Michèle Mouton

"Michèle

"Michèle

"Ecrit

“Dans la vie, tu dois toujours être ouverte à de nouvelles choses. Cela signifie que pour moi tout est possible, il n’y a pas de limites”.

Cette phrase prononcée par Michèle Mouton dans le cadre du documentaire Queen of Speed sur sa carrière résume très bien la mentalité de la championne française. Elle ne considère rien comme impossible, même s’imposer dans un sport sur-dominé par les hommes.

L’AMOUR DE LA VITESSE ET LES DÉBUTS EN COMPÉTITION

Sa première expérience au volant d’une voiture, Michèle Mouton la connait chez elle, à Grasse, dans le sud de la France, alors qu’elle rentre discrètement dans le véhicule de son 

dans le véhicule de son père. Alerté par le bruit du moteur qui démarre, son père pour empêcher l’enfant de faire une bêtise. Pleine d’énergie, Michèle grandit, obtient son permis, et commence à tester les possibilités de vitesse que lui offre la voiture. Cette vitesse, Michèle l’adore, comme ce sentiment de danger qui en découle, trouvant de la beauté dans le fait qu’une simple erreur puisse avoir de graves conséquences. Si bien que lorsqu’un ami lui propose d’être copilote à ses côtés lors d’une course à Monte Carlo, elle ne met pas beaucoup de temps avant d’accepter.

“Pour moi, une voiture était le moyen d’être libre et de faire ce que je voulais” dit-elle.

À 22 ans, elle découvre donc la course automobile en compétition. En voyant les performances de Michèle, son père, lui aussi passionné d’automobile, décide de lui acheter une voiture. Il lui demande juste de promettre que si cela ne marche pas, alors elle arrêtera.

Très vite, Michèle Mouton se passionne de la compétition. Et ce malgré le fait que le monde automobile soit gouverné par les hommes, des pilotes aux copilotes en passant par les techniciens et les organisateurs. Si les femmes n’y sont pas interdites, jamais une pilote féminine n’a réussi à s’imposer. D’autant plus qu’aucun homme, du propre aveu des coureurs de l’époque, ne souhaite être le premier à perdre contre une femme. Sauf que quand elle joue, Michèle Mouton n’a qu’un seul objectif : gagner. Et le sport automobile, avec la voile et l’équitation, est un des rares sports où hommes et femmes peuvent prendre place sur la ligne de départ en situation de chances équitables. Petit à petit, elle prend de l’expérience dans des rallyes mineurs. Elle participe pour la première fois à une manche de la coupe du monde de rallye en Corse, en 1975. Obligée de mixer du café et du coca pour affronter la fatigue, elle réussit à terminer à la 7e place. Un score plus qu’honorable pour une pilote n’ayant commencé à prendre part aux grandes courses de rallye que l’année précédente. Une performance tellement incroyable que les hommes ayant terminé derrière elle la traite de menteuse, et portent plainte devant la FIA, la fédération international. Une enquête est ouverte, sa voiture est fouillée de fond en comble, et le verdict tombe : son véhicule est parfaitement conforme. Michèle Mouton n’est pas une tricheuse, mais une athlète très précoce et dotée de qualités folles.

Les sponsors, à l’instar de Elf, commencent à s’intéresser à elle, et ce ne sont pas les seuls. Des constructeurs commencent à imaginer Michèle Mouton monter dans leur voiture. FIAT est le premier à lui proposer un bon contrat en 1978, mais la voiture est très difficile à conduire. Michèle Mouton est à la peine, mais cette expérience va lui permettre d’apprendre à faire ce qu’elle recherche le plus : aller plus vite. Dans le même temps, la Française commence à se voir comme une professionnelle. Alors qu’elle aimait fumer, boire et faire la fête, elle décide dans le but de s’améliorer d’arrêter la cigarette et la boisson, à l’exception du champagne, symbole des victoires.

PILOTE AUDI QUATTRO ET LES CHAMPIONNATS DU MONDE DE RALLYE

Alors qu’elle commence à trouver son rythme, Michèle reçoit un appel téléphonique inattendu. Audi n’est alors pas la marque de voiture la plus populaire, et encore moins en France. Mais le constructeur allemand a senti le filon que représente le rallye, et décide d’y investir. Audi présente à Michèle leur projet, qui tourne autour d’un modèle révolutionnaire à quatre roues motrices : la Audi Quattro. Comme tête d’affiche, le constructeur a déjà réussi à convaincre Hannu Mikkola, considéré comme un des meilleurs pilotes de rallye au monde. Mais posséder une écurie féminine pourrait également améliorer leur image de marque. Tout en sachant cela, Michèle Mouton n’hésite pas longtemps avant de répondre un grand oui. Rejoindre Audi, c’est s’assurer une place en championnat du monde de rallye. Pour créer une équipe 100% féminine, il manque une copilote. Michèle jette son dévolu sur l’italienne Fabrizia Pons, et les premiers tests de début de saison 1981 lui donne raison.

Les championnats du monde de rallye 1981 sont composées de 12 manches, découpées elles-mêmes en plusieurs étapes se déroulant sur plusieurs jours. Cette première saison chez Audi est censé permettre à Michèle de découvrir sa nouvelle voiture, ce qu’elle adore. Pour elle, réussir à gagner de la vitesse avec ce genre de véhicule, c’est comme dompté un animal sauvage. Un fauve qui va prouver sa puissance à San Remo. Michèle et Fabrizia sont bien parties, et opposées à Ari Vatanen, qui a affirmé au média que s’il perdait contre des femmes il arrêterait sa carrière. Avant la dernière des trois étapes de cette manche, Michèle n’arrive pas à dormir. Pour la première fois, elle a toutes les cartes en main pour s’offrir une première victoire sur le circuit international. Tout ce qu’elle a à faire, c’est maintenir son avance de 30 secondes sur Vatanen. Cette opportunité, Michèle Mouton ne va pas la laisser s’échapper. Michèle et Fabrizia exultent sur la ligne d’arrivée : elles sont les premières femmes à remporter une étape des championnats du monde. Rapidement, elle devient la coqueluche des médias, encouragée par Audi à participer à toutes les interviews pour vendre le plus de voitures possibles. Mais elle n’est pas fan de toute cette attention médiatique.

Ce qui est loin de la perturber à l’aube de la saison suivante. Malgré un accident dès la première journée à Monte Carlo, Michèle Mouton se lance bien dans les championnats du monde de rallye 1982. Son principal rival s’incarne en la personne de Walter Röhrl, le favori de la compétition. Arrive le rallye du Portugal. C’est une épreuve très spéciale, car sur la première étape le public est très proche des voitures. Trop proche même, obligeant les pilotes à multiplier les prouesses pour ne blesser personne. Une erreur d’inattention peut coûter des dizaines de vies. Michèle Mouton s’en sort très bien, et mène la course du début à la fin. Fabrizia et elle remportent leur deuxième manche sur le circuit. Cela leur permet surtout de talonner au classement général Röhrl. La menace que représente la Française pour l’Allemand se concrétise au rallye de l’Acropole, à Athènes. Röhrl essai de la déstabiliser devant les médias en disant que même un singe irait plus vite avec son Audi Quattro. Loin d’être décontenancée, Michèle Mouton remporte sa deuxième manche de la saison. Cinq mois plus tard, c’est le rallye du Brésil qu’elle remporte haut la main. Avec ces trois victoires, Michèle et Fabrizia se sont offertes le droit de penser au titre suprême au moment de prendre le départ du Bandama, le rallye de Côte d’Ivoire.

Mais ce rêve est mis à l’épreuve par une déflagration. Le matin même de la course, Michèle Mouton apprend le décès de son père. Dévastée, elle pense quitter la compétition, avant que sa mère ne lui demande de continuer, en hommage à son père. À part Fabrizia, personne de son équipe est au courant du drame qu’elle a subi. Elle fait tout pour se mobiliser, se savant à une victoire d’un exploit monumental. Elle mène même la course pendant une grande partie de l’épreuve, accumulant une heure d’avance sur Röhrl. Mais le sort s’abat sur elle. Alors que sa voiture rencontre un problème technique, les mécaniciens se trompent dans leur réparation, faisant perdre à l’écurie féminine un temps plus que précieux. Röhrl commence à revenir. Plus que jamais en danger au classement général, Michèle tente le tout pour le tout et accélère autant qu’elle le peut. Mais avec toute cette vitesse, une petite erreur peut se transformer en drame. La voiture se renverse, Michèle et Fabrizia sont seines et sauves, mais la victoire leur échappe définitivement. La même journée, Röhrl est sacré champion du monde de rallye 1982. Il n’en reste que Michèle Mouton est la première femme à finir à la deuxième place du classement général du championnat du monde de rallye.

LE PLUS BEAU PALMARÈS DU SPORT AUTOMOBILE FÉMININ INTERNATIONAL

La saison suivante, Michèle Mouton est moins performante. Il faut dire que renouveler son exploit monumental aurait été de l’ordre de l’irréel. Mikkola, l’autre pilote Audi, est sacré champion du monde. Pour assoir son hégémonie, Audi décide de confier une Quattro a un autre champion : Walter Röhrl. Michèle Mouton ne se sent plus réellement soutenue, n’étant pas retenue pour le rallye de Monte Carlo pour la première fois de sa carrière.

Michèle ne baisse pas pour autant les bras. C’est aux États-Unis qu’elle va étoffer son palmarès, en remportant à deux occasions, en 1984 et 1985, le mythique Pikes Peak. Une course très spéciale, marquée par le machisme de ses supporters. Déjà qu’ils n’ont pas vu beaucoup d’Européens sur leur circuit, les Américains sont encore plus sidérés qu’une femme ose essayer de remporter le titre. Mais Michèle est au-dessus. Elle est toujours la seule femme à avoir remporté la Pikes Peak, comme elle reste la seule femme à avoir remporté une étape de championnat du monde de rallye.

UNE FEMME TOUJOURS INVESTIE DANS SON SPORT APRÈS LA RETRAITE

Michèle Mouton quitte Audi en 1985, et prend sa retraite l’année suivante pour se consacrer à sa vie personnelle. Pour autant, elle ne met pas fin à sa volonté de promouvoir le rallye et le sport automobile auprès des femmes.

“Quelque part dans mon esprit, j’aimerais voir une autre femme réussir en rallye comme je l’ai fait”.

Pour continuer à inspirer des générations de jeunes femmes fans de sports motorisées, Michèle Mouton est devenue présidente de la commission féminine de la FIA. Elle est entrée au Rally Hall of Fame et a été faite chevalière de la Légion d’honneur. C’est toujours, plus de 30 ans plus tard, la femme la plus victorieuse en sport automobile. Elle travaille encore en tant que chargée de la sécurité sur les étapes de rallye sur le circuit international.
Aujourd’hui, Michèle Mouton ne nourrit aucun regret, et est très heureuse de la vie qu’elle a. Elle cite elle-même Oscar Wilde :

“Il faut toujours viser la lune, parce que même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles”.

Une pionnière

Michèle est la toute première femme à remporter une manche de championnat du monde de rallye et à monter sur le podium.

Pikes Peak

Elle est la première et seule pilote féminine à remporter cette course mythique.

En rallye

  • 1x Vice-championne du monde
  • 4x Victoire en championnat du monde
  • 2x Championne d’Europe féminine
  • 1x Vice-championne d’Europe
  • 4x Victoire en championnat d’Europe
  • 2x Coupe d’Europe féminine des rallyes
  • 2x Championne de France
  • 3x Championne de France féminine
  • 2x Vice-championne de France
  • 2x Victoire en championnat de France
  • 1x Championnat d’Allemagne
  • 6x Victoire en championnat d’Allemagne
  • 2x Pikes Peak
  • 4x Rallye Monte-Carlo
  • 1x Victoire aux 24h du Mans en catégorie 1 601 à 2 000 cm3
  • 1x Trophée Andros féminin
  • 4x Tour de France automobile
  • 1x RAC Rally 

Sportives

  • Rally Hall of Fame
  • Pikes Peak Hall of Fame
  • 1x Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports
  • 1x Prix Roland Peugeot de l’Académie des sports

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • 1x Autosport’s International Rally Driver Annual Award 

Marla Runyan

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...

Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ? Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux - L’alliance entre l’amour des sensations fortes et de l’environnement

1985 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Véritable reine de la montagne tout au long de sa carrière en ski alpinisme, Laetitia Roux a gardé ce lien privilégié avec l’environnement, en luttant pour sa préservation. Nous vous proposons de la découvrir à travers cet article, et son interview complète que vous retrouverez au terme de ces quelques lignes.

Laetitia Roux est une des plus grandes championnes du sport français, ne serait-ce que sur la base des titres remportés : 17 mondiaux, 9 européens, 25 nationaux et huit Coupes du monde. Sa discipline : le ski alpinisme.

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Sa découverte du sport

Le ski, elle l’a presque dans les gênes. Résidente des Hautes-Alpes, elle chausse des skis depuis sa plus tendre enfance, dès l’âge de deux ans, ayant appris à glisser auprès de son père. Elle découvre avec ce dernier le ski de randonnée, qui lui provoque un coup de foudre quasi instantané. Ce qui ne l’empêche pas d’être une véritable touche-à-tout des disciplines sportives, principalement en endurance mais aussi en ski alpin, sport qui l’introduit à la compétition. Après deux années au niveau professionnel, elle s’en détourne finalement, se sentant bien plus à l’aise en ski alpinisme, qui prône l’endurance et l’affrontement aux paysages dans toute leur diversité.

Qu’est-ce que le ski alpinisme ?

Cette discipline, qui est en quelque sorte la version compétitive du ski de randonnée, consiste à remonter les pentes grâce à des peaux de phoque ou du synthétique sous les skis, avant de redescendre le plus vite possible. Également passionnée par les sports d’endurance, comme le vélo, c’est tout naturellement que sa carrière s’est orientée vers ce sport.

Les courses emblématiques

Les grandes courses s’effectuent en duo, par équipe. On dénote également plusieurs différentes épreuves au sein du ski alpinisme, comme le relai et le sprint, qui demandent des qualités et offrent des expériences très différentes et variées. Parmi les grandes coéquipières de Laetitia Roux, on peut citer l’espagnole Mireia Miro ou encore la suissesse Séverine Pont-Combe. Avec elles, Laetitia a remporté les courses les plus prestigieuses du ski alpinisme, parmi lesquelles la Pierra Menta et la Patrouille des Glaciers, des courses longues qui comptent parmi les meilleurs moments de sa carrière. Certaines étapes de ces courses peuvent atteindre les 4.000m de dénivelés positifs sur 30 à 50km, alternant montée et descente.

Une amoureuse de la nature

Elle se décrit elle-même comme une amoureuse de la montagne et du vivant. Certes l’aspect compétition prend le pas, mais les parcours amènent surtout les athlètes à se challenger en pleine montagne, à grimper les plus baux sommets au milieu des arbres. Son environnement, ce sont les grands espaces sauvages. Et n’ayant pas peur de se faire mal et de passer des heures à l’entraînement, elle s’est donnée les armes pour réussir dans la discipline. Et la réussite, elle va la connaître.

Quand on voit tout cela, on comprend son attachement aux sports outdoors à sensations fortes, tels que le VTT ou le parapente. Ce fut d’ailleurs difficile pour elle de mettre de côté toutes ces autres expériences pour se concentrer uniquement sur sa carrière. Elle a d’abord essayé de pratiquer certaines disciplines en début de carrière, ou de s’y consacrer lors des pauses estivales, avant de se rendre à l’évidence qu’il fallait les mettre entre parenthèse. L’ardente volonté de grimper à nouveau en VTT ou de fendre les airs en parapente l’ont conforté dans sa décision de prendre sa retraite internationale en 2017, permettant de rendre la transition moins douloureuse.

Le ski alpinisme aux Jeux Olympiques

Le ski alpinisme va faire son entrée aux Jeux Olympiques à l’occasion de l’édition 2026 de Milan, avec Bormio comme cadre. Ayant pris sa retraite, Laetitia Roux n’y prendra pas part. Mais elle n’a pas pour autant complètement couper les liens avec son sport. Elle alterne entre le commentaire à la télévision, l’entraînement de nouveaux athlètes, et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. C’est dans ce cadre qu’elle mène depuis plusieurs années le projet Be the change en collaboration avec l’association Water Family, en réalisant plusieurs documentaires pour retrouver le contact avec le vivant après les années Covid, et informer le monde sur l’importance de la nature. Notamment deux films, “Précipitations : l’eau de là-haut” et “Les arbres, gardiens de la vie” qui sont devenus de véritables matériels pédagogiques disponibles sur son site internet.

Son engagement se dirige également envers toutes les femmes :

“Ce n’est pas parce qu’on nait femme qu’on n’a pas notre place […] j’ai envie de dire à toutes les femmes de vivre vos rêves”.

Laetitia Roux aura donc réussi à profiter de l’espace que le sport lui a apporté pour mettre en avant les causes qui lui sont chères.

Interview de Laeticia Roux

Découvrez nos autres interviews

Marla Runyan

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

Cecile Addou

Le volley traverse la vie de Cécile Addou. Joueuse confirmée, c’est par sa version assise du jeu qu’elle a réussi à se relever de son handicap, contracté à la suite d’un sarcome du bassin. En seulement un an de pratique, celle qui a rejoint l’Équipe de France il y a...

Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Anne Wafula

Anne Wafula - Le fauteuil de la liberté

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Un fauteuil lui a ouvert les portes du monde, alors elle essaie de le changer.

Anne Wafula était encore une dynamique petite fille de deux ans du village de Mihuu au Kenya lorsqu’une étrange maladie se développe chez elle, l’empêchant petit à petit d’utiliser ses bras, puis ses jambes. Ce n’est qu’après avoir quitté son village avec sa famille pour rejoindre la capitale, Nairobi, que la famille Wafula apprend ce qui est arrivé à la petite Anne : la polio.

La réeducation

Prise en charge, elle retrouve le fonctionnement de ses bras, mais que partiellement 

de ses jambes, qui l’obligent à se déplacer constamment avec des béquilles et des attelles pour les jambes. Brimée par les camarades de son âge pour son handicap, ses parents l’inscrivent dans une école pour enfants atteints de handicap, ce qui lui permet de reprendre ses études en confiance. Malheureusement, une bonne nouvelle comporte son lot d’embûches dans sa vie. Anne perd sa mère quelques années après avoir commencé son cursus. Affectée, Anne Wafula réussit néanmoins à continuer l’école, jusqu’à devenir la première de sa famille à être diplômée de l’université.

Sa découverte du sport

Jusqu’ici, le sport n’est pas intervenu dans sa vie. Il va encore falloir quelques péripéties, qui commencent lorsqu’elle rencontre un jeune britannique du nom de Norman Strike. Ils se plaisent mutuellement, si bien qu’Anne Wafula le rejoint chez lui, en Angleterre. Ils se marient, et c’est alors qu’elle a donné naissance à son fils qu’elle essaie son premier fauteuil roulant. Malgré les contraintes inhérentes à ce moyen de locomotion, c’est une nouvelle liberté qui s’offre à elle. Elle commence à aller à la salle de sport, puis découvre la course en fauteuil grâce à son prof de sport. Une expérience qui va très rapidement se transformer en nouvelle passion.

Sa carrière sportive

Entraînement après entraînement, Anne Wafula Strike s’améliore, si bien qu’elle est appelée par l’équipe nationale kényane pour participer aux Jeux paralympiques de 2004, devenant alors la première ressortissante d’Afrique sub-saharienne à concourir dans une course paralympique en fauteuil. À partir de 2006, c’est sous les couleurs de son pays d’adoption qu’elle concourt, profitant ainsi des équipes d’entraînements britanniques. La néo-internationale britannique arrive alors aux Jeux paralympiques Visa de 2007 et remporte la médaille de bronze du 400m, course dans laquelle elle était mal engagée sur la fin, à bout de force, mais ayant quand même réussi à se mobiliser pour décrocher la plus belle récompense de sa carrière. Elle a également détenu pendant un moment les records de Grande-Bretagne du 100m et du 200m.

Son militantisme

Anne Wafula Strike va pleinement utiliser la plateforme médiatique durement gagnée pour mettre en avant les combats qui lui tiennent à cœur. Si elle peut motiver les jeunes filles à se battre pour leurs objectifs, alors elle va se donner à fond pour les accompagner. Son secret, qu’elle a érigé comme un mantra : “ne jamais renoncer”. Elle participe à de nombreuses courses de charité pour récolter de l’argent pour des associations luttant aux côtés des droits des athlètes atteints de handicaps. Elle a donné naissance à une fondation pour offrir des fauteuils roulants aux jeunes enfants africains, se rappelant qu’elle-même avait dû attendre d’arriver en Angleterre pour obtenir le sien, ainsi qu’à la Olympia-Wafula Foundation, qui travaille avec de nombreux pays du Commonwealth.

Son militantisme a également pu être observé à un niveau institutionnel, rejoignant en 2015 UK Athletics pour les questions d’accessibilité au sport, en charge des campagnes pour l’inclusion et la diversité à partir des Jeux de Rio. Elle explique :

“J’ai vu la douleur dans les yeux de jeunes filles dont les ambitions ont été anéanties simplement parce qu’elles sont des filles ; j’ai vécu les difficultés auxquelles les Noirs sont confrontés pour être reconnus comme égaux, même en 2020″

c’est pourquoi elle veut faire changer les choses.

Les changements qu’elle inaugure dépassent même le secteur du sport professionnel, que ce soit dans l’industrie ou dans la vie de tous les jours. Pour son engagement sans faille, Anne Wafula Strike a été décorée membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre.

Terminons par ses propres mots :

“Ability is what you are capable of doing. Motivation determines what you do. Attitude determines how you do it ».

Une première pour le Kenya

En 2004, elle devient la première la sub-saharienne, et donc kényane à participer aux Jeux Paralympiques.

En athlétisme

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques Visa

Médiatique

  • Membre de l’Empire britannique​

Découvrez d'autres sportives

Marla Runyan

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...

Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ? Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Angela Madsen – La Reine des Océans

Angela Madsen

Angela Madsen - La Reine des Océans

1960 à 2020 - écrit par simon ménard

L’histoire d’Angela Madsen, c’est celle d’une femme qui a toujours essayé de se relever malgré les coups du sort. Jusqu’au bout, c’est le bonheur de l’effort et la liberté qu’elle aura recherchée.

Angela Madsen est une sportive née, à la condition physique très prometteuse. Alors qu’elle envisage de suivre un cursus sportif pour tracer sa route vers les Jeux Olympiques, Angela Madsen accouche d’une fille à seulement 17 ans, devenant mère célibataire, ce qui lui dresse des bâtons dans les roues pour accéder à son objectif. Ses plans changent, et face à un provocateur affirmant qu’elle n’arriverait jamais à rejoindre l’armée, bien qu’issue d’une lignée de militaires, elle s’engage auprès des marines. Une fois sa formation réussie, l’armée lui accepte de lui fournir une maison 

pour elle et sa fille. Elle est envoyée en mission dans plusieurs États, et notamment en Californie, à El Toro, où elle rejoint l’équipe de basket de son unité en tant que pivot. Elle est alors repérée l’équipe féminine des Marines.

Deux gros accidents

C’est alors peut-être le début de sa carrière sportive, comme elle l’avait espéré. Elle commence l’entraînement en 1980. Mais lors de la première séance, elle tombe sur le terrain, et une de ses coéquipières, dans le mouvement, marche sur son dos. Le choc brise deux disques de la colonne vertébrale d’Angela, et dans le même temps avorte son expérience en basket. Petit à petit, Madsen, qui souffre de douleurs chroniques et d’une sciatique, récupère en suivant une thérapie. Mais Angela n’est malheureusement pas au bout de ses peines.

En 1991, elle est victime d’un accident de voiture. Verdict, une jambe et plusieurs côtes cassées, qui viennent s’ajouter à ce dont elle souffrait déjà depuis 1980. Elle est obligée de subir une opération l’année suivante, qui lui laisse les deux jambes paralysées, celles-ci ne pouvant être sauvées. Une opération qui ne sera pas remboursée par le corps des Marines, qui récupèrent également la maison qu’ils avaient mise à sa disposition lorsqu’elle les avait rejoints. Un des médecins de l’hôpital des anciens combattants à Long Beach ose même lui dire que sa “condition physique est un gaspillage de vie humaine”. Face à cet enchaînement que la vie lui offre, Angela Madsen devient sans domicile fixe, et commence à souffrir de dépression.

Ses déclics

Malgré tout, l’ancienne militaire, et n’attend qu’un déclic pour se relever. Cette occasion, elle va l’avoir alors qu’elle assiste à un match des Jeux nationaux des vétérans américains. Angela y fait sa rencontre avec le basket-fauteuil. Si le basket est à l’origine de sa blessure, ce sport peut aussi lui permettre de se reconstruire. Elle évolue alors aussi bien avec l’équipe féminine que masculine.

Puis advient ce qui aurait pu être le dernier drame fatal, mais qui va se transformer, par la force de la volonté de Madsen, en moment crucial pour se lancer dans sa nouvelle vie : après être tombée sur les rails du métro à San Francisco, elle craint s’être brisée le cou. Une fois sortie d’affaire, sans séquelle supplémentaire après avoir été relevée in-extremis par deux passants, elle se force à réévaluer sa vie, et ce qu’elle a envie de devenir. C’est désormais clair pour elle : Angela va décider de vivre pleinement son handicap.

Du basket à l’aviron

En 1998, elle est invitée par le sponsor de son équipe de basket-fauteuil, Casa Colina, à un évènement d’aviron. C’est un coup de foudre total. Elle est émerveillée par le fait de pouvoir effectuer ce sport sans avoir à monter dans son fauteuil roulant, et se découvre un talent naturel à pagayer. Si bien qu’en 2002, alors que l’aviron adapté est ajouté au casting des championnats du monde, elle s’y qualifie et remporte la médaille d’argent. Une première réussite en guise d’échauffement. Angela Madsen installe lors des trois années suivantes une domination sur la catégorie deux de couple, s’adjugeant systématiquement la médaille d’or.

Traverser les océans

En parallèle de cette carrière en aviron, Angela, toujours plus éprise de liberté, commence à s’intéresser aux évènements d’aviron en plein océan. Sa progression se fait distance par distance. Après avoir réussi plusieurs sorties de 20km, elle fait la rencontre de Tori Murden. Cette dernière est la première américaine à avoir traversé en aviron solo l’océan atlantique. Grandement inspirée par Murden, Angela Madsen se lance dans l’expérience de ce voyage transatlantique, à travers plusieurs tentatives. C’est en 2007, soit seulement cinq années après sa première médaille en aviron, qu’Angela devient la première personne atteinte de handicap à traverser l’océan atlantique en aviron de bout en bout.

Puis en 2009, au sein d’une équipe de huit personnes à bord du “Aud Eamus”, la première femme à traverser l’océan indien. On peut ajouter à ce déjà probant palmarès un tour de Grande-Bretagne à la rame, accompli aux côtés d’une équipe 100% féminine en 2010. La lutte pour la reconnaissance du sport féminin va caractériser ses apparitions médiatiques, comme son soutien à la communauté LGBT, en abordant ouvertement son homosexualité et en participant à de nombreux évènements. 

L’athlétisme

Si Angela Madsen participe bien aux Jeux Paralympiques de 2008 en aviron, ce n’est pourtant pas dans ce sport qu’elle va être médaillée, bien qu’elle finisse à seulement 0,7 secondes du bronze. Même si elle a déjà habitué à être une véritable touche-à-tout, Madsen surprend tout de même en prenant la route des stades. Elle participe à sa première course en 2011, se qualifiant pour les Jeux de 2012 à Londres en lancer de poids et de javelot. Si elle finit cinquième de sa catégorie au javelot, un lancer du poids à 8,88m lui permet d’obtenir le bronze, sa première médaille paralympique. Ses qualités de lanceuse de poids sont telles qu’elle établit un nouveau record du monde en 2016 avec 9m43.

Même après avoir touché à d’autres sports, Angela Madsen ne se détourne pas de l’aviron. Elle cherche à parcourir les différentes mers et autres océans du globe, lui permettant de détenir 14 records reconnus comme Guiness World Record, dont celui de la femme ayant parcouru le plus d’océans. Angela Madsen trouve la mort en 2020 alors qu’elle tentait d’effectuer, à 60 ans, la traversée entre Los Angeles et Hawaï. Un parcours de 4.000km en solo derrière la caméra de Soraya Simi, qui l’aurait vu devenir la première femme paraplégique à accomplir le parcours. La réalisatrice assure qu’Angela, consciente du risque qu’elle encourrait avec cette traversée hors norme, était “prête à mourir en faisant ce qu’elle aimait le plus”.

Traverser les océans

Elle est la rameuse ayant traverser le plus d’océan, avec un total de quatre sur sa carrière.

De nombreux records

Au cours de sa vie, Angela Madsen aura réalisé 14 records du monde dont certains tiennent toujours.

Le plus grand équipage

Elle a fait parti du plus grand équipage à traverser un océan avec seize personnes présentes.

En aviron

  • 3x Championne du monde du deux de couple
  • 1x Vice championne du Monde du skiff

En athlétisme

  • 1x Médaillée de bronze aux Jeux Paralympiques au poids
  • 1x Championne panaméricaine du javelot
  • 2x Vice championne panaméricaine du poids

Médiatique

  • Prix d’athlète d’excellence par la Fondation for Global Sport Development en reconnaissance pour son travail auprès des jeunes et de diverses communautés

Découvrez d'autres sportives

Marla Runyan

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...

Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ? Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Lisa Leslie – La reine du parquet

Lisa Leslie

Lisa Leslie - La reine du parquet

1972 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Star incontestable du basket américain, elle a marqué les esprits par ses exploits sportifs tant au niveau national qu’en internationale : il s’agit évidemment de Lisa Leslie !

Lisa Leslie naît en 1972 aux Etats-Unis, et plus précisément à Compton en Californie, ville qui a vu grandir de grandes star du basket, dont Dennis Johnson et Eddie Murray. Elle était donc comme prédestinée à en devenir une elle aussi. Élevée par sa mère seule, elle s’initie au basket en arrivant au collège. Encouragée par ses camarades à rejoindre l’équipe de son établissement. À la première séance, le coach demande de séparer les gauchères des droitières. Seule à gauche, elle décide d’entraîner sa main droite devenant ainsi ambidextre. Alors contrainte de jouer dans une équipe 

de garçons par manque de basketteuses dans son collège, elle prend confiance en ses capacités de jeu et progresse à une vitesse folle.

Une jeune joueuse d’exception

C’est véritablement au lycée que sa passion pour ce sport se développe. Lisa affirme d’ailleurs dans son autobiographie :

« J’avais l’impression d’appartenir à la salle de gym peut-être plus que n’importe où ailleurs ».

Son succès y est fulgurant ! Elle est la principale scoreuse de son équipe et les mène au championnat de l’État de Californie en 1989 avec une moyenne de 27 points par match. En plus du championnat universitaire, elle intègre l’équipe nationale américaine en catégorie U19 en tant que plus jeune membre. Elle est âgée de 17 ans. Mais cela n’est rien comparé à l’exploit qu’elle réalise en 1990. Son match face à South Torrance est resté ancré dans les annales du basket américain et pour cause : à seulement dix sept ans, Lisa Leslie parvient à marquer 101 points en seulement une mi-temps ! Avec un score de 102 à 24 au bout de vingt minutes, tous les paniers, à l’exception d’un, sont marqués par Lisa. Ce match phénoménal propulse sa carrière. Elle choisit d’intégrer l’université de Californie du Sud où elle brille durant quatre ans pendant lesquels elle joue près de 120 matchs avec une moyenne de 20 points. Elle en est récompensée par pas moins de trois titres de All-American et le prix Naismith College Player of the Year en 1994. Par la suite, Lisa intègre la WNBA avec les Sparks de Los Angeles.

La WNBA

Les débuts de l’équipe sont difficiles et elles peinent à remporter des titres. Mais ce n’est pas cela qui décourage Lisa et c’est avec persévérance qu’elle gagne la WNBA en 2001, victoire accompagnée par l’obtention du titre de Sportswoman of the Year de la Women’s Sports Foundation. L’année suivante est marquée par l’autre exploit qui fait une partie de la renommée de Lisa Leslie. En effet, elle parvient à dunker, et ceux avec une main, lors d’un match officiel de la WNBA : une première dans l’histoire du basket féminin ! Meme si l’équipe adverse remporte finalement le match, son geste n’en reste pas moins iconique et s’inscrit comme une source d’inspiration majeure pour de nombreuses basketteuses. Lisa est consciente de la portée de son geste et affirme dans une interview :

« Quelque part, cela désarme certaines critiques et les jeunes femmes qui ont grandi avec ça peuvent voir l’image et s’en inspirer. Ce fut un moment qui a fait tomber une barrière. »

Avec la sélection états-unienne

Au niveau international, la star du basket n’est pas en reste. Sa carrière avec l’équipe nationale est impressionnante puisqu’elle cumule quatre médailles d’or olympique, gagnées de 1994 à 2008, et deux titres consécutifs de championne du monde, 1998 et 2002.

Reconversion

Une fois sa retraite sportive prise, en 2009, elle ne quitte pas tout à fait le monde du sport, travaillant en tant que commentatrice sportive pour NBC et ABC par exemple. Elle s’illustre aussi dans le rôle de coach et est notamment nommée entraîneur de l’année 2019 pour son rôle dans les victoires des Chicago Triplets.

En-dehors de sa carrière sportive, Lisa Leslie est également égérie pour Armani, Tommy Hilfiger et Anne Klein, possède une licence de communication et une maîtrise en administration des affaires et joue quelques rôles en tant qu’actrice. En bref, elle a de quoi impressionner et inspirer les jeunes générations.

Une pionnière

En 2002, Lisa Leslie devient la première joueuse à dunker dans une ligue professionnelle.

Un record de trophée

Elle est co-détentrice du plus grand nombre de MVP obtenue en carrière en WNBA avec 3 titres.

Plus de 100 points en une mi-temps

Durant un match de lycée, la pivot a marqué 101 points en seulement 16 minutes. L’équipe adverse avait abandonné à la mi-temps. Ainsi, elle égalise le record de Cherryl Miller. 

En club

  • 2x Championne WNBA
  • 1x Eurocup

En sélection

  • 4x Championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Médaille d’or aux Goodwill Games
  • 1x Championne du Monde universitaire
  • 1x Jones Cup

Sportives

  • Hall of Fame du Basket-ball
  • Hall of Fame du basket féminin
  • Hall of Fame de la FIBA
  • Hall of Fame de la WNBA
  • Deux maillots retirés, le 9 au Los Angeles Sparks et le 33 à USC
  • WNBA 10th, 15th, 20th et 25th Anniversary Team
  • 1x MVP du championnat du Monde3x MVP de la WNBA
  • 2x MVP des finales WNBA
  • 3x MVP du All-Star Game de la WNBA
  • 2x DPOY de la WNBA
  • 8x All-star WNBA
  • 1x All-World Cup First-Team
  • 8x All-WNBA First-Team
  • 4x All-WNBA Second-Team
  • 2x WNBA All-Defensive First-Team
  • 2x WNBA All-Defenvise Second-Team
  • 1x Meilleure scoreuse de la WNBA
  • 2x Meilleure contreuse de la WNBA
  • 3x Meilleure rebondeuse de la WNBA
  • 3x Meilleure basketteuse etats-unienne de l’année
  • 4x All Pac-10
  • 1x Naismith College Player of the Year
  • 1x USBWA National Player of the Year
  • 1x WBCA Player of the Year

Médiatiques

  • 1x Naismith Prep Player of the Year
  • 1x Gatorade National Player of the Year
  • 1x Honda Sports Award
  • 1x Kodak All-American

Découvrez d'autres sportives

Marla Runyan

Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...

Laura Dahlmeier – Attachée à vie à la montagne

Vous avez sûrement vu son nom aux infos à l’été 2025 à cause de l’accident qui a causé sa mort mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière le destin tragique de Laura Dahlmeier ? Laura naît en 1993 en Allemagne dans une zone montagneuse de Bavière. Elle...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

Karine Joly

Karine Joly - Son terrain de jeu, le ciel

1981 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Le début de vie de Karine Joly se déroule bien loin des airs. Après une enfance passée dans le bassin lyonnais, elle poursuit des études en design et architecture d’intérieur à la capitale. Pour marquer l’anniversaire de ses 18 ans, ses parents lui offrent un vol en tandem, censé lui faire éprouver de nouvelles sensations. Les parents étaient très loin d’imaginer que Karine Joly prendrait autant son pied, elle qui raconte que ce qu’elle a ressenti était si fort qu’elle a immédiatement souhaité vouloir apprendre à sauter toute seule. Une formation qu’elle a complétée cinq ans plus tard, en 2003. Architecte de yachts à Monaco pendant sept ans, la répétitivité de son quotidien finit par la décider de pleinement se lancer professionnellement dans le parachute, la discipline perdant peu à peu son caractère militaire au profit d’un sport ouvert au plus grand 

nombre, et passant d’un aspect cascade à un haut niveau de sécurité et de contrôle.

Comment s’entraîner

Karine Joly raconte qu’avant de pouvoir envisager de donner quelconque forme à ses sauts dans le vide, il faut tout d’abord habituer son corps à sauter d’un avion en parachute, ce qui est loin d’être une sensation naturelle. Mais une fois cette barrière mentale franchie, la liberté s’offre à elle. D’autant plus que ce sont des heures d’entraînement et de répétition des gestes qui sont nécessaires avant de pouvoir réussir les premiers sauts, pour ne pas être dans l’inconnu. Cela demande une discipline à l’entraînement qui lui a été inculqué par le karaté, sport qu’elle a longuement pratiqué. Karine Joly est fascinée par les sensations “presque irréelles, […] que tu n’es pas censé connaître en tant qu’être humain” qu’elle éprouve après un parachutage. Avec en bonus une vue de la terre et de paysage à couper le souffle qu’offre la hauteur de 4.000 mètres depuis laquelle elle saute.

Début de carrière

Commence alors pour Karine Joly un parcours qui se développe étape par étape : d’abord parachutiste chez les jeunes espoirs puis au sein de l’équipe de France de parachutage sportif, avant d’obtenir en 2016 son brevet de moniteur de vol en 3D pour pouvoir réaliser l’intégralité des prestations que rend possible le parachutisme, notamment concernant la réalisation de figures dans les airs à plusieurs. Cela lui a permis de se lancer dans la compétition indoor (en intérieur). Tout cela pour pouvoir finalement se spécialiser dans une discipline bien particulière : le freefly, dans lequel elle se lance pleinement à partir de 2018 aux côtés de son compagnon Greg Crozier, rencontré lors d’un saut d’entraînement à Lyon.

Qu’est-ce que le freefly ?

Littéralement traduisible par “vol libre”, le freefly débute à partir du moment où l’on sort de la position traditionnelle pour sauter en parachute. Alors que d’ordinaire les sauteurs se mettent à plat ventre pendant leur chute avant de déployer leur parachute, les adeptes du freefly privilégient plutôt la position assise ou tête en bas, qui constituent les deux principales positions de la discipline, ou encore de biais pour pouvoir mieux se diriger dans les airs. Le but est ainsi de devenir le plus à l’aise possible. On assiste alors à une véritable danse dans le ciel, d’autant plus que des vols synchronisés et des constructions artistiques se mettent en place au-dessus de nos têtes. Le freefly constitue donc une discipline artistique du parachutage sportif.

Son palmarès

Karine Joly est avant tout une passionnée avant d’être une compétitrice dans l’âme. Ce qui ne l’a pas empêché de réunir un palmarès bluffant, et de repousser toujours plus loin les limites du freefly. À son actif, la française compte treize records du monde et deux titres mondiaux, entre autres réussites nationales et dans d’autres disciplines aériennes. Le couple Joly-Crozier est sacré mondialement pour la première fois en 2012, à l’occasion de la coupe du monde de freefly, dans une ambiance fair-play et de compétition seine entre adeptes des airs. Le deuxième titre date de 2018, dans un cadre australien absolument magnifique, qui avait donné pour Karine “une dimension encore plus forte à l’évènement”. Karine Joly est alors devenue la troisième femme à remporter la distinction suprême. Pour accéder à ces titres, il fallait d’abord rejoindre la compétition en étant intégré à l’équipe de France, ce qui n’est pas chose aisée, et qui rend la préparation beaucoup plus ardue que la compétition en elle-même. Car en freefly, il faut aussi prendre en compte tous ceux qui vont sauter avec vous.

Ses records

Les différents records de Karine Joly prennent formes avec des formations très différentes, par exemple pour un saut à 80 personnes en 2011, ou pour des tentatives avec plus de 200 personnes, ce qui demande une pleine maîtrise de son propre vol, et une attention particulière à ce que tout le monde peut faire autour de soi. Lors de la réalisation d’un record du monde, contrairement aux compétitions, les groupes sont librement constitués, et tous les meilleurs du monde sont conviés à participer. Le couple se fait notamment remarquer du grand public en 2024 à l’occasion de plusieurs sauts réalisés la nuit à travers le monde, qui les faisaient ressembler depuis la terre ferme à des météores déchirants le ciel, passant notamment au-dessus des pyramides de Gizeh ou encore du désert de l’Arizona. Karine Joly et son compagnon ont également chercher de nouvelles sensations en variant les altitudes et les lieux, comme lors d’un saut à 7.000 mètres face à l’Everest. Ce qui leur avait demandé 10 mois de préparation, entre demande d’autorisations et acclimatation. La nécessité d’atterrir sur une plateforme à 4.000 mètres constituait alors aussi une difficulté à résoudre.

Faire reconnaître sa discipline

Toutes ces expériences aussi bien exceptionnelles qu’enrichissantes, Karine Joly les a consignées en 2024 dans son autobiographie L’horizon des possibles, motivée par la volonté de rendre le skydiving plus accessible pour le grand public. En plus de ses records et titres internationaux, le couple Joly-Crozier a été honoré de la médaille de la jeunesse et des sports en 2020, et de la distinction de chevalière de l’ordre national du Mérite cette année.

Karine Joly est aussi, et surtout, une fan de sports, son temps libre se partageant entre musculation, ski, kitesurf et moto. Son mojo favori ? “Les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais”. Une citation qu’elle semble toujours continuer à suivre à la lettre, en restant impliquée dans son sport après avoir pourtant tout gagné, en suivant les évolutions du freefly (entraînements en souffleries, augmentation du nombre de femmes…) et en devenant une des premières coachs d’une discipline qui n’en compte jusqu’ici que très peu.

Records en pagaille

En 2025, Karine détient une dizaine de records du Monde. Elle a notamment établi le premier record de nuit en 2024.

La troisième au monde

Elle est la troisième femme à remporter le titre mondial dans la catégorie freefly.

En freefly

  • 1x Championne du monde
  • 4x World Class Champion
  • 1x Vice championne d’Europe
  • 3x Championne de France
  • 6x Coupe de France
  • 16x Médaille d’or internationale
  • 8x Médaille d’argent internationale
  • 6x Médaille de bronze internationale

En D2W

  • 1x Vice-championne de France
  • 2x Podium en compétition

Médiatiques

  • Chevalière de l’Ordre National du Mérite
  • Médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif
  • Médaille de la Ville de Nice
  • Ambassadrice du sport du département des Alpes-Maritimes

    Découvrez d'autres sportives

    Marla Runyan

    Première championne paralympique de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques, Marla Runyan s’est affranchi des barrières qu’on lui avait dressé pour viser les sommets de sa discipline, l’athlétisme. Son enfance Née en 1969, Marla fait ses premiers pas dans la ville...

    Cecile Addou

    Le volley traverse la vie de Cécile Addou. Joueuse confirmée, c’est par sa version assise du jeu qu’elle a réussi à se relever de son handicap, contracté à la suite d’un sarcome du bassin. En seulement un an de pratique, celle qui a rejoint l’Équipe de France il y a...

    Katrine Lunde – La muraille Norvégienne

    Connue pour sa longévité à haut-niveau, Katrine Lunde fait partie incontestablement partie des meilleures gardiennes de handball de l’histoire. Elle aura marqué de son empreinte la scène internationale avec la sélection norvégienne avec qui elle a tout remporté. Qui...