Ecrit par Anaïs Mousset
Hockeyeuse internationale américaine sept fois championne du monde de 2007 à 2017, à chaque fois devant le Canada, et deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014, battue par la même équipe, l’attaquante Hilary Knight a enfin touché l’or aux Jeux à PyeongChang 2018 à l’issue d’une finale irrespirable où les joueuses à la bannière étoilée sont venues à bout de leurs éternelles rivales à la feuille d’érable après 20 ans d’attente.
L’enfance sur la glace
Hilary Atwood Knight naît le 12 juillet 1989 à Palo Alto, en Californie. Elle découvre le hockey sur glace à seulement cinq ou six ans et tombe immédiatement sous le charme de ce sport. Très vite, les Jeux olympiques deviennent son rêve. À cette époque, le hockey féminin est déjà présent aux Jeux depuis 1998, mais Knight est encore une enfant lorsqu’elle commence à imaginer porter un jour le maillot américain sur la plus grande scène sportive mondiale.
Sa passion pour le hockey prend rapidement une place considérable dans sa vie. Elle raconte qu’elle allait parfois se coucher avec son équipement sur elle et qu’elle dormait avec des palets sous son oreiller, persuadée qu’ils lui porteraient chance. Pour elle, le hockey représente tout ce qu’elle recherche : la vitesse, le mouvement et cette sensation particulière de patiner sur la glace. Très vite, son rêve olympique devient une véritable ambition.
Le premier échec
Très jeune, Hilary Knight comprend qu’elle possède les qualités nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Mais son parcours vers l’équipe olympique ne se fait pas sans obstacles.
En 2006, alors qu’elle tente de se faire une place dans la sélection américaine pour les Jeux de Turin, elle échoue. Elle décide de transformer cet échec en motivation et travaille encore plus dur pour atteindre son objectif. Quelques mois plus tard, elle rejoint l’Université du Wisconsin et s’impose rapidement comme l’une des grandes joueuses du championnat universitaire américain.
Avec les Badgers, elle remporte deux titres NCAA, en 2009 et 2011, et termine sa carrière universitaire comme meilleure buteuse et meilleure marqueuse de l’histoire du programme.
Une ascension internationale fulgurante
En 2007, Hilary Knight connaît ses premiers Championnats du monde avec les États-Unis. À seulement 17 ans, elle découvre déjà le très haut niveau international.
Dès 2008, elle remporte son premier titre mondial. En finale, les États-Unis prennent leur revanche sur le Canada et s’imposent 4-3. Un an plus tard, à Hämeenlinna, les Américaines conservent leur titre. Knight inscrit notamment le dernier but de son équipe en finale, remportée 4-1 face aux Canadiennes. À seulement 19 ans, elle possède déjà deux titres mondiaux.
Vancouver 2010 : les débuts olympiques
En 2010, Hilary Knight réalise enfin son rêve. À Vancouver, elle participe à ses premiers Jeux olympiques avec les États-Unis et devient la plus jeune joueuse de l’équipe américaine.
Le 25 février, les deux grandes rivales se retrouvent en finale dans un Canada Hockey Place entièrement acquis à la cause canadienne. Marie-Philip Poulin inscrit deux buts en première période tandis que Shannon Szabados réalise une prestation exceptionnelle dans les cages.
Knight repart avec une médaille d’argent, mais surtout avec la certitude que l’or olympique est désormais son objectif ultime.
La patronne des Mondiaux
Après Vancouver, Hilary Knight continue de s’imposer comme l’une des meilleures attaquantes du monde. En 2011, les États-Unis remportent le Championnat du monde à Zurich. En finale contre le Canada, Knight inscrit le but de la victoire en prolongation et offre le titre à son équipe, 3-2. Deux ans plus tard, à Ottawa, les Américaines remportent une nouvelle médaille d’or après une victoire 3-2 contre les Canadiennes.
Knight s’impose également sur la scène professionnelle. En 2012, elle rejoint les Boston Blades en Ligue canadienne de hockey féminin. Dès sa première saison, elle devient la première Américaine à être élue MVP de la ligue et aide les Blades à remporter la Clarkson Cup en 2013. Elle reste à Boston jusqu’en 2017, avant de rejoindre les Boston Pride lors de la création de la Ligue nationale de hockey féminin, une nouvelle ligue qui rémunère professionnellement les joueuses. Avec le Pride, elle remporte la Coupe Isobel en 2016.
Elle retourne ensuite en Ligue canadienne de hockey féminin avec les Canadiennes de Montréal en 2018. Mais en 2019, la LCHF annonce la fin de ses activités, mettant un terme à la ligue après douze années d’existence. Knight rejoint alors la PWHPA, une association de joueuses qui travaille à la création d’une nouvelle ligue professionnelle féminine.
Trois nouveaux titres mondiaux
Entre les Jeux de Sotchi et ceux de PyeongChang, Hilary Knight continue d’accumuler les succès avec les États-Unis. En 2015, à Malmö, elle remporte son cinquième titre mondial. Meilleure marqueuse de la compétition, elle est également désignée meilleure joueuse du tournoi.
Un an plus tard, à Kamloops, le scénario se répète. Les Américaines battent une nouvelle fois le Canada en finale et remportent leur sixième titre mondial. Knight termine encore meilleure marqueuse et meilleure joueuse de la compétition. En 2017, à Plymouth, les États-Unis décrochent un troisième titre consécutif face aux Canadiennes, permettant à Knight de remporter son septième titre mondial.
En parallèle de ses performances sportives, Knight devient également une figure importante de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le hockey. Elle s’engage notamment pour une meilleure reconnaissance et un meilleur traitement financier des joueuses.
PyeongChang 2018 : enfin l’or olympique
Pour ses troisièmes Jeux olympiques, Hilary Knight arrive à PyeongChang avec le même objectif depuis plusieurs années : remporter enfin l’or. Les États-Unis terminent deuxièmes du groupe A derrière le Canada, qui les bat 2-1. En demi-finale, les Américaines dominent la Finlande 5-0 et décrochent leur place pour une nouvelle finale olympique. Knight inscrit notamment un but lors de cette rencontre.
Le 22 février, les États-Unis retrouvent donc le Canada pour une cinquième finale olympique entre les deux nations. Knight ouvre le score à 25 secondes de la fin de la première période en déviant un tir de Sydney Morin en supériorité numérique. Les deux équipes ne parviennent pas à se départager en prolongation. Pour la première fois, une finale olympique féminine de hockey doit donc être décidée aux tirs au but. Knight manque sa tentative, mais la gardienne américaine Maddie Rooney arrête deux tirs canadiens consécutifs. Lamoureux inscrit finalement le tir décisif et offre la victoire aux États-Unis, 3-2. Après deux médailles d’argent à Vancouver et à Sotchi, Hilary Knight devient enfin championne olympique. Les Américaines mettent également fin à vingt ans d’attente depuis leur dernier titre olympique à Nagano en 1998.
Pour Knight, cette médaille d’or représente l’aboutissement de tout le travail réalisé depuis son enfance. Quelques jours après son sacre, elle rejoint le Québec pour terminer la saison 2017-2018 avec les Canadiennes de Montréal, retrouvant plusieurs joueuses qu’elle venait tout juste d’affronter en finale olympique.
Milan-Cortina 2026 : un dernier défi olympique
Huit ans après son premier titre olympique, Hilary Knight retrouve les Jeux à Milan-Cortina pour une cinquième participation, un record pour une joueuse américaine. À 36 ans, elle est cette fois capitaine de la sélection américaine et aborde cette édition avec une place particulière dans l’histoire de son équipe. Elle avait annoncé avant les Jeux que Milan serait son dernier rendez-vous olympique.
Les États-Unis commencent parfaitement leur tournoi et enchaînent les victoires. Knight reste un élément important de l’équipe tout au long de la compétition et participe à la qualification pour une nouvelle finale olympique. Comme à PyeongChang en 2018 et à Pékin en 2022, les Américaines retrouvent le Canada pour tenter de décrocher l’or.
La finale est particulièrement serrée. Le Canada ouvre le score et conserve son avantage jusque dans les dernières minutes. Alors que les États-Unis jouent avec une attaquante supplémentaire, Knight se retrouve devant la cage canadienne. Elle dévie un tir de Laila Edwards et égalise à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.
Son but permet aux Américaines d’arracher la prolongation et porte son total à 15 buts olympiques, un record américain.
Cette victoire vient couronner un parcours olympique exceptionnel. Avec cinq participations aux Jeux, Hilary Knight termine son parcours avec cinq médailles : deux en or et trois en argent. Au-delà de son palmarès, cette dernière aventure olympique illustre également l’évolution du hockey féminin qu’elle a accompagnée pendant toute sa carrière. Elle qui a connu une époque où les jeunes filles avaient moins de possibilités de pratiquer ce sport souhaite aujourd’hui utiliser sa visibilité pour ouvrir davantage de portes aux générations suivantes.
La suite de sa carrière
Après la fin de la CWHL en 2019, Hilary Knight participe avec plusieurs joueuses américaines et canadiennes au mouvement #ForTheGame. Avec Marie-Philip Poulin, sa grande rivale avec le Canada, elle fait partie des joueuses qui souhaitent voir naître une véritable ligue professionnelle nord-américaine pour le hockey féminin.
En mai 2019, les joueuses créent la Professional Women’s Hockey Players Association, la PWHPA. Pendant plusieurs années, Knight participe à cette association et au Dream Gap Tour, qui permet aux joueuses de continuer à jouer tout en défendant la création d’une nouvelle ligue professionnelle. Poulin fait elle aussi partie de cette mobilisation. Après avoir longtemps été adversaires avec leurs sélections nationales, les deux joueuses travaillent donc ensemble pour faire évoluer leur sport.
Cette mobilisation participe à la construction du projet qui aboutit à la création de la Professional Women’s Hockey League en 2023. Hilary Knight devient alors l’une des trois premières joueuses à signer avec l’équipe de Boston. Elle en devient la capitaine et mène le Boston Fleet jusqu’à la première finale de la Walter Cup en 2024. Elle reste capitaine de Boston lors des deux premières saisons de la PWHL.
En 2025, Hilary Knight rejoint ensuite le Seattle Torrent et devient la première capitaine de l’histoire de la franchise. Elle dispute la saison 2025-2026 avec Seattle avant de rejoindre la PWHL Detroit à l’été 2026. Transférée de Las Vegas à Detroit en juin, elle prolonge quelques jours plus tard son contrat jusqu’à la saison 2028-2029. À 37 ans, elle poursuit donc sa carrière professionnelle avec une nouvelle équipe et participe à la construction de la franchise de Detroit.
Palmarès
2x Championne olympique
4x Vice championne olympique
10x Championne du Monde
5x Vice championne du monde
1x Isobel Cup
3x Clarkson Cup
1x Walter cup
2x Championne NCAA