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Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

Anja Andersen

Anja Andersen - La révolutionnaire du handball

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Il y a des sportives qui marquent leur sport au point de leur offrir une médiatisation nouvelle et de les sortir du conservatisme pour permettre à la discipline de s’émanciper. Anja Andersen est de ces sportives : par son caractère et ses gestes techniques, elle a révolutionné le handball.

Anja Andersen n’est pas une handballeuse comme les autres. Ou du moins, elle ne l’était pas à son époque. Si les gestes techniques sont aujourd’hui partis prenants de la panoplie des joueuses arrières, ce n’était pas forcément le cas à son époque. Ses caractéristiques représentatives sont principalement une créativité hors norme

et une agressivité qui se retrouve autant dans son jeu offensif que dans son caractère. Elle a ainsi grandement participé à révolutionner le handball, notamment dans son aspect spectaculaire, par un style envoûtant.

Une enfant marginalisée

Petite déjà, Anja Andersen se sentait marginalisée par la société danoise, plutôt conservatrice. Pour contrer ce sentiment, la jeune fille va alors développer un caractère fort et assumé pour se distinguer. Ce trait de personnalité, elle va complètement l’incorporer à sa pratique du handball, qu’elle découvre très tôt. À l’image de la société, le handball était alors englué dans un certain conservatisme, qui l’empêchait de pleinement s’ouvrir à de nouveaux publics. Andersen va rapidement devenir une de celles qui vont chambouler le petit monde du handball.

Influencée par les Harlem globetrotters

Anja Andersen affirme être influencée dans son style de jeu par le basketball, et particulièrement les Harlem Globetrotters, équipe de freestylers se déplaçant à travers le monde pour offrir aux spectateurs des performances plus proches du show que du simple match. Au-delà de l’équipe adverse, la Danoise prend en compte le public pour choisir quelle stratégie adopter et quel geste technique réalisé. Un choix permis par une capacité technique très au-dessus de la moyenne, capable de réaliser n’importe quelle forme de tir depuis presque tous les recoins de la zone. Elle tente absolument TOUT : tour sur elle-même avant de marquer, tir dans le dos ou entre les jambes, “kung-fu”, tirs en suspensions… et elle marque ! Ajouté à cela des célébrations à la hauteur de ses exploits, et vous comprendrez aisément pourquoi son arrivée dans le monde professionnel du handball en a transformé les codes à jamais.

Une pillière en club et en sélection

Apparaissant sur la scène professionnelle à la fin des années 1980, Anja Andersen se fait surtout un nom au début des années 1990, après son arrivée au sein du club norvégien du Bækkelagets SK. C’est surtout au sein d’une équipe nationale danoise en pleine construction qu’elle va briller. Elle mène notamment sa nation sur la deuxième marche du podium des championnats du monde 1993, pour la première fois depuis 31 ans. Avant de remporter l’or européen en 1994, l’or mondial en 1996, et de monter sur la plus haute marche européenne pour la deuxième fois en 1997.

Le titre olympique

Mais la plus belle réussite de sa carrière s’est, sans aucun doute, déroulée à Atlanta : menées en finale de quatre buts par la Corée du Sud de Lim O-kyeong, les Danoises comblent leur retard et arrachent les prolongations, avant de prendre l’avantage et de ne plus le lâcher. Andersen, autrice de onze réalisations lors de l’ultime match de la compétition, mène les siennes vers l’or olympique, pour la première participation du Danemark aux JO en handball, lançant ainsi sans encore le savoir une dynastie pour les huit années suivantes. Anja est élue très logiquement meilleure handballeuse du monde en 1997, symbole de son emprise sur le jeu et de son importance pour la médiatisation du handball.

Une joueuse impulsive

Si personne ne met en doute son talent et sa capacité à faire se soulever les foules, amenant de nouveaux spectateurs à un sport qui en avait cruellement besoin, c’est son caractère qui a tendance à diviser. L’exemple le plus flagrant étant sa mise en retrait de l’équipe nationale juste avant les JO de 1996 pour mauvais comportement sur et en dehors des terrains, ce qui aurait pu changer l’histoire du handball danois si elle n’avait finalement pas été réintégrée. Anja Andersen est souvent expulsée au cours des matchs pour ses excès comportementaux, voyant fréquemment rouge. Cela ne l’empêche tout de même pas d’évoluer plus de dix ans en équipe nationale, prenant part à quelque 133 matchs pour 725 buts marqués. Les nombres auraient pu être encore plus conséquents si des problèmes cardiaques ne lui avaient pas fait arrêter sa carrière prématurément en 1999, à un an des Jeux.

Le coaching

Mais penser que ce malheur l’empêcherait de continuer à marquer l’histoire du handball, c’est avouer très mal connaître Anja Andersen. Fraîchement retraitée, la Danoise ne tarde pas à trouver de la place sur un banc, pour devenir entraîneuse. Ce changement de cap s’effectue au Danemark, son pays, qui est en pleine ascension ininterrompue dans la hiérarchie internationale du handball. Là encore, elle casse les codes en prônant un style de coaching aux antipodes des traditions danoises : laisser le plus de place possible au dialogue et à la créativité des joueuses. Elle prend les commandes du club de Slagelse en 2000, et ne quittera ses fonctions qu’après avoir remporté trois Ligues des champions en 2004, 2005 et 2007. De nouvelles prestigieuses lignes écrites à la suite d’un palmarès déjà exceptionnel. On peut également évoquer ses expériences de coach auprès de l’équipe nationale serbe ou de l’équipe masculine de Viborg. Andersen quitte le monde du handball en 2015 pour se consacrer à de nouveaux projets.

Par son palmarès comme par son influence et son niveau de jeu, Anja Andersen est aujourd’hui considérée comme une des meilleures joueuses de l’histoire du jeu. C’est pour cette raison qu’elle est logiquement introduite au Hall of Fame de sa discipline, ayant fait partie des plus éminentes ambassadrices d’un sport qui ne demandait qu’une tête de proue un peu fantasque pour s’émanciper de ses carcans traditionnels, modelant le handball à son image.

Première championne olympique

En 1996, le Danemark devient pour la première fois championne olympique. Anja était dans l’équipe.

Faire le show

Anja Andersen adorait faire le show durant ces matchs. L’objectif était de mettre des étoiles dans les yeux des spectateurs. Encore aujourd’hui, des vidéos de ses tirs improbables impressionnent les internautes, inspirant certains dans leur pratique.

En tant que joueuse

  • 1x Championne olympique
  • 1x Championne du Monde
  • 1x Vice championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Vice championne du monde junior
  • 2x Championne d’Europe
  • 2x Coupe d’Europe
  • 1x Ligue norvégienne
  • 3x Championne d’Allemagne
  • 3x Coupe d’Allemagne

En tant que coach

  • 3x Champions League
  • 3x Ligue du Danemark
  • 1x Coupe des vainqueurs de coupe

Sportives

  • Hall of Fame du handball européen (EHF)
  • Hall of Fame du sport danois
  • 1x Meilleure joueuse du Monde
  • 1x Meilleure arrière gauche des Jeux olympiques
  • 1x Meilleure joueuse du Championnat d’Europe

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Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

Marguerite Broquedis – La Déesse avant la Divine

Marguerite Broquedis

Marguerite Broquedis - La Déesse avant La Divine

1893 à 1983 - écrit par Marie fournier

Avant Suzanne Lenglen, il y eut Marguerite Broquedis. Première femme française sacrée championne olympique en 1912, surnommée la « Déesse » par la presse. Cette pionnière du tennis a révolutionné son sport avant de choisir l’anonymat. Retour sur son histoire.

Née en 1893 à Pau, Marguerite Broquedis grandit dans une famille bourgeoise où le sport de raquette est une religion. Son père, Émile, est fabricant de raquettes et maître paumier, autrement dit un entraîneur spécialiste du jeu de paume. En 1904, toute sa famille déménage à Paris dans le 16e arrondissement. Là-bas, son père venait 

d’acquérir une salle de jeu de paume et de tennis. Naturellement avec ses deux frères, Marguerite se met à pratiquer le jeu de paume avant de se tourner avec le lawn-tennis, l’ancêtre de la raquette et de sa balle jaune. Cette rivalité fraternelle forge son jeu : souplesse, vigueur et vision tactique deviennent ses armes. En 1910, la joueuse âgée de 17 ans, prend part à ses premiers tournois qui se déroulent alors dans les beaux quartiers des grandes villes et les lieux prisés de la haute société.

Un style de jeu jamais vu

Très vite, Marguerite se distingue par son style bien particulier. Les spectateurs de l’époque se souviennent de ses matchs au Racing et à l’île de Puteaux, même si elle n’y décroche aucun titre. En 1911, la Française participe au tournoi de Neuilly, où s’affronte les meilleures joueuses du pays. Marguerite arrive en finale face à Mademoiselle Régnier. Elle y remporte le premier set aisément avant de deux perdre les deux suivants. Cette même année, elle se distingue au championnat de France, devenue Rolland Garros, où elle montre tout son talent. En effet, sur cette compétition, la joueuse gagne le titre en double mixte avec André Gobert puis décroche l’argent en simple (s’inclinant 6-2 / 7-5 face à Jeanne Matthey).

Direction les Jeux Olympiques

Son talent n’échappe pas à Pierre de Coubertin lui-même qui, malgré son sexisme notoire, la pousse à participer aux Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm. Pour s’y rendre, la jeune joueuse doit payer son trajet en train, son logement ainsi que sa nourriture une fois arrivée à destination. Elle parvient à réunir les fonds nécessaires. Ainsi entre le 28 juin et le 5 juillet, la Française prend part aux deux tournois à l’extérieur. Marguerite arrive à Stockholm auréolée du titre de championne du monde en simple, remporté quelques jours avant les Jeux. La presse de l’époque salue sa victoire :

« Dans la finale dames, l’amour-propre national a eu quelque baume. Mademoiselle Broquedis a été pour la circonstance la douce infirmière de sa cuisante blessure. Avec une souplesse et une adresse qui emballèrent l’assistance, elle a triomphé de sa rivale, Mademoiselle Rieck. »

Sur le simple, Marguerite prouve qu’elle mérite amplement ce titre puisqu’elle élimine une à une ses adversaires, remontant même un retard en finale face à l’Allemande Dorothea Köring. Sur le double mixte, elle s’associe avec Henry Albert Canet. Le duo perd en demi-finale face à la paire allemande, composée de Köring qui prend alors sa revanche. En petite-finale, les Français·ses rebondissent et battent Magdalene Rieck et Oscar Kreuzer.

Une domination

Revenue au pays, Marguerite Broquedis enchaîne les grands résultats sans difficultés. Elle remporte notamment deux Roland Garros de suite en simple. D’ailleurs en 1914, la joueuse signe une victoire historique en finale face à la future star du tennis, Suzanne Lenglen (il s’agit de sa seule défaite sur ce tournoi). Ajouter à ses victoires, une magnifique deuxième place en double mixte à Wimbledon.

La première guerre mondiale

La Première Guerre mondiale interrompt brutalement les compétitions. Cette période va être extrêmement compliquée pour Marguerite Broquedis. Les combats emportent son frère Louis et ses cousins germains. Son deuxième frère, Eugène, est grièvement blessé et restera paralysé du bras droit à vie.

Retour sur les cours

Ces épreuves, la Française arrive à les surmonter. Elle reprend la compétition en 1920. Après plusieurs années d’absence, Marguerite Broquedis montre qu’elle est toujours au niveau des meilleure. Entre 1920 et 1924, elle prouve qu’elle reste au niveau des meilleures en atteignant six finales de Roland-Garros, dont trois face à Suzanne Lenglen. Si elle s’incline systématiquement face à la « Divine », elle remporte néanmoins le double dame avec Yvonne Bourgeois et le double mixte avec Jean Borotra en 1924. Sur cette période, elle fait une deuxième apparition aux Jeux Olympiques. Celle-ci est moins glorieuse que la première. Elle termine quatrième du double dame avec Yvonne Bourgeois et perd dès son entrée en lice en double mixte face à une paire états-unienne.

Après une dernière victoire en finale du double mixte à Roland-Garros en 1927, elle quitte définitivement les courts en 1930, laissant derrière elle les traces d’une pionnière.

Changer les codes

Au-delà de ses performances sportives, Marguerite Broquedis révolutionne son sport. Elle est l’une des premières à jouer avec une jupe raccourcie, les cheveux courts et sans corset. Lors de sa victoire olympique de 1912, elle ose se présenter sur le podium devant le roi de Suède en jupe-culotte plutôt qu’en robe traditionnelle, un geste choque pour l’époque.

L’après carrière

Une fois sa carrière terminée, la Française s’éloigne du sport et de la sphère médiatique afin de pouvoir s’occuper de sa famille en toute quiétude. En 1976, Valéry Giscard d’Estaing l’invite en tant qu’ancienne médaillé e olympique au palais de l’Elysée. Ce jour-là, le Président de la République la décore de la Légion d’Honneur. Elle décède en 1983 dans un grand anonymat qu’elle avait toujours souhaité comme le précise Le Monde :

« Marguerite Broquedis n’aimait pas les honneurs et se fichait qu’on l’oublie. Le tennis, elle en avait tourné la page. »

Aujourd’hui, grâce notamment à une bande dessinée consacrée à sa vie, le nom de Marguerite Broquedis refait surface et rappelle le poids de cette femme dans l’histoire du tennis français.

Première championne olympique

En 1912, Marguerite Broquedis devient la première Française championne olympique.

La seule à avoir battu La Divine

En 1914, elle est la seule à avoir réussi à battre Suzanne Lenglen à Roland Garros en simple.

En simple

  • 1x Championne olympique
  • 1x Championne du Monde
  • 2x Roland Garros
  • 2x Deuxième de Roland Garros

En double

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
  • 4x Roland Garros
  • 3x Deuxième Roland Garros
  • 1x Deuxième de Wimbledon

Médiatique

  • Légion d’Honneur

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    Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

    Karine Joly – Son terrain de jeu, le ciel

    Karine Joly

    Karine Joly - Son terrain de jeu, le ciel

    1981 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

    Le début de vie de Karine Joly se déroule bien loin des airs. Après une enfance passée dans le bassin lyonnais, elle poursuit des études en design et architecture d’intérieur à la capitale. Pour marquer l’anniversaire de ses 18 ans, ses parents lui offrent un vol en tandem, censé lui faire éprouver de nouvelles sensations. Les parents étaient très loin d’imaginer que Karine Joly prendrait autant son pied, elle qui raconte que ce qu’elle a ressenti était si fort qu’elle a immédiatement souhaité vouloir apprendre à sauter toute seule. Une formation qu’elle a complétée cinq ans plus tard, en 2003. Architecte de yachts à Monaco pendant sept ans, la répétitivité de son quotidien finit par la décider de pleinement se lancer professionnellement dans le parachute, la discipline perdant peu à peu son caractère militaire au profit d’un sport ouvert au plus grand 

    nombre, et passant d’un aspect cascade à un haut niveau de sécurité et de contrôle.

    Comment s’entraîner

    Karine Joly raconte qu’avant de pouvoir envisager de donner quelconque forme à ses sauts dans le vide, il faut tout d’abord habituer son corps à sauter d’un avion en parachute, ce qui est loin d’être une sensation naturelle. Mais une fois cette barrière mentale franchie, la liberté s’offre à elle. D’autant plus que ce sont des heures d’entraînement et de répétition des gestes qui sont nécessaires avant de pouvoir réussir les premiers sauts, pour ne pas être dans l’inconnu. Cela demande une discipline à l’entraînement qui lui a été inculqué par le karaté, sport qu’elle a longuement pratiqué. Karine Joly est fascinée par les sensations “presque irréelles, […] que tu n’es pas censé connaître en tant qu’être humain” qu’elle éprouve après un parachutage. Avec en bonus une vue de la terre et de paysage à couper le souffle qu’offre la hauteur de 4.000 mètres depuis laquelle elle saute.

    Début de carrière

    Commence alors pour Karine Joly un parcours qui se développe étape par étape : d’abord parachutiste chez les jeunes espoirs puis au sein de l’équipe de France de parachutage sportif, avant d’obtenir en 2016 son brevet de moniteur de vol en 3D pour pouvoir réaliser l’intégralité des prestations que rend possible le parachutisme, notamment concernant la réalisation de figures dans les airs à plusieurs. Cela lui a permis de se lancer dans la compétition indoor (en intérieur). Tout cela pour pouvoir finalement se spécialiser dans une discipline bien particulière : le freefly, dans lequel elle se lance pleinement à partir de 2018 aux côtés de son compagnon Greg Crozier, rencontré lors d’un saut d’entraînement à Lyon.

    Qu’est-ce que le freefly ?

    Littéralement traduisible par “vol libre”, le freefly débute à partir du moment où l’on sort de la position traditionnelle pour sauter en parachute. Alors que d’ordinaire les sauteurs se mettent à plat ventre pendant leur chute avant de déployer leur parachute, les adeptes du freefly privilégient plutôt la position assise ou tête en bas, qui constituent les deux principales positions de la discipline, ou encore de biais pour pouvoir mieux se diriger dans les airs. Le but est ainsi de devenir le plus à l’aise possible. On assiste alors à une véritable danse dans le ciel, d’autant plus que des vols synchronisés et des constructions artistiques se mettent en place au-dessus de nos têtes. Le freefly constitue donc une discipline artistique du parachutage sportif.

    Son palmarès

    Karine Joly est avant tout une passionnée avant d’être une compétitrice dans l’âme. Ce qui ne l’a pas empêché de réunir un palmarès bluffant, et de repousser toujours plus loin les limites du freefly. À son actif, la française compte treize records du monde et deux titres mondiaux, entre autres réussites nationales et dans d’autres disciplines aériennes. Le couple Joly-Crozier est sacré mondialement pour la première fois en 2012, à l’occasion de la coupe du monde de freefly, dans une ambiance fair-play et de compétition seine entre adeptes des airs. Le deuxième titre date de 2018, dans un cadre australien absolument magnifique, qui avait donné pour Karine “une dimension encore plus forte à l’évènement”. Karine Joly est alors devenue la troisième femme à remporter la distinction suprême. Pour accéder à ces titres, il fallait d’abord rejoindre la compétition en étant intégré à l’équipe de France, ce qui n’est pas chose aisée, et qui rend la préparation beaucoup plus ardue que la compétition en elle-même. Car en freefly, il faut aussi prendre en compte tous ceux qui vont sauter avec vous.

    Ses records

    Les différents records de Karine Joly prennent formes avec des formations très différentes, par exemple pour un saut à 80 personnes en 2011, ou pour des tentatives avec plus de 200 personnes, ce qui demande une pleine maîtrise de son propre vol, et une attention particulière à ce que tout le monde peut faire autour de soi. Lors de la réalisation d’un record du monde, contrairement aux compétitions, les groupes sont librement constitués, et tous les meilleurs du monde sont conviés à participer. Le couple se fait notamment remarquer du grand public en 2024 à l’occasion de plusieurs sauts réalisés la nuit à travers le monde, qui les faisaient ressembler depuis la terre ferme à des météores déchirants le ciel, passant notamment au-dessus des pyramides de Gizeh ou encore du désert de l’Arizona. Karine Joly et son compagnon ont également chercher de nouvelles sensations en variant les altitudes et les lieux, comme lors d’un saut à 7.000 mètres face à l’Everest. Ce qui leur avait demandé 10 mois de préparation, entre demande d’autorisations et acclimatation. La nécessité d’atterrir sur une plateforme à 4.000 mètres constituait alors aussi une difficulté à résoudre.

    Faire reconnaître sa discipline

    Toutes ces expériences aussi bien exceptionnelles qu’enrichissantes, Karine Joly les a consignées en 2024 dans son autobiographie L’horizon des possibles, motivée par la volonté de rendre le skydiving plus accessible pour le grand public. En plus de ses records et titres internationaux, le couple Joly-Crozier a été honoré de la médaille de la jeunesse et des sports en 2020, et de la distinction de chevalière de l’ordre national du Mérite cette année.

    Karine Joly est aussi, et surtout, une fan de sports, son temps libre se partageant entre musculation, ski, kitesurf et moto. Son mojo favori ? “Les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais”. Une citation qu’elle semble toujours continuer à suivre à la lettre, en restant impliquée dans son sport après avoir pourtant tout gagné, en suivant les évolutions du freefly (entraînements en souffleries, augmentation du nombre de femmes…) et en devenant une des premières coachs d’une discipline qui n’en compte jusqu’ici que très peu.

    Records en pagaille

    En 2025, Karine détient une dizaine de records du Monde. Elle a notamment établi le premier record de nuit en 2024.

    La troisième au monde

    Elle est la troisième femme à remporter le titre mondial dans la catégorie freefly.

    En freefly

    • 1x Championne du monde
    • 4x World Class Champion
    • 1x Vice championne d’Europe
    • 3x Championne de France
    • 6x Coupe de France
    • 16x Médaille d’or internationale
    • 8x Médaille d’argent internationale
    • 6x Médaille de bronze internationale

    En D2W

    • 1x Vice-championne de France
    • 2x Podium en compétition

    Médiatiques

    • Chevalière de l’Ordre National du Mérite
    • Médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif
    • Médaille de la Ville de Nice
    • Ambassadrice du sport du département des Alpes-Maritimes

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      Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

      Marie Dorin-Habert – Du sang froid dans ses veines

      Marie Dorin-Habert

      Marie Dorin-Habert - Du sang froid dans ses veines

      1986 à aujourd'hui - écrit par marie fournier et Rodolphe Quilici

      Son parcours est une leçon de ténacité, de passion et dépassement de soi. Elle incarne la force d’une sportive capable de concilier une carrière à haut niveau, la maternité et l’engagement environnemental. Découvrez l’histoire de Marie Dorin-Habert !

      Née le 19 juin 1986 à Lyon, elle grandit au cœur des montagnes du Vercors. C’est dans ce décor qu’elle découvre à 13 ans le ski de fond, sa première passion. Très vite, l’adolescente se lance dans la compétition, montant de temps sur les podiums de courses locales. L’année 2000 marque un tournant décisif dans sa carrière.

      En intégrant le comité du Dauphiné, Marie s’initie pour la première fois au biathlon. Bourrue de travail, et aidée par sa pratique du ski nordique, Marie Dorin-Habert progresse très vite. En quelques mois d’entraînement, la biathlète maîtrise déjà son rythme cardiaque et sa concentration lors des tirs, des qualités essentielles qui lui permettront d’intégrer l’Équipe de France junior dès 2003.

      Une ascension fulgurante

      En 2004, Marie Dorin-Habert brille pour la première fois sur la scène internationale en décrochant l’or mondial en relai chez les jeunes, un titre qu’elle conservera l’année suivante. Plus les années filent, plus la biathlète brille sur le circuit junior. Sa montée en puissance sur le circuit junior est remarquable, si bien que l’équipe de France décide de l’aligner pour sa première course en Coupe du Monde élite lors de la saison 2007-2008. Cette expérience la forge physiquement et mentalement. La saison suivante, la Française monte en niveau au point d’intégrer son premier top 10 avant de monter sur le podium sur l’avant dernière course. Cette année 2009 signe également sa première médaille de bronze avec l’équipe de France aux mondiaux lors du relai.

      Premiers podiums olympiques

      La saison 2009-2010 représente un moment charnière dans la carrière de Marie Dorin-Habert, entièrement axée sur sa préparation olympique. Ce choix stratégique s’avère payant ! Le 13 février 2010, aux Jeux Olympiques de Vancouver, la Française réalise un parcours sans faute au tir et remporte le bronze olympique sur le sprint.

      « J’avais senti que j’avais progressé durant la saison de préparation et mon podium de l’année précédente à Khanthy-Mansiysk m’avait ouvert une porte. Mais j’ai tout de même bénéficié de meilleures conditions sur le sprint de cette olympiade et j’ai réussi à sortir en plus la course parfaite ce jour-là. D’où le bon résultat ! »

      Quelques jours après ce podium, Marie Dorin-Habert contribue à la deuxième place de la délégation française en relai. Cette année charnière pose les fondations d’un avenir prometteur dans l’élite mondiale.

      Descendre pour remonter

      Cependant, le début saison 2010-2011 s’avère bien plus délicate pour la biathlète, qui doit attendre février pour retrouver son adresse au tir et le chemin du podium. Ce renouveau arrive au moment parfait, à quelques semaines des championnats du monde où elle monte sur le podium à deux reprises. Cette renaissance se confirme en 2012 ! Elle réalise neuf performances dans le Top 10 en 2012 avant les Championnats du monde. Lors des mondiaux, elle termine neuvième du sprint puis de la poursuite, et manque le podium sur l’individuel à seulement trois secondes. Elle remporte néanmoins une médaille d’argent en relais féminin et conclut cette saison au pied du podium du classement général de la Coupe du Monde.

      Une grave blessure

      Fin novembre 2013, c’est le drame pour Marie Dorin-Habert. Elle subit une grave entorse à la cheville gauche, avec rupture totale du ligament. Cette blessure survient au pire moment, à quelques mois des Jeux olympiques de Sotchi, et la contraint à un arrêt prolongé. L’incertitude plane sur sa capacité à revenir à temps. Son mental est mis à rude épreuve, mais elle entame une rééducation exigeante, animée par l’envie de retrouver son meilleur niveau. Miracle : la biathlète revient sur les pistes deux semaines avant les Jeux Olympiques. Évidemment, elle ne peut pas performer à son niveau habituel, terminant au mieux sixième en relais et se voit même contrainte d’abandonner le relai féminin.

      « Je n’attendais pas de résultats sur les courses. De plus, j’étais enceinte de ma première fille et j’ai passé les 15 jours au lit à dormir ! Mais c’était tout de même une belle expérience. »

      Retour au sommet

      En janvier 2015, après sa pause maternité, elle revient progressivement à la compétition. Ce repos forcé à permis Marie Dorin-Habert de se récupérer de la fatigue accumulée. Résultat : la biathlète surprend tout le monde aux championnats du monde en décrochant ses deux premiers titres mondiaux individuels, auxquels s’ajoute une médaille d’argent en relais. Ce renouveau se confirme puisque la saison 2015-2016, elle atteint son apogée. Sur la coupe du Monde, elle remporte trois courses et réalise de nombreux podiums. Au final, elle termine deuxième du classement général, de l’individuel, du sprint et de la mass start, ainsi qu’à la troisième place de la poursuite.

      « J’étais en forme physiquement et lorsque je mettais les balles, je savais que je pouvais jouer la victoire. Le sprint des Championnats du monde d’Oslo est probablement ma plus belle réussite. C’était un combat avant tout contre moi-même car je savais pouvoir remporter une médaille et j’ai réussi la course parfaite. Ça m’a libérée pour la suite des Championnats, où j’ai réalisé de très belles performances. »

      Ultime saison

      Marie annonce que 2018 sera sa dernière saison, avec les Jeux de PyeongChang en point d’orgue. Fidèle à sa maîtrise, elle y décroche l’or en relais mixte puis le bronze en relais féminin, devenant ainsi la biathlète française la plus décorée de l’histoire olympique. Elle dira de ce titre olympique à Interview sport :

      « Je crois que cette médaille m’a marquée car j’ai eu beaucoup de difficultés cette saison-là et même me sélectionner sur cette course a été un long combat ! J’étais donc soulagée et très émue car je savais que j’arrêtais ma carrière à ce moment-là. »

      En mars, à Oslo, elle conclut sa carrière par une victoire en poursuite, un adieu magnifique au public.

      Diplômée en biologie et écologie, Marie Dorin-Habert décide de s’investir entièrement dans la protection de l’environnement après sa carrière sportive. Elle a notamment créé un hôtel sportif éco-responsable dans le Vercors, appelé « Ze Camp« , témoignant de son engagement pour un tourisme durable. En parallèle, elle travaille dans l’éducation à l’environnement au sein de différentes structures.

      Marie Dorin-Habert prouve que les champions peuvent avoir plusieurs vies, et que l’excellence sportive peut être le tremplin vers d’autres formes d’engagement tout aussi enrichissantes pour la société.

      Record de médailles

      En 2018, Marie Dorin-Habert devient la biathlète française la plus décorée des Jeux Olympiques avec ses cinq médailles.

       

      En biathlon

      • 1x Championne olympique
      • 1x Vice championne olympique
      • 2x Médaille de bronze aux Jeux Olympiques
      • 5x Championne du Monde
      • 8x Vice championne du Monde
      • 4x Médaille de bronze aux mondiaux
      • 1x Deuxième du Globe de Cristal
      • 3x Deuxième du Globe de Cristal du sprint, de la mass start et en individuel
      • 2x Troisième du Globe de Cristal de la poursuite
      • 15x Victoire de Coupe du Monde
      • 49x Podiums en Coupe du Monde

      Sportive

      • 1x Médaille Homenkollen suite à sa victoire lors du festival de ski d’Holmenkollen

      Médiatiques

      • Officière de l’Ordre National du Mérite
      • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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      Françoise Mbango – La Grand-Mère du triple saut africain

      Françoise Mbango

      Françoise Mbango - La grand-mère du triple saut africain

      1976 à aujourd'hui - écrit par marie fournier

      Pionnière incontestée du triple saut africain, Françoise Mbango a dû, dès ses débuts, surmonter les carences de sa fédération pour imposer son talent sur la scène mondiale. Découvrez son histoire !

      Née en 1976 à Yaoundé, Françoise Mbango fait ses premiers pas en athlétisme au collège Sainte‑Thérèse de Bertoua. Bonne sprinteuse, elle décide de se consacrer très rapidement aux épreuves du saut en hauteur, en longueur et le triple saut. Rapidement, l’athlète domine les compétitions scolaires. En 1990, Françoise fait la rencontre de l’entraineur de la Société nationale des Électricités du Cameroun. 

      Sous l’œil attentif de son nouveau coach, elle affine sa technique de saut.

      Ses premières compétitions internationales

      En quelques années, sa progression est fulgurante puisqu’elle remporte le titre national en saut hauteur au début des années 90. En 1995, l’athlète participe à sa toute première compétition sous les couleurs du Cameroun lors des du championnat d’Afrique centrale. Pour sa première, Françoise repart avec la médaille de bronze au triple saut, le premier d’une grande série. L’année suivante, la Camerounaise prend part aux championnats d’Afrique et repart de nouveau avec le bronze. Ses premières expériences la forgent mentalement.

      Ces premiers Jeux Olympiques

      1998 signes l’année de son éclosion au niveau mondial. En effet, cette saison-ci, elle remporte notamment l’argent aux Jeux du Commonwealth au triple saut, une discipline pourtant dominée par les Européennes à l’époque. Cette explosion se poursuit en 1999, lorsque Françoise Mbango réalise un bond de 14,70m pour remporter les Jeux Africains. Cette victoire lui offre alors sa qualification pour les Jeux Olympiques de Sydney. En 2000, la Camerounaise apparaît dans une épreuve où elle ne concourt que rarement le 4x100m lors des championnats d’Afrique. L’athlète contribue au bronze. Cette même année, Françoise va se tester pour la première fois avec les meilleures mondiales lors des JO. Pour cette première, elle se qualifie en finale terminant enfin de compte à une belle dixième place.

      L’explosion

      Après les Jeux Olympiques de Sydney, Françoise Mbango explose aux yeux du public. En 2001, elle termine à la deuxième place lors des mondiaux, derrière sa future rivale Tatyana Lebedeva. L’année suivante, elle confirme en gagnant tout simplement la Coupe du Monde des Nations et réalisant une marque à 14,95m aux championnats d’Afrique, battant le record continental. Sa montée en puissante continue.

      Gagner sans coach

      En 2004, l’athlète doit s’encadrer elle-même n’ayant plus d’entraîneur :

      « Je n’ai aucun encadrement, à part ma petite sœur, 22 ans, qui s’entraîne avec moi. Aujourd’hui, je m’entraîne encore avec le programme d’il y a cinq ans de mon ancien entraîneur russe : Monsieur Victor [Kouzine]. »

      Avant les Jeux Olympiques, la Camerounaise décide de se raser le crâne pour faire une dédicace à sa maman atteinte d’un cancer.

      À Athènes, elle réalise un bond historique de 15,30 m (troisième performance mondiale de tous les temps), ajoutant cinq sauts au delà des 15 m en une seule finale, et s’adjuge l’or. Ce jour-là, elle devient tout simplement la première Camerounaise à remporter un sacre olympique (homme compris). Après cette victoire historique, Françoise Mbango déclare :

      « J’éprouve un grand bonheur non seulement pour moi mais aussi pour le Cameroun et même l’ensemble du continent africain. J’espère que cette médaille fera en sorte que, dans mon pays et en Afrique, on comprenne que les sports individuels peuvent unir le monde dans un stade, peuvent donner une belle image d’un pays. »

      Un conflit avec le Président

      De retour des Jeux Olympiques, le Président lui promet de lui offrir 84 millions franc CFA pour qu’elle puisse préparer la prochaine édition et continuer à s’entraîner à l’INSEP. Or cet argent, l’athlète n’en verra jamais la couleur. Françoise Mbango doit continuer tout de même à s’entraîner mais en situation très précaire :

      « Je me suis retrouvée en France en train d’escalader les murs de l’INSEP pour pourvoir travailler […] Je me suis retrouvée en France en train de voler le métro parce que je n’avais pas d’argent pour le payer. »

      L’athlète ne revient plus sur les grandes compétitions avant 2008 dû à des conflits avec sa fédération et à la naissance de fils en 2006. Pour son retour, elle signe un saut à 14,50m lors d’un concours à Yaoundé. Normalement qualifiée pour les Jeux Olympiques, Françoise Mbango se voit refuser d’y participer par sa fédération puisqu’elle n’a pas voulu participer aux Jeux Africain de 2007. Heureusement, la Camerounaise remporte les championnats d’Afrique et le CIO l’autorise donc à concourir malgré sa suspension par sa fédération. Aux Jeux Olympiques, Françoise marque l’histoire en battant son record avec un bond de 15,39 mètres synonyme de victoire :

      « Je suis très contente d’avoir réalisé ça. Je savais que je pouvais le faire. J’ai pris tout mon temps pour le faire. J’ai considéré cette compétition comme une mission (…) Il y a quatre ans que j’ai été envoyée en mission par le président de la République, Paul Biya, qui m’a cité en exemple à la jeunesse. »

      C’est seulement après cette victoire que l’athlète reçoit l’argent qui lui était promis.

      Rejoindre l’équipe de France

      Après les Jeux Olympiques de Pékin, Françoise Mbango commence les démarches pour être naturalisée française à la suite de plusieurs mésententes avec la fédération camerounaise. A partir de 2010, l’athlète concourt sous les couleurs de la France. Deux ans plus tard, elle participe à sa dernière grande compétition lors des championnats d’Europe. Lors de cet événement, Françoise termine huitième et loupe la qualification olympique. Elle décide alors d’arrêter la compétition à haut niveau pour se consacrer à de nouveaux projets toujours liés au sport. C’est ainsi qu’en 2020, Françoise ouvre sa propre académie de sport à Yaoundé dans l’objectif d’aider les jeunes athlètes à se professionnaliser.

      Aujourd’hui, elle est plus qu’une championne pour les Camerounais. Françoise Mbango est devenue leur symbole, une source inspiration qui les pousse à toujours croire en eux et leur rêve.

      Troisième performeuse de tous les temps

      Françoise Mbango est la troisième meilleure performance de tous les temps en triple saut avec un record à 15,39m.

      Une pionnière de l’athlètisme africain

      Elle est la seule athlète d’Afrique centrale et la seule Camerounaise à avoir obtenu plusieurs titres olympiques consécutifs.

      De nombreux records

      La Camerounaise possède le record africain du saut en longueur en extérieur et le record national en salle.

      En triple saut

      • 2x Championne olympique
      • 2x Championne du Monde
      • 2x Vice championne du Monde
      • 1x Vice championne du Monde en salle
      • 1x Coupe du Monde des nations
      • 2x Vice championne du Commonwealth
      • 1x Médaille d’or aux Jeux d’Afrique
      • 2x Championne d’Afrique
      • 1x Vice championne d’Afrique
      • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique
      • 2x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie
      • 2x Podium en finale mondiale
      • 1x Grand prix IAAF

      En saut en longueur

      • 1x Championne d’Afrique
      • 1x Médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie

      En saut en hauteur

      • Au moins une fois championne du Cameroun

      En relais 4x100m

      • 1x Médaille de bronze aux championnats d’Afrique

      Médiatiques

      • Officière du Mérite camerounais
      • 1x Athlète mondiale de l’année
      • 1x Personnalité camerounaise de l’année
      • 2x Athlète camerounaise de l’année

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      Paola Fantato – La Meastra du tir

      Paola Fantato

      Paola Fantato - La Meastra du tir

      1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

      Paola Fantato est une de ses athlètes qui, en plus de performer, permet à tous de rêver de pouvoir réaliser l’impossible. Elle laisse à ses successeurs un immense héritage : la frontière entre sport olympique et paralympique n’est pas si infranchissable.

      Paola Fantato est une archère italienne née le 13 septembre 1959. Oui, c’est bien une archère, et non une para-archère, bien qu’elle ait été médaillée à huit reprises aux Jeux paralympiques, dont cinq breloques d’or. Son handicap, elle le doit à une poliomyélite qui l’a forcé à se déplacer en fauteuil roulant dans les rues de Zevio, sa ville natale, dès ses jeunes années. Mais, face à cela, ses parents ont tout fait pour lui faire sentir qu’elle était comme tout le monde, que son handicap ne faisait pas d’elle

      quelqu’un d’anormal. Pour Paola Fantato, c’est l’attitude de sa famille envers elle qui lui a permis d’autant s’accomplir. Et les personnes qui la moquaient pour son handicap l’ont aidé, toujours selon elle, a façonné son caractère : sûre d’elle et déterminée.

      Une tireuse talentueuse

      C’est à l’âge adulte qu’elle commence à pratiquer le tir à l’arc en compétition, en ayant rencontré cette discipline par hasard, “comme cela arrive souvent avec l’amour de votre vie” dit-elle par rapport à ce qui va devenir son sport de cœur. Au départ, c’était surtout pour apprendre à se forger une carapace mentale, à résister à la tension et à la panique, et à contrôler son corps à la perfection. Mais très vite, c’est devenu bien plus. Notamment de par le fait que Paola affrontait ainsi, à l’entraînement, des valides. Elle participe à ses premiers paralympiques en 1988, à 29 ans, pour la première année où l’Italie qualifiait une équipe dans la discipline. Une compétition qui débute par une cinquième place pour l’équipe d’Italie, mais par une médaille de bronze en individuelle pour Paola Fantato. C’est le début d’une moisson pour l’Italienne, qui remportera une médaille d’or en individuel ou en par équipe à chaque édition de 1992 à 2004, avec le doublé par équipe et individuel en 2000 à Sydney.

      Les Jeux Olympiques

      Paola Fantato est donc une championne paralympique accomplie, mais également une athlète olympique. En effet, Fantato a participé aux Jeux Olympiques d’été d’Atlanta en 1996. D’abord au sein de l’équipe italienne, finissant à la 9e place de l’épreuve par équipes. Puis en individuel, terminant à la 54e place. Le plus impressionnant avec cette performance résidant peut-être dans le fait qu’elle ait, la même année au même endroit, remporté la médaille d’or par équipes et la médaille de bronze sur l’épreuve individuelle. Le tir à l’arc est une des rares disciplines olympiques à permettre une telle opportunité pour les athlètes paralympiques. Avant Paola Fantato, une archère néo-zélandaise, Neroli Fairhall, avait déjà réussi une telle performance, sans toutefois le même palmarès que l’Italienne. Paola Fantato raconte ensuite sur cette expérience :

      “Quand j’étais devant la cible, il n’y avait plus de handicap”.

      Hors des terrains

      Son parcours ne l’a pas seulement amenée sur les stands de tir. Travaillant chez Volkswagen de 1978 à sa retraite en 2010 pour vivre, elle a beaucoup contribué au sport paralympique italien à côté. Prenant sa retraite internationale pour se consacrer à sa famille, elle ne quitte pas totalement le monde du sport en étant élue dès 2001 au Conseil National du Comité Paralympique Italien (CIP).

      Tout cela fait d’elle une “légende”, sans en galvauder une once de sens. Ses performances ont aussi bien fait rayonner le handisport que le sport italien dans sa globalité, si bien qu’elle a été récompensée en 2015 par l’apposition de son nom sur une des tuiles du Walk of Fame du sport italien, inauguré dans le parc olympique du Firi Italico à Rome. Elle figure parmi les 100 premiers noms. Elle a également reçu des mains du président Ciampi l’Ordre de Commandeur de la République italienne. Paola Fantato a réussi une véritable performance qui l’a fait entrer dans l’histoire du sport, et dans la mémoire de tous, au-delà de la simple distinction entre olympique et paralympique. Un exemple pour tous les jeunes, handicapés ou non.

      Une archère handisportive aux JO

      Paola Fantato est la deuxième para-archère à participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques la même année.

      Une première pour Italie

      Elle est la première handisportive italienne à participer aux Jeux Olympiques.

      De nombreux records

      Durant sa carrière, l’Italienne a multiplié les records du monde en individuel. D’ailleurs, elle l’archère en fauteuil ayant eu le meilleur résultat en équipe aux JO.

      En tir à l’arc

      • 5x Championne paralympique
      • 1x Vice championne paralympique
      • 2x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
      • 6x Championne du Monde
      • 3x Vice championne du monde
      • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
      • 2x Championne d’Europe
      • 2x Médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens

      Sportives

      • Walk of Fame du sport italien
      • Collier d’or du CONI
      • 2x Diplôme d’honneur, champion paralympique
      • 1x Italian Paralympic Award

      Médiatique

      • Commandeur Ordre du Mérite de la République italienne

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