d’une dizaine d’années plus tard, Leslie Burr-Howard revient sur le devant de la scène avec le cheval prodige Gem Twist. Ayant remporté deux médailles d’argent olympique aux Jeux de Séoul avec le cavalier Greg Best , c’est un des coursiers les plus en vogue du moment. Cependant, une blessure de Greg Best force le cavalier à arrêter momentanément la compétition et c’est Leslie qui prend alors le relais. Ensemble, ils prennent en 1992 la première place dans les championnats de saut d’obstacles USET à Gladstone. Deux ans plus tard, la championne est désignée pour représenter les Etats-Unis aux Pays-Bas pour les Jeux équestres mondiaux de la FEI.

    Ses dernières sélections

    Par la suite, elle re-tente sa chance aux JO d’Atlanta en 1996, où elle gagne la médaille d’argent en équipe. Elle termine sa lancée victorieuse en beauté avec sa deuxième place aux jeux panaméricains en 1999. L’année 2000 signe la dernière grosse saison de Leslie Burr-Howard. Cette saison-là, elle domine la Ligue mondiale et remporte notamment la Coupe Queen Elizabeth II, une compétition mythique. En 2002, l’États-unienne représente pour la dernière fois son pays lors des Jeux mondiaux. Côté club, Leslie se retire définitivement des compétitions en 2023 après avoir remporté 39 compétitions au cours de ces deux dernières décennies. Après son retrait, elle installe sa société Burr Associate dans le sud du Connecticut.

    Son amour des compétitions n’ayant pour égal que son amour pour l’enseignement, elle y forme donc des chevaux et des cavaliers de haut niveau.

    Titrée en équipe

    Leslie Burr-Howard est la première cavalière états-unienne titrée olympique par équipe.

    Précocité

    A 15 ans, elle est devenue la plus jeune cavalière féminine à remporter la ASPCA Maclay.

    Une grande longévité

    La cavalière a concouru pendant plus de 50 ans de carrière à haut niveau. Elle a arrêté définitivement la compétition en 2023.

    En saut d’obstacles

    • 1x Championne olympique
    • 1x Vice championne olympique
    • 1x Coupe du Monde
    • 2x Vice championne panaméricaine
    • 1x Médaille d’or au Continental Games Caracas
    • 1x Médaille d’argent au Continental Games Winnipeg MB
    • 1x Coupe Queen Elizabeth II
    • 1x Grand Prix de Penn National
    • 1x Toronto Royal
    • 31x Autre compétition remportée

    Sportives

    • Hall of Fame du saut d’obstacles
    • Hall of Fame du National Show Hunter
    • Hall of Fame de l’équitation de Pensssylvanie
    • 1x Whitney Stone Cup
    • 2x Prix de la cavalière de l’année par l’American Grand Prix Association

    Médiatiques

    • 2x Cavalière de l’année par l’American Horse Show’s

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    Mara Gómez – Briser le plafond de verre

    Françoise Mbango – La Grand-Mère du triple saut africain

    Françoise Mbango

    Françoise Mbango - La grand-mère du triple saut africain

    1976 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

    Pionnière incontestée du triple saut africain, Françoise Mbango a dû, dès ses débuts, surmonter les carences de sa fédération pour imposer son talent sur la scène mondiale. Découvrez son histoire !

    Née en 1976 à Yaoundé, Françoise Mbango fait ses premiers pas en athlétisme au collège Sainte‑Thérèse de Bertoua. Bonne sprinteuse, elle décide de se consacrer très rapidement aux épreuves du saut en hauteur, en longueur et le triple saut. Rapidement, l’athlète domine les compétitions scolaires. En 1990, Françoise fait la rencontre de l’entraineur de la Société nationale des Électricités du Cameroun. 

    Sous l’œil attentif de son nouveau coach, elle affine sa technique de saut.

    Ses premières compétitions internationales

    En quelques années, sa progression est fulgurante puisqu’elle remporte le titre national en saut hauteur au début des années 90. En 1995, l’athlète participe à sa toute première compétition sous les couleurs du Cameroun lors des du championnat d’Afrique centrale. Pour sa première, Françoise repart avec la médaille de bronze au triple saut, le premier d’une grande série. L’année suivante, la Camerounaise prend part aux championnats d’Afrique et repart de nouveau avec le bronze. Ses premières expériences la forgent mentalement.

    Ces premiers Jeux Olympiques

    1998 signes l’année de son éclosion au niveau mondial. En effet, cette saison-ci, elle remporte notamment l’argent aux Jeux du Commonwealth au triple saut, une discipline pourtant dominée par les Européennes à l’époque. Cette explosion se poursuit en 1999, lorsque Françoise Mbango réalise un bond de 14,70m pour remporter les Jeux Africains. Cette victoire lui offre alors sa qualification pour les Jeux Olympiques de Sydney. En 2000, la Camerounaise apparaît dans une épreuve où elle ne concourt que rarement le 4x100m lors des championnats d’Afrique. L’athlète contribue au bronze. Cette même année, Françoise va se tester pour la première fois avec les meilleures mondiales lors des JO. Pour cette première, elle se qualifie en finale terminant enfin de compte à une belle dixième place.

    L’explosion

    Après les Jeux Olympiques de Sydney, Françoise Mbango explose aux yeux du public. En 2001, elle termine à la deuxième place lors des mondiaux, derrière sa future rivale Tatyana Lebedeva. L’année suivante, elle confirme en gagnant tout simplement la Coupe du Monde des Nations et réalisant une marque à 14,95m aux championnats d’Afrique, battant le record continental. Sa montée en puissante continue.

    Gagner sans coach

    En 2004, l’athlète doit s’encadrer elle-même n’ayant plus d’entraîneur :

    « Je n’ai aucun encadrement, à part ma petite sœur, 22 ans, qui s’entraîne avec moi. Aujourd’hui, je m’entraîne encore avec le programme d’il y a cinq ans de mon ancien entraîneur russe : Monsieur Victor [Kouzine]. »

    Avant les Jeux Olympiques, la Camerounaise décide de se raser le crâne pour faire une dédicace à sa maman atteinte d’un cancer.

    À Athènes, elle réalise un bond historique de 15,30 m (troisième performance mondiale de tous les temps), ajoutant cinq sauts au delà des 15 m en une seule finale, et s’adjuge l’or. Ce jour-là, elle devient tout simplement la première Camerounaise à remporter un sacre olympique (homme compris). Après cette victoire historique, Françoise Mbango déclare :

    « J’éprouve un grand bonheur non seulement pour moi mais aussi pour le Cameroun et même l’ensemble du continent africain. J’espère que cette médaille fera en sorte que, dans mon pays et en Afrique, on comprenne que les sports individuels peuvent unir le monde dans un stade, peuvent donner une belle image d’un pays. »

    Un conflit avec le Président

    De retour des Jeux Olympiques, le Président lui promet de lui offrir 84 millions franc CFA pour qu’elle puisse préparer la prochaine édition et continuer à s’entraîner à l’INSEP. Or cet argent, l’athlète n’en verra jamais la couleur. Françoise Mbango doit continuer tout de même à s’entraîner mais en situation très précaire :

    « Je me suis retrouvée en France en train d’escalader les murs de l’INSEP pour pourvoir travailler […] Je me suis retrouvée en France en train de voler le métro parce que je n’avais pas d’argent pour le payer. »

    L’athlète ne revient plus sur les grandes compétitions avant 2008 dû à des conflits avec sa fédération et à la naissance de fils en 2006. Pour son retour, elle signe un saut à 14,50m lors d’un concours à Yaoundé. Normalement qualifiée pour les Jeux Olympiques, Françoise Mbango se voit refuser d’y participer par sa fédération puisqu’elle n’a pas voulu participer aux Jeux Africain de 2007. Heureusement, la Camerounaise remporte les championnats d’Afrique et le CIO l’autorise donc à concourir malgré sa suspension par sa fédération. Aux Jeux Olympiques, Françoise marque l’histoire en battant son record avec un bond de 15,39 mètres synonyme de victoire :

    « Je suis très contente d’avoir réalisé ça. Je savais que je pouvais le faire. J’ai pris tout mon temps pour le faire. J’ai considéré cette compétition comme une mission (…) Il y a quatre ans que j’ai été envoyée en mission par le président de la République, Paul Biya, qui m’a cité en exemple à la jeunesse. »

    C’est seulement après cette victoire que l’athlète reçoit l’argent qui lui était promis.

    Rejoindre l’équipe de France

    Après les Jeux Olympiques de Pékin, Françoise Mbango commence les démarches pour être naturalisée française à la suite de plusieurs mésententes avec la fédération camerounaise. A partir de 2010, l’athlète concourt sous les couleurs de la France. Deux ans plus tard, elle participe à sa dernière grande compétition lors des championnats d’Europe. Lors de cet événement, Françoise termine huitième et loupe la qualification olympique. Elle décide alors d’arrêter la compétition à haut niveau pour se consacrer à de nouveaux projets toujours liés au sport. C’est ainsi qu’en 2020, Françoise ouvre sa propre académie de sport à Yaoundé dans l’objectif d’aider les jeunes athlètes à se professionnaliser.

    Aujourd’hui, elle est plus qu’une championne pour les Camerounais. Françoise Mbango est devenue leur symbole, une source inspiration qui les pousse à toujours croire en eux et leur rêve.

    Troisième performeuse de tous les temps

    Françoise Mbango est la troisième meilleure performance de tous les temps en triple saut avec un record à 15,39m.

    Une pionnière de l’athlètisme africain

    Elle est la seule athlète d’Afrique centrale et la seule Camerounaise à avoir obtenu plusieurs titres olympiques consécutifs.

    De nombreux records

    La Camerounaise possède le record africain du saut en longueur en extérieur et le record national en salle.

    En triple saut

    • 2x Championne olympique
    • 2x Championne du Monde
    • 2x Vice championne du Monde
    • 1x Vice championne du Monde en salle
    • 1x Coupe du Monde des nations
    • 2x Vice championne du Commonwealth
    • 1x Médaille d’or aux Jeux d’Afrique
    • 2x Championne d’Afrique
    • 1x Vice championne d’Afrique
    • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique
    • 2x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie
    • 2x Podium en finale mondiale
    • 1x Grand prix IAAF

    En saut en longueur

    • 1x Championne d’Afrique
    • 1x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie

    En saut en hauteur

    • Au moins une fois championne du Cameroun

    En relais 4x100m

    • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique

    Médiatiques

    • Officière du Mérite camerounais
    • 1x Athlète mondiale de l’année
    • 1x Personnalité camerounaise de l’année
    • 2x Athlète camerounaise de l’année

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