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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

La sportive Marie Patouillet

Marie Patouillet - Le sport pour porter des valeurs

1988 à aujourd'hui - écrit par Emmy Métrot

Le sport peut servir de vitrine pour porter aux plus hauts des valeurs et des engagements. Et ça, la para-cycliste Marie Patouillet, l’a très bien compris. On la connaît pour son palmarès, oui, mais aussi et surtout pour ses nombreux engagements !

C’est à Versailles que naît Marie Patouillet le 7 août 1988, avec une malformation de la cheville et trois orteils au lieu de cinq au pied. Grande passionnée de sport, elle multiplie les disciplines, jusqu’au jour où on lui annonce qu’elle ne pourra plus courir. Un choc certes, mais un mental de battante qui va la pousser à participer à l’Étape 

du Tour en 2017. C’est en ayant reçu un dossard pour cette cyclosportive, qui reprend le tracé d’une vraie étape du Tour de France, que Marie Patouillet prend le départ. Après un long effort, elle boucle cette épreuve en neuf heures et vingt-trois minutes, alors qu’elle ne faisait pas de vélo. Animée notamment par ces sensations sensations de vitesse qui lui manquaient tant, la médecin comprend que le vélo est peut-être le sport qui lui faut.

Ses débuts

Vivant en région parisienne, la Française cherche à trouver un club étant en capacité de l’accueillir. « Un seul club était capable de m’accueillir », c’était l’US Créteil, véritable pépinière à talents du cyclisme sur piste français. À partir de 2018, elle se spécialise donc dans ce sport, faisant ses premiers tours de vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines. Classée en C5, Marie Patouillet commence la compétition sur piste et sur route. Cette catégorie regroupe les athlètes ayant été amputés ou avec un handicap majeur au niveau des membres inférieurs.

« Elle ne pouvait plus courir, mais elle pouvait pédaler. Ça a été le début de quelque chose »

tels sont les mots de Sophie, sa préparatrice mentale. En rejoignant l’INSEP avec comme coach Grégory Baugé, multiple médaillé olympique, la Française a rapidement gravi les échelons.

Ses premiers podiums

Ses premiers résultats arrivent de suite au vélodrome d’Apeldoorn aux Pays-Bas en 2019. Elle décroche une médaille de bronze sur le 500 m départ arrêté, sur ces championnats du monde. L’année d’après, la pistarde échange le bronze pour de l’argent et ce sur deux épreuves : l’omnium et le 500 m. 

Direction Tokyo

Avec ses résultats, l’équipe de France commence à la diriger peu à peu vers les Jeux Paralympiques de Tokyo. Contrairement à beaucoup d’athlètes, Marie Patouillet vit plutôt bien le report d’un an de ces Jeux, dû à la crise du Covid-19. Médecin remplaçante en parallèle, elle profite de cette année pour faire un choix important : mettre fin à ce travail un temps, pourtant indispensable financièrement, pour se concentrer pleinement sur cette première épreuve paralympique. Elle se dirige vers ces Jeux avec l’envie de « faire ses meilleures performances », sans forcément penser aux médailles. Et pourtant, elle revient avec deux médailles de bronze, mais surtout un constat frappant : aucune Française n’a remporté de titre paralympique !

« Pour moi, s’il n’y a pas de valeurs ni d’engagements derrière, les médailles en elles-mêmes n’ont pas de sens »

c’est sans doute avec ces mots en tête que Marie Patouillet a commencé à se livrer sur son aventure de Tokyo et ses discours sont frappants.

« À un moment, j’évoque l’ambiance sexiste, on me répond alors que si je ne voulais pas d’un sport sexiste, il fallait que je fasse un sport de fille. »

Un acte militant

Comment, en 2021, peut-on entendre des mots pareils ? Et comment des athlètes féminines peuvent-elles arriver à performer dans ces conditions ? Faire bouger les choses, voilà le combat de Marie Patouillet, sur et en dehors de la piste. Un an plus tard, elle arrive sur les championnats du monde qui avaient lieu en France, avec une coupe de cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, ouvrant les débats sur les droits LGBTQIA+.

Après des changements, elle se prépare pour vivre l’expérience des Jeux Paralympiques à la maison, lors de Paris 2024. Mais avant, elle a l’opportunité de gagner la poursuite par équipes des championnats de France, en 2023, et cela en étant entourée de coureuses valides, et ça ce n’est pas tous les jours. C’est une belle image qui permet de mettre en avant le handisport, encore trop souvent laissé de côté.

Les Jeux à domicile

 

Engagée dans la lutte contre le sexisme, pour l’accessibilité du sport aux personnes en situation de handicap et les droits LGBT+, entre autres, Marie Patouillet arrive aux JO de Paris 2024, avec beaucoup de motivation. La triple championne du monde veut vibrer une dernière fois, qu’importent les résultats, vivre des émotions fortes devant son public, avant de raccrocher le vélo. C’est dans le vélodrome olympique de Saint-Quentin-en-Yvelines, que la pistarde va disputer ces dernières courses. 

29 août, finale du 500 m et la voilà vice-championne olympique, première athlète à ramener une médaille dans le clan français. Déjà là, on sait que ces adieux sont réussis, mais on était très loin de s’imaginer l’énorme joie que l’on allait vivre, quelques jours après. Rendez-vous pour la finale de la poursuite, la dernière course sur piste de sa carrière. Duel franco-français, car sa concurrente est tout simplement Heïdi Gaugain. La cycliste s’élance en n’étant absolument pas la favorite, mais gagner une médaille d’argent olympique pour sa dernière course, c’est déjà pas mal… Les deux s’élancent et là, contre toutes attentes, le chrono bascule au vert en faveur de Marie Patouillet. Le vélodrome s’enflamme et l’ambiance s’envole, conscient que l’histoire est en train de s’écrire juste sous leurs yeux. Parce que oui, la pistarde a été sacrée championne paralympique pour la dernière course de sa carrière. Sortir par la très grande porte, c’est ce qu’elle a fait, et de quelle manière ! Course finie et Marie Patouillet se dirige immédiatement vers sa compagne, l’actrice Soraya Garlenq, un baiser dont les images ont fait le tour de la planète et qui montre tellement bien l’engagement fort de la Française.

Aujourd’hui véritable modèle pour la nouvelle génération, elle a su conquérir le cœur du peuple français par son palmarès et surtout par son engagement sans faille.

Une première pour la dernière

En 2024, elle remporte le titre paralympique pour la dernière course de sa carrière en ayant jamais remporté de titres. Ce jour-là, elle devient la première Française à remporter un titre paralympique en cyclisme sur piste.

Pour le camps tricolore

A Tokyo comme à Paris elle est la première athlète à ramener une médaille au clan paralympiques français.

Des résultats très vite

A peine un an après s’être mise au cyclisme sur piste, elle remporte sa première médaille mondiale.

Sur route

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du Monde

Sur piste

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 2x Championne du Monde
  • 5x Vice championne du Monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 2x Championne de France
  • 2x Vice championne de France
  • 1x Médaille de bronze au championnat de France

Médiatiques

  • Chevalière de l’ordre national du Mérite
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur
  • 1x Personnalité sportive par le magazine Têtu

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Marie Bochet – La reine des neiges

La sportive Marie Bochet

Marie Bochet - La Reine des neiges

1994 à aujourd'hui - écrit par Régis Berthelot

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la skieuse paralympique multi-médaillée Marie Bochet. Extrêmement polyvalente, la Reine des neiges a su briller dans toutes les épreuves de ski des championnats du monde et des Jeux paralympiques. Elle a su selon ses dires « danser sur la neige » et grimper jusqu’au sommet. Son palmarès parle ainsi de lui-même avec 8 titres paralympiques remportés lors des Jeux de 2014 et 2018, en plus d’avoir été sacrée championne du monde à 22 reprises.

Marie Bochet voit le jour en 1994 à Chambéry dans les Alpes françaises. Elle souffre alors d’une agénésie à l’avant-bras gauche, ce qui signifie que son bras ne s’est pas complètement formé lors du développement de l’embryon. Ses parents sont tous deux éleveurs de génisses et producteurs de fromage dans la région. Étant

la benjamine de 4 enfants, Marie a dû jouer des coudes très tôt pour trouver sa place, ce qui a participé à forger son caractère. À l’âge de 5 ans, elle s’essaie pour la première fois au sport roi des Alpes, le ski. Elle se prend alors très vite d’affection pour cette discipline et progresse très vite, si bien qu’elle devient championne de France six ans plus tard.

Sa rivalité

Grâce à ses relations et notamment à son prothésiste qui faisait partie de la Fédération de Handisport, elle se tourne très vite vers ce sport ce qui lui permet de s’épanouir dans le ski en grandissant. Lors de son parcours sportif, une rivalité se crée entre elle et Solène Jambaqué, une autre grande skieuse française. Cette rivalité sera un moteur qui la poussera à se dépasser.

Son premier titre

Ses efforts portent leurs fruits en 2010 où elle est qualifiée pour disputer ses premiers Jeux paralympiques à Vancouver. Des résultats prometteurs mais également frustrants alors qu’elle atteint la quatrième place au slalom et au super combiné. Marie Bochet participe néanmoins aussi aux Championnats du monde de 2011 à Sestrières en Italie où elle remporte son premier titre mondial.

Les Jeux de Sotchi

Trois ans plus tard, lors des Jeux de 2014 à Sotchi, elle remporte cette fois-ci son premier titre paralympique sur l’épreuve de la descente.

« Ma première [médaille], la plus belle, la médaille d’or. »

Pour confirmer qu’il ne s’agit pas d’un coup de chance, elle finit par en remporter trois de plus lors de ces Jeux avec les épreuves du Super G, du super combiné et du slalom géant.

Porte-drapeau

Pour la prochaine édition des Paralympiques en 2018 se déroulant Pyeongchang-sun, Marie Bcohet reçoit l’honneur d’être porte-drapeau de la fédération paralympique française. Elle brille également lors de ces Jeux et réitère l’exploit avec 4 nouveaux titres paralympiques sur les épreuves de descente, Super G, slalom géant et slalom. Dans le même temps, elle est élue membre du Comité international paralympique. Elle rejoint également la commission des athlètes, instance qui travaille à la préparation des Jeux olympiques 2024.

100 victoires

En 2022, alors que cela fait deux ans qu’elle n’avait plus remporté de titre, elle fête sa 100e victoire en Coupe du monde à Steinach am Brenner en Autriche.

« Cette victoire, c’est le passage des 100 mais c’est surtout la confirmation du fait que je suis en forme. […] Cet automne, j’ai retrouvé le plaisir simple de faire du ski. »

Après s’être remise d’une blessure à l’épaule droite, elle participe la même année à ses derniers Jeux paralympiques à Pékin. Marie Bochet ne ressent alors aucune pression. Ayant déjà gagné des titres dans toutes les épreuves, elle souhaite se concentrer sur prendre du plaisir en skiant : 

« J’ai déjà réussi les Jeux ! J’ai déjà gagné les médailles tant attendues ! »

Au cours de ces Jeux, elle obtient l’argent sur l’épreuve du Super G.

Ses engagements

Au sein de la commission des athlètes présidée par Martin Fourcade, elle aide à la préparation des Jeux paralympiques de 2024 en France. Le combat pour la reconnaissance du handisport et la parité homme-femme sont alors des priorités pour Marie.

« Concernant Paris 2024, le plus gros combat est de médiatiser et faire connaître le handisport. Au niveau du sport féminin, il y a déjà une belle volonté du comité d’organisation d’être les premiers Jeux paritaires en termes de participants. Ça semble logique mais c’est une avancée ! »

Marie Bochet est membre du collectif des Champions de la Paix de Peace and Sport. Il s’agit d’un club composé de plus d’un centaine de sportifs de haut niveau qui luttent en faveur du mouvement de la paix par le sport. À partir de 2014, la sportive devient également marraine de l’association « Pour que Lana gravisse sa montagne » qui aide une petite fille atteinte d’une paralysie cérébrale ainsi que d’un syndrome de West.

En plus d’un palmarès exceptionnel, Marie Bochet a beaucoup apporté au ski français. Sa détermination à toute épreuve dès son plus jeune âge et son courage malgré les échecs et les blessures sont un modèle pour les petits et grands qui veulent se mettre à ce sport. De plus, Marie a participé de manière conséquente à faire connaître le handisport, de par ses prouesses autant que par ses engagements.

La plus décorée aux Jeux Paralympiques d’hiver

Marie Bochet est la Française la plus décorée et titrée aux Jeux Paralympiques d’hiver.

Plusieurs Grands Chelems à son actif

La skieuse est la seule sportive française à avoir réalisé plusieurs Grands Chelems (trois) au championnat du Monde.

100 victoire en Coupe du Monde

Elle fait partie des rares handisportives à avoir dépassé la barre des cent victoires en Coupe du Monde.

En ski alpin

  • 8x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 22x Championne du Monde
  • 5x Vice championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 9x Gros globe de cristal
  • 22x Petits globes de cristal
  • 107x Victoire en coupe du Monde
  • 40x Podium en coupe du Monde
  • 35x Victoires en coupe d’Europe
  • 16x Podium en coupe d’Europe

Sportive

  • 1x Laureaus World Sports Award

Médiatiques

  • Officière de l’ordre de la Légion d’Honneur
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Thu Kamkasomphou – La doyenne du tennis de table

Thu Kamkasomphou aux Jeux de Paris 2024

Thu Kamkasomphou - La doyenne des pongistes

1968 à aujourd'hui - écrit par Sarah Chesneau

Si cette sportive n’est pas un exemple de persévérance, alors peu d’entre elles le sont : laissez-moi vous présenter l’un des plus beaux palmarès du tennis de table féminin, j’ai nommé Thu Kamkasomphou.

Thu Kamkasomphou nait en 1968 au Laos. Elle arrive en France à l’âge de douze ans et commence le tennis de table la même année. Elle qui voulait au départ se diriger vers le football devient rapidement accro à ce sport. Très vite, elle excelle dans cette discipline et intègre le pôle régional de Rennes avant d’entrer au Centre de Haut-Niveau de Caen. Sa carrière est lancée : elle occupe la huitième place en catégorie

junior sur le championnat français, en première division. Cependant, ses rêves s’écroulent quand elle se fait diagnostiquer a à peine 17 ans de la périartérite noueuse. Cette maladie inflammatoire entraîne notamment des douleurs musculaires et articulaires se développant sur des semaines ou des mois. Les portes du centre de Caen se ferment alors pour elle et elle se voit obligée d’abandonner la compétition chez les personnes valides, ce qui inclut aussi l’équipe de France et surtout les Jeux Olympiques.

Cacher sa maladie

Malgré tout à jouer, elle continue de jouer. Il est très difficile pour elle d’accepter sa maladie et elle la cache autant qu’il est possible de le faire. Par exemple, elle évite d’en parler à son travail de peur d’être jugée, rappelons que le traitement et le regard sur le handicap n’étaient alors pas du tout les mêmes qu’aujourd’hui. Thu Kamkasomphou a confié au magazine Sans Filtres qu’elle a mis plus de dix ans à accepter sa maladie.

Un tournant

L’opportunité qui va changer de nouveau le cours de sa vie survient en 1999, lorsqu’on lui propose de passer les qualifications pour participer aux Jeux Paralympiques. Thu Kamkasomphou ne sait alors même pas ce qu’est le para-tennis de table mais il ne lui faut qu’une seule nuit pour se décider : elle va tenter sa chance !

Une domination totale

Thu Kamkasomphou se qualifie et intègre l’équipe française de handisport juste avant les Jeux Paralympiques de Sydney. Ces Jeux sont un succès pour elle puisqu’elle y remporte le titre Paralympique. S’ensuit le début d’une carrière couronnée de victoires. En 2001 elle remporte les championnats d’Europe et de France, l’année suivante elle renouvelle son titre français et termine troisième sur le podium des championnats du monde et en 2003 elle réitère ses exploits de 2001. Elle obtient son titre de championne du monde en 2010 mais ne s’arrête pas là et poursuit les compétitions. Quand on l’interroge à propos de sa plus belle médaille, elle répond :

« Ma plus belle médaille, c’est la prochaine, celle pour laquelle il va encore falloir travailler dur. »

Ses dernières médailles

En tout, Thu Kamkasomphou a en poche seize titres de championne de France, sept médailles aux Jeux Paralympiques, dont deux d’or, et six titres mondiaux. Son dernier titre en date est celui de championne de France en simple et en double mixte qu’elle a remporté cette année (2024). A ce jour, elle intervient dans des écoles et des entreprises pour parler du handicap et du regard des autres et elle n’a pas du tout l’intention de prendre sa retraite sportive. Elle affirme :

« Tant que mon corps me le permettra et que l’envie sera là, je continuerai »

Thu Kamkasomphou envisage les Jeux Paralympiques de Los Angeles de 2028, où elle pourrait fêter ses soixante ans

50 ans et championne du monde

En 2019, Thu Kamkasomphou a remporté son dernier titre (pour le moment) de championne d’Europe. Elle a alors 50 ans !

Cinq ans de règne

Entre 2007 et 2012, la pongiste n’a perdu aucun de ses matchs en compétition internationales. Cette série de victoire s’arrête lorsqu’elle perd la finale paralympique à Londres.

En tennis de table

  • 2x Championne paralympique
  • 2x Vice-championne paralympique
  • 6x Médaille de bronze paralympique
  • 1x Championne du monde
  • 2x Vice-championne du monde
  • 3x Médaille de bronze aux championnats du monde
  • 8x Championne d’Europe
  • 3x Vice-championne d’Europe
  • 5x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
  • 16x Championne de France

Médiatiques

  • Commandeur de l’ordre national du Mérite
  • Officier de l’ordre National du Mérite
  • Chevalier de la Légion d’Honneur

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Marieke Vervoort – Wielemie, addicte à la vie

Marieke Vervoot

Marieke Vervoort - Wielemie, addicte à la vie

1979 à 2019 - écrit par Marie fournier

Cette sportive, vous la connaissez tous. Figure iconique des Paralympiques de 2016 et du sport belge, laissez-moi vous raconter l’histoire de Marieke Vervoort.

Née 1979, à Diest, Marieke Vervoort connaît un début de vie paisible jusqu’au début de son adolescence. A 14 ans, après de longs mois à souffrir, les médecins lui diagnostiquent un syndrome douleur régional complexe, une maladie très rare. La Belge doit alors rester quelques mois à l’hôpital pour sa rééducation. Comme de nombreux patients, Marieke découvre là-bas les sports adaptés. Elle se souvient :

« Ma mâchoire est tombée d’étonnement qu’il y avait encore tant de possibilités ».

Tester tout

À partir de là, la Belge décide de tester de nombreux sports. D’abord, elle commence par pratiquer la plongée sous-marine. Malheureusement, au bout d’un an, Marieke Vervoort se voit contrainte de renoncer pour des raisons médicales. Elle se met alors au basket fauteuil et rejoint un club local. Elle est la seule femme de l’équipe. Finalement, la Belge ne reste pas longtemps :

« J’ai toujours aimé le basketball, mais cela me donnait pas assez de satisfaction. »

Ses premières médailles

En 2004, la sportive se tourne vers la natation puis transite vers le triathlon. Avec le triathlon, Marieke Vervoort connaît sa première grande victoire en décrochant le titre mondial en 2007. Le 13 octobre de la même année, elle réalise son rêve de participer à l’Iron Man d’Hawaï, réputée pour sa difficulté. La Belge n’arrive pas à terminer la course :

« J’avais nagé 3800m en 1h17 et j’ai pu terminer les 180km sur un parcours très difficile. Malheureusement, je suis arrivée ici avec 15 minutes de hors-délai et je n’ai pas été autorisé à partir pour la dernière partie. »

En parallèle, la sportive participe à quelques courses d’athlétisme et de handbike. D’ailleurs, dans cette dernière discipline, la Belge est devenue championne du monde. Pour cette saison exceptionnelle, Marieke Vervoort reçoit le titre de « Pride of Flanders ». En 2008, son état s’aggrave soudainement, l’empêchant de continuer le triathlon.

Son ascension

À partir de 2008-2009, la Belge décide de se lancer dans les courses de char à voile et aux compétitions d’athlétisme. Rapidement, elle prend part à ses premières compétitions internationales.

En char à voile, Marieke Vervoort remporte l’argent au championnat d’Europe dans la catégorie Fly. En athlétisme, la sportive connaît un véritable succès sur des distances allant du 100m au marathon. En 2012, dans ce sport, elle participe à ses premiers Jeux Paralympiques. Durant la compétition, la Belge décroche un titre paralympique sur le 100m, le seul de sa carrière, et l’argent sur le 200m. Ces médailles lui valent d’être nommée Paralympienne belge de l’année. Entre 2013 et 2015, Marieke s’impose comme une redoutable adversaire :

  • Réalise quatre records du monde : 400m, 800m, 1500m et 5000m,
  • Décroche trois titres mondiaux sur une seule édition,
  • Remporte un IPC Grand Prix sur le 200m.

Sa prise de parole

Pour sa dernière année de compétition, en 2016, la sportive continue sur sa lancée décrochant notamment deux nouvelles médailles paralympiques sur le 100m et le 400m. Lors des Jeux de Rio, en conférence de presse, Marieke Vervoort fait une grande annonce :

« Partout dans le monde, on pense qu’on pratiquera l’euthanasie sur moi après les Jeux. Ce n’est pas absolument pas ainsi. Cela doit être rectifié […]. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, j’aurai alors mes papiers d’euthanasie sous la main. »

En 2018, Marieke Vervoort donne tout son héritage sportif au musée du sport flamand, le Sportinium, et commence à produire un documentaire sur sa vie (sorti en 2023). Le 1er juillet 2019, elle poste une vidéo dans laquelle elle annonce que la douleur devient trop forte. La Belge finalise alors sa demande d’euthanasie. Le 22 octobre 2022, Marieke Vervoort abrège ses souffrances dans un hôpital située dans sa région natale : 

« J’espère que mon cas prouve que l’euthanasie peut assurer la sérénité et même contribuer à prolonger la vie. Et j’espère que cela inspirera d’autres pays à introduire cette législation »

Records du monde

Marieke Vervoot a tenu quatre records du monde (en T52) durant sa carrière : 400m, 800m, 1500m et 5000m.

En deux semaines, deux records

En 2013, l’athlète a battu le record d’Europe du 100m catégorie T5, deux semaines après avoir obtenu celui du 400m.

En triathlon

  • 1x Championne du Monde  

En cyclisme

  • 1x Championne du Monde

En char à voile

  • 1x Vice championne d’Europe 

En athlétisme 

  • 1x Championne paralympique
  • 2x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux
  • 3x Championne du Monde
  • 3x Grand Prix IPC

Sportives

  • 2x Paralympienne belge de l’année
  • 1x Trophée national Victor Boin

Médiatiques

  • Grand Officière de la Couronne
  • Décoration de la communauté flamande
  • 1x Vlaamse Reus
  • 1x Pride of Flanders

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    Marie-Eve Croteau

    Marie-Eve Croteau

    Marie-Eve Croteau - La grande Optimiste

    1979 à aujourd'hui - écrit par Margaux Vince et Marie Fournier

    Marie-Ève Croteau est une athlète connue pour sa résilience et son optimisme à toute épreuve. Au départ cycliste de haut niveau, aujourd’hui elle se consacre au hockey sur luge. Découvrez qui est cette Québécoise !

    Marie-Eve Croteau naît le 19 juin 1979 au Canada. Très jeune, elle joue à la ringuette. Un jour, à 14 ans, alors qu’elle marche tranquillement, elle se fait renverser par une voiture conduite par une personne en état d’ébriété. Cet accident lui cause un handicap à son bras droit. Dans cette période, la Canadienne commence à jouer à la ringuette. Ce sport est principalement présent en Amérique du Nord, ressemblant énormément au hockey sur glace.

    Son hospitalisation

    Dix-sept ans plus tard, en 2010, alors que Marie-Ève Croteau est en voyage à Cuba, elle mange un aliment contaminé. Ce repas lui cause une myélite, lui paralysant tout son corps. Elle subit alors de lourdes opérations. Ces interventions sont suivies de beaucoup de séances de réadaptation pour réussir à remarcher. Dans ce centre, Marie-Eve découvre le sport adapté par son éducateur, Eric Van Den Eynde :

    « Ils m’ont fait découvrir autant le volley-ball, le tennis, le basket et le vélo. J’ai eu la piqûre pour le vélo à ce moment. »

    Elle devient très vite accro à cette discipline puisqu’elle lui permet de retrouver une certaine forme de liberté.

    La malédiction des Jeux

    Après plusieurs tests réalisés, son éducateur se rend compte que la Canadienne se rend compte qu’elle peut être la future championne de tricycle. Eric Van Den Eynde décide donc de la recruter dans son équipe. À peine un an plus tard, la cycliste devient championne du Canada et décroche deux titres mondiaux. Ces performances lui permettent d’obtenir son ticket pour les Jeux de Londres. Malheureusement, Marie-Eve Croteau ne prit pas part aux épreuves puisqu’elle subit une commotion, lui causant de graves maux de tête, quelques temps avant. Cette malchance la poursuit ! En effet, en janvier 2013, la sportive se fracture le coccyx en glissant sur une plaque de glace. Quelques jours plus tard, Marie-Eve sombre dans le coma à la suite de tests à l’effort de l’Université de Laval. Elle se réveille cinq plus tard :

    « On peut dire que j’en ai bavé un coup. Les cinq jours passés dans le coma ont été la pire épreuve de ma vie. Il m’arrive de me demander pourquoi tout cela m’arrive à moi. Crime, qu’ai-je fait au Bon Dieu? Je ne souhaite ça à personne »

    Toujours la même année, la cycliste chute dans son hôtel et se tord la cheville quelques mois avant les Mondiaux. Néanmoins, Marie-Eve Croteau arrive à participer et terminer deuxième des deux épreuves sur route. C’est aux Jeux que sa malédiction est la plus forte ! En 2016, la cycliste se fait voler ses vélos avant de partir puis connaît une série d’infection arriver à Rio. Malgré tout, elle arrivera à participer et à se classer quatrième. En 2021, Marie-Eve arrive en pleine forme aux Jeux. Mais sur la première épreuve, la Canadienne tombe lourdement, l’obligeant à abandonner.

    Une immense championne

    Heureusement, sur les autres compétitions internationales, la Canadienne montre tout son talent. En effet, en plus de ces quatre médailles mondiales, la cycliste décroche :

    • Une victoire en coupe du Monde,
      Une troisième place en coupe du Monde,
      Le bronze aux Mondiaux,
      Le bronze aux Jeux Panaméricaine,
      Plusieurs titres de championne du Canada.

    Sa découverte du hockey

    En 2023, après tout cela, Marie-Eve Croteau décide de se consacrer à son rêve d’enfance : faire du hockey sur luge à haut niveau. Rêve qu’elle réalise puisqu’aujourd’hui elle fait partie d’une équipe de hockey sur luge en tant que gardienne :

    « Je suis comme un poisson dans l’eau, je suis comme un petit enfant, je tripe, je vais être honnête, ça me passionne »

    En 2024, Marie-Eve connaît un retour de sa myélite, l’obligeant de nouveau à subir une dizaine d’opérations. En juin, elle annonce sur ses réseaux sociaux être enfin de retour chez elle après 8 mois d’hospitalisation pour une fascite nécrosante à sa jambe gauche. La Canadienne a décidé de raccrocher les patins et le tricycle un temps pour se reposer.

    Une sportive engagée

    En plus de sa carrière sportive, Marie-Eve Croteau travaille dans pour un organisme de santé mentale à Québec en tant que technicienne en administration et comptabilité. Cette question de la santé est importante pour elle ! En effet, depuis 2011, soutient l’événement “le Défi cycliste IRDPQ” de la Fondation de l’institut de réadaptation en déficience physique de Québec. Cette journée, permet de récolter des dons pour aider des sportifs adaptés à acheter leur équipement pour leur pratique. sportifs adapté.

    Aujourd’hui, au Québec, Marie-Eve est vue comme un véritable symbole de la résilience et de la persévérance. D’ailleurs, elle le dit :

    « Mon handicap m’a poussée à réaliser des exploits que je n’aurais jamais cru possibles. Je ne pense pas que je me serais rendue aux Jeux paralympiques si ces épreuves n’avaient pas dramatiquement changé ma vie ».

     

    En un an de pratique, déjà sélectionnée

    En 2011, après seulement un an de pratique, la cycliste remporte deux titres mondiaux sur routes : la course en ligne et le contre-la-montre.

    La doyenne de la sélection canadienne

    En 2021, à 42 ans, Marie-Ève Croteau était la Canadienne la plus âgée à prendre part à une épreuve olympique de tricycle.

    De cycliste à hockeyeuse

    En 2023, elle devient la première athlète canadienne à avoir été sélectionnée en équipe nationale en tricycle et en hockey sur luge.

    En tricycle

    • 2x Championne du Monde
    • 3x Vice championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze
    • aux Mondiaux
    • 1x Manche de coupe du Monde
    • 1x Podium en coupe du Monde
    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Parapanaméricains
    • Plusieurs fois championne du Canada

    En hockey assis

    • 1x Classique NHL
    • 1x Deuxième du challenge mondial

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    Melissa Perrine – La goat du ski australien

    Melissa Perrine en tenue pour du comité paralympique australien

    Melissa Perrine - La GOAT du ski australien

    1988 à aujourd'hui - Ecrit par Sarah Chesneau

    Si vous ne connaissez pas Melissa Perrine ouvrez grands vos yeux et soyez attentif. Vous allez faire la connaissance de la plus grande handiskieuse australienne de l’histoire.

    Melissa Perrine naît en 1988 à Nowra en Australie. Depuis qu’elle est très jeune, sa vision se dégrade et se limite désormais à des formes et des couleurs floues. Cette détérioration de la vue est due à des maladies congénitales, la cataracte et le glaucome. Elle possède aujourd’hui seulement cinq pour cent de sa vision globale.

    Sa découverte du ski

    Dès l’âge de douze ans, elle commence le ski alpin avec Disabled wintersport Australia, une association qui promeut la participation des personnes handicapées aux sports d’hiver. A dix-neuf ans, Melissa Perrine est nommée jeune australienne de l’année, effectue deux saisons au Canada puis est recrutée dans l’équipe nationale australienne deux ans plus tard. Elle réussit à se qualifier pour la coupe du monde et 

    les Jeux Paralympiques lors d’une série de courses la même année. Un an plus tard, en 2010, elle se fracture l’os de la hanche à cause d’une chute en début de saison, durant une compétition en Italie. Cela ne l’empêche pas de revenir sur les pentes en fin de saison, de participer à une coupe du monde au Colorado et d’y remporter l’argent ainsi que deux médailles de bronze.

    Comment ski en étant malvoyante ?

    Et bien, Melissa Perrine est équipée d’un casque Bluetooth qui lui permet de communiquer avec un guide qui skie devant elle et qui lui indique les obstacles. Cela demande beaucoup de confiance entre elle et son guide et surtout beaucoup d’entraînement pour qu’elle puisse planifier les courses dans sa tête avant de se lancer sur la piste. C’est donc pour cela qu’elle n’a eu que deux guides dans toute sa carrière : Andy Bor et Bobbi Kelly.

    Ses premiers éclats

    Melissa Perrine se fait d’abord remarquer lors des Jeux d’hivers néo-zélandais en 2011 lorsqu’elle y remporte trois titres. Elle poursuit sa lancée et réalise l’exploit de remporter des médailles dans les cinq catégories aux Mondiaux de 2015, au Canada. Elle termine cette compétition avec en poche : trois titres, une en argent et une en bronze. Ce jour-là, elle devient la seule femme australienne à figurer sur le podium dans les cinq épreuves d’un Mondial de handi ski alpin.

    Sa médaille paralympique

    Il ne lui manquait plus qu’une médaille paralympique pour compléter son palmarès et c’est en 2018, lors de ses troisièmes Jeux, qu’elle la gagne, en finissant troisième en slalom géant et en super combiné. Melissa Perrine finit sa carrière en beauté en remportant un titre, l’argent et le bronze durant les championnats du monde en 2019 en Slovénie. Cette légende australienne du ski para-alpin a pris sa retraite après des Jeux de Pekin en 2022. 

    L’après retraite

    Elle compte faire évoluer sa carrière de physiothérapeute en se spécialisant en tant que kiné-sportif. En effet, en plus de son parcours de sportive, Melissa Perrine détient deux masters, un en sciences du sport et de l’exercice physique et un en physiothérapie. Entre le début de sa carrière et aujourd’hui, l’Australienne a pu observer une évolution dans la manière de pratiquer son sport. Le niveau de concurrence s’est accru, en particulier chez les femmes, et de manière plus globale son sport est moins pris à la légère et est bien plus professionnel qu’avant. 

    Melissa Perrine continuera d’inspirer toutes les jeunes sportives pendant de longues années. Et ne l’oubliez pas, comme elle aime le dire :

    « Pour moi la meilleure n’est pas définie par des médailles, elle est définie par sa capacité à faire le meilleur d’elle-même à ce moment là. »

    Record de titres

    Melissa Perrine est l’Australienne la plus titrée aux Jeux d’hivers (olympique et paralympique).

    A jamais la première

    Elle est la première femme australienne à remporter une médaille aux Mondiaux de para ski alpin.

    En ski alpin

     

    • 2x Médaille de bronze en Jeux Paralympiques d’hivers
    • 4x Championne du monde 
    • 4x Vice-championne du Monde
    • 4x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 3x Médaille d’or aux Jeux d’hivers néo-zélandais

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