Félicia Ballanger

"Félicia

"Félicia

"1971

Félicia Ballanger est une cycliste sur piste originaire de La Roche-sur-Yon. Simplement dire cela serait faire affront à sa légende. Ballanger fait partie du cercle fermé des triples championnes olympiques, aux côtés de Marie-José Pérec (athlétisme), Clarisse Agbégnénou (judo) et Julia Simon (biathlon). Il est temps de revenir sur son parcours aussi atypique qu’exemplaire d’une championne qui a d’abord dû dépasser les blocages mentaux pour établir ensuite une domination implacable sur son sport.

Une famille fan de cyclisme

Le cyclisme dans les veines et jusqu’au patronyme : sa mère l’a nommé Félicia ainsi en hommage au cycliste italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France en 1965, 

à 23 ans, triple maillot rose du Tour d’Italie, vainqueur de la Vuelta 1968 et champion du monde sur route en 1973. Un palmarès qui force le respect… et qui prédestine presque la future championne, avant même qu’elle n’enfourche sa première selle. Pour l’anecdote, le frère de Félicia a été prénommé Frédéric en l’hommage à une autre légende du vélocipède : l’Espagnol Federico Bahamontes.

Un fort caractère

Sportive dans l’âme, la jeune Félicia Ballanger mène tranquillement un double projet handball-cyclisme avant de devoir faire un choix, et de se concentrer pleinement sur le vélo. Ses grandes qualités de sprinteuse en salle sont visibles dès le plus jeune âge : championne de France cadette de vitesse sur piste d’abord en 1986, puis du monde junior en 1988. Restée attachée à sa terre natale, elle revient chez elle au Vendée U en 1993, après s’être exilée au Véloce Club de Saint-Sébastien, qu’elle avait rejoint après avoir subi de la discrimination sexiste dans le club de sa ville. En effet, les garçons du VC Yonnais, qui perdaient régulièrement contre elle, ne voulaient plus la voir aux entraînements. À 15 ans, elle montre alors déjà une certaine force de caractère.

Un début compliqué avant le déclic

Son histoire au haut niveau commence par des médailles en chocolat : 4e aux Mondiaux 1990, même place l’année suivante, puis 4e pour sa première participation olympique à Barcelone en 1992. Des places plus qu’honorables, qui la prouvent qu’elle est bien entrée dans la cour des grands. Mais Félicia Ballanger ne s’en contente pas. Et malgré de lourdes blessures subies en 1993, elle repart de plus belle à la poursuite des titres tant convoités.

Le blocage qui l’a empêché de monter sur les podiums était peut-être mental. C’est en tout cas ce que lui fait comprendre l’universitaire Gilbert Avanzini, qui rencontre Félicia Ballanger alors qu’il prépare une thèse sur l’agressivité dans le sport. Elle raconte qu’Avanzini lui a fait prendre conscience de sa capacité à battre ses adversaires en lui faisant parler d’elles. “J’avais trop d’admiration, trop de respect, sans doute”, explique-t-elle. La Vendéenne regagne petit à petit de la confiance, et s’apprête alors à aller chercher tout ce qui lui est dû.

Les mondiaux de Palerme 1994 sont le théâtre de l’obtention de sa première médaille : Ballanger prend l’argent dans l’épreuve de vitesse, et rompt ainsi la pseudo-malédiction de la place d’honneur qui commençait à s’installer.

Son entraîneur

Son entraîneur, en partie responsable de la réussite de Félicia Ballanger par son expérience et ses conseils, n’est autre que Daniel Morelon. Si le nom de ce natif de Bourg-en-Bresse ne vous dit rien, voici un rapide rappel : chevalier de l’ordre national du mérite et de la légion d’honneur, il est octuple champion du monde sur piste, et triple champion olympique : en tandem en 1968, et en vitesse en 1968 et 1972. C’est peu dire que son élève va faire honneur à sa réputation. La capacité de travail hors-norme et la volonté de fer de Félicia permettent à Morelon de modeler sa championne pour lui faire accomplir son rêve : remporter toutes les courses dont elle prend le départ.

Invincible

1995 est l’année de son premier titre mondial. Et, car elle a décidé de passer à la vitesse supérieure, de son deuxième. Félicia Ballanger domine incontestablement pour la première fois le 500m, épreuve nouvellement créée, et la vitesse au niveau international. L’épreuve de vitesse, dite également sprint, voit s’affronter deux coureuses en opposition directe. Le départ est donné arrêté, avec les deux adversaires positionnées sur la même ligne. La piste étant inclinée, c’est un tirage au sort qui décide de laquelle des deux coureuses va commencer en bas de la piste. Le 500m, quant à lui, propose pareillement un départ arrêté, mais cette fois le but n’est pas d’atteindre la ligne d’arrivée avant son adversaire directe, mais de réaliser le meilleur chrono possible. À noter que depuis l’année dernière, cette épreuve a disparu au profit d’une nouvelle, le kilomètre féminin. Félicia Bellanger restera donc à jamais comme la recordwoman du nombre de victoires sur la distance (nous allons y revenir), à égalité avec la biélorusse Natallia Tsylinskaya.

Ces premiers titres en appellent inévitablement d’autres. C’est peu dire d’affirmer que Félicia Ballanger débute alors une domination du cyclisme sur piste. Les deux titres mondiaux du 500m et de la vitesse ne lui échappent plus entre 1996 et 1999. Cette période lui offre également sa première médaille d’or olympique, sur la vitesse, à Atlanta. Confrontée à l’Australienne Michelle Ferris en finale, elle affirme plus que jamais sa supériorité. Les larmes versées au pied du podium à Barcelone sont remplacées par des cris de joie. Et une envie de rééditer l’exploit.

Sa dernière compétition

Félicia Ballanger ne perd plus une seule manche jusqu’en 2000, toutes courses confondues, tellement elle domine le circuit mondial. Une manche qui lui offre sa première frayeur depuis bien longtemps. D’abord, Alors arrache l’or sur le 500m, pour l’entrée aux JO de la distance, en disposant son éternelle dauphine, Michele Ferris, pourtant à domicile. Il est alors temps pour Ballanger d’affronter en finale de la vitesse la russe Oksana Grichina, double médaillée de bronze mondial sur l’épreuve. Cette dernière commet un affront : elle remporte la deuxième manche de la finale, et force Ballanger à courir une dernière belle décisive. Mais la disciple Morelon n’avait besoin que de cette piqure pour se rappeler à elle-même, et la dernière manche lui revient de droit. 3e titre olympique, et une place de gagnée à jamais dans l’histoire de son sport, comme de l’olympisme tricolore.

Des records du monde

Félicia Ballanger, c’est certes des titres, mais en tant que figure incontournable de sa discipline, c’est aussi des records qui ont forgé sa légende. En plus de ses dix couronnes mondiales, elle reste invaincue entre 1995 et 2000, et améliore à sept reprises le record du monde du 500m, porté à 34.010 secondes en 1998. Cette épreuve est tellement la sienne qu’elle s’est octroyée tous les titres mondiaux sur la distance jusqu’à sa retraite. Elle ne sera par contre pas la dernière détentrice du record sur le 500m : l’honneur revient à la Mexicaine Jessica Salazar, réalisant 32.268 secondes à l’occasion des championnats panaméricains, 18 ans après Ballanger.

Sa carrière prend fin sur les sommets de l’Olympe, en 2000. Elle l’avait déjà décidé avant même de prendre part à la première course de la quinzaine.

L’après-carrière 

Si elle devient vice-présidente de la FFC en 2001, sa carrière post-professionnelle s’écrit aussi dans le monde politique. Résidente à Nouméa, elle se présente en tant que candidate suppléante aux élections législatives de 2007. Son attachement à la Nouvelle-Calédonie est total. Elle s’investit dans le sport local, et est nommée chargée de mission sport au Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, travaillant pour le gouvernement néo-calédonien jusqu’en 2022.

En tant que légende du cyclisme tricolore, membre des Gloires du sport français, son image est connue du public passionné en Hexagone. Elle est nommée consultante pour France Télévision lors des épreuves de cyclisme des Jeux olympiques d’Athènes 2004 et Pékin 2008, apportant à l’antenne son expertise acquise au long de ses dix années au plus haut niveau international. Qui de mieux que le plus beau palmarès du cyclisme sur piste français (13 titres, 14 podiums) pour commenter les épreuves ?

Au moment de tirer sa révérence, elle déclare :

“Au delà de mon palmarès, j’aimerais que l’on retienne mon travail, ma persévérance et ma discrétion”.

Ce qu’il faut s’assurer c’est que Félicia Ballanger ne sera jamais oubliée.

Membre d’un cercle très fermé

Félicia Ballanger fait parmis des quatre Françaises à gagner au minimum trois titres olympiques

Record du monde

La Française a battu à six reprises le record du monde du 500m. Depuis, il a été battu.

En cyclisme sur piste

    • 3x Championne olympique
    • 10x Championne du Monde
    • 1x Vice championne du Monde
    • 1x Championne du Monde junior
    • 15x Championne de France

    Sportives

    • Hall of Fame du cyclisme mondial
    • Gloires du sport français
    • 1x Prix Monique Berlioux

    Médiatiques

    • Officière de l’ordre national du Mérite
    • Chevalière de la Légion d’honneur
    • 1x Vélo d’or français 

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    La sportive Marie Patouillet

    Marie Patouillet - Le sport pour porter des valeurs

    1988 à aujourd'hui - écrit par Emmy Métrot

    Le sport peut servir de vitrine pour porter aux plus hauts des valeurs et des engagements. Et ça, la para-cycliste Marie Patouillet, l’a très bien compris. On la connaît pour son palmarès, oui, mais aussi et surtout pour ses nombreux engagements !

    C’est à Versailles que naît Marie Patouillet le 7 août 1988, avec une malformation de la cheville et trois orteils au lieu de cinq au pied. Grande passionnée de sport, elle multiplie les disciplines, jusqu’au jour où on lui annonce qu’elle ne pourra plus courir. Un choc certes, mais un mental de battante qui va la pousser à participer à l’Étape 

    du Tour en 2017. C’est en ayant reçu un dossard pour cette cyclosportive, qui reprend le tracé d’une vraie étape du Tour de France, que Marie Patouillet prend le départ. Après un long effort, elle boucle cette épreuve en neuf heures et vingt-trois minutes, alors qu’elle ne faisait pas de vélo. Animée notamment par ces sensations sensations de vitesse qui lui manquaient tant, la médecin comprend que le vélo est peut-être le sport qui lui faut.

    Ses débuts

    Vivant en région parisienne, la Française cherche à trouver un club étant en capacité de l’accueillir. « Un seul club était capable de m’accueillir », c’était l’US Créteil, véritable pépinière à talents du cyclisme sur piste français. À partir de 2018, elle se spécialise donc dans ce sport, faisant ses premiers tours de vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines. Classée en C5, Marie Patouillet commence la compétition sur piste et sur route. Cette catégorie regroupe les athlètes ayant été amputés ou avec un handicap majeur au niveau des membres inférieurs.

    « Elle ne pouvait plus courir, mais elle pouvait pédaler. Ça a été le début de quelque chose »

    tels sont les mots de Sophie, sa préparatrice mentale. En rejoignant l’INSEP avec comme coach Grégory Baugé, multiple médaillé olympique, la Française a rapidement gravi les échelons.

    Ses premiers podiums

    Ses premiers résultats arrivent de suite au vélodrome d’Apeldoorn aux Pays-Bas en 2019. Elle décroche une médaille de bronze sur le 500 m départ arrêté, sur ces championnats du monde. L’année d’après, la pistarde échange le bronze pour de l’argent et ce sur deux épreuves : l’omnium et le 500 m. 

    Direction Tokyo

    Avec ses résultats, l’équipe de France commence à la diriger peu à peu vers les Jeux Paralympiques de Tokyo. Contrairement à beaucoup d’athlètes, Marie Patouillet vit plutôt bien le report d’un an de ces Jeux, dû à la crise du Covid-19. Médecin remplaçante en parallèle, elle profite de cette année pour faire un choix important : mettre fin à ce travail un temps, pourtant indispensable financièrement, pour se concentrer pleinement sur cette première épreuve paralympique. Elle se dirige vers ces Jeux avec l’envie de « faire ses meilleures performances », sans forcément penser aux médailles. Et pourtant, elle revient avec deux médailles de bronze, mais surtout un constat frappant : aucune Française n’a remporté de titre paralympique !

    « Pour moi, s’il n’y a pas de valeurs ni d’engagements derrière, les médailles en elles-mêmes n’ont pas de sens »

    c’est sans doute avec ces mots en tête que Marie Patouillet a commencé à se livrer sur son aventure de Tokyo et ses discours sont frappants.

    « À un moment, j’évoque l’ambiance sexiste, on me répond alors que si je ne voulais pas d’un sport sexiste, il fallait que je fasse un sport de fille. »

    Un acte militant

    Comment, en 2021, peut-on entendre des mots pareils ? Et comment des athlètes féminines peuvent-elles arriver à performer dans ces conditions ? Faire bouger les choses, voilà le combat de Marie Patouillet, sur et en dehors de la piste. Un an plus tard, elle arrive sur les championnats du monde qui avaient lieu en France, avec une coupe de cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, ouvrant les débats sur les droits LGBTQIA+.

    Après des changements, elle se prépare pour vivre l’expérience des Jeux Paralympiques à la maison, lors de Paris 2024. Mais avant, elle a l’opportunité de gagner la poursuite par équipes des championnats de France, en 2023, et cela en étant entourée de coureuses valides, et ça ce n’est pas tous les jours. C’est une belle image qui permet de mettre en avant le handisport, encore trop souvent laissé de côté.

    Les Jeux à domicile

     

    Engagée dans la lutte contre le sexisme, pour l’accessibilité du sport aux personnes en situation de handicap et les droits LGBT+, entre autres, Marie Patouillet arrive aux JO de Paris 2024, avec beaucoup de motivation. La triple championne du monde veut vibrer une dernière fois, qu’importent les résultats, vivre des émotions fortes devant son public, avant de raccrocher le vélo. C’est dans le vélodrome olympique de Saint-Quentin-en-Yvelines, que la pistarde va disputer ces dernières courses. 

    29 août, finale du 500 m et la voilà vice-championne olympique, première athlète à ramener une médaille dans le clan français. Déjà là, on sait que ces adieux sont réussis, mais on était très loin de s’imaginer l’énorme joie que l’on allait vivre, quelques jours après. Rendez-vous pour la finale de la poursuite, la dernière course sur piste de sa carrière. Duel franco-français, car sa concurrente est tout simplement Heïdi Gaugain. La cycliste s’élance en n’étant absolument pas la favorite, mais gagner une médaille d’argent olympique pour sa dernière course, c’est déjà pas mal… Les deux s’élancent et là, contre toutes attentes, le chrono bascule au vert en faveur de Marie Patouillet. Le vélodrome s’enflamme et l’ambiance s’envole, conscient que l’histoire est en train de s’écrire juste sous leurs yeux. Parce que oui, la pistarde a été sacrée championne paralympique pour la dernière course de sa carrière. Sortir par la très grande porte, c’est ce qu’elle a fait, et de quelle manière ! Course finie et Marie Patouillet se dirige immédiatement vers sa compagne, l’actrice Soraya Garlenq, un baiser dont les images ont fait le tour de la planète et qui montre tellement bien l’engagement fort de la Française.

    Aujourd’hui véritable modèle pour la nouvelle génération, elle a su conquérir le cœur du peuple français par son palmarès et surtout par son engagement sans faille.

    Une première pour la dernière

    En 2024, elle remporte le titre paralympique pour la dernière course de sa carrière en ayant jamais remporté de titres. Ce jour-là, elle devient la première Française à remporter un titre paralympique en cyclisme sur piste.

    Pour le camps tricolore

    A Tokyo comme à Paris elle est la première athlète à ramener une médaille au clan paralympiques français.

    Des résultats très vite

    A peine un an après s’être mise au cyclisme sur piste, elle remporte sa première médaille mondiale.

    Sur route

    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 1x Championne du Monde

    Sur piste

    • 1x Championne paralympique
    • 1x Vice championne paralympique
    • 1x Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
    • 2x Championne du Monde
    • 5x Vice championne du Monde
    • 2x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 2x Championne de France
    • 2x Vice championne de France
    • 1x Médaille de bronze au championnat de France

    Médiatiques

    • Chevalière de l’ordre national du Mérite
    • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur
    • 1x Personnalité sportive par le magazine Têtu

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    Marie Bochet – La reine des neiges

    La sportive Marie Bochet

    Marie Bochet - La Reine des neiges

    1994 à aujourd'hui - écrit par Régis Berthelot

    Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la skieuse paralympique multi-médaillée Marie Bochet. Extrêmement polyvalente, la Reine des neiges a su briller dans toutes les épreuves de ski des championnats du monde et des Jeux paralympiques. Elle a su selon ses dires « danser sur la neige » et grimper jusqu’au sommet. Son palmarès parle ainsi de lui-même avec 8 titres paralympiques remportés lors des Jeux de 2014 et 2018, en plus d’avoir été sacrée championne du monde à 22 reprises.

    Marie Bochet voit le jour en 1994 à Chambéry dans les Alpes françaises. Elle souffre alors d’une agénésie à l’avant-bras gauche, ce qui signifie que son bras ne s’est pas complètement formé lors du développement de l’embryon. Ses parents sont tous deux éleveurs de génisses et producteurs de fromage dans la région. Étant

    la benjamine de 4 enfants, Marie a dû jouer des coudes très tôt pour trouver sa place, ce qui a participé à forger son caractère. À l’âge de 5 ans, elle s’essaie pour la première fois au sport roi des Alpes, le ski. Elle se prend alors très vite d’affection pour cette discipline et progresse très vite, si bien qu’elle devient championne de France six ans plus tard.

    Sa rivalité

    Grâce à ses relations et notamment à son prothésiste qui faisait partie de la Fédération de Handisport, elle se tourne très vite vers ce sport ce qui lui permet de s’épanouir dans le ski en grandissant. Lors de son parcours sportif, une rivalité se crée entre elle et Solène Jambaqué, une autre grande skieuse française. Cette rivalité sera un moteur qui la poussera à se dépasser.

    Son premier titre

    Ses efforts portent leurs fruits en 2010 où elle est qualifiée pour disputer ses premiers Jeux paralympiques à Vancouver. Des résultats prometteurs mais également frustrants alors qu’elle atteint la quatrième place au slalom et au super combiné. Marie Bochet participe néanmoins aussi aux Championnats du monde de 2011 à Sestrières en Italie où elle remporte son premier titre mondial.

    Les Jeux de Sotchi

    Trois ans plus tard, lors des Jeux de 2014 à Sotchi, elle remporte cette fois-ci son premier titre paralympique sur l’épreuve de la descente.

    « Ma première [médaille], la plus belle, la médaille d’or. »

    Pour confirmer qu’il ne s’agit pas d’un coup de chance, elle finit par en remporter trois de plus lors de ces Jeux avec les épreuves du Super G, du super combiné et du slalom géant.

    Porte-drapeau

    Pour la prochaine édition des Paralympiques en 2018 se déroulant Pyeongchang-sun, Marie Bcohet reçoit l’honneur d’être porte-drapeau de la fédération paralympique française. Elle brille également lors de ces Jeux et réitère l’exploit avec 4 nouveaux titres paralympiques sur les épreuves de descente, Super G, slalom géant et slalom. Dans le même temps, elle est élue membre du Comité international paralympique. Elle rejoint également la commission des athlètes, instance qui travaille à la préparation des Jeux olympiques 2024.

    100 victoires

    En 2022, alors que cela fait deux ans qu’elle n’avait plus remporté de titre, elle fête sa 100e victoire en Coupe du monde à Steinach am Brenner en Autriche.

    « Cette victoire, c’est le passage des 100 mais c’est surtout la confirmation du fait que je suis en forme. […] Cet automne, j’ai retrouvé le plaisir simple de faire du ski. »

    Après s’être remise d’une blessure à l’épaule droite, elle participe la même année à ses derniers Jeux paralympiques à Pékin. Marie Bochet ne ressent alors aucune pression. Ayant déjà gagné des titres dans toutes les épreuves, elle souhaite se concentrer sur prendre du plaisir en skiant : 

    « J’ai déjà réussi les Jeux ! J’ai déjà gagné les médailles tant attendues ! »

    Au cours de ces Jeux, elle obtient l’argent sur l’épreuve du Super G.

    Ses engagements

    Au sein de la commission des athlètes présidée par Martin Fourcade, elle aide à la préparation des Jeux paralympiques de 2024 en France. Le combat pour la reconnaissance du handisport et la parité homme-femme sont alors des priorités pour Marie.

    « Concernant Paris 2024, le plus gros combat est de médiatiser et faire connaître le handisport. Au niveau du sport féminin, il y a déjà une belle volonté du comité d’organisation d’être les premiers Jeux paritaires en termes de participants. Ça semble logique mais c’est une avancée ! »

    Marie Bochet est membre du collectif des Champions de la Paix de Peace and Sport. Il s’agit d’un club composé de plus d’un centaine de sportifs de haut niveau qui luttent en faveur du mouvement de la paix par le sport. À partir de 2014, la sportive devient également marraine de l’association « Pour que Lana gravisse sa montagne » qui aide une petite fille atteinte d’une paralysie cérébrale ainsi que d’un syndrome de West.

    En plus d’un palmarès exceptionnel, Marie Bochet a beaucoup apporté au ski français. Sa détermination à toute épreuve dès son plus jeune âge et son courage malgré les échecs et les blessures sont un modèle pour les petits et grands qui veulent se mettre à ce sport. De plus, Marie a participé de manière conséquente à faire connaître le handisport, de par ses prouesses autant que par ses engagements.

    La plus décorée aux Jeux Paralympiques d’hiver

    Marie Bochet est la Française la plus décorée et titrée aux Jeux Paralympiques d’hiver.

    Plusieurs Grands Chelems à son actif

    La skieuse est la seule sportive française à avoir réalisé plusieurs Grands Chelems (trois) au championnat du Monde.

    100 victoire en Coupe du Monde

    Elle fait partie des rares handisportives à avoir dépassé la barre des cent victoires en Coupe du Monde.

    En ski alpin

    • 8x Championne paralympique
    • 1x Vice championne paralympique
    • 22x Championne du Monde
    • 5x Vice championne du Monde
    • 1x Médaille de bronze aux Mondiaux
    • 9x Gros globe de cristal
    • 22x Petits globes de cristal
    • 107x Victoire en coupe du Monde
    • 40x Podium en coupe du Monde
    • 35x Victoires en coupe d’Europe
    • 16x Podium en coupe d’Europe

    Sportive

    • 1x Laureaus World Sports Award

    Médiatiques

    • Officière de l’ordre de la Légion d’Honneur
    • Chevalière de l’ordre de la Légion d’Honneur

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    1992 à aujourd'hui - écrit par Emma Métrot

    Elle a fait vibrer la France entière en décrochant l’or aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Mais connais-tu vraiment l’histoire de la cycliste Pauline Ferrand-Prévot ?

    Née en 1992 à Reims, dans une famille de cyclistes, Pauline a toujours eu le sport dans la peau. Sa maman, compétitrice pourtant, ne voulait pas forcément que sa fille fasse du cyclisme, car ce n’était « pas assez féminin ». Alors, elle a commencé l’activité physique par du patinage artistique. Mais, déçue de ce sport, elle arrive à convaincre ses parents de l’inscrire dans un club de vélo à l’âge de 5 ans. Dès ses premières courses, Pauline devient une compétitrice acharnée qui n’a qu’un but :

    gagner, et surtout battre les garçons… C’est une jeune fille assez précoce qui remporte aussi, souvent, des courses devant des cyclistes de 3 à 4 ans ses aînés.

    Ses premiers titres

    En 2005, elle décroche, sur la route et dans la catégorie minimes-cadettes, son tout premier titre de championne de France. Le premier d’une longue, très longue série…

    « J’étais assez précoce. À 12 ans, je battais déjà des filles qui avaient 3 ou 4 ans de plus que moi, donc je pense qu’on m’a remarquée. »

    Au début de sa carrière, Pauline Ferrand-Prévot ne voulait absolument pas choisir une seule discipline : elle voulait tout faire, du cyclo-cross, du VTT et de la route. Pourtant, nombreuses ont été les personnes qui lui rabâchaient que, pour progresser, il fallait se concentrer sur une seule discipline. L’histoire retiendra qu’elle a bien fait de s’écouter ! En deux saisons, de 2009 à 2010, elle devient championne du monde Juniors dans les trois disciplines.

    « J’aime faire ce que j’ai décidé de faire parce que j’ai l’impression de savoir ce qui est bon pour moi. »

    Ses débuts chez les pros

    L’année 2012 sonne le début de la carrière professionnelle dans la catégorie Élites pour Pauline Ferrand-Prévot. En effet, elle intègre la prestigieuse équipe néerlandaise Rabobank-Liv, notamment grâce à leur leader, Marianne Vos, qui a souhaité la prendre sous son aile. La même année, elle est sélectionnée pour participer à l’épreuve de VTT des Jeux Olympiques de Londres. Elle y termine 26ᵉ.

    « J’étais une grande fan de Marianne Vos, et elle voulait que je fasse partie de l’équipe. Elle m’a donc prise sous son aile et j’ai beaucoup appris. »

    Sa plus grande saison

    Si on devait retenir une seule saison en cyclisme sur route, c’est celle de 2014, tout simplement la plus prolifique. Pour sa reprise en mars, elle termine 5ᵉ du Trofeo Alfredo Binda, une épreuve de la Coupe du Monde. Puis, les victoires et podiums sur les plus grandes compétitions s’enchaînent, avec notamment un succès sur la Flèche Wallonne et une deuxième place sur le Tour d’Italie. L’apothéose de cette saison restera le 27 septembre, où elle devient, 19 ans après Jeannie Longo, championne du monde Élites sur route. Ça y est, elle s’est vraiment fait un nom dans le monde du cyclisme, pourtant encore très masculin. Pauline Ferrand-Prévot est même élue par la revue américaine VeloNews « cycliste internationale de l’année » et jugée comme l’une des Françaises les plus influentes dans le monde par le magazine Vanity Fair.

    Sur tous les terrains

    De 2014 à 2020, elle poursuit sa carrière aussi bien en cyclo-cross, VTT que sur route. Pauline Ferrand-Prévot enchaîne les victoires, les trophées et surtout les titres. Durant ces sept saisons, elle gagne pas moins de neuf titres de championne du monde, un de championne d’Europe et douze de championne de France, toutes disciplines confondues.

    À noter qu’elle entre dans l’histoire en 2015, à 23 ans, car elle est la première cycliste, femmes et hommes confondus, à détenir simultanément le maillot arc-en-ciel de championne du monde en cyclo-cross, VTT et route ! Cependant, sur cette période, elle subira de nombreuses blessures et problèmes de santé. Elle arrivera toujours à revenir plus forte, portée par cette passion de gagner.

    « Je n’y pensais même pas. La veille des championnats du monde de VTT, un journaliste m’a dit que si je gagnais le lendemain, j’aurais accompli ce que personne n’avait encore jamais accompli. »

    Le tout pour le tout

    Pour 2020, Pauline Ferrand-Prévot avait un grand objectif en tête : devenir championne olympique de VTT, à Tokyo. Alors, pour cela, elle a décidé de temporairement stopper sa carrière sur route et se consacrer pleinement à cette discipline. C’est un titre qui lui manquait et c’est en favorite qu’elle a pris le départ de cette course. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. La Française chute dès le premier tour, et une crevaison au troisième tour vient anéantir toutes ses chances de médailles. Moins d’un mois plus tard, elle conserve tout de même son titre de championne d’Europe.

    Une domination sans nom

    Revancharde, elle a à cœur de faire une très belle saison 2022. Et, au-delà de quelques victoires en Coupe du Monde, presque la routine… Elle remporte cette année-là quatre titres de championne du monde, dont trois dans différentes catégories de VTT et le tout premier de l’histoire en Gravel (une discipline récente).

    L’équipe INEOS-Grenadiers l’accueille pour ses saisons 2023 et 2024. C’est la seule femme à faire partie de cette équipe. Leur objectif : gagner enfin le titre olympique à Paris. Mais avant ça, en 2023, avec cinq victoires, elle devient la recordwoman du nombre de titres mondiaux acquis dans la catégorie emblématique du VTT, le cross-country.

    Le titre olympique

    Arrive ce fameux 28 juillet 2024… Après une saison quasiment parfaite, elle arrive à Paris avec, une nouvelle fois, l’étiquette de grande favorite. Il faut savoir que, quelques semaines auparavant, elle a annoncé que 2024 serait son ultime saison en VTT. Paris est donc sa toute dernière chance d’aller chercher le seul titre qui manque à son immense palmarès. Dès le deuxième tour, elle attaque et s’envole ! Personne ne la reverra, ni même la malchance. Sur la Colline d’Élancourt, Pauline Ferrand-Prévôt s’est enfin offert l’or olympique, devant son public en folie. De quoi clore de la plus belle des manières son histoire avec le VTT, pour celle qui est incontestablement la plus grande championne de ce sport.

    « Quand j’ai vu la dernière petite bosse et la ligne d’arrivée, j’ai vu toute cette foule, je me suis mise à pleurer parce que c’est comme si toute l’émotion que j’avais gardée depuis des mois, même depuis ces deux dernières années, voulait sortir d’un seul coup. »

    A la quête du Tour

    Fini le VTT, mais pas fini le vélo, car dès 2025, elle retourne sur la route. Pauline a signé pour trois ans au sein de la Team | Visma Lease a Bike. Cette fois, elle ne vise pas à être championne olympique, mais vainqueure du Tour de France Femmes… 

    « Gagner le Tour. C’est l’objectif principal. »

    Il lui aura suffit d’une saison pour réaliser cet exploit, devenir la deuxième Française à remporter le Tour de France. Cette compétition, la cycliste la domine haut la main. Sur les deux dernières étapes, elle lâche à deux reprises les favorites, s’offrant le luxe de célèbrer sa victoire en solitaire ! Ajouter à ce maillot jaune, Pauline Ferrand-Prévot à remporter Paris-Roubaix pour sa première participation.

    Une première dans l’histoire

    C’est la seule cycliste, hommes et femmes confondus, à avoir été championne du monde dans trois disciplines en même temps.

    Paris 2024

    C’était le but ultime de sa carrière en VTT, et elle l’a réalisé. Cette victoire montre sa force de détermination, même après les échecs.

    De l’arc-en-ciel

    Si l’on prend toutes les catégories et toutes les disciplines qu’elle a pratiquées, Pauline Ferrand-Prévot cumule 18 maillots arc-en-ciel. Elle a donc été sacrée 18 fois championne du monde !

    En cyclisme sur route

    • 1x Championne du monde
    • 5x Championne de France
    • Une étape du Tour d’Italie
    • 2ᵉ du Tour d’Italie
    • La Flèche Wallonne

    En cyclo-cross

    • 1x Championne du monde
    • 3x Championne de France

    En VTT

    • 1x Championne olympique
    • 14x Championne du monde
    • 3x Championne d’Europe
    • 8x Championne de France
    • 14x Manche de la Coupe du Monde 

    En gravel

    • 1x Championne du monde

    Sportives

    • 3x Vélo d’or Français (Trophée Daniel Morelon)

    Médiatiques

    • Chevalier de la Légion d’honneur
    • 1x Cycliste internationale de l’année
    • 3x Championne des championnes française

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      Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

      Thu Kamkasomphou – La doyenne du tennis de table

      Thu Kamkasomphou aux Jeux de Paris 2024

      Thu Kamkasomphou - La doyenne des pongistes

      1968 à aujourd'hui - écrit par Sarah Chesneau

      Si cette sportive n’est pas un exemple de persévérance, alors peu d’entre elles le sont : laissez-moi vous présenter l’un des plus beaux palmarès du tennis de table féminin, j’ai nommé Thu Kamkasomphou.

      Thu Kamkasomphou nait en 1968 au Laos. Elle arrive en France à l’âge de douze ans et commence le tennis de table la même année. Elle qui voulait au départ se diriger vers le football devient rapidement accro à ce sport. Très vite, elle excelle dans cette discipline et intègre le pôle régional de Rennes avant d’entrer au Centre de Haut-Niveau de Caen. Sa carrière est lancée : elle occupe la huitième place en catégorie

      junior sur le championnat français, en première division. Cependant, ses rêves s’écroulent quand elle se fait diagnostiquer a à peine 17 ans de la périartérite noueuse. Cette maladie inflammatoire entraîne notamment des douleurs musculaires et articulaires se développant sur des semaines ou des mois. Les portes du centre de Caen se ferment alors pour elle et elle se voit obligée d’abandonner la compétition chez les personnes valides, ce qui inclut aussi l’équipe de France et surtout les Jeux Olympiques.

      Cacher sa maladie

      Malgré tout à jouer, elle continue de jouer. Il est très difficile pour elle d’accepter sa maladie et elle la cache autant qu’il est possible de le faire. Par exemple, elle évite d’en parler à son travail de peur d’être jugée, rappelons que le traitement et le regard sur le handicap n’étaient alors pas du tout les mêmes qu’aujourd’hui. Thu Kamkasomphou a confié au magazine Sans Filtres qu’elle a mis plus de dix ans à accepter sa maladie.

      Un tournant

      L’opportunité qui va changer de nouveau le cours de sa vie survient en 1999, lorsqu’on lui propose de passer les qualifications pour participer aux Jeux Paralympiques. Thu Kamkasomphou ne sait alors même pas ce qu’est le para-tennis de table mais il ne lui faut qu’une seule nuit pour se décider : elle va tenter sa chance !

      Une domination totale

      Thu Kamkasomphou se qualifie et intègre l’équipe française de handisport juste avant les Jeux Paralympiques de Sydney. Ces Jeux sont un succès pour elle puisqu’elle y remporte le titre Paralympique. S’ensuit le début d’une carrière couronnée de victoires. En 2001 elle remporte les championnats d’Europe et de France, l’année suivante elle renouvelle son titre français et termine troisième sur le podium des championnats du monde et en 2003 elle réitère ses exploits de 2001. Elle obtient son titre de championne du monde en 2010 mais ne s’arrête pas là et poursuit les compétitions. Quand on l’interroge à propos de sa plus belle médaille, elle répond :

      « Ma plus belle médaille, c’est la prochaine, celle pour laquelle il va encore falloir travailler dur. »

      Ses dernières médailles

      En tout, Thu Kamkasomphou a en poche seize titres de championne de France, sept médailles aux Jeux Paralympiques, dont deux d’or, et six titres mondiaux. Son dernier titre en date est celui de championne de France en simple et en double mixte qu’elle a remporté cette année (2024). A ce jour, elle intervient dans des écoles et des entreprises pour parler du handicap et du regard des autres et elle n’a pas du tout l’intention de prendre sa retraite sportive. Elle affirme :

      « Tant que mon corps me le permettra et que l’envie sera là, je continuerai »

      Thu Kamkasomphou envisage les Jeux Paralympiques de Los Angeles de 2028, où elle pourrait fêter ses soixante ans

      50 ans et championne du monde

      En 2019, Thu Kamkasomphou a remporté son dernier titre (pour le moment) de championne d’Europe. Elle a alors 50 ans !

      Cinq ans de règne

      Entre 2007 et 2012, la pongiste n’a perdu aucun de ses matchs en compétition internationales. Cette série de victoire s’arrête lorsqu’elle perd la finale paralympique à Londres.

      En tennis de table

      • 2x Championne paralympique
      • 2x Vice-championne paralympique
      • 6x Médaille de bronze paralympique
      • 1x Championne du monde
      • 2x Vice-championne du monde
      • 3x Médaille de bronze aux championnats du monde
      • 8x Championne d’Europe
      • 3x Vice-championne d’Europe
      • 5x Médaille de bronze aux championnats d’Europe
      • 16x Championne de France

      Médiatiques

      • Commandeur de l’ordre national du Mérite
      • Officier de l’ordre National du Mérite
      • Chevalier de la Légion d’Honneur

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      Marie Patouillet – Le sport pour faire changer les choses

      Alice modolo – A la quête des profondeurs de l’océan

      Alice Modolo en tenue pour plongée

      Alice Modolo - A la quête des fonds des océans

      1971 à aujourd'hui - écrit par simon ménard et marie fournier

      Vous la connaissez sûrement pour son rôle dans le clip de Runnin de Beyoncé et Naughty Boy, mais saviez-vous que Alice Modolo est une des plus grandes championnes françaises d’apnée ?

      Née en 1984 à Clermont-Ferrand, c’est seulement à l’âge de 23 ans qu’Alice découvre sa passion pour l’apnée. Si sa première initiation à la plongée en bouteille à l’âge de 13 ans ne l’avait pas convaincue, la voilà amoureuse de l’apnée dix ans plus tard. Enfant, Alice Modolo est plutôt rebelle et n’aime pas qu’on essaie de la mettre dans un moule. Elle a longtemps cherché son sport, testant différentes activités sportives telles que le judo ou le tennis mais ne ressentait jamais la même joie que ses amies et les cours de sports au collège ne l’enthousiasmaient pas non plus. Ses deux parents étant 

      dentistes, elle décide de suivre leurs traces et s’inscrit en fac de médecine, puis décroche son diplôme en 2009.

      Ses premières compétitions

      Suite à la découverte de la discipline qui va changer sa vie, Alice Modolo commence l’entraînement et sa préférence va d’abord à l’apnée dynamique (dite DYN), où elle doit nager sous l’eau la plus longue distance possible sans limite de temps et en monopalme. Après plusieurs semaines, elle participe à sa première compétition et atteint les 100 mètres de profondeur. Sa carrière se lance ensuite rapidement puisqu’elle finit la saison 2007 à 120 mètres de profondeur et remporte sa première Coupe de France.

      Découverte de sa discipline de prélidiction

      C’est deux ans plus tard, en 2009, qu’Alice Modolo découvre sa discipline de prédilection : le poids constant. Cette discipline consiste à plonger en apnée et à remonter à la surface sans toucher la corde guide.  Par la suite, l’apnéiste enchaîne les victoires et remporte notamment une Coupe de France, une Coupe des plongeurs, devient vice-championne du monde par équipe et bat 9 records de France jusqu’en 2013.

      Une pause de la compétition

      C’est deux ans plus tard, en 2009, qu’elle découvre sa discipline de prédilection : le poids constant. Cette discipline consiste à plonger en apnée et à remonter à la surface sans toucher la corde guide.  Par la suite, Alice Modolo enchaîne les victoires et remporte notamment une Coupe de France, une Coupe des plongeurs, devient vice-championne du monde par équipe et bat 9 records de France jusqu’en 2013. de Runnin de Beyoncé et Naughty Boy.

      J’ai peut-être arrêté l’apnée, mais elle ne m’a jamais quittée et elle m’est revenue sous la forme d’un projet artistique », confie l’apnéiste lors d’une interview.

      Un retour fracassant

      Cette pause semble lui avoir donné une nouvelle énergie puisque elle finit l’année 2018 avec un titre de championne de France et cinq records de France en poche.  Alice Modolo débute sa saison 2019 avec un nouvel objectif en tête : atteindre les -100 mètres de profondeur en poids constant. Pour cela, elle prend la décision de suspendre son métier de dentiste et se consacre à plein temps à l’apnée. Ses entraînements s’intensifient car, en plus du yoga et du CrossFit, elle s’exerce trois fois par semaine en mer. Elle parvient presque à atteindre son but le 8 août 2019 mais fait une syncope, une perte de connaissance, en remontant à la surface, invalidant ainsi son titre. Qu’a cela ne tienne, elle ne va pas abandonner si près du but et continue à s’entraîner avec acharnement, 

      « On ne distingue pas un champion à ses résultats, mais à sa capacité à rebondir » affirme Alice dans une interview en 2020.

      La même année, elle atteint les 95 mètres et un an plus tard, le 24 juillet 2021 elle atteint les 100 mètres de profondeur en monopalme lors du Vertical Blue aux Bahamas. Lors de cette même compétition, Alice Modolo bat le record mondial féminin en poids constant bi-palmes en plongeant à 95 mètres de profondeur, record qu’elle bat à nouveau l’année suivante en atteignant les 96 mètres. Selon elle, l’apnée lui a servi à se prouver à elle-même mais aussi aux autres qu’elle en étais capable. Si dès petite, la sportive a entendu les adultes lui dire qu’elle rêvait trop, elle affirme aujourd’hui :

      « On est les seuls à savoir qui on est et ce qu’on est capable de faire ».

      Le confinement et l’après

      La période du confinement a permis à Alice Modolo de se reconnecter avec la mer et de voir les choses différemment.

      « Avant, je ne faisais pas de visite de la mer, je ne m’octroyais pas le temps, c’était le rush entre l’entraînement et le boulot. À la reprise, je suis allée observer les oursins, les poulpes ».

      Son parcours se poursuit et en 2023, elle décroche la médaille d’or à la Coupe d’Europe en poids constant. A ce jour, Alice Modolo est en route pour les championnats du monde grâce à sa qualification lors des championnats de France où elle a décroché son quatrième titre national. Même si l’apnée n’était pas une discipline présente aux Jeux Olympiques de Paris, la championne de France a pu y participer en portant la flamme olympique sous l’eau, à quarante mètres de profondeur. Une performance que nous ne sommes pas prêts d’oublier ! Fait étonnant, Alice Modolo était sujette au mal de mer quand elle était enfant. Elle explique en partie sa passion du fait que ce qu’elle apprenait en cours à la fac de médecine sur les mécanisme de la  douleur, et en particulier le fait de priver au corps une de ses fonction vitale, devenais en quelque sorte réel lorsqu’elle plongeait : 

      « J’expérimentais ce que j’apprenais en théorie. Pour elle, c’est grâce à l’apnée qu’elle à pu devenir elle même,  pleine et entière ».

      Une sportive engagée

      Bien que son parcours sportif soit hors normes, ce n’est pas la seule chose pour laquelle Alice Modolo est connue. En effet, cette apnéiste française est également une femme engagée, notamment pour la cause climatique. Elle soutient entre autres l’ONG Planète Urgence, une association qui lutte pour la préservation des forêts et de la biodiversité et dont elle est ambassadrice, ainsi que la ville d’Antibes pour restaurer les forêts marines. Depuis 2018, elle est aussi ambassadrice de l’association Gregory Lemarchal, une organisation qui se mobilise contre la mucoviscidose ( une maladie génétique qui attaque les voies respiratoires et digestives). De plus, Alice se dévoile en tant que conférencière, elle partage son histoire et enseigne l’importance de la respiration. Elle donne des conférences et des séminaires au sein de différentes entreprises, abordant les thèmes du développement personnel et du dépassement de soi.

      Lorsqu’on l’interroge sur son futur, Alice Modolo répond qu’elle souhaiterait enseigner l’apnée.

      Une athlète de tous les records

      Alice Modolo possède le record du monde sur une plongée de 96 mètres en poids constant bi-palmes. Elle détient également 25 records de France.

      La première Française sous les 100 mètres

      En 2021, Alice Modolo réalise une plongée à 101m de profondeur, en poids constant monopalme, au Vertical Blue des Bahama.

      En apnée

       

      • 1x Vice-championne du monde en équipe
      • 1x Vice-championne du monde en eau libres
      • 1x Championne d’Europe en apnée dynamique
      • 1x Coupe des plongeurs en eau libre
      • 4x Championne de France

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