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Paola Fantato – La Meastra du tir

Paola Fantato – La Meastra du tir

Paola Fantato

Paola Fantato - La Meastra du tir

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Paola Fantato est une de ses athlètes qui, en plus de performer, permet à tous de rêver de pouvoir réaliser l’impossible. Elle laisse à ses successeurs un immense héritage : la frontière entre sport olympique et paralympique n’est pas si infranchissable.

Paola Fantato est une archère italienne née le 13 septembre 1959. Oui, c’est bien une archère, et non une para-archère, bien qu’elle ait été médaillée à huit reprises aux Jeux paralympiques, dont cinq breloques d’or. Son handicap, elle le doit à une poliomyélite qui l’a forcé à se déplacer en fauteuil roulant dans les rues de Zevio, sa ville natale, dès ses jeunes années. Mais, face à cela, ses parents ont tout fait pour lui faire sentir qu’elle était comme tout le monde, que son handicap ne faisait pas d’elle

quelqu’un d’anormal. Pour Paola Fantato, c’est l’attitude de sa famille envers elle qui lui a permis d’autant s’accomplir. Et les personnes qui la moquaient pour son handicap l’ont aidé, toujours selon elle, a façonné son caractère : sûre d’elle et déterminée.

Une tireuse talentueuse

C’est à l’âge adulte qu’elle commence à pratiquer le tir à l’arc en compétition, en ayant rencontré cette discipline par hasard, “comme cela arrive souvent avec l’amour de votre vie” dit-elle par rapport à ce qui va devenir son sport de cœur. Au départ, c’était surtout pour apprendre à se forger une carapace mentale, à résister à la tension et à la panique, et à contrôler son corps à la perfection. Mais très vite, c’est devenu bien plus. Notamment de par le fait que Paola affrontait ainsi, à l’entraînement, des valides. Elle participe à ses premiers paralympiques en 1988, à 29 ans, pour la première année où l’Italie qualifiait une équipe dans la discipline. Une compétition qui débute par une cinquième place pour l’équipe d’Italie, mais par une médaille de bronze en individuelle pour Paola Fantato. C’est le début d’une moisson pour l’Italienne, qui remportera une médaille d’or en individuel ou en par équipe à chaque édition de 1992 à 2004, avec le doublé par équipe et individuel en 2000 à Sydney.

Les Jeux Olympiques

Paola Fantato est donc une championne paralympique accomplie, mais également une athlète olympique. En effet, Fantato a participé aux Jeux Olympiques d’été d’Atlanta en 1996. D’abord au sein de l’équipe italienne, finissant à la 9e place de l’épreuve par équipes. Puis en individuel, terminant à la 54e place. Le plus impressionnant avec cette performance résidant peut-être dans le fait qu’elle ait, la même année au même endroit, remporté la médaille d’or par équipes et la médaille de bronze sur l’épreuve individuelle. Le tir à l’arc est une des rares disciplines olympiques à permettre une telle opportunité pour les athlètes paralympiques. Avant Paola Fantato, une archère néo-zélandaise, Neroli Fairhall, avait déjà réussi une telle performance, sans toutefois le même palmarès que l’Italienne. Paola Fantato raconte ensuite sur cette expérience :

“Quand j’étais devant la cible, il n’y avait plus de handicap”.

Hors des terrains

Son parcours ne l’a pas seulement amenée sur les stands de tir. Travaillant chez Volkswagen de 1978 à sa retraite en 2010 pour vivre, elle a beaucoup contribué au sport paralympique italien à côté. Prenant sa retraite internationale pour se consacrer à sa famille, elle ne quitte pas totalement le monde du sport en étant élue dès 2001 au Conseil National du Comité Paralympique Italien (CIP).

Tout cela fait d’elle une “légende”, sans en galvauder une once de sens. Ses performances ont aussi bien fait rayonner le handisport que le sport italien dans sa globalité, si bien qu’elle a été récompensée en 2015 par l’apposition de son nom sur une des tuiles du Walk of Fame du sport italien, inauguré dans le parc olympique du Firi Italico à Rome. Elle figure parmi les 100 premiers noms. Elle a également reçu des mains du président Ciampi l’Ordre de Commandeur de la République italienne. Paola Fantato a réussi une véritable performance qui l’a fait entrer dans l’histoire du sport, et dans la mémoire de tous, au-delà de la simple distinction entre olympique et paralympique. Un exemple pour tous les jeunes, handicapés ou non.

Une archère handisportive aux JO

Paola Fantato est la deuxième para-archère à participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques la même année.

Une première pour Italie

Elle est la première handisportive italienne à participer aux Jeux Olympiques.

De nombreux records

Durant sa carrière, l’Italienne a multiplié les records du monde en individuel. D’ailleurs, elle l’archère en fauteuil ayant eu le meilleur résultat en équipe aux JO.

En tir à l’arc

  • 5x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 6x Championne du Monde
  • 3x Vice championne du monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 2x Championne d’Europe
  • 2x Médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens

Sportives

  • Walk of Fame du sport italien
  • Collier d’or du CONI
  • 2x Diplôme d’honneur, champion paralympique
  • 1x Italian Paralympic Award

Médiatique

  • Commandeur Ordre du Mérite de la République italienne

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Paola Fantato – La Meastra du tir

nadia Comăneci – La Petite Fée de Montréal

La sportive Nadia Comăneci

Nadia Comăneci - La Petite Fée de Montréal

1961 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Son histoire est digne d’un film et inspirera d’ailleurs le réalisateur Alan Cooke pour son film éponyme. Vous l’aurez deviné, je parle bien de la célèbre Nadia Comăneci : préparez-vous à découvrir son histoire.

Nadia Comăneci naît en 1961 en Roumanie de parents ouvriers et employés de bureau. Dès l’école maternelle, elle s’initie à la gymnastique avec une équipe locale. Son talent se fait vite remarquer puisqu’à l’âge de six ans, elle est repérée par Bela Karoly, un entraîneur de gymnastique artistique. Cette rencontre lui permet de devenir l’une des premières élèves de l’école d’Onesti, sa ville natale. Deux ans après le début de sa formation avec Karoly, en 1969, elle participe à ses premiers championnats nationaux en catégorie juniors. Elle à alors huit ans et obtient la treizième place. 

Loin de se décourager de cette pseudo défaite, elle retente sa chance l’année suivante et remporte le championnat. Par la même occasion, elle devient la plus jeune championne de cette compétition.

Les prémices

La jeune prodige continue sur sa lancée victorieuse et en 1971, soit à l’âge de dix ans, elle tente sa chance dans sa première compétition internationale qui inclut la Roumanie et la Yougoslavie. C’est un véritable succès puisqu’elle y décroche tous les titres juniors et contribue à la victoire de son équipe. Ses exploits se poursuivent sur les quatre années suivantes : la gymnaste enchaîne les compétitions nationales et internationales, notamment en Hongrie, en Pologne et en Italie remporte chacune d’entre elles. Nous voici arrivés en 1975, aux championnats d’Europe de gymnastique artistique. Nadia Comăneci a alors 13 ans et concourt dans la catégorie senior.

A l’image des compétitions précédentes, elle rayonne et décroche quatre médailles d’or, sur cinq possibles. Elle figure cependant sur tous les podiums puisqu’elle remporte la médaille d’argent au sol, seul agrès où elle s’est fait dépassée. Cette victoire lui vaut d’être nommée meilleur athlète de l’année par l’United Press International.

Les Jeux de Montréal

Si vous n’êtes toujours pas impressionnés par son parcours, voilà qui devrait vous satisfaire : lors de ses premiers Jeux Olympiques en 1976, qui se déroulent à Montréal, elle remporte la note de dix sur dix pour sa routine aux barres asymétriques. Cette note phénoménale est a première de l’histoire des JO et elle n’a que quatorze ans ! Elle y est si surprenante que le tableau annonçant les résultats affiche 1.0 au lieu de 10.0. Mais son exploit ne s’arrête pas là. Elle brille en effet dans tous les autres agrès et se positionne première en poutre, aux barres asymétriques bien sûr, et au concours général. Avec son équipe, elle devient vice-championne olympique et décroche le bronze au sol, ce qui lui permet de monter sur cinq des six podiums.

Cette performance sportive inouïe la place dans l’histoire comme la première roumaine à remporter le titre olympique au classement général ainsi que la plus jeune gymnaste à le gagner. Quand elle revient sur sa victoire, Nadia Comăneci avoue ne pas avoir réellement réalisé ce qui se passait, mais qu’elle était très fière une fois qu’elle en prît pleinement conscience.

Un changement non souhaité

Loin de s’arrêter à cette victoire, Nadia Comăneci renouvelle son titre de championne d’Europe en 1977, mais est ensuite contrainte par la fédération roumaine de gymnastique de changer ses entraîneurs pour s’installer au complexe sportif de Bucarest. Ces changements brusques lui provoquent du stress et ne la mettent pas dans les meilleures conditions pour réussir. Elle réussit toutefois à se classer première en poutre lors des championnats du monde de 1978 malgré sa quatrième place au concours général. Trois ans plus tard, après de nombreuses autres médailles, elle décide de prendre sa retraite sportive. Elle ne quitte cependant pas le milieu sportif et devient membre du Comité International Olympique.

Sa fuite

Sa vie après sa carrière sportive est très tumultueuse. Elle parvient à s’enfuir de la Roumanie un mois avant la révolution roumaine et rejoint les Etats-Unis grâce à Constantin Panit , qui lui affirme agir par amour. Arrivée à destination, elle se rend compte que son sauveur est en réalité marié et qu’il profite de sa notoriété. Elle fait ensuite la rencontre de Bart Conner, un gymnaste américain avec qui elle se marie en 1996.

Nadia Comăneci continue de suivre les compétitions internationales et est engagée dans la campagne « Du Sport. Et plus que du Sport » initiée par le CIO, qui vise à promouvoir les valeurs sportives au-delà de la compétition.

Aujourd’hui encore, le nom de Nadia Comăneci est mondialement connu et reste une source d’inspiration pour de nombreuses gymnastes.

Note parfaite

Nadia Comaneci est la première gymnaste à obtenir la note parfaite aux Jeux Olympiques. Elle est la seule à avoir obtenue sept fois en une seule édition.

Première Roumaine titrée

Elle est la première Roumaine titrée aux Jeux Olympiques sur l’épreuve du concours générale.

Record de précocité

La Roumaine reste encore aujourd’hui la plus jeune titrée olympique de son sport. Elle a obtenu sa première médaille d’or à seulement 14 ans et 8 mois.

Elle est également la plus jeune titrée du championnat national junior à 10 ans.

Figures à son nom

La gymnaste possède deux figures à son nom sur l’agrès des barres asymétriques :

  • Support avant sur barre haute – coulé avec salto avant à califourchon pour accrocher à la barre haute
  • Underswing avec 1/2 tour (180°) avec salto replié ou piqué

En gymnastique

  • 5x Championne olympique
  • 3x Vice championne olympique
  • 1x Médaille de bronze aux JO
  • 2x Championne du Monde
  • 2x Vice championne du Monde
  • 2x Coupe du Monde
  • 1x Deuxième de la Coupe du Monde
  • 5x Championne du Monde universitaire
  • 9x Championne d’Europe
  • 2x Vice championne d’Europe
  • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
  • 12x Championne des Balkans
  • 1x Vice championne des Balkans
  • 10x Championne de Roumanie
  • 1x Vice championne de Roumanie
  • 6x Coupe de Roumanie
  • 96x Podium international

Sportives

  • Hall of Fame du sport féminin international
  • Hall of Fame de la gymnastique international
  • Ordre olympique

Médiatiques

  • Ordre de l’Etoile de Roumanie
  • Héroïne du Parti travailliste
  • 2x Athlète internationale de l’année par l’United Press
  • 1x Athlète de l’année par l’Associatd Press
  • 1x Personnalité sportive de l’année à l’étranger par la BBC
  • 1x Marca Leyenda
  • 1x Flo Hyman Memorial Award par la Women’s Sport Foundation
  • Great Immigrant Honoree par la Carnegie Corporation de New York
  • Nommée parmi les 100 femmes les plus influentes de 2017 par la BBC
  • Un secteur du parc olympique de Montréal porte son nom
  • La Roumanie a titré un timbre pour rendre hommage à ses exploits sportifs

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Paola Fantato – La Meastra du tir

Marie Houdré – Sur le mur des légende

Marie Houdré

Marie Houdré - Sur le mur des légende

1883 à 1932 - écrit par simon ménard

Il y a des personnes dont l’impact sur le sport dépasse le cadre de la performance. Marie Houdré est définitivement de cette catégorie, en ce qui concerne son combat pour l’acceptation du sport féminin, concernant le rugby ou la pratique physique dans sa globalité.

Marie Charlotte Alexandrine Houdré voit le jour en 1883, à Orléans. Au XIXe, l’émancipation féminine n’est pas encore totalement d’actualité. Ses parents lui laissent néanmoins l’opportunité de faire des études, chance qu’elle saisit en s’inscrivant à l’École Primaire Supérieure d’Orléans. Mais suite à la mort de son père, elle arrête pour entrer sur le marché du travail, décrochant un poste d’institutrice en maternelle à 19 ans. Mais Marie Houdré ne s’en contente pas, et, seulement

un an après, elle retourne sur les bancs de l’école pour étudier cette fois la médecine. À l’issue de celles-ci, la voilà médecin chef au sein du sanatorium antituberculeux de Ploemeur (Morbihan), puis chef de laboratoire à la faculté de médecine. Marie Houdré dénote véritablement parmi ses semblables, aussi bien par son parcours académique que ses trois mariages, son engagement auprès des enfants et des populations meurtries au cours de la Première Guerre mondiale, et son attrait pour le sport.

Une grande sportive

Le sport, Marie Houdré en est une adepte convaincue. Aussi bien pour le plaisir procuré par le jeu que pour les bienfaits de l’activité physique pour les femmes, qui en sont encore beaucoup exclues. C’est par son intérêt pour la santé physique de la femme qu’elle intègre le Fémina Sport, le plus important club omnisports féminin parisien, où les adhérentes peuvent s’essayer à l’athlétisme, au volleyball ou encore au football. Club dont elle prendra plus tard la direction.

Création de la barette

Marie Houdré va quant à elle y instaurer une nouvelle discipline : la barette. Il faut savoir que le rugby était alors un sport important en France, mais spécifiquement déconseillé à la gent féminine. La violence des impacts et la dureté du jeu n’étaient alors pas en adéquation avec la vision de la femme comme une personne fragile dont l’objectif est d’être capable de procréer. Passionnée par ce sport, Marie Houdré décide donc, avec l’aide du rugbyman capé à cinq reprises avec le XV de France et capitaine du SCUF André Theuriet, d’adapter les règles du rugby à la pratique féminine, pour en faire ce que l’on pourrait aDe ujourd’hui considérer comme l’ancêtre du rugby à toucher. Dans les années 1920, on voit alors naître une version du rugby où le match ne dure pas 80 mais 60 minutes. Deux équipes de 12 joueuses (et non de 15) évoluent sur un terrain aux dimensions réduites. On a le droit de plaquer seulement aux hanches, sinon d’arrêter le jeu en apposant la main sur le ballon (la “barette”) en criant “Touché !”, avant que le jeu ne redémarre par une mêlée positionnée en cercle. Ces changements de règles poursuivent le but de faire accepter le sport féminin, aussi bien pour les pratiquantes que pour le public masculin, afin d’aider les femmes à s’épanouir en dehors du cadre du mariage et de la maternité.

Du succès au déclin

Des clubs de barette naissent alors un peu partout en France, de Bordeaux à Lille en passant par Toulouse et Paris. Si bien que des compétitions voient alors le jour. Le premier match en condition réelle de barette est joué au stade Elizabeth, à Paris, en mars 1922, avant que le nombre de confrontations ne se multiplie à la fin des années 1920. Marie Houdré ne s’arrête pas là, et participe à la création de la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France, afin de coordonner toutes ces nouveautés. Une section sportive voit même le jour à Ploemeur. Néanmoins, le manque d’engouement et le petit nombre de pratiquantes font que la barette est peu à peu délaissée à la fin des années 1930.

Un sport mal vu ?

Un manque de popularité notamment dû à l’opinion publique de l’époque, fermement opposée à la pratique féminine du rugby. La condition physique jugée trop fragile des femmes ne leur permettrait pas d’encaisser les chocs. Une partie de la presse crie au scandale après le premier match officiellement disputé. Même revu et corrigé sous le nom de barette, le rugby reste selon eux un sport trop violent, voyant les femmes le pratiquant comme absolument ridicules. L’élèvement de la voix de quelques représentants politiques suffit à ce que la Fédération Française de Rugby annule un match d’exhibition de barette pourtant programmé en lever de rideau d’une rencontre masculine. 

Même Suzanne Lenglen, grande championne de tennis, s’oppose aux matchs de barette, affirmant que

“le rugby pratiqué par la femme n’a rien d’esthétique, et je suis opposée à cette mode nouvelle”.

Renaissance dans les années 60

Malgré toutes ces oppositions, la barette des années 1920, et par procuration Marie Houdré, va permettre la naissance du rugby féminin à partir de la décennie 1960 jusqu’à la version que l’on connaît de ce sport aujourd’hui. L’impacte de Marie Houdré sur la pratique du rugby comme du sport féminin dans sa globalité est incommensurable. D’autant plus qu’en dehors des terrains, son travail de médecin engagée a été récompensé de la médaille d’honneur de bronze de l’Assistance publique. Cumulant les casquettes d’entraineur et de joueuse au sein de Fémina Sport, elle dirigeait également la commission médicale de la Fédération des Sociétés Sportives de France. Avant de prendre la tête de nombreuses institutions promouvant le sport chez les femmes.

Au-delà du rugby, elle a joué un rôle de premier plan dans la promotion et le développement du sport féminin en France, mais c’est bien ce sport en particulier qui lui doit le plus. Si bien qu’en 2019, Marie Houdré devient le premier nom apposé sur le “Mur des Légendes” du rugby français, en compagnie d’Yves du Manoir et de Jean-Pierre Rives. Cette mention symbolique (“001 Marie Houdré”) consacre son action ayant contribué au rayonnement du rugby. Serge Simon, alors vice-président de la FFR au moment de son intronisation, en parle en ces termes :

“Elle est peu connue du grand public. Elle incarne parfaitement l’image de toutes ces femmes qui se sont battues dans l’ombre pour essayer de conquérir un petit bout de territoire. Car ce sport, il faut le reconnaître, est un sport d’hommes inventé par les hommes et fait pour les hommes. Il se féminise depuis peu de temps”.

Deux stades, à Mérignac et à Saint-Denis, portent aujourd’hui également le nom de Marie Houdré. Ces mentions visent à ce que son importance pour la reconnaissance du sport féminin en France ne soit jamais oubliée.

Médiatiques

  • Médaille d’honneur de bronze de l’Assistance publique
  • Nom inscrit au Mur des Légende du rugby français
  • Pour son importance dans le développement de la pratique féminine dans le rugby, les villes de Mérignac et de Saint-Denis ont donné son nom à un stade.

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Félicia Ballanger

"Félicia

"Félicia

"1971

Félicia Ballanger est une cycliste sur piste originaire de La Roche-sur-Yon. Simplement dire cela serait faire affront à sa légende. Ballanger fait partie du cercle fermé des triples championnes olympiques, aux côtés de Marie-José Pérec (athlétisme), Clarisse Agbégnénou (judo) et Julia Simon (biathlon). Il est temps de revenir sur son parcours aussi atypique qu’exemplaire d’une championne qui a d’abord dû dépasser les blocages mentaux pour établir ensuite une domination implacable sur son sport.

Une famille fan de cyclisme

Le cyclisme dans les veines et jusqu’au patronyme : sa mère l’a nommé Félicia ainsi en hommage au cycliste italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France en 1965, 

à 23 ans, triple maillot rose du Tour d’Italie, vainqueur de la Vuelta 1968 et champion du monde sur route en 1973. Un palmarès qui force le respect… et qui prédestine presque la future championne, avant même qu’elle n’enfourche sa première selle. Pour l’anecdote, le frère de Félicia a été prénommé Frédéric en l’hommage à une autre légende du vélocipède : l’Espagnol Federico Bahamontes.

Un fort caractère

Sportive dans l’âme, la jeune Félicia Ballanger mène tranquillement un double projet handball-cyclisme avant de devoir faire un choix, et de se concentrer pleinement sur le vélo. Ses grandes qualités de sprinteuse en salle sont visibles dès le plus jeune âge : championne de France cadette de vitesse sur piste d’abord en 1986, puis du monde junior en 1988. Restée attachée à sa terre natale, elle revient chez elle au Vendée U en 1993, après s’être exilée au Véloce Club de Saint-Sébastien, qu’elle avait rejoint après avoir subi de la discrimination sexiste dans le club de sa ville. En effet, les garçons du VC Yonnais, qui perdaient régulièrement contre elle, ne voulaient plus la voir aux entraînements. À 15 ans, elle montre alors déjà une certaine force de caractère.

Un début compliqué avant le déclic

Son histoire au haut niveau commence par des médailles en chocolat : 4e aux Mondiaux 1990, même place l’année suivante, puis 4e pour sa première participation olympique à Barcelone en 1992. Des places plus qu’honorables, qui la prouvent qu’elle est bien entrée dans la cour des grands. Mais Félicia Ballanger ne s’en contente pas. Et malgré de lourdes blessures subies en 1993, elle repart de plus belle à la poursuite des titres tant convoités.

Le blocage qui l’a empêché de monter sur les podiums était peut-être mental. C’est en tout cas ce que lui fait comprendre l’universitaire Gilbert Avanzini, qui rencontre Félicia Ballanger alors qu’il prépare une thèse sur l’agressivité dans le sport. Elle raconte qu’Avanzini lui a fait prendre conscience de sa capacité à battre ses adversaires en lui faisant parler d’elles. “J’avais trop d’admiration, trop de respect, sans doute”, explique-t-elle. La Vendéenne regagne petit à petit de la confiance, et s’apprête alors à aller chercher tout ce qui lui est dû.

Les mondiaux de Palerme 1994 sont le théâtre de l’obtention de sa première médaille : Ballanger prend l’argent dans l’épreuve de vitesse, et rompt ainsi la pseudo-malédiction de la place d’honneur qui commençait à s’installer.

Son entraîneur

Son entraîneur, en partie responsable de la réussite de Félicia Ballanger par son expérience et ses conseils, n’est autre que Daniel Morelon. Si le nom de ce natif de Bourg-en-Bresse ne vous dit rien, voici un rapide rappel : chevalier de l’ordre national du mérite et de la légion d’honneur, il est octuple champion du monde sur piste, et triple champion olympique : en tandem en 1968, et en vitesse en 1968 et 1972. C’est peu dire que son élève va faire honneur à sa réputation. La capacité de travail hors-norme et la volonté de fer de Félicia permettent à Morelon de modeler sa championne pour lui faire accomplir son rêve : remporter toutes les courses dont elle prend le départ.

Invincible

1995 est l’année de son premier titre mondial. Et, car elle a décidé de passer à la vitesse supérieure, de son deuxième. Félicia Ballanger domine incontestablement pour la première fois le 500m, épreuve nouvellement créée, et la vitesse au niveau international. L’épreuve de vitesse, dite également sprint, voit s’affronter deux coureuses en opposition directe. Le départ est donné arrêté, avec les deux adversaires positionnées sur la même ligne. La piste étant inclinée, c’est un tirage au sort qui décide de laquelle des deux coureuses va commencer en bas de la piste. Le 500m, quant à lui, propose pareillement un départ arrêté, mais cette fois le but n’est pas d’atteindre la ligne d’arrivée avant son adversaire directe, mais de réaliser le meilleur chrono possible. À noter que depuis l’année dernière, cette épreuve a disparu au profit d’une nouvelle, le kilomètre féminin. Félicia Bellanger restera donc à jamais comme la recordwoman du nombre de victoires sur la distance (nous allons y revenir), à égalité avec la biélorusse Natallia Tsylinskaya.

Ces premiers titres en appellent inévitablement d’autres. C’est peu dire d’affirmer que Félicia Ballanger débute alors une domination du cyclisme sur piste. Les deux titres mondiaux du 500m et de la vitesse ne lui échappent plus entre 1996 et 1999. Cette période lui offre également sa première médaille d’or olympique, sur la vitesse, à Atlanta. Confrontée à l’Australienne Michelle Ferris en finale, elle affirme plus que jamais sa supériorité. Les larmes versées au pied du podium à Barcelone sont remplacées par des cris de joie. Et une envie de rééditer l’exploit.

Sa dernière compétition

Félicia Ballanger ne perd plus une seule manche jusqu’en 2000, toutes courses confondues, tellement elle domine le circuit mondial. Une manche qui lui offre sa première frayeur depuis bien longtemps. D’abord, Alors arrache l’or sur le 500m, pour l’entrée aux JO de la distance, en disposant son éternelle dauphine, Michele Ferris, pourtant à domicile. Il est alors temps pour Ballanger d’affronter en finale de la vitesse la russe Oksana Grichina, double médaillée de bronze mondial sur l’épreuve. Cette dernière commet un affront : elle remporte la deuxième manche de la finale, et force Ballanger à courir une dernière belle décisive. Mais la disciple Morelon n’avait besoin que de cette piqure pour se rappeler à elle-même, et la dernière manche lui revient de droit. 3e titre olympique, et une place de gagnée à jamais dans l’histoire de son sport, comme de l’olympisme tricolore.

Des records du monde

Félicia Ballanger, c’est certes des titres, mais en tant que figure incontournable de sa discipline, c’est aussi des records qui ont forgé sa légende. En plus de ses dix couronnes mondiales, elle reste invaincue entre 1995 et 2000, et améliore à sept reprises le record du monde du 500m, porté à 34.010 secondes en 1998. Cette épreuve est tellement la sienne qu’elle s’est octroyée tous les titres mondiaux sur la distance jusqu’à sa retraite. Elle ne sera par contre pas la dernière détentrice du record sur le 500m : l’honneur revient à la Mexicaine Jessica Salazar, réalisant 32.268 secondes à l’occasion des championnats panaméricains, 18 ans après Ballanger.

Sa carrière prend fin sur les sommets de l’Olympe, en 2000. Elle l’avait déjà décidé avant même de prendre part à la première course de la quinzaine.

L’après-carrière 

Si elle devient vice-présidente de la FFC en 2001, sa carrière post-professionnelle s’écrit aussi dans le monde politique. Résidente à Nouméa, elle se présente en tant que candidate suppléante aux élections législatives de 2007. Son attachement à la Nouvelle-Calédonie est total. Elle s’investit dans le sport local, et est nommée chargée de mission sport au Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, travaillant pour le gouvernement néo-calédonien jusqu’en 2022.

En tant que légende du cyclisme tricolore, membre des Gloires du sport français, son image est connue du public passionné en Hexagone. Elle est nommée consultante pour France Télévision lors des épreuves de cyclisme des Jeux olympiques d’Athènes 2004 et Pékin 2008, apportant à l’antenne son expertise acquise au long de ses dix années au plus haut niveau international. Qui de mieux que le plus beau palmarès du cyclisme sur piste français (13 titres, 14 podiums) pour commenter les épreuves ?

Au moment de tirer sa révérence, elle déclare :

“Au delà de mon palmarès, j’aimerais que l’on retienne mon travail, ma persévérance et ma discrétion”.

Ce qu’il faut s’assurer c’est que Félicia Ballanger ne sera jamais oubliée.

Membre d’un cercle très fermé

Félicia Ballanger fait parmis des quatre Françaises à gagner au minimum trois titres olympiques

Record du monde

La Française a battu à six reprises le record du monde du 500m. Depuis, il a été battu.

En cyclisme sur piste

    • 3x Championne olympique
    • 10x Championne du Monde
    • 1x Vice championne du Monde
    • 1x Championne du Monde junior
    • 15x Championne de France

    Sportives

    • Hall of Fame du cyclisme mondial
    • Gloires du sport français
    • 1x Prix Monique Berlioux

    Médiatiques

    • Officière de l’ordre national du Mérite
    • Chevalière de la Légion d’honneur
    • 1x Vélo d’or français 

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    Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

    La sportive Marie Patouillet

    Marie Patouillet - Le sport pour porter des valeurs

    1988 à aujourd'hui - écrit par Emmy Métrot

    Le sport peut servir de vitrine pour porter aux plus hauts des valeurs et des engagements. Et ça, la para-cycliste Marie Patouillet, l’a très bien compris. On la connaît pour son palmarès, oui, mais aussi et surtout pour ses nombreux engagements !

    C’est à Versailles que naît Marie Patouillet le 7 août 1988, avec une malformation de la cheville et trois orteils au lieu de cinq au pied. Grande passionnée de sport, elle multiplie les disciplines, jusqu’au jour où on lui annonce qu’elle ne pourra plus courir. Un choc certes, mais un mental de battante qui va la pousser à participer à l’Étape 

    du Tour en 2017. C’est en ayant reçu un dossard pour cette cyclosportive, qui reprend le tracé d’une vraie étape du Tour de France, que Marie Patouillet prend le départ. Après un long effort, elle boucle cette épreuve en neuf heures et vingt-trois minutes, alors qu’elle ne faisait pas de vélo. Animée notamment par ces sensations sensations de vitesse qui lui manquaient tant, la médecin comprend que le vélo est peut-être le sport qui lui faut.

    Ses débuts

    Vivant en région parisienne, la Française cherche à trouver un club étant en capacité de l’accueillir. « Un seul club était capable de m’accueillir », c’était l’US Créteil, véritable pépinière à talents du cyclisme sur piste français. À partir de 2018, elle se spécialise donc dans ce sport, faisant ses premiers tours de vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines. Classée en C5, Marie Patouillet commence la compétition sur piste et sur route. Cette catégorie regroupe les athlètes ayant été amputés ou avec un handicap majeur au niveau des membres inférieurs.

    « Elle ne pouvait plus courir, mais elle pouvait pédaler. Ça a été le début de quelque chose »

    tels sont les mots de Sophie, sa préparatrice mentale. En rejoignant l’INSEP avec comme coach Grégory Baugé, multiple médaillé olympique, la Française a rapidement gravi les échelons.

    Ses premiers podiums

    Ses premiers résultats arrivent de suite au vélodrome d’Apeldoorn aux Pays-Bas en 2019. Elle décroche une médaille de bronze sur le 500 m départ arrêté, sur ces championnats du monde. L’année d’après, la pistarde échange le bronze pour de l’argent et ce sur deux épreuves : l’omnium et le 500 m. 

    Direction Tokyo

    Avec ses résultats, l’équipe de France commence à la diriger peu à peu vers les Jeux Paralympiques de Tokyo. Contrairement à beaucoup d’athlètes, Marie Patouillet vit plutôt bien le report d’un an de ces Jeux, dû à la crise du Covid-19. Médecin remplaçante en parallèle, elle profite de cette année pour faire un choix important : mettre fin à ce travail un temps, pourtant indispensable financièrement, pour se concentrer pleinement sur cette première épreuve paralympique. Elle se dirige vers ces Jeux avec l’envie de « faire ses meilleures performances », sans forcément penser aux médailles. Et pourtant, elle revient avec deux médailles de bronze, mais surtout un constat frappant : aucune Française n’a remporté de titre paralympique !

    « Pour moi, s’il n’y a pas de valeurs ni d’engagements derrière, les médailles en elles-mêmes n’ont pas de sens »

    c’est sans doute avec ces mots en tête que Marie Patouillet a commencé à se livrer sur son aventure de Tokyo et ses discours sont frappants.

    « À un moment, j’évoque l’ambiance sexiste, on me répond alors que si je ne voulais pas d’un sport sexiste, il fallait que je fasse un sport de fille. »

    Un acte militant

    Comment, en 2021, peut-on entendre des mots pareils ? Et comment des athlètes féminines peuvent-elles arriver à performer dans ces conditions ? Faire bouger les choses, voilà le combat de Marie Patouillet, sur et en dehors de la piste. Un an plus tard, elle arrive sur les championnats du monde qui avaient lieu en France, avec une coupe de cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, ouvrant les débats sur les droits LGBTQIA+.

    Après des changements, elle se prépare pour vivre l’expérience des Jeux Paralympiques à la maison, lors de Paris 2024. Mais avant, elle a l’opportunité de gagner la poursuite par équipes des championnats de France, en 2023, et cela en étant entourée de coureuses valides, et ça ce n’est pas tous les jours. C’est une belle image qui permet de mettre en avant le handisport, encore trop souvent laissé de côté.

    Les Jeux à domicile

     

    Engagée dans la lutte contre le sexisme, pour l’accessibilité du sport aux personnes en situation de handicap et les droits LGBT+, entre autres, Marie Patouillet arrive aux JO de Paris 2024, avec beaucoup de motivation. La triple championne du monde veut vibrer une dernière fois, qu’importent les résultats, vivre des émotions fortes devant son public, avant de raccrocher le vélo. C’est dans le vélodrome olympique de Saint-Quentin-en-Yvelines, que la pistarde va disputer ces dernières courses. 

    29 août, finale du 500 m et la voilà vice-championne olympique, première athlète à ramener une médaille dans le clan français. Déjà là, on sait que ces adieux sont réussis, mais on était très loin de s’imaginer l’énorme joie que l’on allait vivre, quelques jours après. Rendez-vous pour la finale de la poursuite, la dernière course sur piste de sa carrière. Duel franco-français, car sa concurrente est tout simplement Heïdi Gaugain. La cycliste s’élance en n’étant absolument pas la favorite, mais gagner une médaille d’argent olympique pour sa dernière course, c’est déjà pas mal… Les deux s’élancent et là, contre toutes attentes, le chrono bascule au vert en faveur de Marie Patouillet. Le vélodrome s’enflamme et l’ambiance s’envole, conscient que l’histoire est en train de s’écrire juste sous leurs yeux. Parce que oui, la pistarde a été sacrée championne paralympique pour la dernière course de sa carrière. Sortir par la très grande porte, c’est ce qu’elle a fait, et de quelle manière ! Course finie et Marie Patouillet se dirige immédiatement vers sa compagne, l’actrice Soraya Garlenq, un baiser dont les images ont fait le tour de la planète et qui montre tellement bien l’engagement fort de la Française.

    Aujourd’hui véritable modèle pour la nouvelle génération, elle a su conquérir le cœur du peuple français par son palmarès et surtout par son engagement sans faille.

    Une première pour la dernière

    En 2024, elle remporte le titre paralympique pour la dernière course de sa carrière en ayant jamais remporté de titres. Ce jour-là, elle devient la première Française à remporter un titre paralympique en cyclisme sur piste.

    Pour le camps tricolore

    A Tokyo comme à Paris elle est la première athlète à ramener une médaille au clan paralympiques français.

    Des résultats très vite

    A peine un an après s’être mise au cyclisme sur piste, elle remporte sa première médaille mondiale.

    Sur route

    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 1x Championne du Monde

    Sur piste

    • 1x Championne paralympique
    • 1x Vice championne paralympique
    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 2x Championne du Monde
    • 5x Vice championne du Monde
    • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 2x Championne de France
    • 2x Vice championne de France
    • 1x Médaille de bronze au championnat de France

    Médiatiques

    • Chevalière de l’ordre national du Mérite
    • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur
    • 1x Personnalité sportive par le magazine Têtu

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