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Louise guillet

Louise guillet

Louise Guillet

Louise Guillet - Capitaine de l'EDF de water-polo à Paris 2024

1986 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Vous vous apprêtez à découvrir le parcours d’une sportive qui est l’un des plus beaux du water-polo féminin français : plongez dans l’histoire de Louise Guillet.

Louise Guillet naît en 1986 à Limoge. Son aventure avec le water-polo débute tout à fait par hasard : pratiquant déjà le basket et le tennis, rien ne la destinait à ce sport. 

Cependant, à l’âge de onze ans, elle arrête le basket, car elle ne peut plus jouer en équipe mixte, ainsi que le tennis. Elle veut donc retrouver une autre activité sportive. Le père d’un de ses coéquipiers lui propose alors de venir nager à la piscine. Cela lui plaît tellement qu’elle se rend dès lors quotidiennement à la piscine ! Si ce sport n’est qu’un loisir au début, elle ne sait alors pas qu’il est possible de se professionnaliser, elle se rend compte au fur et à mesure que des portes s’ouvrent à elle, notamment à l’étranger. Louise poursuit donc son entraînement à Bordeaux. A 16 ans, elle reçoit ses premiers contacts pour partir à l’étranger. Elle décide cependant de passer son bac en France avant d’intégrer, en 2003 l’équipe nationale.

Partir en Espagne

Un an plus tard, à dix-huit ans, elle se professionnalise pour partir à l’étranger durant sept ans, devenant ainsi la première joueuse française de water-polo à jouer à l’étranger. Elle joue deux saisons à Barcelone, où elle rencontre Samantha Miquel qui devient par la suite l’une de ses meilleures amies. Elle enchaîne ensuite trois saisons en Grèce se rend finalement à Naples, où elle reste le temps d’une saison. Elle continue ses études à l’étranger puisqu’elle passe un BTS diététique en Espagne et obtient son diplôme d’entraîneur.

De retour en France

Dès son retour en France, elle enchaîne les victoires. En 2013, elle remporte la coupe de la Ligue et est sacrée vice-championne de France avec Lille UC Metropole Water-polo. Elle étudie également en parallèle, décrochant son master 2 en gouvernance du sport. Louise traverse une période difficile en 2021 à cause d’une blessure à l’épaule l’empêchant de jouer durant quatre mois, et ce, peu de temps avant les championnats d’Europe. Avec l’aide d’un kiné, elle parvient à surmonter cette mauvaise passe.

Elle garde de très bons souvenirs de ses vingt années à pratiquer le water-polo, notamment grâce aux nombreuses amitiés qui se sont forgées grâce au sport. L’amour de Louise Guillet pour le Water-polo lui vient en partie de sa nature « bagarreuse ». Néanmoins, elle retient surtout l’expérience de jouer en équipe, ce qui rend pour elle ce sport si spécial.

Avec l’équipe de France

Durant toute sa carrière, elle a participé à pas moins de six championnats d’Europe, sept mondiaux ainsi que six World League. Elle cumule également pas moins de 280 sélections en équipe de France. Parmi ces nombreuses compétitions, une lui reste particulièrement en tête : la World League qui s’est déroulée en Russie. En plus d’être couronnée meilleure buteuse mondiale, elle décrit une ambiance d’équipe phénoménale et des moments de partage très forts, dans et en dehors de l’eau.

Les Jeux Olympiques à domicile

Il ne faut pas non plus oublier sa présence aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, son rêve ultime depuis qu’elle a commencé le water-polo. Cette fois, c’est en tant que capitaine de l’équipe de France qu’elle se rend à la seule compétition qu’il manquait à son palmarès. Si ce rôle ne change que très peu de chose dans sa manière de jouer, Louise Guillet prend son rôle de protection des plus jeunes joueuses de l’équipe à cœur. Cette nouvelle casquette est également une porte ouverte à certains événements, comme le dîner avec le Président de la République.

Possible de vivre que de son sport ?

Bien qu’elle soit professionnelle, elle gagne donc un salaire, Louise Guillet affirme qu’il est impossible pour les joueuses de water-polo de vivre correctement et sur le long terme de leur sport. Elle précise également que de nombreuses de ses coéquipières durant les Jeux Olympiques suivaient une formation à côté ou bien avait un autre travail.

Aujourd’hui, Louise s’est retirée définitivement de la scène sportive pour se consacrer entièrement à la gestion de son entreprise. En effet, après trois ans d’étude dans le domaine de la peinture à alterner entre les entraînements, les études et l’entreprise, elle prend la suite de l’entreprise familiale.

Interview de Louise Guillet

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Louise guillet

Bérénice Tabourel

Bérénice Tabourel en train de porter un tronc d'arbre

Bérénice Tabourel - Pionnière du parcours ninja et de l'OCR

1997 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Avec un tel palmarès, il est difficile de la louper et vous l’avez sûrement vu à la télévision, lors de l’émission « Ninja Warrior », mais connaissez-vous réellement Bérénice Tabourel ?

Bérénice Tabourel naît en 1997 en Normandie. Dès l’âge de cinq ans, elle s’inscrit à la gymnastique et pratique ce sport jusqu’à ses vingt ans. En effet, son entrée dans la gendarmerie en tant que sous-officier l’oblige à arrêter mais, très vite, cela lui manque. Elle découvre par hasard le parcours ninja en 2019, alors qu’une amie la pousse à essayer une salle spécialisée dans ce domaine.

Qu’est-ce que le parcours ninja ?

Le parcours ninja consiste en une course d’obstacles, qui peuvent être très variés puisque les organisateurs n’ont pas de restrictions quant à leur création, hormis leur nombre. Les concurrent·es découvrent le parcours le jour même et le but est de la terminer en un temps le plus restreint possible, sans tomber.

Son premier abonnement

En se rendant compte que ce sport parvient à lui offrir la même adrénaline et la même dimension acrobatique que la gym, Bérénice décide de prendre un abonnement d’un mois dans cette salle. Les propriétaires remarquent son talent et lui proposent de devenir coach. Elle n’hésite pas longtemps pour accepter l’offre et met en pause son activité de gendarme. C’est le début d’une grande aventure qui commence !

Ses premières compétitions

Ses premières compétitions sont des succès puisque après seulement une année de pratique, elle se qualifie pour les championnats du monde. Dans le même temps, elle crée la première section de haut niveau de parcours ninja en France, appelée section performance. Après le Covid, elle se rend une nouvelle fois aux championnats du monde, mais cette fois-ci c’est en tant que coach et non en tant qu’athlète. Elle accompagne ainsi une dizaine de jeunes de moins de dix-huit ans, qu’elle a formés. En 2022, Bérénice se lance dans une nouvelle discipline, nommée la course à obstacles. Elle participe par la suite aux championnats européens et mondiaux.

Quelles sont les différences avec la parcours ninja ?

La principale différence est que ces courses se déroulent en extérieur. Elles se déclinent en trois catégories : le 100 mètre, où les obstacles sont tout le temps identiques et dans le même ordre, le 3 kilomètres, le 12 kilomètres et le 15 kilomètres.

Sa participation à Ninja Warrior

Bérénice a également participé à deux tournages de l’émission télévisée « Ninja Warrior ». Elle en garde principalement de mauvais souvenirs à cause de ses deux chutes, et donc défaites, au bout de seulement une poignée d’obstacles. Sa mauvaise gestion du stress et la trop grande pression due à son statut de favorite lui ont fait perdre ses moyens. Mais comme elle le dit si bien :

« C’est quand on échoue qu’on apprend ».

Alors oui, cela peut paraître un peu naïf mais c’est vrai ! De fait, depuis cette mauvaise expérience, elle se fait accompagner par une préparatrice mentale pour apprendre à aborder le stress et l’échec.

Son premier podium international

Ce renouveau lui réussit puisque en 2022, elle participe aux championnats du monde de parcours ninja chez les adultes, c’est-à-dire la catégorie en dessous des professionnels, et parvient à décrocher la médaille de bronze. Cet événement réussit à lui redonner confiance en elle, retrouvant l’amour qu’elle portait à ce sport au tout début de sa carrière.

Recordwoman

A ce jour, Bérénice Tabourel continue de battre des records. En effet, sur l’année 2024, elle se place vingt-quatrième en élite mondiale de parcours ninja : c’est la première fois qu’une française est aussi bien placée ! Ces dernières années, elle a aussi figuré deux fois dans le top dix en 100m sur les courses OCR et est arrivée quatrième aux championnats du monde sur l’épreuve du 3km, tout cela après s’être remise d’une blessure à l’épaule !

Pour ce qui est des prochaines compétitions, nous l’attendons avec impatience aux championnats d’Europe d’OCR en juin et septembre 2025.

Interview de Bérénice Tabourel

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Louise guillet

Hadda Guerchouche

Hadda Guerchouche au bord de la piscine

Hadda Guerchouche - Allier sport et thérapie

1965 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Allier sport et thérapie, c’est le chemin que Hadda, ex-Paralympienne, a décidé d’emprunter, laissez-moi vous raconter comment.

Dès son enfance, Hadda Guerchouce est une enfant très en colère avec une immense quantité d’énergie. Elle est atteinte par la poliomyélite, une maladie infectieuse qui peut entraîner une paralysie des membres inférieurs. Elle est placée dès l’âge de deux ans en institution (établissement spécialisé), elle y reste durant dix-sept ans. Cette situation, elle le vit très mal, en grande partie à cause du manque d’attaches familiales. La découverte de la natation à 13 ans lui a permis, pour la première fois, de se sentir libre et surtout sans handicap. Son moyen de s’évader trouvé, Hadda ne le lâche pas d’une semelle. Elle poursuit consciencieusement ses entraînements.

Les entraînements

Cependant, ce n’est qu’une fois sortie des institutions et après quelques emplois assez peu payés, que sa carrière sportive ne débute réellement. En effet, elle est repérée par le CREPS de Dinard en tant qu’éducatrice sportive, spécialisée dans le handisport. Elle y passe son Brevet d’Etat d’Educateur Sportif. Hadda devient alors spécialiste de

la natation handisport. Sa discipline favorite devient alors, et de loin, le quatre nages. Hadda Guerchouche se l’explique par sa tendance à s’ennuyer très vite et cette spécialité lui permet de varier les plaisirs !

Les Jeux Paralympiques

Cette opportunité lui a permis de bénéficier d’un meilleur entraînement, l’emmenant vers les compétitions de haut niveau : les championnats d’Europe (qu’elle remporte en 1995) puis les Jeux Paralympiques. Elle participe à deux reprises aux Jeux, Barcelone 92 et Atlanta 96, où elle décroche respectivement l’argent et le bronze.

L’édition espagnole restera gravée dans sa mémoire comme la meilleure pour elle. Ceci est dû en partie au fait que pour la première fois, les Paralympiques étaient organisés sur les mêmes lieux que les JO. Ainsi, Hada Guerchouche a pu utiliser les infrastructures habituellement dédiées aux Olympiens et qui étaient, à l’époque, bien mieux équipées que celles des Paralympiens. Le rôle du public a aussi été déterminant. Les places d’accès aux compétitions étaient gratuites et le public a rapidement jouer le jeu, devenant un soutien lors des épreuves.

Reconversion

Après ces événements, Hadda Guerchouche décide d’arrêter les compétitions à haut niveau à cause du stresse et de l’angoisse, beaucoup trop présents à son goût. En 2010, elle crée sa propre structure de coaching sportif. Ce service lui permet de se rendre compte que « [son] handicap n’était plus un adversaire mais un partenaire ». Elle se lance alors dans la formation d’un cabinet thérapeutique, où elle utilise le sport comme moyen de gestion des émotions.

Aujourd’hui, Hadda Guerchouche travaille principalement en milieu carcéral. Ses activités permettent aux détenus de ressentir la même sensation de liberté qu’elle avait perçue lors de ses premiers pas en natation. A travers le sport, elle aide ces derniers à supporter le quotidien :

« L’idée c’est de les aider à porter leur attention sur ce qu’il y a de possible ».

Son envie de travailler dans ce milieu lui vient, aussi surprenant soit-il, d’un rêve d’enfant. En effet, passionnée par Al Capone, Hadda a toujours voulu travailler dans ce domaine, de plus, l’aspect « à part » de cet univers l’intrigue. Mais Hadda fournit également ses services auprès de personnes handicapées, dans l’optique qu’ils changent de regard sur eux-mêmes.

Interview de Hadda Guerchouche

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Louise guillet

Gwendoline Matos

Gwendoline Matos qui s'accroche au but lors d'un match de goalball

Gwendoline Matos - Une pionnière du goalball français

1983 à aujourd'hui - écrit par sarah chesneau

Gwendoline Matos naît en 1993 à Viriat dans l’Ain. A l’âge de sept ans, elle découvre qu’elle est malvoyante à cause d’une maladie génétique rare. Sa scolarité devient alors compliquée puisqu’elle subit des moqueries de la part de ses camarades mais également de son professeur qui ne l’intègre pas dans la classe. La découverte d’une école spécialisée pour malvoyants à Besançon va mettre fin à son malheur. A dix ans, elle entre donc au Creesdev où elle vit une scolarité plus sereine puisque ses camarades ont plus ou moins le même handicap qu’elle. Elle ne subit par conséquent plus de moqueries.

Sa découverte du sport

C’est dans cet établissement qu’elle découvre le monde du handisport, en premier lieu en cours d’EPS. Elle est d’abord initiée au Torball, un sport similaire au Goalball

mais joué seulement au niveau européen. Au collège, elle participe à des compétitions de Torball et d’athlétisme. A quatorze ans elle intègre le club de Torball de Besançon. Par la suite, Gwendoline Matos est admise dans l’équipe de France.

Un choix à faire

Sa découverte du Goalball remonte à l’année 2016 . Lors d’une journée découverte organisée à Lyon, les organisateurs lui ont annoncé que le Goalball serait présent aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. S’offre alors à Gwendoline Matos deux possibilités : continuer ou changer avec pour objectif les Jeux Paralympiques. Gwendoline n’hésite pas longtemps et décide de commencer le Goalball.

Qu’est-ce que le goalball ?

C’est sûrement la question que vous vous posez et c’est bien pour cela que j’écris cet article, les sports paralympiques et leurs championnes étant encore bien trop méconnus. Le Goalball est l’unique sport collectif féminin paralympique pour les malvoyantes présents aux Jeux. Il se joue sur un terrain de neuf mètres par dix-huit et oppose deux équipes de trois joueuses. Le but est de marquer dans les cages adverses, seulement dix secondes après avoir récupéré la balle. Le ballon est un équivalent du ballon de basket, avec des grelots pour que les joueuses sachent où il est sur le terrain. Des marquages au sol sont également présents pour se repérer et un match se déroule en deux mi-temps de douze minutes.

Se préparer pour les Jeux

Suite à ce tournant dans sa carrière sportive, Gwendoline Matos a dû intensifier sa préparation physique et mentale pour pouvoir rester dans la sélection nationale des Jeux Paralympiques. En effet, en 2024, la sélection changeait tous les mois et pour être sélectionné il fallait participer au championnat national. Elle a également changé de travail pour avoir plus de temps pour s’entraîner. Elle a donc quitté son emploi de standardiste à la mairie de Besançon pour intégrer le standard du département du Doubs. Elle obtient un aménagement dans son emploi du temps qui lui permet de s’entraîner durant ses heures de travail et qui lui accorde quarante jours de congé en plus par an pour les compétitions et les stages. En 2024, Gwendoline Matos est passée à mi-temps pour ralentir son rythme effréné et lui permettre quelques pauses entre sa vie perso et le sport. 

Les Jeux Paralympiques

L’année 2024 a été pour elle forte en émotion. En effet, avec sa participation aux JO, c’est huit ans d’entraînement pour atteindre ses objectifs qui sont récompensés. Elle garde un souvenir inoubliable de ces deux semaines de Jeux qui lui ont permis de profiter du public, des infrastructures exceptionnelles et des échanges avec d’autres para-athlètes. Cette année 2024 lui a aussi permis de rencontrer d’autres équipes nationales lors de stages d’entraînement. Gwendoline Matos a pu notamment faire la connaissance de l’équipe de Turquie qui, contrairement à la France, est professionnelle. Ces rencontres enrichissantes lui ont donné l’occasion de découvrir d’autres manières de s’entraîner et de jouer. Cependant, comme toute sportive, la carrière de Gwendoline a été ponctuée de défaites et savoir relever la tête n’est pas une chose simple à faire. Mais comme elle aime si bien le dire :

« Finalement, les défaites nous permettent toujours de nous fixer de nouveaux objectifs et de se projeter ».

Interview de gwendoline matos

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Louise guillet

Anne Wafula – Le fauteuil de la liberté

Anne Wafula

Anne Wafula - Le fauteuil de la liberté

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Un fauteuil lui a ouvert les portes du monde, alors elle essaie de le changer.

Anne Wafula était encore une dynamique petite fille de deux ans du village de Mihuu au Kenya lorsqu’une étrange maladie se développe chez elle, l’empêchant petit à petit d’utiliser ses bras, puis ses jambes. Ce n’est qu’après avoir quitté son village avec sa famille pour rejoindre la capitale, Nairobi, que la famille Wafula apprend ce qui est arrivé à la petite Anne : la polio.

La réeducation

Prise en charge, elle retrouve le fonctionnement de ses bras, mais que partiellement 

de ses jambes, qui l’obligent à se déplacer constamment avec des béquilles et des attelles pour les jambes. Brimée par les camarades de son âge pour son handicap, ses parents l’inscrivent dans une école pour enfants atteints de handicap, ce qui lui permet de reprendre ses études en confiance. Malheureusement, une bonne nouvelle comporte son lot d’embûches dans sa vie. Anne perd sa mère quelques années après avoir commencé son cursus. Affectée, Anne Wafula réussit néanmoins à continuer l’école, jusqu’à devenir la première de sa famille à être diplômée de l’université.

Sa découverte du sport

Jusqu’ici, le sport n’est pas intervenu dans sa vie. Il va encore falloir quelques péripéties, qui commencent lorsqu’elle rencontre un jeune britannique du nom de Norman Strike. Ils se plaisent mutuellement, si bien qu’Anne Wafula le rejoint chez lui, en Angleterre. Ils se marient, et c’est alors qu’elle a donné naissance à son fils qu’elle essaie son premier fauteuil roulant. Malgré les contraintes inhérentes à ce moyen de locomotion, c’est une nouvelle liberté qui s’offre à elle. Elle commence à aller à la salle de sport, puis découvre la course en fauteuil grâce à son prof de sport. Une expérience qui va très rapidement se transformer en nouvelle passion.

Sa carrière sportive

Entraînement après entraînement, Anne Wafula Strike s’améliore, si bien qu’elle est appelée par l’équipe nationale kényane pour participer aux Jeux paralympiques de 2004, devenant alors la première ressortissante d’Afrique sub-saharienne à concourir dans une course paralympique en fauteuil. À partir de 2006, c’est sous les couleurs de son pays d’adoption qu’elle concourt, profitant ainsi des équipes d’entraînements britanniques. La néo-internationale britannique arrive alors aux Jeux paralympiques Visa de 2007 et remporte la médaille de bronze du 400m, course dans laquelle elle était mal engagée sur la fin, à bout de force, mais ayant quand même réussi à se mobiliser pour décrocher la plus belle récompense de sa carrière. Elle a également détenu pendant un moment les records de Grande-Bretagne du 100m et du 200m.

Son militantisme

Anne Wafula Strike va pleinement utiliser la plateforme médiatique durement gagnée pour mettre en avant les combats qui lui tiennent à cœur. Si elle peut motiver les jeunes filles à se battre pour leurs objectifs, alors elle va se donner à fond pour les accompagner. Son secret, qu’elle a érigé comme un mantra : “ne jamais renoncer”. Elle participe à de nombreuses courses de charité pour récolter de l’argent pour des associations luttant aux côtés des droits des athlètes atteints de handicaps. Elle a donné naissance à une fondation pour offrir des fauteuils roulants aux jeunes enfants africains, se rappelant qu’elle-même avait dû attendre d’arriver en Angleterre pour obtenir le sien, ainsi qu’à la Olympia-Wafula Foundation, qui travaille avec de nombreux pays du Commonwealth.

Son militantisme a également pu être observé à un niveau institutionnel, rejoignant en 2015 UK Athletics pour les questions d’accessibilité au sport, en charge des campagnes pour l’inclusion et la diversité à partir des Jeux de Rio. Elle explique :

“J’ai vu la douleur dans les yeux de jeunes filles dont les ambitions ont été anéanties simplement parce qu’elles sont des filles ; j’ai vécu les difficultés auxquelles les Noirs sont confrontés pour être reconnus comme égaux, même en 2020″

c’est pourquoi elle veut faire changer les choses.

Les changements qu’elle inaugure dépassent même le secteur du sport professionnel, que ce soit dans l’industrie ou dans la vie de tous les jours. Pour son engagement sans faille, Anne Wafula Strike a été décorée membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre.

Terminons par ses propres mots :

“Ability is what you are capable of doing. Motivation determines what you do. Attitude determines how you do it ».

Une première pour le Kenya

En 2004, elle devient la première la sub-saharienne, et donc kényane à participer aux Jeux Paralympiques.

En athlétisme

  • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques Visa

Médiatique

  • Membre de l’Empire britannique​

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Anja Andersen – La révolutionnaire du handball

Anja Andersen

Anja Andersen - La révolutionnaire du handball

1969 à aujourd'hui - écrit par simon ménard

Il y a des sportives qui marquent leur sport au point de leur offrir une médiatisation nouvelle et de les sortir du conservatisme pour permettre à la discipline de s’émanciper. Anja Andersen est de ces sportives : par son caractère et ses gestes techniques, elle a révolutionné le handball.

Anja Andersen n’est pas une handballeuse comme les autres. Ou du moins, elle ne l’était pas à son époque. Si les gestes techniques sont aujourd’hui partis prenants de la panoplie des joueuses arrières, ce n’était pas forcément le cas à son époque. Ses caractéristiques représentatives sont principalement une créativité hors norme

et une agressivité qui se retrouve autant dans son jeu offensif que dans son caractère. Elle a ainsi grandement participé à révolutionner le handball, notamment dans son aspect spectaculaire, par un style envoûtant.

Une enfant marginalisée

Petite déjà, Anja Andersen se sentait marginalisée par la société danoise, plutôt conservatrice. Pour contrer ce sentiment, la jeune fille va alors développer un caractère fort et assumé pour se distinguer. Ce trait de personnalité, elle va complètement l’incorporer à sa pratique du handball, qu’elle découvre très tôt. À l’image de la société, le handball était alors englué dans un certain conservatisme, qui l’empêchait de pleinement s’ouvrir à de nouveaux publics. Andersen va rapidement devenir une de celles qui vont chambouler le petit monde du handball.

Influencée par les Harlem globetrotters

Anja Andersen affirme être influencée dans son style de jeu par le basketball, et particulièrement les Harlem Globetrotters, équipe de freestylers se déplaçant à travers le monde pour offrir aux spectateurs des performances plus proches du show que du simple match. Au-delà de l’équipe adverse, la Danoise prend en compte le public pour choisir quelle stratégie adopter et quel geste technique réalisé. Un choix permis par une capacité technique très au-dessus de la moyenne, capable de réaliser n’importe quelle forme de tir depuis presque tous les recoins de la zone. Elle tente absolument TOUT : tour sur elle-même avant de marquer, tir dans le dos ou entre les jambes, “kung-fu”, tirs en suspensions… et elle marque ! Ajouté à cela des célébrations à la hauteur de ses exploits, et vous comprendrez aisément pourquoi son arrivée dans le monde professionnel du handball en a transformé les codes à jamais.

Une pillière en club et en sélection

Apparaissant sur la scène professionnelle à la fin des années 1980, Anja Andersen se fait surtout un nom au début des années 1990, après son arrivée au sein du club norvégien du Bækkelagets SK. C’est surtout au sein d’une équipe nationale danoise en pleine construction qu’elle va briller. Elle mène notamment sa nation sur la deuxième marche du podium des championnats du monde 1993, pour la première fois depuis 31 ans. Avant de remporter l’or européen en 1994, l’or mondial en 1996, et de monter sur la plus haute marche européenne pour la deuxième fois en 1997.

Le titre olympique

Mais la plus belle réussite de sa carrière s’est, sans aucun doute, déroulée à Atlanta : menées en finale de quatre buts par la Corée du Sud de Lim O-kyeong, les Danoises comblent leur retard et arrachent les prolongations, avant de prendre l’avantage et de ne plus le lâcher. Andersen, autrice de onze réalisations lors de l’ultime match de la compétition, mène les siennes vers l’or olympique, pour la première participation du Danemark aux JO en handball, lançant ainsi sans encore le savoir une dynastie pour les huit années suivantes. Anja est élue très logiquement meilleure handballeuse du monde en 1997, symbole de son emprise sur le jeu et de son importance pour la médiatisation du handball.

Une joueuse impulsive

Si personne ne met en doute son talent et sa capacité à faire se soulever les foules, amenant de nouveaux spectateurs à un sport qui en avait cruellement besoin, c’est son caractère qui a tendance à diviser. L’exemple le plus flagrant étant sa mise en retrait de l’équipe nationale juste avant les JO de 1996 pour mauvais comportement sur et en dehors des terrains, ce qui aurait pu changer l’histoire du handball danois si elle n’avait finalement pas été réintégrée. Anja Andersen est souvent expulsée au cours des matchs pour ses excès comportementaux, voyant fréquemment rouge. Cela ne l’empêche tout de même pas d’évoluer plus de dix ans en équipe nationale, prenant part à quelque 133 matchs pour 725 buts marqués. Les nombres auraient pu être encore plus conséquents si des problèmes cardiaques ne lui avaient pas fait arrêter sa carrière prématurément en 1999, à un an des Jeux.

Le coaching

Mais penser que ce malheur l’empêcherait de continuer à marquer l’histoire du handball, c’est avouer très mal connaître Anja Andersen. Fraîchement retraitée, la Danoise ne tarde pas à trouver de la place sur un banc, pour devenir entraîneuse. Ce changement de cap s’effectue au Danemark, son pays, qui est en pleine ascension ininterrompue dans la hiérarchie internationale du handball. Là encore, elle casse les codes en prônant un style de coaching aux antipodes des traditions danoises : laisser le plus de place possible au dialogue et à la créativité des joueuses. Elle prend les commandes du club de Slagelse en 2000, et ne quittera ses fonctions qu’après avoir remporté trois Ligues des champions en 2004, 2005 et 2007. De nouvelles prestigieuses lignes écrites à la suite d’un palmarès déjà exceptionnel. On peut également évoquer ses expériences de coach auprès de l’équipe nationale serbe ou de l’équipe masculine de Viborg. Andersen quitte le monde du handball en 2015 pour se consacrer à de nouveaux projets.

Par son palmarès comme par son influence et son niveau de jeu, Anja Andersen est aujourd’hui considérée comme une des meilleures joueuses de l’histoire du jeu. C’est pour cette raison qu’elle est logiquement introduite au Hall of Fame de sa discipline, ayant fait partie des plus éminentes ambassadrices d’un sport qui ne demandait qu’une tête de proue un peu fantasque pour s’émanciper de ses carcans traditionnels, modelant le handball à son image.

Première championne olympique

En 1996, le Danemark devient pour la première fois championne olympique. Anja était dans l’équipe.

Faire le show

Anja Andersen adorait faire le show durant ces matchs. L’objectif était de mettre des étoiles dans les yeux des spectateurs. Encore aujourd’hui, des vidéos de ses tirs improbables impressionnent les internautes, inspirant certains dans leur pratique.

En tant que joueuse

  • 1x Championne olympique
  • 1x Championne du Monde
  • 1x Vice championne du Monde
  • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
  • 1x Vice championne du monde junior
  • 2x Championne d’Europe
  • 2x Coupe d’Europe
  • 1x Ligue norvégienne
  • 3x Championne d’Allemagne
  • 3x Coupe d’Allemagne

En tant que coach

  • 3x Champions League
  • 3x Ligue du Danemark
  • 1x Coupe des vainqueurs de coupe

Sportives

  • Hall of Fame du handball européen (EHF)
  • Hall of Fame du sport danois
  • 1x Meilleure joueuse du Monde
  • 1x Meilleure arrière gauche des Jeux olympiques
  • 1x Meilleure joueuse du Championnat d’Europe

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