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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

La sportive Marie Patouillet

Marie Patouillet - Le sport pour porter des valeurs

1988 à aujourd'hui - écrit par Emmy Métrot

Le sport peut servir de vitrine pour porter aux plus hauts des valeurs et des engagements. Et ça, la para-cycliste Marie Patouillet, l’a très bien compris. On la connaît pour son palmarès, oui, mais aussi et surtout pour ses nombreux engagements !

C’est à Versailles que naît Marie Patouillet le 7 août 1988, avec une malformation de la cheville et trois orteils au lieu de cinq au pied. Grande passionnée de sport, elle multiplie les disciplines, jusqu’au jour où on lui annonce qu’elle ne pourra plus courir. Un choc certes, mais un mental de battante qui va la pousser à participer à l’Étape 

du Tour en 2017. C’est en ayant reçu un dossard pour cette cyclosportive, qui reprend le tracé d’une vraie étape du Tour de France, que Marie Patouillet prend le départ. Après un long effort, elle boucle cette épreuve en neuf heures et vingt-trois minutes, alors qu’elle ne faisait pas de vélo. Animée notamment par ces sensations sensations de vitesse qui lui manquaient tant, la médecin comprend que le vélo est peut-être le sport qui lui faut.

Ses débuts

Vivant en région parisienne, la Française cherche à trouver un club étant en capacité de l’accueillir. « Un seul club était capable de m’accueillir », c’était l’US Créteil, véritable pépinière à talents du cyclisme sur piste français. À partir de 2018, elle se spécialise donc dans ce sport, faisant ses premiers tours de vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines. Classée en C5, Marie Patouillet commence la compétition sur piste et sur route. Cette catégorie regroupe les athlètes ayant été amputés ou avec un handicap majeur au niveau des membres inférieurs.

« Elle ne pouvait plus courir, mais elle pouvait pédaler. Ça a été le début de quelque chose »

tels sont les mots de Sophie, sa préparatrice mentale. En rejoignant l’INSEP avec comme coach Grégory Baugé, multiple médaillé olympique, la Française a rapidement gravi les échelons.

Ses premiers podiums

Ses premiers résultats arrivent de suite au vélodrome d’Apeldoorn aux Pays-Bas en 2019. Elle décroche une médaille de bronze sur le 500 m départ arrêté, sur ces championnats du monde. L’année d’après, la pistarde échange le bronze pour de l’argent et ce sur deux épreuves : l’omnium et le 500 m. 

Direction Tokyo

Avec ses résultats, l’équipe de France commence à la diriger peu à peu vers les Jeux Paralympiques de Tokyo. Contrairement à beaucoup d’athlètes, Marie Patouillet vit plutôt bien le report d’un an de ces Jeux, dû à la crise du Covid-19. Médecin remplaçante en parallèle, elle profite de cette année pour faire un choix important : mettre fin à ce travail un temps, pourtant indispensable financièrement, pour se concentrer pleinement sur cette première épreuve paralympique. Elle se dirige vers ces Jeux avec l’envie de « faire ses meilleures performances », sans forcément penser aux médailles. Et pourtant, elle revient avec deux médailles de bronze, mais surtout un constat frappant : aucune Française n’a remporté de titre paralympique !

« Pour moi, s’il n’y a pas de valeurs ni d’engagements derrière, les médailles en elles-mêmes n’ont pas de sens »

c’est sans doute avec ces mots en tête que Marie Patouillet a commencé à se livrer sur son aventure de Tokyo et ses discours sont frappants.

« À un moment, j’évoque l’ambiance sexiste, on me répond alors que si je ne voulais pas d’un sport sexiste, il fallait que je fasse un sport de fille. »

Un acte militant

Comment, en 2021, peut-on entendre des mots pareils ? Et comment des athlètes féminines peuvent-elles arriver à performer dans ces conditions ? Faire bouger les choses, voilà le combat de Marie Patouillet, sur et en dehors de la piste. Un an plus tard, elle arrive sur les championnats du monde qui avaient lieu en France, avec une coupe de cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, ouvrant les débats sur les droits LGBTQIA+.

Après des changements, elle se prépare pour vivre l’expérience des Jeux Paralympiques à la maison, lors de Paris 2024. Mais avant, elle a l’opportunité de gagner la poursuite par équipes des championnats de France, en 2023, et cela en étant entourée de coureuses valides, et ça ce n’est pas tous les jours. C’est une belle image qui permet de mettre en avant le handisport, encore trop souvent laissé de côté.

Les Jeux à domicile

 

Engagée dans la lutte contre le sexisme, pour l’accessibilité du sport aux personnes en situation de handicap et les droits LGBT+, entre autres, Marie Patouillet arrive aux JO de Paris 2024, avec beaucoup de motivation. La triple championne du monde veut vibrer une dernière fois, qu’importent les résultats, vivre des émotions fortes devant son public, avant de raccrocher le vélo. C’est dans le vélodrome olympique de Saint-Quentin-en-Yvelines, que la pistarde va disputer ces dernières courses. 

29 août, finale du 500 m et la voilà vice-championne olympique, première athlète à ramener une médaille dans le clan français. Déjà là, on sait que ces adieux sont réussis, mais on était très loin de s’imaginer l’énorme joie que l’on allait vivre, quelques jours après. Rendez-vous pour la finale de la poursuite, la dernière course sur piste de sa carrière. Duel franco-français, car sa concurrente est tout simplement Heïdi Gaugain. La cycliste s’élance en n’étant absolument pas la favorite, mais gagner une médaille d’argent olympique pour sa dernière course, c’est déjà pas mal… Les deux s’élancent et là, contre toutes attentes, le chrono bascule au vert en faveur de Marie Patouillet. Le vélodrome s’enflamme et l’ambiance s’envole, conscient que l’histoire est en train de s’écrire juste sous leurs yeux. Parce que oui, la pistarde a été sacrée championne paralympique pour la dernière course de sa carrière. Sortir par la très grande porte, c’est ce qu’elle a fait, et de quelle manière ! Course finie et Marie Patouillet se dirige immédiatement vers sa compagne, l’actrice Soraya Garlenq, un baiser dont les images ont fait le tour de la planète et qui montre tellement bien l’engagement fort de la Française.

Aujourd’hui véritable modèle pour la nouvelle génération, elle a su conquérir le cœur du peuple français par son palmarès et surtout par son engagement sans faille.

Une première pour la dernière

En 2024, elle remporte le titre paralympique pour la dernière course de sa carrière en ayant jamais remporté de titres. Ce jour-là, elle devient la première Française à remporter un titre paralympique en cyclisme sur piste.

Pour le camps tricolore

A Tokyo comme à Paris elle est la première athlète à ramener une médaille au clan paralympiques français.

Des résultats très vite

A peine un an après s’être mise au cyclisme sur piste, elle remporte sa première médaille mondiale.

Sur route

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 1x Championne du Monde

Sur piste

  • 1x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 2x Championne du Monde
  • 5x Vice championne du Monde
  • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 2x Championne de France
  • 2x Vice championne de France
  • 1x Médaille de bronze au championnat de France

Médiatiques

  • Chevalière de l’ordre national du Mérite
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur
  • 1x Personnalité sportive par le magazine Têtu

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Amandinha – La surdouée du ballon rond

La sportive Amandinha

Amandinha - La surdouée du ballon rond

1994 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

Amandihna est reconnue par le public et ses pairs comme la meilleure joueuse de l’histoire de futsal. Alors, aujourd’hui on vous raconte son parcours.

Née en 1994, Amandinha grandit dans le Complexe du Ceara au Brésil, où elle découvre très tôt pour le sport : tennis de table, football, volley-ball et futsal. Cette passion dévorante s’explique notamment par son environnement familial :

“J’ai toujours accompagné mon père et mon oncle, qui étaient joueurs. Chaque fois qu’ils allaient jouer avec leurs amis, que ce soit sur le terrain ou sur le court, où qu’ils aillent, je les poursuivais. J’aimais le sport, je jouais, je tapais sur des objets. Partout où je pouvais donner un coup de pied, je donnais un coup de pied.”

Très précoce

À l’âge de 10 ans, Amandinha choisit de se consacrer pleinement au football et au futsal, disciplines reines au Brésil. Sous l’impulsion de son premier entraîneur André, la Brésilienne joue avec les garçons ce qui lui permet de s’améliorer rapidement. Elle impressionne tellement que les garçons de son quartier n’hésitent pas à taquiner leurs camarades en leur rappelant qu’Amandinha jouait mieux qu’eux, comme elle le confie au média Opovo. Vite repérée pour son talent, une équipe féminine locale l’invite à les rejoindre et évidemment la joueuse accepte. Cette opportunité lui ouvre les portes des meilleurs centres de formation de sa région, où elle développe notamment sa capacité à frapper des deux pieds, une arme redoutable en futsal.

Tout quitter

À 15 ans, Amandinha prend une décision cruciale pour sa carrière : quitter sa famille pour s’installer à Santa Catarina. Bien que soutenue par ses proches, la séparation est douloureuse :

« C’était assez difficile de dire au revoir à ma mère et à mon père à l’aéroport. Ma mère est restée une semaine sans manger. Nous avons parlé tous les jours. Mais leur soutien a fait toute la différence. »

Arrivée dans cette nouvelle ville, la joueuse a dû s’adapter à la culture locale et au basse température, découvrant pour la première fois des températures négatives.

Une domination sans égale

Ce choix porte ses fruits puisqu’à 18 ans, elle reçoit sa première convocation en équipe nationale :

« Quand j’ai été appelée, c’était incroyable. Je ne m’y attendais pas, mais c’était la réalisation du rêve de ma vie. »

Pour cette première expérience, Amandinha cherche à apprendre auprès de ses aînées tout en s’amusant. Cette sélection lui permet de monter très rapidement les échelons. En effet, la saison suivante, à seulement 19 ans, elle marque le but décisif lors de la finale du championnat du monde, offrant au Brésil son quatrième titre consécutif. Pourtant, au départ l’équipe ne devait pas participer à cette compétition faute de sponsors. Heureusement, une marque est venues les soutenir peu avant, permettant ainsi à la sélection de financer le voyage. Cette même année, elle remporte pour la première fois le titre de « meilleure joueuse du monde ». Entre 2015 et 2021, Amanda domine sans partage le futsal mondial :

  • Sept titres consécutifs de « meilleure joueuse du monde », établissant un record absolu
  • Trois championnats du monde remportés avec le Brésil
  • Deux Copa Libertadores (l’équivalent sud-américain de la Ligue des Champions)

De nouveaux défis

En 2021, après avoir régné sur le futsal brésilien, Amandinha relève un nouveau défi en rejoignant le Torreblanca Melilla en Espagne, pays de référence dans cette discipline. Une fois de plus, la joueuse s’impose comme une taulière de son équipe, le Torreblanca Melilla, mais doit patienter jusqu’en 2024 pour remporter sa première Coupe de la Reine. En 2025, Amandinha poursuit un objectif ultime : offrir au Brésil sa première Coupe du monde de futsal féminin. Déterminée à réaliser ce rêve d’enfance, elle est prête à affronter les autres grandes nations que sont le Portugal, l’Espagne et l’Argentine notamment.

Reconnaissante de son parcours, Amandinha confie :

« Je rêvais de devenir athlète professionnelle, c’est tout. Je rêvais de remporter les titres les plus importants, de faire partie de l’équipe brésilienne avec les meilleures du monde, et Dieu m’a donné bien plus encore. Je dis toujours la même chose : être un modèle a été un don de Dieu dans ma vie, je ne m’y attendais pas. Je suis très reconnaissante pour toute l’histoire que j’ai construite et pour le fait qu’aujourd’hui, je suis un modèle pour tant de filles qui rêvent de devenir joueuses. »

La GOAT ?

Amandinha qui possède le plus de titres de meilleure joueuse de l’année. Elle a obtenu 8 fois de suite le titre de meilleure joueuse au monde.

Une égérie du sport

Elle est l’une des rares joueuses sponsorisées par une marque de sport. Elle a d’ailleurs sa paire de chaussures signatures chez Joma.

En football en salle

  • 3x Championne du Monde
  • 3x Copa America
  • 1x Coupe internationale
  • 1x Coupe du monde interclub
  • 3x Copa Libertadores
  • 1x Ligue du Brésil
  • 1x Coupe de la Reine
  • 2x Coupe du Brésil
  • 1x Coupe des championnes
  • 1x Open Games de Santa Catarina
  • 1x Taça Brasil
  • 3x Campeonato Catarinense
  • 16x Autre tournoi et compétition

Médiatiques

  • 8x Futsal Award de la meilleure joueuse du monde

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Mira Rai – L’esprit libre des montagnes

La sportive Mira Rai

Mira Rai - L'esprit libre des montagnes

1988 à aujourd'hui - écrit par sarah Chesneau

Son parcours est étroitement lié à la lutte pour l’indépendance des femmes et à de quoi en impressionner plus d’un. Si vous ne connaissez pas Mira Rai, c’est le moment de découvrir son histoire.

Mira Rai naît en 1988 au Népal, dans les contreforts de l’Himalaya. Habituée à parcourir de longues distances avec des sacs de riz de 28 kg et de l’eau sur le dos, elle marchait déjà des kilomètres et des kilomètres dès très jeune. A l’âge de douze ans, elle arrête l’école car cela coûtait trop cher à ses parents. Elle peut ainsi les aider dans les tâches ménagères. Trois ans plus tard, elle rejoint les insurgés maoïstes du Parti communiste en tant qu’enfant soldat pour pouvoir aider sa famille. Ce geste lui permet aussi d’échapper aux traditions népalaises, qui obligent les femmes à se marier et à fonder 

une famille. Bien qu’elle fut engagée par l’armée, elle n’a jamais connu les combats mais profite de l’entraînement militaire pour améliorer sa condition physique. C’est lors de sa formation avec les insurgés qu’elle découvre sa passion pour la course. Mira Rai explique qu’elle a pu « développer ma passion pour le sport et m’entraîner pour le saut en hauteur, le saut en longueur, ainsi que la course ». L’année 2006 marque la fin de ses aventures avec les maoïstes puisque la paix est signée entre les deux armées. N’étant pas majeur, elle ne peut pas s’engager dans l’armée et décide de rentrer chez elle. Cependant, elle est très vite rattrapée par le sexisme ambiant qui règne au Népal.

Direction Katmandou

C’est dans ce contexte que huit ans plus tard, Mira Rai s’envole pour Katmandou, la capitale, bien décidée à vivre librement. La-bas, elle poursuit son entraînement à la course et au karaté. Une opportunité se présente ensuite à elle : repérée par un groupe de soldats alors qu’elle courait dans un parc, elle est invitée à participer à un ultra-marathon de 50 kilomètres. Malgré son désavantage flagrant, chaussures de mauvaise qualité et manque d’eau et de nourriture, elle court du mieux qu’elle peut. Ses efforts sont récompensés lorsqu’elle termine première et remporte la course !

 Ses premières compétitions

Cet événement lui ouvre de nombreuses portes, à commencer par la promesse d’un entraînement de bien meilleure qualité. En effet, l’organisateur de l’événement, Richard Bull , lui propose de l’entraîner. Par la suite, Mira Rai se rend en Italie pour courir lors du trail de 57 kilomètres de la Sella Ronda , qu’elle remporte. C’est le début d’une série de victoires et podiums : elle gagne les 83 km de l’Ultra Trail Degli Eroi et se place troisième lors du Buffalo Stampede en Australie. Seulement dix mois après sa première course, elle se lance dans l’ultra-trail du mont Blanc. Avec ses 80 kilomètres de distance et ses six mille mètres de dénivelés, cette course a de quoi en effrayer plus d’un mais cela n’arrête pas Mira. douze heures et trente trois minutes de course, elle franchit la ligne d’arrivée en tête. Mira Rai brandit fièrement le drapeau népalais et il y a de quoi car sa plus proche concurrente est 22 minutes derrière elle. Ce geste est très important pour elle :

« À l’époque, j’ai permis à mon pays d’être à nouveau fier. »

Se reposer

Malheureusement, elle se blesse au genou un an plus tard, en 2016, ce qui l’oblige à prendre une pause dans sa carrière. Cependant, Mira profite de cette période de convalescence pour promouvoir le parcours de trail à travers le Népal et pour former d’autres jeunes athlètes prometteurs venant de régions rurales. Elle organise également des courses de trail, notamment à Katmandou et à Bhojpur, toujours dans le but de mettre en avant le sport chez les jeunes népalais. Elle reprend et achève sa carrière en 2017. Celle-ci finit en beauté puisqu’elle remporte la Ben Nevis Ultra et par la même occasion, bat le record.

Mira Rai, indéniablement devenue un modèle et une source d’inspiration chez les jeunes népalaises, profite de sa notoriété pour créer le programme Exchange and Empower. Il vise à offrir aux jeunes athlètes féminins une formation sportive et un accès à l’éducation et au travail.

Record d’une course

En 2017, elle remporte la Ben Nevis Ultra et par la même occasion, bat le record.

En ultra-trail

  • 2x Championne d’Asie
  • 1x Médaille d’or aux 80km du Mont-blanc
  • 1x Médaille d’or au Ben Nevis Ultra
  • 1x Médaille d’argent au Hamperokken SkyRace
  • 1x Médaille d’argent au Ultra Pirineu
  • 1x Médaille d’argent au Three Peaks Race
  • 1x Médaille d’argent au Thailand by UTMB – Inthanon
  • 1x Médaille de bronze au Trophée Kima

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Marie Bochet – La reine des neiges

La sportive Marie Bochet

Marie Bochet - La Reine des neiges

1994 à aujourd'hui - écrit par Régis Berthelot

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la skieuse paralympique multi-médaillée Marie Bochet. Extrêmement polyvalente, la Reine des neiges a su briller dans toutes les épreuves de ski des championnats du monde et des Jeux paralympiques. Elle a su selon ses dires « danser sur la neige » et grimper jusqu’au sommet. Son palmarès parle ainsi de lui-même avec 8 titres paralympiques remportés lors des Jeux de 2014 et 2018, en plus d’avoir été sacrée championne du monde à 22 reprises.

Marie Bochet voit le jour en 1994 à Chambéry dans les Alpes françaises. Elle souffre alors d’une agénésie à l’avant-bras gauche, ce qui signifie que son bras ne s’est pas complètement formé lors du développement de l’embryon. Ses parents sont tous deux éleveurs de génisses et producteurs de fromage dans la région. Étant

la benjamine de 4 enfants, Marie a dû jouer des coudes très tôt pour trouver sa place, ce qui a participé à forger son caractère. À l’âge de 5 ans, elle s’essaie pour la première fois au sport roi des Alpes, le ski. Elle se prend alors très vite d’affection pour cette discipline et progresse très vite, si bien qu’elle devient championne de France six ans plus tard.

Sa rivalité

Grâce à ses relations et notamment à son prothésiste qui faisait partie de la Fédération de Handisport, elle se tourne très vite vers ce sport ce qui lui permet de s’épanouir dans le ski en grandissant. Lors de son parcours sportif, une rivalité se crée entre elle et Solène Jambaqué, une autre grande skieuse française. Cette rivalité sera un moteur qui la poussera à se dépasser.

Son premier titre

Ses efforts portent leurs fruits en 2010 où elle est qualifiée pour disputer ses premiers Jeux paralympiques à Vancouver. Des résultats prometteurs mais également frustrants alors qu’elle atteint la quatrième place au slalom et au super combiné. Marie Bochet participe néanmoins aussi aux Championnats du monde de 2011 à Sestrières en Italie où elle remporte son premier titre mondial.

Les Jeux de Sotchi

Trois ans plus tard, lors des Jeux de 2014 à Sotchi, elle remporte cette fois-ci son premier titre paralympique sur l’épreuve de la descente.

« Ma première [médaille], la plus belle, la médaille d’or. »

Pour confirmer qu’il ne s’agit pas d’un coup de chance, elle finit par en remporter trois de plus lors de ces Jeux avec les épreuves du Super G, du super combiné et du slalom géant.

Porte-drapeau

Pour la prochaine édition des Paralympiques en 2018 se déroulant Pyeongchang-sun, Marie Bcohet reçoit l’honneur d’être porte-drapeau de la fédération paralympique française. Elle brille également lors de ces Jeux et réitère l’exploit avec 4 nouveaux titres paralympiques sur les épreuves de descente, Super G, slalom géant et slalom. Dans le même temps, elle est élue membre du Comité international paralympique. Elle rejoint également la commission des athlètes, instance qui travaille à la préparation des Jeux olympiques 2024.

100 victoires

En 2022, alors que cela fait deux ans qu’elle n’avait plus remporté de titre, elle fête sa 100e victoire en Coupe du monde à Steinach am Brenner en Autriche.

« Cette victoire, c’est le passage des 100 mais c’est surtout la confirmation du fait que je suis en forme. […] Cet automne, j’ai retrouvé le plaisir simple de faire du ski. »

Après s’être remise d’une blessure à l’épaule droite, elle participe la même année à ses derniers Jeux paralympiques à Pékin. Marie Bochet ne ressent alors aucune pression. Ayant déjà gagné des titres dans toutes les épreuves, elle souhaite se concentrer sur prendre du plaisir en skiant : 

« J’ai déjà réussi les Jeux ! J’ai déjà gagné les médailles tant attendues ! »

Au cours de ces Jeux, elle obtient l’argent sur l’épreuve du Super G.

Ses engagements

Au sein de la commission des athlètes présidée par Martin Fourcade, elle aide à la préparation des Jeux paralympiques de 2024 en France. Le combat pour la reconnaissance du handisport et la parité homme-femme sont alors des priorités pour Marie.

« Concernant Paris 2024, le plus gros combat est de médiatiser et faire connaître le handisport. Au niveau du sport féminin, il y a déjà une belle volonté du comité d’organisation d’être les premiers Jeux paritaires en termes de participants. Ça semble logique mais c’est une avancée ! »

Marie Bochet est membre du collectif des Champions de la Paix de Peace and Sport. Il s’agit d’un club composé de plus d’un centaine de sportifs de haut niveau qui luttent en faveur du mouvement de la paix par le sport. À partir de 2014, la sportive devient également marraine de l’association « Pour que Lana gravisse sa montagne » qui aide une petite fille atteinte d’une paralysie cérébrale ainsi que d’un syndrome de West.

En plus d’un palmarès exceptionnel, Marie Bochet a beaucoup apporté au ski français. Sa détermination à toute épreuve dès son plus jeune âge et son courage malgré les échecs et les blessures sont un modèle pour les petits et grands qui veulent se mettre à ce sport. De plus, Marie a participé de manière conséquente à faire connaître le handisport, de par ses prouesses autant que par ses engagements.

La plus décorée aux Jeux Paralympiques d’hiver

Marie Bochet est la Française la plus décorée et titrée aux Jeux Paralympiques d’hiver.

Plusieurs Grands Chelems à son actif

La skieuse est la seule sportive française à avoir réalisé plusieurs Grands Chelems (trois) au championnat du Monde.

100 victoire en Coupe du Monde

Elle fait partie des rares handisportives à avoir dépassé la barre des cent victoires en Coupe du Monde.

En ski alpin

  • 8x Championne paralympique
  • 1x Vice championne paralympique
  • 22x Championne du Monde
  • 5x Vice championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 9x Gros globe de cristal
  • 22x Petits globes de cristal
  • 107x Victoire en coupe du Monde
  • 40x Podium en coupe du Monde
  • 35x Victoires en coupe d’Europe
  • 16x Podium en coupe d’Europe

Sportive

  • 1x Laureaus World Sports Award

Médiatiques

  • Officière de l’ordre de la Légion d’Honneur
  • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Cathy Freeman – Courir pour l’égalité

Cathy Freeman

Cathy Freeman - Courir pour l'égalité

1973 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

La sportive que je vais vous présenter aujourd’hui est un exemple de détermination et de persévérance, aussi bien face aux défis sportifs que face aux défis sociaux, laissez moi vous présenter Cathy Freeman.

Cathy Freeman naît en 1973 de parents issus de tribus autochtones australiennes, les Gugu-Yalanji et les Birri-Gubba. Après la séparation du couple, c’est son beau-père qui l’encourage à se lancer dans l’athlétisme à l’âge de 8 ans. Un sport dans lequel elle excelle dès ses débuts puisqu’elle gagne sa première médaille en moins d’un an. Elle réussit dans un premier temps dans les épreuves scolaires avant de briller au niveau régional, puis national.

Discriminée

Elle se rend compte rapidement des obstacles auxquels elle va être confrontée : les préjugés liés à sa couleur de peau. Ainsi, certains organisateurs de compétitions junior refusent de lui donner les médailles ou les coupes qu’elle mérite à cause de son origine ethnique. Très vite, Cathy sait ce qu’elle veut faire de sa vie : elle affirme à 10 ans qu’elle deviendra championne olympique. Pour cela, elle s’entraîne sans relâche et dès ses 14 ans, elle commence à être entraînée professionnellement à l’école internationale de Kooralbyn.

Ses premières victoires

Sa carrière décolle très vite puisque, du haut de ses seize ans, elle est choisie comme membre de l’équipe australienne de relais en 4×100 mètres pour les Jeux du Commonwealth en 1990. Cette compétition est la première à faire rentrer son nom dans l’histoire. En effet, elle devient la première athlète autochtone australienne titrée aux Jeux du Commonwealth. Suite à cet exploit, elle se voit sélectionnée pour représenter l’Australie aux championnats du monde junior, où elle parvient à se qualifier en finale. Elle termine cinquième. Deux ans plus tard, elle retente sa chance dans cette même compétition et décroche cette fois la médaille d’argent : la voila vice championne du monde junior et médaillée d’or à seulement dix-neuf ans ! Cependant, Cathy n’a toujours pas atteint son but. 

Les Jeux Olympiques

Elle tente pour la première fois sa chance aux Jeux Olympiques en 1992, lors de l’édition barcelonaise. Elle n’y reçoit pas de médaille mais qu’à cela ne tienne, elle continue à s’entraîner et retente sa chance quatre ans plus tard, lors des Jeux d’Atlanta. Elle parvient presque à concrétiser son rêve mais termine deuxième, derrière la française Marie-José Perec et repart avec une médaille d’argent. Cathy n’a jamais été aussi près de son but : les Jeux suivants seront les bons ! Et en effet, c’est lors des Jeux de Sydney en 2000 que Cathy Freeman rentre encore plus dans l’histoire, en devenant la première autochtone australienne championne olympique en individuelle. Elle effectue ce 400m légendaire vêtue d’une combinaison futuriste, qui a marqué les esprits de beaucoup. Cathy fête sa victoire en paradant fièrement autour du stade avec à la fois le drapeau australien et le drapeau aborigène. Ce geste symbolise le début de la réconciliation entre les deux communautés australiennes, après plusieurs décennies d’oppression et de marginalisation pour les peuples indigènes. Cathy affirme que : 

« Le drapeau représente toutes les luttes, je crois, et les difficultés que mon peuple a dû affronter. »

Sa fin de carrière

En plus des compétitions internationales, elle brille aux championnats d’Australie en remportant la médaille d’or en 400 mètres quatre années d’affilées : de 1997 à 2000. La championne olympique poursuit ses activités sportives jusqu’en 2003 où elle prend sa retraite après avoir gagné, encore une fois, le relai du 4×400 mètres aux Jeux du Commonwealth.

Direction le militantisme

Cependant, Cathy continue à défendre la cause des autochtones en Australie et notamment dans le sport. En effet, avec la création de la Community Spirit Foundation en 2007, elle permet à de nombreux enfants australiens autochtones un meilleur accès à l’éducation et au sport. Plus récemment, en 2023, elle a signé une lettre ouverte soutenant le vote du oui dans le référendum sur la voie des indigènes (un projet visant à créer un organe consultatif représentant les aborigènes d’Australie auprès du Parlement australien).

Son nom continuera d’inspirer de nombreuses et nombreux enfants indigènes et non indigènes en Australie et dans le monde pendant de longues années.

A jamais la première

Cathy est la première australienne autochtone à devenir médaillée d’or aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux Olympiques.

Une grande rivalité

Tout au long de sa carrière, Cathy Freeman a été la rivale numéro un de la Française Marie-José Pérec. Quand l’une gagnait la seconde terminait avec l’argent en général.

Top 10 des meilleures coureuses du 400m

L’Australienne détient la neuvième meilleure performance de l’histoire sur le 400m, avec son chrono de 48,63 secondes.

En athlètisme

  • 1x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 2x Championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 4x Championne du Commonwealth
  • 1x Vice championne du Commonwealth
  • 12x Championne d’Australie
  • 5x Vice championne d’Australie
  • 2x Médaille de bronze au championnat d’Australie
  • 1x IAAF Grand Prix Final
  • 1x Deuxième de l’IAAF Grand Prix Final

Sportives

  • Hall of Fame du sport australien
  • Hall of Fame du sport du Queensland
  • Ordre olympique
  • Australian Sports Medal

Médiatiques

  • Centenary Medal Medal of the Order of Australia
  • 1x Athlète de l’année par les Laureus Awards
  • 1x Jeune australienne de l’année
  • 1x Australienne de l’année
  • 1x Sportive Australienne de l’année par le Deadly Awards
  • 1x Arthur Ashe Courage Award
  • 1x Q150 Icons

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Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

Yusra Mardini – Partir pour renaitre

Alice Modolo en tenue pour plongée

Yusra Mardini - Partir pour renaitre

1998 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Certaines athlètes sont marquantes par les records qu’elles font tomber, et d’autres restent dans les esprits par leurs accomplissements et leur parcours inspirant. La nageuse syrienne Yusra Mardini fait plutôt partie de la seconde catégorie. Voici son histoire.

En 2015, la vie de Yusra Mardini a basculé lorsque, à seulement 16 ans, elle traversa la mer Égée à la nage pour fuir la Syrie, où la guerre faisait rage depuis 2011. Parmi les facteurs ayant fait prendre sa décision à Mardini, une bombe a pulvérisé la piscine dans laquelle elle s’entraînait.

Traverser la mer

Les conditions de la traversée vers l’Allemagne, où Yusra, sa sœur Sarah, et plusieurs de leurs compatriotes cherchent à trouver refuge, furent très difficiles, à l’image de nombreuses histoires de réfugiés. Étant les seules à savoir nager, les sœurs Mardini et deux autres réfugiés durent notamment plonger par-dessus le bord du bateau qui leur faisait rejoindre l’Allemagne depuis la Turquie, le moteur défectueux de l’embarcation menaçant de la faire chavirer, pour pousser le canot vers la rive. Après trois longues heures d’efforts, les vingt réfugiés purent accoster sur l’île grecque de Lesbos et ainsi survivre à cette épreuve. Preuve de son état d’esprit, l’adolescente racontera ensuite :

“Je pensais que ce serait une vraie honte si je me noyais dans la mer, parce que je suis une nageuse”.

Reprendre sa vie

Une fois arrivée en Allemagne, Yusra Mardini reprit ses entraînements de natation, car pour elle le sport était la seule chose qui la faisait se sentir chez elle dans ce nouveau pays. Soutenue par son coach Sven Spannekrebs, elle réussit à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio 2016 et Tokyo 2020, au sein de l’équipe olympique des réfugiés, créée en 2016 pour permettre aux athlètes qui, en raison de leur statut, ne peuvent pas appartenir à une équipe nationale et donc ne peuvent pas concourir aux Jeux. À Rio, Yusra Mardini est donc une des dix athlètes retenus dans cette équipe, parmi des sud-Soudanais, des Congolais et un Éthiopien, sur 43 candidatures.

Elle y réussit même à remporter la manche d’ouverture du 100m papillon, et ce deux ans seulement après avoir fui la Syrie. Avant d’entrer en lice, elle avait déclaré :

“Je veux rendre tous les réfugiés fiers de moi. Cela montrerait que, même si nous avons un voyage difficile, nous pouvons accomplir quelque chose […] Je veux montrer à tout le monde que c’est difficile d’atteindre ses rêves, mais que ce n’est pas impossible […] Si je peux le faire, n’importe quel athlète peut le faire”.

Fin de carrière

Impactée par les blessures à répétition, Yusra Mardini décida, après une dernière compétition en juin 2022, de mettre fin à sa carrière pour s’adonner pleinement à son activité philanthropique, et à un nouveau rôle de symbole d’espoir.

Raconter son histoire

Yusra Mardini a ainsi lancé la Yusra Mardini Foundation, qui vise à améliorer l’accès des réfugiées au sport et à l’éducation :

« Le sport et l’éducation m’ont amené ici – je suis éternellement reconnaissant pour cela. »

Elle collabore ainsi notamment avec la Haute Commission des Nations Unies pour les Réfugiés, dont elle est l’ambassadrice depuis 2017. Elle réalise également des activités de mannequinat (Casablanca, Hugo Boss), et a écrit un livre sur sa vie, “Butterfy”, qui a permis de faire connaître au grand publique son histoire exceptionnelle et inspirante. Le livre a été adapté sur Netflix par Sally El Hosaini sous le titre “Les nageuses”, Yusra Mardini ayant été impliquée dans sa production. Dans tout son travail, Mardini ressent aujourd’hui à quel point représenter des millions de réfugiés autour du monde est pour elle une responsabilité qui lui incombe. Elle souhaite avant tout donner une image de quelqu’un ayant réussi à dépasser les épreuves que la vie lui a placées sur son chemin :

“Je suis représentée comme la réfugiée syrienne qui est venue, a traversé, est presque morte pendant son voyage et est ensuite allée aux Jeux olympiques ? C’est tout ? Je me dis : ‘Non’”.

Preuve du fort retentissement du récit de son parcours et de l’importance de son nouveau challenge, Forbes la classe parmi les 100 personnes les plus inspirantes en 2023, aux côtés de sa sœur Sarah.

Record national

Depuis 2012, Yusra Mardini possède le record syrien du 400 mètres nage libre avec un chrono de 4 minutes et 56 secondes.

Nager pendant la guerre

En 2015, la nageuse a vu un obus percer le toit de son lieu d’entraînement. Par chance, celui-ci a coulé sans exploser.

Une jeunesse ambassadrice

En 2017, elle est nommée ambassadrice de l’UNHCR à seulement 19 ans, faisant d’elle la plus jeune nommée de l’histoire de cette organisation onusienne.

Médiatiques

  • Forbes la classe parmi les 100 personnes les plus inspirantes en 2023, aux côtés de sa sœur Sarah
  • 1x Classée parmi les 30 adolescentes les plus influents par le Time Magazine
  • 1x Bambie* dans la catégorie “Héros silencieux”
  • 1x The Girld Award par l’UNICEF
  • 1x Made of more Award par l’UNICEF

*Prix des médias allemands

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