Les goitschel – Un duo de soeurs légendaire

"Christine

"Christine

"1944/45

Lorsque l’on se penche sur les sœurs ayant marqué l’histoire du sport, il est impossible de passer à côté des sœurs Goitschel. Dans les années 60, Christine et Marielle dominent les pistes au plus haut niveau pendant une décennie. En 1964, ces pionnières des JO d’hiver sont à l’origine d’un exploit historique : un double doublé or et argent lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck.

Mais comment en sont-elles arrivées là ?

Le ski, une affaire de famille

Christine et Marielle sont nées à Sainte-Maxime dans le Var en 1944 et 1945 d’un père français né à Genève et d’une mère native d’Épinal dans les Vosges. Elles ont également deux frères aînés, Claude et Jacques, ainsi qu’une petite sœur Patricia qui sera également championne de ski. D’ailleurs, leur neveu Philippe se démarquera plus tard de son côté dans le ski de vitesse.

Les sœurs prodiges grandissent dans une famille relativement modeste, Marielle récupère régulièrement les affaires de sa grande sœur lorsqu’ils deviennent trop petits pour elle. Leur père les initie très vite au ski en coupant leurs premiers skis dans du bois. Marielle se souvient alors parfaitement découvrir ce sport à 3 ans et ne jamais décrocher. Lorsqu’on lui offre ses premiers vrais skis, elle les portera pendant 8 jours entiers même dans le lit. Il n’est donc pas étonnant que les sœurs Goitschel pratiquent très tôt le ski en club.

L’aînée montre la voie

« On parle d’ailleurs beaucoup de Marielle car c’est elle qui obtient le plus gros palmarès, […]. On parle en revanche un peu moins de sa sœur aînée, Christine, présentée comme plus réservée, mais elle aussi championne et vice-championne olympique. »

Marion Philippe, historienne du sport à l’université Gustave Eiffel

D’un peu plus d’un an l’aîné de Marielle, Christine rejoint rapidement l’équipe de France de ski. Elle s’illustre une première fois aux Championnats de France de ski alpin en 1962 en gagnant l’épreuve de slalom. L’année suivante, elle réitère l’exploit en gagnant cette fois-ci le slalom géant, avant de gagner de nouveau l’épreuve de slalom en 1964.

Lors des fameux Jeux d’Innsbruck de 1964, elle gagnera la médaille d’or au slalom devant sa sœur, puis la médaille d’argent au slalom géant laissant cette fois la première place à Marielle.

En 1968, elle décide de mettre fin à sa carrière. Deux ans auparavant, elle se marie avec son l’entraîneur Jean Béranger avec qui elle créera dans les années 70 la station de Val-Thorens. C’est d’ailleurs au sein de celle-ci qu’elle sera élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur le 2 février 2014 en compagnie de sa sœur.

La cadette entre dans la légende

Bien qu’elle soit la cadette, Marielle rattrape rapidement sa sœur. Son talent est rapidement repéré par son instituteur et son curé au primaire et remporte sa première compétition à l’âge de 5 ans. Elle arbore alors déjà une détermination sans borne :

« À 7 ans, j’écrivais déjà sur des papiers que je serais championne du monde. »

Marielle rejoint l’équipe de France en 1960 à seulement 14 ans et gagne sa première coupe du monde FIS A aux Gets la même année. À l’âge de 16 ans, elle est alors la plus jeune athlète à gagner l’épreuve du combiné lors des Championnats du Monde de 1962 à Chamonix. Elle obtiendra également l’argent en slalom.

Lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck en 1964, outre l’exploit en slalom et slalom géant avec sa sœur, elle remporte l’épreuve du combiné.

Aux championnats du monde de 1966 à Portillo au Chili, elle est au sommet de son art avec deux médailles d’or remportées au slalom géant et au combiné, ainsi que deux médailles d’argent en slalom et en descente. La médaille d’argent en descente se transformera d’ailleurs en or 30 ans plus tard lorsque le vainqueur de l’épreuve, Erik Schnigger, avouera son intersexuation.

Enfin, aux Jeux Olympiques de Grenoble de 1968, elle gagnera la médaille d’or en slalom et l’argent au combiné.

Elle arrêtera sa carrière en 1968 en même temps que sa sœur car les compétitions commencent à l’ennuyer et elle souhaite passer à autre chose. Elle détient alors deux titres olympiques et sept titres de championne du monde.

Les Jeux Olympiques voient double

Revenons maintenant sur l’événement marquant de leurs carrières lors des Jeux Olympiques d’Innsbruck en 1968.

Lors de l’épreuve de slalom, Christine remporte la médaille d’or, tandis que sa sœur remporte la médaille d’argent. Cet exploit est en soi déjà historique, car c’est la première fois que deux sœurs font un doublé lors des JO. Christine et Marielle se souviennent des 50 000 personnes qui les applaudissent à l’unisson.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais Marielle, bien qu’heureuse pour sa sœur, ne veut partir sans l’or. Deux jours plus tard, l’impensable se produit. Cette fois-ci c’est au tour de Marielle de remporter l’or au slalom géant, alors que sa sœur se contente de l’argent à égalité avec l’Américaine Jean Saubert.

Cette fois, il s’agit d’un véritable exploit légendaire qui fait la une des journaux du monde entier. Tout le monde s’intéresse aux sœurs françaises qui ont réalisé l’impossible. Les sœurs célèbrent alors en circulant en voiture dans la ville autrichienne. Cet exploit inédit et qui a de fortes chances de le rester sera salué par le Général de Gaulle, que Marielle porte dans son cœur, félicitant lui-même les sœurs Goitschel :

« Sachez, mesdemoiselles que tout le monde est fier de vos victoires. »

Un duo historique

Les Françaises sont les toutes premières soeurs de l’histoire à remporter un titre olympique sur une même édition (hivernale).

Marielle, le plus beau palmarès du ski français

Avec ses deux titres olympiques et ses septs médailles d’or aux Mondaiux, elle est l’une des skieuses françaises les plus décorées du l’histoire.

Marielle et Florence Arthaud

La skieuse et la navigatrice sont les deux seuls sportives à avoir obtenu à deux reprises le Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports.

Marielle

  • 2x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 7x Championne du Monde
  • 2x Vice championne du Monde
  • 3x Gros globe de cristal
  • 1x Deuxième du gros globe de cristal
  • 7x Victoire en manche de Coupe du Monde
  • 9x Podiums en Coupe du Monde
  • 5x Championne de France

Christine

  • 1x Championne olympique
  • 1x Vice championne olympique
  • 1x Victoire en manche de Coupe du Monde
  • 3x Championne de France

Marielle

  • 1x Champion des Champions français par L’Equipe
  • 2x Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports
  • 2x Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l’Académie des sports

Christine

  • Officière de la Légion d’Honneur
  • 1x Skieur d’or
  • 1x Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l’Académie des sports

Découvrez d'autres sportives

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d'argent à Rio 2016, la Brésilienne...

Maartje Paumen

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l'une des meilleures joueuses de...

Michèle Mouton

"Michèle

"Michèle

"Ecrit

“Dans la vie, tu dois toujours être ouverte à de nouvelles choses. Cela signifie que pour moi tout est possible, il n’y a pas de limites”.

Cette phrase prononcée par Michèle Mouton dans le cadre du documentaire Queen of Speed sur sa carrière résume très bien la mentalité de la championne française. Elle ne considère rien comme impossible, même s’imposer dans un sport sur-dominé par les hommes.

L’AMOUR DE LA VITESSE ET LES DÉBUTS EN COMPÉTITION

Sa première expérience au volant d’une voiture, Michèle Mouton la connait chez elle, à Grasse, dans le sud de la France, alors qu’elle rentre discrètement dans le véhicule de son 

dans le véhicule de son père. Alerté par le bruit du moteur qui démarre, son père pour empêcher l’enfant de faire une bêtise. Pleine d’énergie, Michèle grandit, obtient son permis, et commence à tester les possibilités de vitesse que lui offre la voiture. Cette vitesse, Michèle l’adore, comme ce sentiment de danger qui en découle, trouvant de la beauté dans le fait qu’une simple erreur puisse avoir de graves conséquences. Si bien que lorsqu’un ami lui propose d’être copilote à ses côtés lors d’une course à Monte Carlo, elle ne met pas beaucoup de temps avant d’accepter.

“Pour moi, une voiture était le moyen d’être libre et de faire ce que je voulais” dit-elle.

À 22 ans, elle découvre donc la course automobile en compétition. En voyant les performances de Michèle, son père, lui aussi passionné d’automobile, décide de lui acheter une voiture. Il lui demande juste de promettre que si cela ne marche pas, alors elle arrêtera.

Très vite, Michèle Mouton se passionne de la compétition. Et ce malgré le fait que le monde automobile soit gouverné par les hommes, des pilotes aux copilotes en passant par les techniciens et les organisateurs. Si les femmes n’y sont pas interdites, jamais une pilote féminine n’a réussi à s’imposer. D’autant plus qu’aucun homme, du propre aveu des coureurs de l’époque, ne souhaite être le premier à perdre contre une femme. Sauf que quand elle joue, Michèle Mouton n’a qu’un seul objectif : gagner. Et le sport automobile, avec la voile et l’équitation, est un des rares sports où hommes et femmes peuvent prendre place sur la ligne de départ en situation de chances équitables. Petit à petit, elle prend de l’expérience dans des rallyes mineurs. Elle participe pour la première fois à une manche de la coupe du monde de rallye en Corse, en 1975. Obligée de mixer du café et du coca pour affronter la fatigue, elle réussit à terminer à la 7e place. Un score plus qu’honorable pour une pilote n’ayant commencé à prendre part aux grandes courses de rallye que l’année précédente. Une performance tellement incroyable que les hommes ayant terminé derrière elle la traite de menteuse, et portent plainte devant la FIA, la fédération international. Une enquête est ouverte, sa voiture est fouillée de fond en comble, et le verdict tombe : son véhicule est parfaitement conforme. Michèle Mouton n’est pas une tricheuse, mais une athlète très précoce et dotée de qualités folles.

Les sponsors, à l’instar de Elf, commencent à s’intéresser à elle, et ce ne sont pas les seuls. Des constructeurs commencent à imaginer Michèle Mouton monter dans leur voiture. FIAT est le premier à lui proposer un bon contrat en 1978, mais la voiture est très difficile à conduire. Michèle Mouton est à la peine, mais cette expérience va lui permettre d’apprendre à faire ce qu’elle recherche le plus : aller plus vite. Dans le même temps, la Française commence à se voir comme une professionnelle. Alors qu’elle aimait fumer, boire et faire la fête, elle décide dans le but de s’améliorer d’arrêter la cigarette et la boisson, à l’exception du champagne, symbole des victoires.

PILOTE AUDI QUATTRO ET LES CHAMPIONNATS DU MONDE DE RALLYE

Alors qu’elle commence à trouver son rythme, Michèle reçoit un appel téléphonique inattendu. Audi n’est alors pas la marque de voiture la plus populaire, et encore moins en France. Mais le constructeur allemand a senti le filon que représente le rallye, et décide d’y investir. Audi présente à Michèle leur projet, qui tourne autour d’un modèle révolutionnaire à quatre roues motrices : la Audi Quattro. Comme tête d’affiche, le constructeur a déjà réussi à convaincre Hannu Mikkola, considéré comme un des meilleurs pilotes de rallye au monde. Mais posséder une écurie féminine pourrait également améliorer leur image de marque. Tout en sachant cela, Michèle Mouton n’hésite pas longtemps avant de répondre un grand oui. Rejoindre Audi, c’est s’assurer une place en championnat du monde de rallye. Pour créer une équipe 100% féminine, il manque une copilote. Michèle jette son dévolu sur l’italienne Fabrizia Pons, et les premiers tests de début de saison 1981 lui donne raison.

Les championnats du monde de rallye 1981 sont composées de 12 manches, découpées elles-mêmes en plusieurs étapes se déroulant sur plusieurs jours. Cette première saison chez Audi est censé permettre à Michèle de découvrir sa nouvelle voiture, ce qu’elle adore. Pour elle, réussir à gagner de la vitesse avec ce genre de véhicule, c’est comme dompté un animal sauvage. Un fauve qui va prouver sa puissance à San Remo. Michèle et Fabrizia sont bien parties, et opposées à Ari Vatanen, qui a affirmé au média que s’il perdait contre des femmes il arrêterait sa carrière. Avant la dernière des trois étapes de cette manche, Michèle n’arrive pas à dormir. Pour la première fois, elle a toutes les cartes en main pour s’offrir une première victoire sur le circuit international. Tout ce qu’elle a à faire, c’est maintenir son avance de 30 secondes sur Vatanen. Cette opportunité, Michèle Mouton ne va pas la laisser s’échapper. Michèle et Fabrizia exultent sur la ligne d’arrivée : elles sont les premières femmes à remporter une étape des championnats du monde. Rapidement, elle devient la coqueluche des médias, encouragée par Audi à participer à toutes les interviews pour vendre le plus de voitures possibles. Mais elle n’est pas fan de toute cette attention médiatique.

Ce qui est loin de la perturber à l’aube de la saison suivante. Malgré un accident dès la première journée à Monte Carlo, Michèle Mouton se lance bien dans les championnats du monde de rallye 1982. Son principal rival s’incarne en la personne de Walter Röhrl, le favori de la compétition. Arrive le rallye du Portugal. C’est une épreuve très spéciale, car sur la première étape le public est très proche des voitures. Trop proche même, obligeant les pilotes à multiplier les prouesses pour ne blesser personne. Une erreur d’inattention peut coûter des dizaines de vies. Michèle Mouton s’en sort très bien, et mène la course du début à la fin. Fabrizia et elle remportent leur deuxième manche sur le circuit. Cela leur permet surtout de talonner au classement général Röhrl. La menace que représente la Française pour l’Allemand se concrétise au rallye de l’Acropole, à Athènes. Röhrl essai de la déstabiliser devant les médias en disant que même un singe irait plus vite avec son Audi Quattro. Loin d’être décontenancée, Michèle Mouton remporte sa deuxième manche de la saison. Cinq mois plus tard, c’est le rallye du Brésil qu’elle remporte haut la main. Avec ces trois victoires, Michèle et Fabrizia se sont offertes le droit de penser au titre suprême au moment de prendre le départ du Bandama, le rallye de Côte d’Ivoire.

Mais ce rêve est mis à l’épreuve par une déflagration. Le matin même de la course, Michèle Mouton apprend le décès de son père. Dévastée, elle pense quitter la compétition, avant que sa mère ne lui demande de continuer, en hommage à son père. À part Fabrizia, personne de son équipe est au courant du drame qu’elle a subi. Elle fait tout pour se mobiliser, se savant à une victoire d’un exploit monumental. Elle mène même la course pendant une grande partie de l’épreuve, accumulant une heure d’avance sur Röhrl. Mais le sort s’abat sur elle. Alors que sa voiture rencontre un problème technique, les mécaniciens se trompent dans leur réparation, faisant perdre à l’écurie féminine un temps plus que précieux. Röhrl commence à revenir. Plus que jamais en danger au classement général, Michèle tente le tout pour le tout et accélère autant qu’elle le peut. Mais avec toute cette vitesse, une petite erreur peut se transformer en drame. La voiture se renverse, Michèle et Fabrizia sont seines et sauves, mais la victoire leur échappe définitivement. La même journée, Röhrl est sacré champion du monde de rallye 1982. Il n’en reste que Michèle Mouton est la première femme à finir à la deuxième place du classement général du championnat du monde de rallye.

LE PLUS BEAU PALMARÈS DU SPORT AUTOMOBILE FÉMININ INTERNATIONAL

La saison suivante, Michèle Mouton est moins performante. Il faut dire que renouveler son exploit monumental aurait été de l’ordre de l’irréel. Mikkola, l’autre pilote Audi, est sacré champion du monde. Pour assoir son hégémonie, Audi décide de confier une Quattro a un autre champion : Walter Röhrl. Michèle Mouton ne se sent plus réellement soutenue, n’étant pas retenue pour le rallye de Monte Carlo pour la première fois de sa carrière.

Michèle ne baisse pas pour autant les bras. C’est aux États-Unis qu’elle va étoffer son palmarès, en remportant à deux occasions, en 1984 et 1985, le mythique Pikes Peak. Une course très spéciale, marquée par le machisme de ses supporters. Déjà qu’ils n’ont pas vu beaucoup d’Européens sur leur circuit, les Américains sont encore plus sidérés qu’une femme ose essayer de remporter le titre. Mais Michèle est au-dessus. Elle est toujours la seule femme à avoir remporté la Pikes Peak, comme elle reste la seule femme à avoir remporté une étape de championnat du monde de rallye.

UNE FEMME TOUJOURS INVESTIE DANS SON SPORT APRÈS LA RETRAITE

Michèle Mouton quitte Audi en 1985, et prend sa retraite l’année suivante pour se consacrer à sa vie personnelle. Pour autant, elle ne met pas fin à sa volonté de promouvoir le rallye et le sport automobile auprès des femmes.

“Quelque part dans mon esprit, j’aimerais voir une autre femme réussir en rallye comme je l’ai fait”.

Pour continuer à inspirer des générations de jeunes femmes fans de sports motorisées, Michèle Mouton est devenue présidente de la commission féminine de la FIA. Elle est entrée au Rally Hall of Fame et a été faite chevalière de la Légion d’honneur. C’est toujours, plus de 30 ans plus tard, la femme la plus victorieuse en sport automobile. Elle travaille encore en tant que chargée de la sécurité sur les étapes de rallye sur le circuit international.
Aujourd’hui, Michèle Mouton ne nourrit aucun regret, et est très heureuse de la vie qu’elle a. Elle cite elle-même Oscar Wilde :

“Il faut toujours viser la lune, parce que même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles”.

Une pionnière

Michèle est la toute première femme à remporter une manche de championnat du monde de rallye et à monter sur le podium.

Pikes Peak

Elle est la première et seule pilote féminine à remporter cette course mythique.

En rallye

  • 1x Vice-championne du monde
  • 4x Victoire en championnat du monde
  • 2x Championne d’Europe féminine
  • 1x Vice-championne d’Europe
  • 4x Victoire en championnat d’Europe
  • 2x Coupe d’Europe féminine des rallyes
  • 2x Championne de France
  • 3x Championne de France féminine
  • 2x Vice-championne de France
  • 2x Victoire en championnat de France
  • 1x Championnat d’Allemagne
  • 6x Victoire en championnat d’Allemagne
  • 2x Pikes Peak
  • 4x Rallye Monte-Carlo
  • 1x Victoire aux 24h du Mans en catégorie 1 601 à 2 000 cm3
  • 1x Trophée Andros féminin
  • 4x Tour de France automobile
  • 1x RAC Rally 

Sportives

  • Rally Hall of Fame
  • Pikes Peak Hall of Fame
  • 1x Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports
  • 1x Prix Roland Peugeot de l’Académie des sports

Médiatiques 

  • Chevalière de la Légion d’honneur
  • 1x Autosport’s International Rally Driver Annual Award 

Marinette Pichon : La pionnière qui a fait tomber les murs

Le talent brut se mesure parfois aux statistiques, mais la légende, elle, se forge dans l’adversité comme l'exprime si justement Marinette : "Moi, si j'avais écouté les autres, je n'aurais jamais rien fait. Il m'est arrivé d'avoir les deux genoux à terre, mais je me...

Nantenin Keïta

Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, Nantenin Keïta est une légende qui a su marquer les générations. Tout le monde se rappele de son titre à Rio, pourtant la Française a remporté bien plus de médailles tout en étant une femme extrêmement...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux

Laetitia Roux - L’alliance entre l’amour des sensations fortes et de l’environnement

1985 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Véritable reine de la montagne tout au long de sa carrière en ski alpinisme, Laetitia Roux a gardé ce lien privilégié avec l’environnement, en luttant pour sa préservation. Nous vous proposons de la découvrir à travers cet article, et son interview complète que vous retrouverez au terme de ces quelques lignes.

Laetitia Roux est une des plus grandes championnes du sport français, ne serait-ce que sur la base des titres remportés : 17 mondiaux, 9 européens, 25 nationaux et huit Coupes du monde. Sa discipline : le ski alpinisme.

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Sa découverte du sport

Le ski, elle l’a presque dans les gênes. Résidente des Hautes-Alpes, elle chausse des skis depuis sa plus tendre enfance, dès l’âge de deux ans, ayant appris à glisser auprès de son père. Elle découvre avec ce dernier le ski de randonnée, qui lui provoque un coup de foudre quasi instantané. Ce qui ne l’empêche pas d’être une véritable touche-à-tout des disciplines sportives, principalement en endurance mais aussi en ski alpin, sport qui l’introduit à la compétition. Après deux années au niveau professionnel, elle s’en détourne finalement, se sentant bien plus à l’aise en ski alpinisme, qui prône l’endurance et l’affrontement aux paysages dans toute leur diversité.

Qu’est-ce que le ski alpinisme ?

Cette discipline, qui est en quelque sorte la version compétitive du ski de randonnée, consiste à remonter les pentes grâce à des peaux de phoque ou du synthétique sous les skis, avant de redescendre le plus vite possible. Également passionnée par les sports d’endurance, comme le vélo, c’est tout naturellement que sa carrière s’est orientée vers ce sport.

Les courses emblématiques

Les grandes courses s’effectuent en duo, par équipe. On dénote également plusieurs différentes épreuves au sein du ski alpinisme, comme le relai et le sprint, qui demandent des qualités et offrent des expériences très différentes et variées. Parmi les grandes coéquipières de Laetitia Roux, on peut citer l’espagnole Mireia Miro ou encore la suissesse Séverine Pont-Combe. Avec elles, Laetitia a remporté les courses les plus prestigieuses du ski alpinisme, parmi lesquelles la Pierra Menta et la Patrouille des Glaciers, des courses longues qui comptent parmi les meilleurs moments de sa carrière. Certaines étapes de ces courses peuvent atteindre les 4.000m de dénivelés positifs sur 30 à 50km, alternant montée et descente.

Une amoureuse de la nature

Elle se décrit elle-même comme une amoureuse de la montagne et du vivant. Certes l’aspect compétition prend le pas, mais les parcours amènent surtout les athlètes à se challenger en pleine montagne, à grimper les plus baux sommets au milieu des arbres. Son environnement, ce sont les grands espaces sauvages. Et n’ayant pas peur de se faire mal et de passer des heures à l’entraînement, elle s’est donnée les armes pour réussir dans la discipline. Et la réussite, elle va la connaître.

Quand on voit tout cela, on comprend son attachement aux sports outdoors à sensations fortes, tels que le VTT ou le parapente. Ce fut d’ailleurs difficile pour elle de mettre de côté toutes ces autres expériences pour se concentrer uniquement sur sa carrière. Elle a d’abord essayé de pratiquer certaines disciplines en début de carrière, ou de s’y consacrer lors des pauses estivales, avant de se rendre à l’évidence qu’il fallait les mettre entre parenthèse. L’ardente volonté de grimper à nouveau en VTT ou de fendre les airs en parapente l’ont conforté dans sa décision de prendre sa retraite internationale en 2017, permettant de rendre la transition moins douloureuse.

Le ski alpinisme aux Jeux Olympiques

Le ski alpinisme va faire son entrée aux Jeux Olympiques à l’occasion de l’édition 2026 de Milan, avec Bormio comme cadre. Ayant pris sa retraite, Laetitia Roux n’y prendra pas part. Mais elle n’a pas pour autant complètement couper les liens avec son sport. Elle alterne entre le commentaire à la télévision, l’entraînement de nouveaux athlètes, et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. C’est dans ce cadre qu’elle mène depuis plusieurs années le projet Be the change en collaboration avec l’association Water Family, en réalisant plusieurs documentaires pour retrouver le contact avec le vivant après les années Covid, et informer le monde sur l’importance de la nature. Notamment deux films, “Précipitations : l’eau de là-haut” et “Les arbres, gardiens de la vie” qui sont devenus de véritables matériels pédagogiques disponibles sur son site internet.

Son engagement se dirige également envers toutes les femmes :

“Ce n’est pas parce qu’on nait femme qu’on n’a pas notre place […] j’ai envie de dire à toutes les femmes de vivre vos rêves”.

Laetitia Roux aura donc réussi à profiter de l’espace que le sport lui a apporté pour mettre en avant les causes qui lui sont chères.

Interview de Laeticia Roux

Découvrez nos autres interviews

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d'argent à Rio 2016, la Brésilienne...

Maartje Paumen

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l'une des meilleures joueuses de...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Louise guillet

Louise Guillet

Louise Guillet - Capitaine de l'EDF de water-polo à Paris 2024

1986 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Vous vous apprêtez à découvrir le parcours d’une sportive qui est l’un des plus beaux du water-polo féminin français : plongez dans l’histoire de Louise Guillet.

Louise Guillet naît en 1986 à Limoge. Son aventure avec le water-polo débute tout à fait par hasard : pratiquant déjà le basket et le tennis, rien ne la destinait à ce sport. 

Cependant, à l’âge de onze ans, elle arrête le basket, car elle ne peut plus jouer en équipe mixte, ainsi que le tennis. Elle veut donc retrouver une autre activité sportive. Le père d’un de ses coéquipiers lui propose alors de venir nager à la piscine. Cela lui plaît tellement qu’elle se rend dès lors quotidiennement à la piscine ! Si ce sport n’est qu’un loisir au début, elle ne sait alors pas qu’il est possible de se professionnaliser, elle se rend compte au fur et à mesure que des portes s’ouvrent à elle, notamment à l’étranger. Louise poursuit donc son entraînement à Bordeaux. A 16 ans, elle reçoit ses premiers contacts pour partir à l’étranger. Elle décide cependant de passer son bac en France avant d’intégrer, en 2003 l’équipe nationale.

Partir en Espagne

Un an plus tard, à dix-huit ans, elle se professionnalise pour partir à l’étranger durant sept ans, devenant ainsi la première joueuse française de water-polo à jouer à l’étranger. Elle joue deux saisons à Barcelone, où elle rencontre Samantha Miquel qui devient par la suite l’une de ses meilleures amies. Elle enchaîne ensuite trois saisons en Grèce se rend finalement à Naples, où elle reste le temps d’une saison. Elle continue ses études à l’étranger puisqu’elle passe un BTS diététique en Espagne et obtient son diplôme d’entraîneur.

De retour en France

Dès son retour en France, elle enchaîne les victoires. En 2013, elle remporte la coupe de la Ligue et est sacrée vice-championne de France avec Lille UC Metropole Water-polo. Elle étudie également en parallèle, décrochant son master 2 en gouvernance du sport. Louise traverse une période difficile en 2021 à cause d’une blessure à l’épaule l’empêchant de jouer durant quatre mois, et ce, peu de temps avant les championnats d’Europe. Avec l’aide d’un kiné, elle parvient à surmonter cette mauvaise passe.

Elle garde de très bons souvenirs de ses vingt années à pratiquer le water-polo, notamment grâce aux nombreuses amitiés qui se sont forgées grâce au sport. L’amour de Louise Guillet pour le Water-polo lui vient en partie de sa nature « bagarreuse ». Néanmoins, elle retient surtout l’expérience de jouer en équipe, ce qui rend pour elle ce sport si spécial.

Avec l’équipe de France

Durant toute sa carrière, elle a participé à pas moins de six championnats d’Europe, sept mondiaux ainsi que six World League. Elle cumule également pas moins de 280 sélections en équipe de France. Parmi ces nombreuses compétitions, une lui reste particulièrement en tête : la World League qui s’est déroulée en Russie. En plus d’être couronnée meilleure buteuse mondiale, elle décrit une ambiance d’équipe phénoménale et des moments de partage très forts, dans et en dehors de l’eau.

Les Jeux Olympiques à domicile

Il ne faut pas non plus oublier sa présence aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, son rêve ultime depuis qu’elle a commencé le water-polo. Cette fois, c’est en tant que capitaine de l’équipe de France qu’elle se rend à la seule compétition qu’il manquait à son palmarès. Si ce rôle ne change que très peu de chose dans sa manière de jouer, Louise Guillet prend son rôle de protection des plus jeunes joueuses de l’équipe à cœur. Cette nouvelle casquette est également une porte ouverte à certains événements, comme le dîner avec le Président de la République.

Possible de vivre que de son sport ?

Bien qu’elle soit professionnelle, elle gagne donc un salaire, Louise Guillet affirme qu’il est impossible pour les joueuses de water-polo de vivre correctement et sur le long terme de leur sport. Elle précise également que de nombreuses de ses coéquipières durant les Jeux Olympiques suivaient une formation à côté ou bien avait un autre travail.

Aujourd’hui, Louise s’est retirée définitivement de la scène sportive pour se consacrer entièrement à la gestion de son entreprise. En effet, après trois ans d’étude dans le domaine de la peinture à alterner entre les entraînements, les études et l’entreprise, elle prend la suite de l’entreprise familiale.

Interview de Louise Guillet

Découvrez nos autres interviews

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d'argent à Rio 2016, la Brésilienne...

Maartje Paumen

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l'une des meilleures joueuses de...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Bérénice Tabourel

Bérénice Tabourel en train de porter un tronc d'arbre

Bérénice Tabourel - Pionnière du parcours ninja et de l'OCR

1997 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Avec un tel palmarès, il est difficile de la louper et vous l’avez sûrement vu à la télévision, lors de l’émission « Ninja Warrior », mais connaissez-vous réellement Bérénice Tabourel ?

Bérénice Tabourel naît en 1997 en Normandie. Dès l’âge de cinq ans, elle s’inscrit à la gymnastique et pratique ce sport jusqu’à ses vingt ans. En effet, son entrée dans la gendarmerie en tant que sous-officier l’oblige à arrêter mais, très vite, cela lui manque. Elle découvre par hasard le parcours ninja en 2019, alors qu’une amie la pousse à essayer une salle spécialisée dans ce domaine.

Qu’est-ce que le parcours ninja ?

Le parcours ninja consiste en une course d’obstacles, qui peuvent être très variés puisque les organisateurs n’ont pas de restrictions quant à leur création, hormis leur nombre. Les concurrent·es découvrent le parcours le jour même et le but est de la terminer en un temps le plus restreint possible, sans tomber.

Son premier abonnement

En se rendant compte que ce sport parvient à lui offrir la même adrénaline et la même dimension acrobatique que la gym, Bérénice décide de prendre un abonnement d’un mois dans cette salle. Les propriétaires remarquent son talent et lui proposent de devenir coach. Elle n’hésite pas longtemps pour accepter l’offre et met en pause son activité de gendarme. C’est le début d’une grande aventure qui commence !

Ses premières compétitions

Ses premières compétitions sont des succès puisque après seulement une année de pratique, elle se qualifie pour les championnats du monde. Dans le même temps, elle crée la première section de haut niveau de parcours ninja en France, appelée section performance. Après le Covid, elle se rend une nouvelle fois aux championnats du monde, mais cette fois-ci c’est en tant que coach et non en tant qu’athlète. Elle accompagne ainsi une dizaine de jeunes de moins de dix-huit ans, qu’elle a formés. En 2022, Bérénice se lance dans une nouvelle discipline, nommée la course à obstacles. Elle participe par la suite aux championnats européens et mondiaux.

Quelles sont les différences avec la parcours ninja ?

La principale différence est que ces courses se déroulent en extérieur. Elles se déclinent en trois catégories : le 100 mètre, où les obstacles sont tout le temps identiques et dans le même ordre, le 3 kilomètres, le 12 kilomètres et le 15 kilomètres.

Sa participation à Ninja Warrior

Bérénice a également participé à deux tournages de l’émission télévisée « Ninja Warrior ». Elle en garde principalement de mauvais souvenirs à cause de ses deux chutes, et donc défaites, au bout de seulement une poignée d’obstacles. Sa mauvaise gestion du stress et la trop grande pression due à son statut de favorite lui ont fait perdre ses moyens. Mais comme elle le dit si bien :

« C’est quand on échoue qu’on apprend ».

Alors oui, cela peut paraître un peu naïf mais c’est vrai ! De fait, depuis cette mauvaise expérience, elle se fait accompagner par une préparatrice mentale pour apprendre à aborder le stress et l’échec.

Son premier podium international

Ce renouveau lui réussit puisque en 2022, elle participe aux championnats du monde de parcours ninja chez les adultes, c’est-à-dire la catégorie en dessous des professionnels, et parvient à décrocher la médaille de bronze. Cet événement réussit à lui redonner confiance en elle, retrouvant l’amour qu’elle portait à ce sport au tout début de sa carrière.

Recordwoman

A ce jour, Bérénice Tabourel continue de battre des records. En effet, sur l’année 2024, elle se place vingt-quatrième en élite mondiale de parcours ninja : c’est la première fois qu’une française est aussi bien placée ! Ces dernières années, elle a aussi figuré deux fois dans le top dix en 100m sur les courses OCR et est arrivée quatrième aux championnats du monde sur l’épreuve du 3km, tout cela après s’être remise d’une blessure à l’épaule !

Pour ce qui est des prochaines compétitions, nous l’attendons avec impatience aux championnats d’Europe d’OCR en juin et septembre 2025.

Interview de Bérénice Tabourel

Découvrez nos autres interviews

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d'argent à Rio 2016, la Brésilienne...

Maartje Paumen

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l'une des meilleures joueuses de...


Warning: Trying to access array offset on false in /htdocs/blog.les-sportives-de-legende.fr/wp-content/themes/Divi/epanel/custom_functions.php on line 629
Laetitia Roux

Hadda Guerchouche

Hadda Guerchouche au bord de la piscine

Hadda Guerchouche - Allier sport et thérapie

1965 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Allier sport et thérapie, c’est le chemin que Hadda, ex-Paralympienne, a décidé d’emprunter, laissez-moi vous raconter comment.

Dès son enfance, Hadda Guerchouce est une enfant très en colère avec une immense quantité d’énergie. Elle est atteinte par la poliomyélite, une maladie infectieuse qui peut entraîner une paralysie des membres inférieurs. Elle est placée dès l’âge de deux ans en institution (établissement spécialisé), elle y reste durant dix-sept ans. Cette situation, elle le vit très mal, en grande partie à cause du manque d’attaches familiales. La découverte de la natation à 13 ans lui a permis, pour la première fois, de se sentir libre et surtout sans handicap. Son moyen de s’évader trouvé, Hadda ne le lâche pas d’une semelle. Elle poursuit consciencieusement ses entraînements.

Les entraînements

Cependant, ce n’est qu’une fois sortie des institutions et après quelques emplois assez peu payés, que sa carrière sportive ne débute réellement. En effet, elle est repérée par le CREPS de Dinard en tant qu’éducatrice sportive, spécialisée dans le handisport. Elle y passe son Brevet d’Etat d’Educateur Sportif. Hadda devient alors spécialiste de

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Les Jeux Paralympiques

Cette opportunité lui a permis de bénéficier d’un meilleur entraînement, l’emmenant vers les compétitions de haut niveau : les championnats d’Europe (qu’elle remporte en 1995) puis les Jeux Paralympiques. Elle participe à deux reprises aux Jeux, Barcelone 92 et Atlanta 96, où elle décroche respectivement l’argent et le bronze.

L’édition espagnole restera gravée dans sa mémoire comme la meilleure pour elle. Ceci est dû en partie au fait que pour la première fois, les Paralympiques étaient organisés sur les mêmes lieux que les JO. Ainsi, Hada Guerchouche a pu utiliser les infrastructures habituellement dédiées aux Olympiens et qui étaient, à l’époque, bien mieux équipées que celles des Paralympiens. Le rôle du public a aussi été déterminant. Les places d’accès aux compétitions étaient gratuites et le public a rapidement jouer le jeu, devenant un soutien lors des épreuves.

Reconversion

Après ces événements, Hadda Guerchouche décide d’arrêter les compétitions à haut niveau à cause du stresse et de l’angoisse, beaucoup trop présents à son goût. En 2010, elle crée sa propre structure de coaching sportif. Ce service lui permet de se rendre compte que « [son] handicap n’était plus un adversaire mais un partenaire ». Elle se lance alors dans la formation d’un cabinet thérapeutique, où elle utilise le sport comme moyen de gestion des émotions.

Aujourd’hui, Hadda Guerchouche travaille principalement en milieu carcéral. Ses activités permettent aux détenus de ressentir la même sensation de liberté qu’elle avait perçue lors de ses premiers pas en natation. A travers le sport, elle aide ces derniers à supporter le quotidien :

« L’idée c’est de les aider à porter leur attention sur ce qu’il y a de possible ».

Son envie de travailler dans ce milieu lui vient, aussi surprenant soit-il, d’un rêve d’enfant. En effet, passionnée par Al Capone, Hadda a toujours voulu travailler dans ce domaine, de plus, l’aspect « à part » de cet univers l’intrigue. Mais Hadda fournit également ses services auprès de personnes handicapées, dans l’optique qu’ils changent de regard sur eux-mêmes.

Interview de Hadda Guerchouche

Nos autres interviews

Alana Maldonado

Alana Maldonado

Un palmarès ne permettra jamais d’apprécier réellement la force et la résilience d’une athlète. Mais avec Alana Maldonado, il est impossible de ne pas l’évoquer. Double championne paralympique (Tokyo 2020 et Paris 2024) et médaillée d'argent à Rio 2016, la Brésilienne...

Maartje Paumen

Double championne olympique, double championne du monde et figure incontournable du hockey sur gazon féminin, Maartje Paumen a marqué son sport par son talent, son leadership et son incroyable efficacité devant le but. Considérée comme l'une des meilleures joueuses de...