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Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

Karine Joly

Karine Joly - Son terrain de jeu, le ciel

1981 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Le début de vie de Karine Joly se déroule bien loin des airs. Après une enfance passée dans le bassin lyonnais, elle poursuit des études en design et architecture d’intérieur à la capitale. Pour marquer l’anniversaire de ses 18 ans, ses parents lui offrent un vol en tandem, censé lui faire éprouver de nouvelles sensations. Les parents étaient très loin d’imaginer que Karine Joly prendrait autant son pied, elle qui raconte que ce qu’elle a ressenti était si fort qu’elle a immédiatement souhaité vouloir apprendre à sauter toute seule. Une formation qu’elle a complétée cinq ans plus tard, en 2003. Architecte de yachts à Monaco pendant sept ans, la répétitivité de son quotidien finit par la décider de pleinement se lancer professionnellement dans le parachute, la discipline perdant peu à peu son caractère militaire au profit d’un sport ouvert au plus grand 

nombre, et passant d’un aspect cascade à un haut niveau de sécurité et de contrôle.

Comment s’entraîner

Karine Joly raconte qu’avant de pouvoir envisager de donner quelconque forme à ses sauts dans le vide, il faut tout d’abord habituer son corps à sauter d’un avion en parachute, ce qui est loin d’être une sensation naturelle. Mais une fois cette barrière mentale franchie, la liberté s’offre à elle. D’autant plus que ce sont des heures d’entraînement et de répétition des gestes qui sont nécessaires avant de pouvoir réussir les premiers sauts, pour ne pas être dans l’inconnu. Cela demande une discipline à l’entraînement qui lui a été inculqué par le karaté, sport qu’elle a longuement pratiqué. Karine Joly est fascinée par les sensations “presque irréelles, […] que tu n’es pas censé connaître en tant qu’être humain” qu’elle éprouve après un parachutage. Avec en bonus une vue de la terre et de paysage à couper le souffle qu’offre la hauteur de 4.000 mètres depuis laquelle elle saute.

Début de carrière

Commence alors pour Karine Joly un parcours qui se développe étape par étape : d’abord parachutiste chez les jeunes espoirs puis au sein de l’équipe de France de parachutage sportif, avant d’obtenir en 2016 son brevet de moniteur de vol en 3D pour pouvoir réaliser l’intégralité des prestations que rend possible le parachutisme, notamment concernant la réalisation de figures dans les airs à plusieurs. Cela lui a permis de se lancer dans la compétition indoor (en intérieur). Tout cela pour pouvoir finalement se spécialiser dans une discipline bien particulière : le freefly, dans lequel elle se lance pleinement à partir de 2018 aux côtés de son compagnon Greg Crozier, rencontré lors d’un saut d’entraînement à Lyon.

Qu’est-ce que le freefly ?

Littéralement traduisible par “vol libre”, le freefly débute à partir du moment où l’on sort de la position traditionnelle pour sauter en parachute. Alors que d’ordinaire les sauteurs se mettent à plat ventre pendant leur chute avant de déployer leur parachute, les adeptes du freefly privilégient plutôt la position assise ou tête en bas, qui constituent les deux principales positions de la discipline, ou encore de biais pour pouvoir mieux se diriger dans les airs. Le but est ainsi de devenir le plus à l’aise possible. On assiste alors à une véritable danse dans le ciel, d’autant plus que des vols synchronisés et des constructions artistiques se mettent en place au-dessus de nos têtes. Le freefly constitue donc une discipline artistique du parachutage sportif.

Son palmarès

Karine Joly est avant tout une passionnée avant d’être une compétitrice dans l’âme. Ce qui ne l’a pas empêché de réunir un palmarès bluffant, et de repousser toujours plus loin les limites du freefly. À son actif, la française compte treize records du monde et deux titres mondiaux, entre autres réussites nationales et dans d’autres disciplines aériennes. Le couple Joly-Crozier est sacré mondialement pour la première fois en 2012, à l’occasion de la coupe du monde de freefly, dans une ambiance fair-play et de compétition seine entre adeptes des airs. Le deuxième titre date de 2018, dans un cadre australien absolument magnifique, qui avait donné pour Karine “une dimension encore plus forte à l’évènement”. Karine Joly est alors devenue la troisième femme à remporter la distinction suprême. Pour accéder à ces titres, il fallait d’abord rejoindre la compétition en étant intégré à l’équipe de France, ce qui n’est pas chose aisée, et qui rend la préparation beaucoup plus ardue que la compétition en elle-même. Car en freefly, il faut aussi prendre en compte tous ceux qui vont sauter avec vous.

Ses records

Les différents records de Karine Joly prennent formes avec des formations très différentes, par exemple pour un saut à 80 personnes en 2011, ou pour des tentatives avec plus de 200 personnes, ce qui demande une pleine maîtrise de son propre vol, et une attention particulière à ce que tout le monde peut faire autour de soi. Lors de la réalisation d’un record du monde, contrairement aux compétitions, les groupes sont librement constitués, et tous les meilleurs du monde sont conviés à participer. Le couple se fait notamment remarquer du grand public en 2024 à l’occasion de plusieurs sauts réalisés la nuit à travers le monde, qui les faisaient ressembler depuis la terre ferme à des météores déchirants le ciel, passant notamment au-dessus des pyramides de Gizeh ou encore du désert de l’Arizona. Karine Joly et son compagnon ont également chercher de nouvelles sensations en variant les altitudes et les lieux, comme lors d’un saut à 7.000 mètres face à l’Everest. Ce qui leur avait demandé 10 mois de préparation, entre demande d’autorisations et acclimatation. La nécessité d’atterrir sur une plateforme à 4.000 mètres constituait alors aussi une difficulté à résoudre.

Faire reconnaître sa discipline

Toutes ces expériences aussi bien exceptionnelles qu’enrichissantes, Karine Joly les a consignées en 2024 dans son autobiographie L’horizon des possibles, motivée par la volonté de rendre le skydiving plus accessible pour le grand public. En plus de ses records et titres internationaux, le couple Joly-Crozier a été honoré de la médaille de la jeunesse et des sports en 2020, et de la distinction de chevalière de l’ordre national du Mérite cette année.

Karine Joly est aussi, et surtout, une fan de sports, son temps libre se partageant entre musculation, ski, kitesurf et moto. Son mojo favori ? “Les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais”. Une citation qu’elle semble toujours continuer à suivre à la lettre, en restant impliquée dans son sport après avoir pourtant tout gagné, en suivant les évolutions du freefly (entraînements en souffleries, augmentation du nombre de femmes…) et en devenant une des premières coachs d’une discipline qui n’en compte jusqu’ici que très peu.

Records en pagaille

En 2025, Karine détient une dizaine de records du Monde. Elle a notamment établi le premier record de nuit en 2024.

La troisième au monde

Elle est la troisième femme à remporter le titre mondial dans la catégorie freefly.

En freefly

  • 1x Championne du monde
  • 4x World Class Champion
  • 1x Vice championne d’Europe
  • 3x Championne de France
  • 6x Coupe de France
  • 16x Médaille d’or internationale
  • 8x Médaille d’argent internationale
  • 6x Médaille de bronze internationale

En D2W

  • 1x Vice-championne de France
  • 2x Podium en compétition

Médiatiques

  • Chevalière de l’Ordre National du Mérite
  • Médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif
  • Médaille de la Ville de Nice
  • Ambassadrice du sport du département des Alpes-Maritimes

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    Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

    Annette Kellermann – La sirène qui a révolutionné la natation

    Annette Kellermann

    Annette Kellermann - La sirène qui a révolutionné la natation

    1886 à 1975 - écrit par simon ménard

    Annette Kellermann, c’est d’abord une histoire d’amour entre une femme et un sport, la natation. Une passion qui la pousse à casser les codes et à se battre pour pouvoir vivre pleinement son idylle comme elle l’entend, faisant fit des mauvaises langues jusqu’à devenir une icône au-delà des bassins.

    Annette Kellermann voit le jour en 1886 en Australie. A l’âge de six ans, les médecins lui diagnostiquent une poliomyélite, ou polio, une maladie contagieuse s’attaquant au système nerveux entraînant dans la plupart des cas une paralysie des jambes. Cela oblige la jeune fille à se déplacer en béquille et à porter des jambières de métal afin 

    de retrouver de l’équilibre et se remettre de la maladie. Pour renforcer ses jambes, sa mère française et son père, musiciens de profession, la mettent à la natation dans le but de renforcer ses membres inférieurs. C’est dans ce contexte douloureux et dans un premier temps médical qu’Annette Kellermann découvre les bassins dans une piscine du nord de Sydney.

    La réalité de la natation

    Si cette pratique est autant encouragée, cela tient en partie au fait que les femmes sont acceptées dans le monde de la natation en rapport à l’absence de contacts et de violence qui offre alors un spectacle jugé acceptable par les bien-pensants du XIXe siècle.

    Une renaissance

    Encore loin de ces considérations, la jeune Annette s’épanouit dans l’eau, si bien que ses jambes regagnent la même puissance que ses camarades. Mais Kellermann ne s’arrête pas à cette réussite. Prise de passion pour la natation, elle se donne toute entière aux entraînements. À l’âge de quinze ans, elle remporte sa première compétition de vitesse, et fait preuve d’une maîtrise parfaite des différentes nages, la brasse et le crawl. Son attrait pour les bassins l’amène même à réaliser des plongeons depuis des hauteurs impressionnantes. Aucune des disciplines liées à la natation ne lui échappe, que les distances soient courtes ou longues. À 19 ans, elle fait partie des premières femmes à tenter la traverser de la manche à la nage. Bien qu’infructueuse puisqu’ayant été forcée de déclarer forfait au bout de dix heures de nages à cause d’un temps capricieux qui a déjoué ses plans minutieusement préparés, cette tentative prouve, s’il le fallait encore, que rien dans la natation ne l’effraie, et qu’elle est prête à beaucoup de sacrifices quitte à y consacrer des jours et des semaines. Toujours en 1905, Annette Kellermann est la seule femme parmi huit concurrents à s’essayer à la traversée de Paris à la nage. Elle boucle les 11,6km en 4h58, terminant ainsi à la quatrième place. Elle améliore l’année suivante son temps d’une heure. Des performances tout à fait remarquables.

    Une problèmatique

    Annette Kellermann n’est pas seulement une championne maîtrisant son art à la perfection : c’est une révolutionnaire face aux normes de son époque. Avant elle, les femmes étaient obligées de porter des maillots couvrants bras et jambes et dans des tissues amples, pour coller aux normes et ne pas incommoder les hommes. Mais ces “costumes de bains” sont loin de permettre de réaliser des exploits, les femmes étant entravées dans ces maillots de bain. Lors de sa première tentative de traversée de la manche, elle est notamment entravée dans ses mouvements par sa combinaison faite d’un pantalon cousue à une chemise.

    Création du maillot une pièce

    Annette Kellermann s’attèle donc à trouver une solution, et conçoit de ses propres mains une tenue adaptée à la pratique féminine de la natation afin de libérer les mouvements des femmes dans l’eau. Cela prend la forme d’une combinaison une pièce moulante et à manche courte, qui libère bras et jambes. Voulant ne pas être la seule à en profiter, elle conçoit et met en vente sa propre gamme de maillot de bain féminin. Les Kellermann’s ainsi nommés font face à des critiques des observateurs contemporains, mais remportent rapidement un grand succès, les performances que ces maillots de bain permettent étant sans commune mesure avec ceux d’alors. On lui reproche d’immoralement exposer les corps féminins, alors même que les hommes sont autorisés à nager nue. Elle fait fit des menaces et se donne corps et âme dans sa réforme, ce qui lui doit une arrestation sur une plage de Boston en 1907 pour “indécence” alors qu’elle se promenait en maillot de bain. La jeune femme convainc le juge du bien-fondé de ce nouveau maillot, qui la relaxe malgré ses nombreuses récidives. Les femmes sont alors autorisées à porter ces maillots, à condition d’arriver au bord des bassins en jupe. Annette Kellermann devient ainsi la pionnière du maillot de bain moderne.

    Une sirène

    Ses parents lui ont offert de par leur profession une éducation mettant en valeur la performance artistique. C’est pourquoi, alors qu’elle déménage à Melbourne avec sa famille, qu’Annette Kellermann se produit en tant que sirène dans l’aquarium de la ville pour gagner un peu d’argent. Cet attrait pour le domaine artistique lui ouvre les portes du ballet et de la natation synchronisée, une discipline qu’elle va grandement participer à populariser. Elle se produit avec sa troupe en Australie, en Europe et aux Etats-Unis devant des foules de spectatrices et spectateurs admiratifs. Son spectacle “la femme parfaite” attire de très nombreux spectateurs et l’emmène jusqu’à l’Alhambra à Paris. La presse est si séduite qu’elle est comparée à la Vénus de Milo.

    Le cinéma

    Le monde du cinéma est aussi séduit que le reste du monde, si bien que son charisme et sa maîtrise de la natation lui permettent de tourner dans plusieurs films. Même alors qu’elle s’essaie aux caméras hollywoodiennes, Annette Kellermann ne quitte pas totalement les bassins. La plupart de ses films, de La Fille de Neptune (1914) à Queen of the Sea (1918), gardent un rapport très fort avec l’eau et la nage. Fidèle à elle-même, elle réalise ses propres cascades, à l’image d’un plongeon de 28m de haut. Elle fait scandale, pour la seconde fois après ses maillots, en 1916 lorsqu’elle devient la première femme à apparaître nue à l’écran dans La fille des Dieux, avec seulement ses cheveux en tout et pour tout afin de dissimuler sa poitrine. En 1952, un biopic lui est consacré sous le titre de Million Dollar Mermaid ou La première sirène, avec dans le rôle principal une nageuse ayant marché dans les pas d’Annette pour se lancer dans le cinéma, Esther Williams.

    Sa fin de vie

    Annette Kellermann meurt à l’âge de 89 ans, en 1975. Sa vie consacrée à la natation a été agrémentée par la rédaction de livres de conseils beauté et santé. Alors qu’à 40 ans un journaliste lui demande comment peut-elle être encore aussi performante dans ses spectacles de natation synchronisée, elle répond qu’elle ne boit pas d’alcool ou de café et ne mange plus de viande pour favoriser sa bonne santé et donc ses performances. Ses cendres sont dispersées au-dessus de la grande barrière de corail, au large de l’Australie, permettant à la nageuse d’exception et pionnière de ce sport de retourner à son élément pour l’éternité. Elle possède aujourd’hui une étoile à son nom sur le Hollywood Walk of Fame.

    Traverser la Manche

    Elle est l’une des premières femmes à tenter la traversée de La Manche. Elle n’arrivera pas au bout dû au mauvais temps.

    Traverser les capitales à la nage

    Annette Kellermann est une des premières nageuses à traverser Paris par la Seine et Londres par le Danube. Elle la fait plusieurs fois !

    En natation

    • 2x Championne de la Nouvelle-Galles du Sud sur le 100 yard et le mile
    • 1x Quatrième de la traverser de Paris

    Sportive

    • Hall of Fame international de la natation internationale

    Médiatique

    • Victorian Hoour Roll of Women
    • Hollywood Walk of Fame

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    Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

    Marie Dorin-Habert – Du sang froid dans ses veines

    Marie Dorin-Habert

    Marie Dorin-Habert - Du sang froid dans ses veines

    1986 à aujourd'hui - écrit par marie fournier et Rodolphe Quilici

    Son parcours est une leçon de ténacité, de passion et dépassement de soi. Elle incarne la force d’une sportive capable de concilier une carrière à haut niveau, la maternité et l’engagement environnemental. Découvrez l’histoire de Marie Dorin-Habert !

    Née le 19 juin 1986 à Lyon, elle grandit au cœur des montagnes du Vercors. C’est dans ce décor qu’elle découvre à 13 ans le ski de fond, sa première passion. Très vite, l’adolescente se lance dans la compétition, montant de temps sur les podiums de courses locales. L’année 2000 marque un tournant décisif dans sa carrière.

    En intégrant le comité du Dauphiné, Marie s’initie pour la première fois au biathlon. Bourrue de travail, et aidée par sa pratique du ski nordique, Marie Dorin-Habert progresse très vite. En quelques mois d’entraînement, la biathlète maîtrise déjà son rythme cardiaque et sa concentration lors des tirs, des qualités essentielles qui lui permettront d’intégrer l’Équipe de France junior dès 2003.

    Une ascension fulgurante

    En 2004, Marie Dorin-Habert brille pour la première fois sur la scène internationale en décrochant l’or mondial en relai chez les jeunes, un titre qu’elle conservera l’année suivante. Plus les années filent, plus la biathlète brille sur le circuit junior. Sa montée en puissance sur le circuit junior est remarquable, si bien que l’équipe de France décide de l’aligner pour sa première course en Coupe du Monde élite lors de la saison 2007-2008. Cette expérience la forge physiquement et mentalement. La saison suivante, la Française monte en niveau au point d’intégrer son premier top 10 avant de monter sur le podium sur l’avant dernière course. Cette année 2009 signe également sa première médaille de bronze avec l’équipe de France aux mondiaux lors du relai.

    Premiers podiums olympiques

    La saison 2009-2010 représente un moment charnière dans la carrière de Marie Dorin-Habert, entièrement axée sur sa préparation olympique. Ce choix stratégique s’avère payant ! Le 13 février 2010, aux Jeux Olympiques de Vancouver, la Française réalise un parcours sans faute au tir et remporte le bronze olympique sur le sprint.

    « J’avais senti que j’avais progressé durant la saison de préparation et mon podium de l’année précédente à Khanthy-Mansiysk m’avait ouvert une porte. Mais j’ai tout de même bénéficié de meilleures conditions sur le sprint de cette olympiade et j’ai réussi à sortir en plus la course parfaite ce jour-là. D’où le bon résultat ! »

    Quelques jours après ce podium, Marie Dorin-Habert contribue à la deuxième place de la délégation française en relai. Cette année charnière pose les fondations d’un avenir prometteur dans l’élite mondiale.

    Descendre pour remonter

    Cependant, le début saison 2010-2011 s’avère bien plus délicate pour la biathlète, qui doit attendre février pour retrouver son adresse au tir et le chemin du podium. Ce renouveau arrive au moment parfait, à quelques semaines des championnats du monde où elle monte sur le podium à deux reprises. Cette renaissance se confirme en 2012 ! Elle réalise neuf performances dans le Top 10 en 2012 avant les Championnats du monde. Lors des mondiaux, elle termine neuvième du sprint puis de la poursuite, et manque le podium sur l’individuel à seulement trois secondes. Elle remporte néanmoins une médaille d’argent en relais féminin et conclut cette saison au pied du podium du classement général de la Coupe du Monde.

    Une grave blessure

    Fin novembre 2013, c’est le drame pour Marie Dorin-Habert. Elle subit une grave entorse à la cheville gauche, avec rupture totale du ligament. Cette blessure survient au pire moment, à quelques mois des Jeux olympiques de Sotchi, et la contraint à un arrêt prolongé. L’incertitude plane sur sa capacité à revenir à temps. Son mental est mis à rude épreuve, mais elle entame une rééducation exigeante, animée par l’envie de retrouver son meilleur niveau. Miracle : la biathlète revient sur les pistes deux semaines avant les Jeux Olympiques. Évidemment, elle ne peut pas performer à son niveau habituel, terminant au mieux sixième en relais et se voit même contrainte d’abandonner le relai féminin.

    « Je n’attendais pas de résultats sur les courses. De plus, j’étais enceinte de ma première fille et j’ai passé les 15 jours au lit à dormir ! Mais c’était tout de même une belle expérience. »

    Retour au sommet

    En janvier 2015, après sa pause maternité, elle revient progressivement à la compétition. Ce repos forcé à permis Marie Dorin-Habert de se récupérer de la fatigue accumulée. Résultat : la biathlète surprend tout le monde aux championnats du monde en décrochant ses deux premiers titres mondiaux individuels, auxquels s’ajoute une médaille d’argent en relais. Ce renouveau se confirme puisque la saison 2015-2016, elle atteint son apogée. Sur la coupe du Monde, elle remporte trois courses et réalise de nombreux podiums. Au final, elle termine deuxième du classement général, de l’individuel, du sprint et de la mass start, ainsi qu’à la troisième place de la poursuite.

    « J’étais en forme physiquement et lorsque je mettais les balles, je savais que je pouvais jouer la victoire. Le sprint des Championnats du monde d’Oslo est probablement ma plus belle réussite. C’était un combat avant tout contre moi-même car je savais pouvoir remporter une médaille et j’ai réussi la course parfaite. Ça m’a libérée pour la suite des Championnats, où j’ai réalisé de très belles performances. »

    Ultime saison

    Marie annonce que 2018 sera sa dernière saison, avec les Jeux de PyeongChang en point d’orgue. Fidèle à sa maîtrise, elle y décroche l’or en relais mixte puis le bronze en relais féminin, devenant ainsi la biathlète française la plus décorée de l’histoire olympique. Elle dira de ce titre olympique à Interview sport :

    « Je crois que cette médaille m’a marquée car j’ai eu beaucoup de difficultés cette saison-là et même me sélectionner sur cette course a été un long combat ! J’étais donc soulagée et très émue car je savais que j’arrêtais ma carrière à ce moment-là. »

    En mars, à Oslo, elle conclut sa carrière par une victoire en poursuite, un adieu magnifique au public.

    Diplômée en biologie et écologie, Marie Dorin-Habert décide de s’investir entièrement dans la protection de l’environnement après sa carrière sportive. Elle a notamment créé un hôtel sportif éco-responsable dans le Vercors, appelé « Ze Camp« , témoignant de son engagement pour un tourisme durable. En parallèle, elle travaille dans l’éducation à l’environnement au sein de différentes structures.

    Marie Dorin-Habert prouve que les champions peuvent avoir plusieurs vies, et que l’excellence sportive peut être le tremplin vers d’autres formes d’engagement tout aussi enrichissantes pour la société.

    Record de médailles

    En 2018, Marie Dorin-Habert devient la biathlète française la plus décorée des Jeux Olympiques avec ses cinq médailles.

     

    En biathlon

    • 1x Championne olympique
    • 1x Vice championne olympique
    • 2x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
    • 5x Championne du Monde
    • 8x Vice championne du Monde
    • 4x Médaille de bronze aux mondiaux
    • 1x Deuxième du Globe de Cristal
    • 3x Deuxième du Globe de Cristal du sprint, de la mass start et en individuel
    • 2x Troisième du Globe de Cristal de la poursuite
    • 15x Victoire de Coupe du Monde
    • 49x Podiums en Coupe du Monde

    Sportive

    • 1x Médaille Homenkollen suite à sa victoire lors du festival de ski d’Holmenkollen

    Médiatiques

    • Officière de l’Ordre National du Mérite
    • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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    Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

    Alana Nichols – Miss tout terrain

    la sportive Alana Nichols

    Alana Nichols - Miss tout terrain

    1983 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

    Rares sont les athlètes et para-athlètes à réussir à performer dans plusieurs sportives différentes. Encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent à glaner des médailles aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Alana Nichols est de cette espèce, marquée par la résilience et une passion pour les sensations fortes.

    Native de New Mexico, Alana Nichols grandit sans son père, assassiné alors qu’elle est seulement âgée de neuf mois. Elle est alors élevée par ses grands-parents. Les hivers, elle les passe dans le Colorado. C’est là-bas qu’elle découvre le snowboard et la joie procurée par les descentes de pistes à toute vitesse. En l’an 2000, Nichols se lance pour tenter de réussir son premier “backflip”, salto-arrière, en snow. Du haut de ses dix-sept ans, elle se dit qu’elle a toute la vie devant elle, et de très nombreux projets

     à accomplir, comme en softball, rêvant d’intégrer l’équipe nationale de ce sport qu’elle pratique au lycée. Ce salto arrière, elle l’avait préparé tout l’été, s’entraînant avec son snow sur un trampoline dans son jardin. Mais elle chute lourdement en ne contrôlant pas son saut, et son dos retombe avec fracas sur un rocher dissimulé sous la faible couche de neige. Alana Nichols se retrouve ainsi paralysée intégralement des membres inférieurs.

    Le basket fauteuil

    Pour relever la tête suite à son accident, Nichols décide de ne pas se détourner du sport, sa passion première. C’est ainsi qu’elle découvre le basket fauteuil, par hasard, en souhaitant prendre un raccourci passant par le gymnase de son lycée. Il ne lui faudra pas longtemps pour être initiée au haut niveau, et rejoindre l’équipe états-unienne. Le basket, elle l’avait déjà pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’il lui restait à faire était de comprendre comment y jouer maintenant que ses jambes étaient bloquées dans un fauteuil. Ce fut comme une seconde naissance sportive, un éveil à sa nouvelle personnalité. Non retenue pour Athènes en 2004, elle patiente et s’entraîne durement pour la paralympiade suivante. En 2008, à Pékin, Alana Nichols remporte la médaille d’or dans sa discipline, au sein de l’équipe des USA.

    Direction les Jeux d’hiver

    Une performance remarquable aux Jeux d’été, huit ans après son grave accident. Mais son environnement sportif privilégié reste la montagne enneigée. D’autant plus que depuis son accident, Alana Nichols ne cesse de penser à ce sport auquel elle veut se confronter à nouveau. Il lui a pris ses jambes, mais pas sa volonté, qui n’en a été que décuplée. Elle découvre alors le ski assis, qu’elle décide de maîtriser à la perfection en quittant l’Alabama pour le Colorado de son enfance. Grâce à un travail acharné, Alana Nichols décroche sa participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010, soit seulement deux années après le titre des Etats-Uniennes en basket fauteuil à Pékin. Et sur quatre épreuves, Nichols repart avec quatre médailles. D’abord en bronze sur le super-combiné. Puis en argent, sur le super-G. Et enfin deux en or, en descente et en slalom géant. Une performance plus que remarquable, qui place l’Etats-Unienne dans le cercle très restreint des athlètes ayant remporté des titres aux Jeux d’été et d’hiver. Une autre médaille s’ajoute à son palmarès en 2014 à Sotchi, en descente. Mais, on commence à le comprendre, pour Alana Nichols deux sports paralympiques, ce n’est pas assez.

    Nouveau changement

    Alors qu’elle se reposait à Hawaï suite aux Paralympiades de Londres (Basket, 2012) et Sotchi (Ski, 2014), Alana est introduite au para-kayak. C’est alors que naît dans sa tête l’objectif de devenir la première femme à concourir aux Jeux dans trois disciplines différentes. Sans véritable prédisposition ou connaissance accrue dans le domaine, Nichols s’entraîne avec acharnement, et finit par se qualifier pour les jeux de Rio 2016 en para-kayak. La septième place qu’elle obtient au final n’est qu’anecdotique : encore une fois, elle s’est donnée un objectif, et elle l’a atteint. En seulement deux ans, elle est passée de novice dans cette nouvelle discipline à athlète paralympique.

    Sa mentalité

    Toutes ces épreuves couronnées de succès n’ont pu l’être que par le mental à toute épreuve que s’est forgée Alana Nichols. Elle en parle en ces termes :

    « Ne me dit pas que c’est impossible car je le ferais. »

    Ambassadrice du surf

    Au-delà de la performance physique, c’est le fait de définir des objectifs à atteindre qui l’animent. La fin de sa carrière professionnelle n’a pas signé la fin de sa pratique du sport. Nouvelle discipline : le surf adapté, qui devient sa nouvelle obsession. Elle se mue même en ambassadrice de cette discipline. Passion qu’elle conjugue avec son rôle de mère, un autre des objectifs qui lui tenaient à cœur d’accomplir, et ses activités d’avocate diplômée. Quand on lui pose des questions sur son accident, elle répond qu’elle a toujours aimé prendre des risques : 

    « C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée dans mon fauteuil, mais cela m’a énormément servi en tant qu’athlète. »

    Elle publie même sur Instagram un message :

    « Merci pour ce corps paralysé, et toutes les façons dont-il peut bouger. »

    Sa manière de prouver que rien n’est impossible, et d’inspirer les nouvelles générations.

    Car Alana Nichols s’est également donnée pour mission d’informer sur le handicap, et de tout faire pour que les jeunes filles qui se retrouvent dans sa situation voient qu’il est possible de s’en sortir, et de pratiquer du sport comme n’importe qui. C’est ainsi qu’elle a collaboré avec la célèbre marque Barbie, qui a créé une poupée à son effigie, casque sur la tête et harnachée dans un ski assis. Alana Nichols est pareillement très présente auprès de la Women’s Sports Foundation Du haut de ses cinq titres paralympiques et de tout son travail sur l’acceptation du handicap, elle en devient même la présidente, étant investie dans ce rôle en janvier 2020. Aider les autres est ainsi devenu son nouvel et plus important objectif :

    « Je veux qu’une jeune fille qui a perdu sa jambe dans un accident d’escalade voit qu’elle peut quand même retourner à la fac et obtenir son diplôme de master, mais aussi qu’elle peut participer aux Jeux paralympiques et remporter des médailles d’or. Croit en des objectifs plus grands que ce que tu espérais, et ne laisse pas l’ignorance de la société envers les personnes handicapées te définir. Rêve grand. »

    Cinq paralympiades, trois sports

    Alana Nichols est la première handisportive à participer aux Jeux Paralympiques dans un sport collectif, nautique et d’hiver.

    Championne d’été et d’hiver

    Elle est la première Etats-Unienne à remporter une médaille d’or aux Jeux Paralympiques d’hiver et d’été.

    Une note parfaite

    L’athlète est la première surfeuse de l’histoire à réaliser une note parfaite lors d’une compétition internationale. 

    En skis

    • 2x Championne paralympique
    • 2x Vice championne paralympique
    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 1x Championne du monde
    • 1x Championne des Etats-Unis

    En basket-ball

    • 1x Championne paralympique
    • 2x Championne panaméricaine
    • 1x Championne NWBA

    En kayak

    • 1x Podium en Coupe du monde

    Sportive

    • 1x Athlète paralympique de l’année

    Médiatique

    • 1x Sportive de l’année du Colorado

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      Leslie Burr-Howard – The Spark Rider

      Leslie Burr-Howard

      Leslie Burr-Howard - The spark rider

      1956 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

      Si vous ne la connaissez pas encore, il est grand temps de vous concentrer quelques minutes pour découvrir la fabuleuse histoire de Leslie Burr-Howard, l’une des plus grandes championne équestre des années 70-80-90.

      Leslie Burr-Howard naît en 1956, dans le Connecticut aux Etats-Unis. Son père étant acteur, c’est naturellement qu’elle prend des cours de chants et de danse. Lorsqu’à l’âge de quatre ans, elle supplie ses parents de lui offrir un poney. A force de persévérance, Leslie reçoit une cheval. Tout de suite, elle remarque deux choses : elle aime les chevaux et la vitesse. Sa passion pour l’équitation devenue évidente, elle prend des vrais cours avec des professionnels dès six ans au Hightfield Farm. Jeune prodige, elle effectue son premier show la même année. Elle poursuit sa formation, 

      débourrant et entraînant les chevaux de son club à seulement huit ans.

      Sa première victoire

      Ses heures d’entraînement avec Sharon Hardy Cole et son frère Thom Hardy portent leurs fruits aux ASPCA Maclay en 1972, où elle remporte la compétition en catégorie juniors. Leslie Burr-Howard devient alors à quinze ans la deuxième plus jeune à remporter ce titre, derrière son entraîneur qui l’avait gagné lorsqu’il avait quatorze ans. Cette victoire est inattendue pour tout le monde, la jeune championne avoue :

      « C’était la finale. J’étais assez jeune et on ne m’attendait pas à ce que je le gagne ».

      Vers le monde professionnel

      Trois ans plus tard, elle tente de devenir professionnelle et commence sa carrière en compétitions chasseurs, c’est à dire que c’est le cheval (régularité, allures) qui est jugé et le cavalier doit tout faire pour le mettre en valeur. C’est un véritable succès puisque cela lui permet d’être introduite au Show Hunter Hall of Fame. Parmi les titres et distinctions qu’elle obtient, figurent le Grand Champion Hunter à Madison Square Garden, le (Grand Hunter Champion au Devon et le Grand Hunter Champion à Washington.

      Une série de victoire

      Leslie Burr-Howard participe pour la première fois à une compétition de grands prix en 1979, soit à 23 ans. Avec son cheval Chase The Clouds, âgé de six ans, elle remporte le Grand Prix de la Coupe du Président à Washington International à Landover. Cette victoires est un tremplin pour sa carrière, elle affirme même :

      « Bien sûr, ça a commencé ma carrière dans les sauteurs. »

      Et en effet, cette compétition marque le début d’une série de victoire pour Leslie Burr-Howard. Son caractère intrépide et ses qualités techniques lui permettent de décrocher l’American Grand Prix Association (AGA) Rider of the Year en 1983 avec un cheval nommé Albany. Celui-ci est d’ailleurs également nommé AGA Horse of the Year cette même année. Un an plus tard, elle se rend aux Jeux Olympique à Los Angeles avec ce même cheval. Ses premiers jeux sont un succès : son équipe remporte l’or en saut d’obstacle. Devenue championne olympique, elle s’efface un temps des compétitions.

      Un retour fracassant

      Près d’une dizaine d’années plus tard, Leslie Burr-Howard revient sur le devant de la scène avec le cheval prodige Gem Twist. Ayant remporté deux médailles d’argent olympique aux Jeux de Séoul avec le cavalier Greg Best , c’est un des coursiers les plus en vogue du moment. Cependant, une blessure de Greg Best force le cavalier à arrêter momentanément la compétition et c’est Leslie qui prend alors le relais. Ensemble, ils prennent en 1992 la première place dans les championnats de saut d’obstacles USET à Gladstone. Deux ans plus tard, la championne est désignée pour représenter les Etats-Unis aux Pays-Bas pour les Jeux équestres mondiaux de la FEI.

      Ses dernières sélections

      Par la suite, elle re-tente sa chance aux JO d’Atlanta en 1996, où elle gagne la médaille d’argent en équipe. Elle termine sa lancée victorieuse en beauté avec sa deuxième place aux jeux panaméricains en 1999. L’année 2000 signe la dernière grosse saison de Leslie Burr-Howard. Cette saison-là, elle domine la Ligue mondiale et remporte notamment la Coupe Queen Elizabeth II, une compétition mythique. En 2002, l’États-unienne représente pour la dernière fois son pays lors des Jeux mondiaux. Côté club, Leslie se retire définitivement des compétitions en 2023 après avoir remporté 39 compétitions au cours de ces deux dernières décennies. Après son retrait, elle installe sa société Burr Associate dans le sud du Connecticut.

      Son amour des compétitions n’ayant pour égal que son amour pour l’enseignement, elle y forme donc des chevaux et des cavaliers de haut niveau.

      Titrée en équipe

      Leslie Burr-Howard est la première cavalière états-unienne titrée olympique par équipe.

      Précocité

      A 15 ans, elle est devenue la plus jeune cavalière féminine à remporter la ASPCA Maclay.

      Une grande longévité

      La cavalière a concouru pendant plus de 50 ans de carrière à haut niveau. Elle a arrêté définitivement la compétition en 2023.

      En saut d’obstacles

      • 1x Championne olympique
      • 1x Vice championne olympique
      • 1x Coupe du Monde
      • 2x Vice championne panaméricaine
      • 1x Médaille d’or au Continental Games Caracas
      • 1x Médaille d’argent au Continental Games Winnipeg MB
      • 1x Coupe Queen Elizabeth II
      • 1x Grand Prix de Penn National
      • 1x Toronto Royal
      • 31x Autre compétition remportée

      Sportives

      • Hall of Fame du saut d’obstacles
      • Hall of Fame du National Show Hunter
      • Hall of Fame de l’équitation de Pensssylvanie
      • 1x Whitney Stone Cup
      • 2x Prix de la cavalière de l’année par l’American Grand Prix Association

      Médiatiques

      • 2x Cavalière de l’année par l’American Horse Show’s

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      Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

      Françoise Mbango – La Grand-Mère du triple saut africain

      Françoise Mbango

      Françoise Mbango - La grand-mère du triple saut africain

      1976 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

      Pionnière incontestée du triple saut africain, Françoise Mbango a dû, dès ses débuts, surmonter les carences de sa fédération pour imposer son talent sur la scène mondiale. Découvrez son histoire !

      Née en 1976 à Yaoundé, Françoise Mbango fait ses premiers pas en athlétisme au collège Sainte‑Thérèse de Bertoua. Bonne sprinteuse, elle décide de se consacrer très rapidement aux épreuves du saut en hauteur, en longueur et le triple saut. Rapidement, l’athlète domine les compétitions scolaires. En 1990, Françoise fait la rencontre de l’entraineur de la Société nationale des Électricités du Cameroun. 

      Sous l’œil attentif de son nouveau coach, elle affine sa technique de saut.

      Ses premières compétitions internationales

      En quelques années, sa progression est fulgurante puisqu’elle remporte le titre national en saut hauteur au début des années 90. En 1995, l’athlète participe à sa toute première compétition sous les couleurs du Cameroun lors des du championnat d’Afrique centrale. Pour sa première, Françoise repart avec la médaille de bronze au triple saut, le premier d’une grande série. L’année suivante, la Camerounaise prend part aux championnats d’Afrique et repart de nouveau avec le bronze. Ses premières expériences la forgent mentalement.

      Ces premiers Jeux Olympiques

      1998 signes l’année de son éclosion au niveau mondial. En effet, cette saison-ci, elle remporte notamment l’argent aux Jeux du Commonwealth au triple saut, une discipline pourtant dominée par les Européennes à l’époque. Cette explosion se poursuit en 1999, lorsque Françoise Mbango réalise un bond de 14,70m pour remporter les Jeux Africains. Cette victoire lui offre alors sa qualification pour les Jeux Olympiques de Sydney. En 2000, la Camerounaise apparaît dans une épreuve où elle ne concourt que rarement le 4x100m lors des championnats d’Afrique. L’athlète contribue au bronze. Cette même année, Françoise va se tester pour la première fois avec les meilleures mondiales lors des JO. Pour cette première, elle se qualifie en finale terminant enfin de compte à une belle dixième place.

      L’explosion

      Après les Jeux Olympiques de Sydney, Françoise Mbango explose aux yeux du public. En 2001, elle termine à la deuxième place lors des mondiaux, derrière sa future rivale Tatyana Lebedeva. L’année suivante, elle confirme en gagnant tout simplement la Coupe du Monde des Nations et réalisant une marque à 14,95m aux championnats d’Afrique, battant le record continental. Sa montée en puissante continue.

      Gagner sans coach

      En 2004, l’athlète doit s’encadrer elle-même n’ayant plus d’entraîneur :

      « Je n’ai aucun encadrement, à part ma petite sœur, 22 ans, qui s’entraîne avec moi. Aujourd’hui, je m’entraîne encore avec le programme d’il y a cinq ans de mon ancien entraîneur russe : Monsieur Victor [Kouzine]. »

      Avant les Jeux Olympiques, la Camerounaise décide de se raser le crâne pour faire une dédicace à sa maman atteinte d’un cancer.

      À Athènes, elle réalise un bond historique de 15,30 m (troisième performance mondiale de tous les temps), ajoutant cinq sauts au delà des 15 m en une seule finale, et s’adjuge l’or. Ce jour-là, elle devient tout simplement la première Camerounaise à remporter un sacre olympique (homme compris). Après cette victoire historique, Françoise Mbango déclare :

      « J’éprouve un grand bonheur non seulement pour moi mais aussi pour le Cameroun et même l’ensemble du continent africain. J’espère que cette médaille fera en sorte que, dans mon pays et en Afrique, on comprenne que les sports individuels peuvent unir le monde dans un stade, peuvent donner une belle image d’un pays. »

      Un conflit avec le Président

      De retour des Jeux Olympiques, le Président lui promet de lui offrir 84 millions franc CFA pour qu’elle puisse préparer la prochaine édition et continuer à s’entraîner à l’INSEP. Or cet argent, l’athlète n’en verra jamais la couleur. Françoise Mbango doit continuer tout de même à s’entraîner mais en situation très précaire :

      « Je me suis retrouvée en France en train d’escalader les murs de l’INSEP pour pourvoir travailler […] Je me suis retrouvée en France en train de voler le métro parce que je n’avais pas d’argent pour le payer. »

      L’athlète ne revient plus sur les grandes compétitions avant 2008 dû à des conflits avec sa fédération et à la naissance de fils en 2006. Pour son retour, elle signe un saut à 14,50m lors d’un concours à Yaoundé. Normalement qualifiée pour les Jeux Olympiques, Françoise Mbango se voit refuser d’y participer par sa fédération puisqu’elle n’a pas voulu participer aux Jeux Africain de 2007. Heureusement, la Camerounaise remporte les championnats d’Afrique et le CIO l’autorise donc à concourir malgré sa suspension par sa fédération. Aux Jeux Olympiques, Françoise marque l’histoire en battant son record avec un bond de 15,39 mètres synonyme de victoire :

      « Je suis très contente d’avoir réalisé ça. Je savais que je pouvais le faire. J’ai pris tout mon temps pour le faire. J’ai considéré cette compétition comme une mission (…) Il y a quatre ans que j’ai été envoyée en mission par le président de la République, Paul Biya, qui m’a cité en exemple à la jeunesse. »

      C’est seulement après cette victoire que l’athlète reçoit l’argent qui lui était promis.

      Rejoindre l’équipe de France

      Après les Jeux Olympiques de Pékin, Françoise Mbango commence les démarches pour être naturalisée française à la suite de plusieurs mésententes avec la fédération camerounaise. A partir de 2010, l’athlète concourt sous les couleurs de la France. Deux ans plus tard, elle participe à sa dernière grande compétition lors des championnats d’Europe. Lors de cet événement, Françoise termine huitième et loupe la qualification olympique. Elle décide alors d’arrêter la compétition à haut niveau pour se consacrer à de nouveaux projets toujours liés au sport. C’est ainsi qu’en 2020, Françoise ouvre sa propre académie de sport à Yaoundé dans l’objectif d’aider les jeunes athlètes à se professionnaliser.

      Aujourd’hui, elle est plus qu’une championne pour les Camerounais. Françoise Mbango est devenue leur symbole, une source inspiration qui les pousse à toujours croire en eux et leur rêve.

      Troisième performeuse de tous les temps

      Françoise Mbango est la troisième meilleure performance de tous les temps en triple saut avec un record à 15,39m.

      Une pionnière de l’athlètisme africain

      Elle est la seule athlète d’Afrique centrale et la seule Camerounaise à avoir obtenu plusieurs titres olympiques consécutifs.

      De nombreux records

      La Camerounaise possède le record africain du saut en longueur en extérieur et le record national en salle.

      En triple saut

      • 2x Championne olympique
      • 2x Championne du Monde
      • 2x Vice championne du Monde
      • 1x Vice championne du Monde en salle
      • 1x Coupe du Monde des nations
      • 2x Vice championne du Commonwealth
      • 1x Médaille d’or aux Jeux d’Afrique
      • 2x Championne d’Afrique
      • 1x Vice championne d’Afrique
      • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique
      • 2x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie
      • 2x Podium en finale mondiale
      • 1x Grand prix IAAF

      En saut en longueur

      • 1x Championne d’Afrique
      • 1x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie

      En saut en hauteur

      • Au moins une fois championne du Cameroun

      En relais 4x100m

      • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique

      Médiatiques

      • Officière du Mérite camerounais
      • 1x Athlète mondiale de l’année
      • 1x Personnalité camerounaise de l’année
      • 2x Athlète camerounaise de l’année

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